mercredi 8 janvier 2020

L’histoire de... Clapton en mode pantouflard…


Dans les questions du jour de la séquence Bagarre dans la Discothèque d'Entrez Sans Frapper, on nous demandait la plus belle chanson qui évoque le plaisir d’être chez soi, en ce mois de janvier et après tous les excès des fêtes de fin d’année.

Plusieurs artistes sont certainement adéquats pour rester bien au chaud et au calme. Personnellement, je ne rechigne pas à l’une ou l’autre BO de Hans Zimmer, un bon Crowded House, voire un Knopfler, un Gilmour ou un BB King mais pour être honnête, pour être « bien », rien de tel qu’un Clapton. Plus précisément, les albums Pilgrim et Back Home, qui restent mes préférés du guitariste britannique. Le premier comporte notamment les bijoux Circus, Born in Time, Broken Hearted ou encore la superbe My Father’s Eyes. Comment résister ?





Dans la discographie de l’artiste, il en existe cependant une qui trouve sa source dans la maison. Ou plutôt dans le fait qu’il a failli ne jamais  sortir de son domicile pour aller là où l’attendait. En 1976, Eric Clapton, alors en couple avec Pattie Boyd, est invité par McCartney et Linda, son épouse, à une cérémonie d’hommage à Buddy Holly. Pattie ne sait pas comment s’habiller et se coiffer pour l’occasion et essaye la quasi entièreté de sa garde-robe, descendant à chaque essai pour montrer le résultat à son compagnon. Ce dernier donne à chaque fois la même réponse : « tu es superbe. Peut-on y aller maintenant ? »… avec pour seul résultat de la voir remonter pour un nouvel essayage. Blasé, Clapton attrape son instrument fétiche et passe le temps entre les différentes apparitions de Pattie. A la fin du défilé, Clapton a écrit une chanson, inspirée apr sa belle : « Wonderful Tonight ».



Il ne s’agit toutefois pas de la première chanson qu’il a écrit pour sa belle : Layla, l’héroïne de la chanson de Derek and the Dominos, c’est elle ! C’est également elle qui a inspiré, sur le même album, le titre Why Does Love Got To Be So Sad. A l’époque, Clapton est amoureux de la belle mais celle-ci est l’épouse d’un autre, à savoir un de ses plus proches amis… George Harrison. Elle refuse d’abord ses avances et le musicien encaisse mal le rejet et se console en prenant l’héroïne comme compagne. Pattie se laissera finalement séduire, notamment à cause des infidélités répétées du Beatles et entame une relation avec Clapton en 1974. Harrison n’en voudra d’ailleurs à aucun des deux puisqu’il acceptera de jouer à leur mariage et qu’il donnera à Clapton le surnom de « beau-mari ».
Le mariage Clapton-Boyd ne sera toutefois de tout repos : si Clapton a abandonné la drogue, il sombre doucement dans l’alcoolisme. De plus, le couple essaye à plusieurs reprises d’avoir un enfant, sans succès. La jeune femme fera d’ailleurs plusieurs fausses couches.

Le couple se séparera en 1988, après la révélation publique de la romance d’Eric avec la mannequin Lory Del Santo. Sa relation avec la jeune femme amènera le petit Connor dans la vie de Clapton, né en 1986. Le petit garçon est d’ailleurs à l’origine de la chanson Tears in Heaven. Ce morceau, co-écrit avec Will Jennings (qui écrira quelques années plus tard les paroles de la célèbre My Heart Will Go On), reste l’un des plus beaux de l’artiste en raison de son côté tragique puisqu’il évoque le décès accidentel de Connor, alors à peine âgé 4 ans. A partir de 2004, Clapton stoppera de la jouer en concert, expliquant qu’il n’en ressentait plus le besoin. En mai 2013, j’ai eu l’occasion de voir l’artiste au Royal Albert Hall et savait qu’il y avait donc aucune chance de l’avoir dans la setlist. Et pourtant… Une note, deux notes… et je l’ai reconnue de suite. Il s’est mis à la jouer. Et moi, je me suis mise à chialer comme une imbécile. Personnellement, Tears in Heaven reste une de ces chansons de Clapton qui me transpercent le cœur bien malgré moi. Dans des moments pareils, rien ne sert de lutter, faut se laisser aller…



Vous l’aurez compris ou vous le saviez déjà, Eric Clapton a donc connu un parcours de vie un peu compliqué. Né sans père en 1945, il a grandi dans une famille où on lui a fait croire pendant des années que ses grands-parents étaient ses parents. Celle qu’il considérait comme sa grande sœur était ainsi en réalité… sa propre mère. D’autres épisodes de vie, teinté de drogues, d’alcool et de cruelles désillusions auraient pu anéantir le merveilleux magicien qu’il est. Il fait pourtant partie de ces musiciens ont survécu à tout.

En 1998, il rencontre Melia McEnery, de 31 ans sa cadette, dont il tombe amoureux. Ils se marient en 2002 et de cette union naîtront 3 petites filles. Lorsque Melia est enceinte de Sophie, la petite dernière, Clapton a alors 59 ans. A ce moment-là, il travaille sur Back Home, un nouvel opus. Cet album, c’est tout bonnement l’illustration du bonheur. Il y parle de son bébé, de ce qu’il cherchait depuis longtemps et qu’il a enfin trouvé. Et mérité. Plus tout jeune et déjà une belle carrière derrière lui, il est clair qu’il souhaite voir grandir ses filles et passer un maximum de temps près d’elles. Alors, pour cette raison, c’est cet album qui est le plus beau pour du cocooning. En particulier la chanson-titre, Back Home.



Aujourd’hui, Eric Clapton tourne encore autour du monde mais plus autant que par le passé. Il continue aussi à sortir des albums. Aujourd’hui âgé de 74 ans, il souffre de soucis au niveau des nerfs, ce qui rend parfois douloureux le simple fait de jouer de la guitare. Il reconnait aussi connaître quelques problèmes d’auditions qui sont un sérieux handicap pour un musicien qui a appris à jouer d’oreille. J’ai eu la chance de voir Clapton 4 fois sur scène et n’hésiterai pas une seconde à le revoir une cinquième fois. Parce qu’il s’agit toujours d’un moment unique, où le voir interagir avec un sacré paquet de bons musiciens reste un vrai plaisir. Mais aussi parce qu’il s’est promis à lui-même qu’il arrêterait la scène dès qu’il aura le sentiment d’y être ridicule. Et sur ce point, je pense qu’on peut lui faire confiance. Après tout, quand le « God » de la musique te dit quelque chose et que ta religion, ce sont des notes de musique, tu le crois.

Pour l'émission du jour, c'est ici. 




L’histoire de… Everybody's Got Something To Hide Except Me And My Monkey (The Beatles, 1968)



Morale du jour : quand, finalement, toutes les opportunités sont bonnes de rester encore un peu à Londres… et de découvrir que les Beatles ont eu un peu de Belgique dans leur monde.

Retour des vacances et reprise des ptis défis « Bagarre du soir » de l'émission Entrez Sans Frapper de la Première ! Hier, impossible de m’y coller puisque je promenais mes godasses entre Londres et Liège au moment où j’écris habituellement. Week-end passé dans un quartier un peu bizarre où un oiseau s’est mis à chanter… à minuit. La dernière nuit, une oie s’est même jointe à lui pour un concerto privé. Et encore, je ne vous parle même pas de la musaraigne qui s’était retrouvée piégée dans l’appart et me regardait du bout du couloir avec un air de « tu veux bien m’ouvrir la porte du jardin que je m’en aille » ? L’ingrate est partie sans même un regard en arrière… Manquait plus qu’un renard qu’on croise habituellement dans la ville le soir ! (Je vous jure, rien n’est inventé… et… non,  je n’ai pas logé au zoo de Londres !) Alors évidemment, quand dans les questions du jour tu as « Quelle est la plus chanson d’un artiste portant un nom d’animal », tu sais que tu dois choisir celle-là.

Premier réflexe : Me And My Monkey de Robbie Williams! Parce que la chanson écrite par Williams sur un défi lancé par un inconnue au bord d’une piscine qui lui avait donné les mots « monkey » et « rollerblades » pour écrire une chanson, elle est bien pêchue, quand même ! D’ailleurs, qui aurait pu croire que le singe inspire autant les artistes: George Michael (Monkey, 1987), Beastie Boys (Brass Monkey, 2000), les Stones (Monkey Man, 1969), Elvis Presley (Too Much Monkey Business, 1956), Peter Gabriel (Shock the Monkey, 1982), les Pixies (Monkey Gone to Heaven, 1989), Black Eyed Peas (Shake Your Monkey, 2005)…

Y a pas que les singes d’ailleurs… Eye of the Tiger, The Lion Sleeps Tonight, Cats in the Cradle, This Here Giraffe, Cat Size, Black Cat… voire les deux merveilleux instrumentaux de Mancini, The Pink Panther et Baby Elephant Walk.

Mais au fait, à la relire… elle est équivoque cette question ! On parle d’une chanson avec un animal dans le titre ou d’un artiste qui porte le nom d’un animal ?! Oh qu’importe, on va faire les deux d’un coup et on va rester avec le singe avec Everybody's Got Something To Hide Except Me And My Monkey des Scarabées. Euhhh, des Beatles, je voulais dire.



Mis à part la particularité d’être la chanson des gars de Liverpool au titre le plus long de leur carrière, elle fait partie du célèbre album The Beatles, plus connu sous le nom de The White Album, pour sa couverture quasi entièrement blanche, violent contraste avec celle l’album précédent, Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band.

Cet album marque un tournant dans l’histoire de la carrière des Beatles puisqu’il est considéré comme celui de la discorde. Autant entre les membres du groupe que dans leurs vies personnelles, c’est un peu… rock and roll. Et justement, c’est ce son rock qui fait sa réapparition sur certains morceaux de cet album avec Back in the USSR ou Helter Skelter, par exemple.

On pourrait voir dans cette cover une page blanche pour mieux recommencer une relation à zéro mais dans le contexte de l’époque, il s’agissait plutôt d’une représentation d’une absence de relation. Richard Hamilton, l’artiste, a cependant eu l’idée d’ajouter une touche « collector » aux couvertures puisque les premiers pressages comportaient le nom du groupe en surimpression et étaient numérotés. Les quatre premiers numéros (0000001 à 0000004) ont été donnés aux Beatles. 


Pour ce White Album, chaque Beatle appporte du sien, mais souvent séparément. Elle est loin la fusion Lennon-McCartney ! De plus, Harrison et Starr décident de montrer qu’ils savent aussi écrire des chansons (avec While My Guitar Gently Weeps, notamment). Autant dire que George Martin a du fil à retordre pour arriver à mener à bien le projet. Qu’à cela ne tienne, plutôt que de froisser les susceptibilités et de se priver d’excellents morceaux, cet opus se transforme en double album. Au lieu des 13-14 chansons habituelles, les fans ont donc la chance de pouvoir écouter 30 morceaux de leurs idoles. Pourtant, certains morceaux, enregistrés durant ces sessions, seront écartés : ce sera par exemple le cas de Hey Jude que les Fab Four ont voulu dès le départ utiliser comme single isolé. Avec la puissance qu’on connait aujourd’hui à ce morceau qui reste un des plus forts lorsque McCartney l’interprète en concert.


Et là… j’en reviens à la question de l’émission, parce que cet album, c’est une vraie ménagerie ! Sur les 30 chansons, 13 mentionnent des animaux : des oiseaux (Dear Prudence et Blackbird), un morse (Glass Onion), un tigre et un éléphant (The Continuing Story of Bungalow Bill), un lézard (Happiness Is A Warm Gun), des cochons (Piggies), un raton-laveur (Rocky Raccoon), un coquillage (Julia), un aigle et un ver de terre (Yer Blues), un oiseau et une abeille (Cry Baby Cry) et des chiens, des oiseaux et des poissons (Revolution 9). Si Martha My Dear ne mentionne pas d’animal, c’est pourtant bien une chanson qui en parle puisque Martha, c’était la chienne Bobtail de Macca.

Cela fait donc 12 chansons. La treizième est Everybody's Got Something to Hide Except Me and My Monkey mais ne parle pas tout à fait d’un singe. Dans un premier temps, Paul, George et Ringo pensent qu’il s’agit d’une référence à la drogue. A l’époque, Lennon s’est mis à l’héroïne et a donc connaissance du jargon (notamment du terme « monkey »), qui échappe complètement aux trois autres. Heureusement, Lennon finit par abandonner cette drogue pour revenir à des opiacées moins dangereuses. L’origine de la chanson est tout autre : à l’époque, Lennon tombe sur une caricature qui montre Yoko Ono avec des traits simiesques, en train de grimper sur le dos de son amoureux. Furieux, Lennon retourne la situation et donne ce surnom à Yoko, de manière affectueuse. La chanson parle tout simplement de lui et de Yoko et de leur amour profond, que personne ne semblait comprendre. Il faut dire que la présence quasi permanente de l’artiste en studio – qui donnera naissance à The Continuing Story of Bungalow Bill - pouvait passablement énerver l’équipe, ce dont Lennon n’avait clairement rien à f…

Si entre John et Yoko, la relation a toujours été fusionnelle, au point d’irriter autant les autres Beatles que les fans du groupe, leur première rencontre s’est pourtant soldée par une Yoko Ono qui aurait bien arraché les yeux de John Lennon. En automne 1966, l’artiste avant-gardiste expose ses œuvres et John Lennon vient voir l’exposition. Ayant toujours quelques facéties en stock, il s’amuse avec différentes œuvres de la jeune femme, notamment une pomme posée sur un socle en plexiglas. Il reste abasourdi par le fait que l’on vende 200 Livres une œuvre que l’on va juste regarder se dégrader avec le temps. Il décide d’y apporter sa touche personnelle, attrape la pomme et… croque dedans avant de la reposer sur le socle, déclenchant la fureur de Yoko Ono. Cet pomme était… une Granny Smith.

Coïncidence, The White Album est le premier sorti sous le label Apple Records, créé par les Beatles en 1968 dont le logo est… une Granny Smith. Le choix de cette pomme vient-il justement de cette anecdote entre John et Yoko? Eh oh… faut pas déconner, quand même ! Nenni ! Ce logo Apple s’inspire… de la Belgique et, plus particulièrement, d’un de nos peintres. A savoir Magritte. Dans les sixties, McCartney craque pour l’art de notre compatriote et veut faire l’acquisition de l’une de ses œuvres, qui sont alors nettement meilleur marché que maintenant. Il en parle à un ami qui tient une galerie d’art. Ce dernier passe un jour chez Paul et dépose le tableau Le Jeu de Mourrre sur une table avant de filer et de laisser Paul découvrir la belle surprise. A ma connaissance, Paul McCartney est encore aujourd’hui en possession du tableau représentant une pomme verte où Magritte a écrit « Au revoir ». Comme celui que les membres des Beatles se diront un beau jour d’avril 1970 lorsque McCartney annonce qu’il quitte officiellement le groupe…

Et pour l'émission du jour, c'est ici. 

Martha le chien, Paul le Beatle et Magritte et sa pomme





dimanche 15 décembre 2019

Le Champ de Bataille – Centre Culturel de Huy (10/12/2019)


Vous êtes parents et avez des ados ? Allez voir la pièce.
Vous n’êtes pas parents et voulez avoir des enfants ? Allez voir la pièce.
Vous ne voulez pas avoir d’enfants ? Allez voir la pièce.
Bref. Allez. Voir. La. Pièce.

Le Champ de Bataille, c’est l’histoire d’un homme qui mène quatre combats à la fois : celui de sa relation avec ses enfants, celui de sa relation avec sa femme, celui du temps qui passe et celui… face à l’enseignement. Bref, la vie est un sacré put*** de combat où on se sent attaqué de toutes parts!

La pièce est une adaptation du second roman de Jérôme Colin où l’on retrouve le héros d’Éviter les Péages avec des enfants ont un peu grandi, un couple toujours debout malgré les heurts du temps qui s’écoule mais qui reste parfois dépassé par les événements. Un homme qui ne lâche pas pour autant prise et qui s’accroche.

J’avais adoré le premier roman de l’animateur de La Première et de l’émission Hep Taxi !, lu dans une période un peu douloureuse, et avais dévoré le second avec tout autant de voracité que son prédécesseur. Le méli-mélo d’émotions du narrateur associé à quelques phrases et moments de vie percutants ont fait que je me suis rapidement attachée à ce héros malheureux, dont j’attends avec impatience les prochaine aventures. Donc… fallait assurer parce que ce bonhomme sans nom, j’y tiens ! Pas question d’éprouver le même désappointement que l’on ressent à quasi chaque adaptation d’un roman de Stephen King. Bon, ici, le but n’est pas de terrifier le spectateur mais… vous avez saisi l’idée.

Alors ?

Et bien, Thierry Hellin donne vie à ce personnage de plume via un long monologue et à lui seul, il tient le public en haleine durant nonante minutes. Une prestation à saluer, notamment en raison de son impressionnante présence scénique et d’une voix qui accroche. Enfin, « des » voix, plutôt, puisqu’il incarne à lui seul une impressionnante galerie de personnages.



Le travail réalisé par Denis Laujol sur Le Champ de Bataille est également à souligner, tant au niveau de l’adaptation de la pièce que de sa mise en scène. D’une part, il a su retranscrire les 207 pages du roman en conservant leur substance, déjà un tour de force en soi. D’autre part, il nous offre sur scène… un WC, refuge du héros face à au monde extérieur, mais met en évidence d’autres éléments essentiels de la narration grâce à des techniques scéniques intéressantes.



Pour l’occasion, c’était le Centre de Huy qui accueillait la pièce et au vu du nombre de retours sur scène de Thierry Hellin, les presque 600 personnes présentes ont visiblement apprécié ce Champ de Bataille !

Quoi ? Et moi, dans le fond, qu’en ai-je pensé ? Ah écoutez… Voir Thierry Hellin se débattre avec ce gamin, entré dans l’adolescence à coups de grommellements et de portes qui claquent, est délicieux. Le voir affronter ce proviseur de l’enseignement général, malheureusement pas autant cliché qu’on le voudrait, a certainement été un de mes moments préférés. J’attendais  la réplique « Goebbels », je l’ai savourée comme on savoure une glace en été (A vous d’aller découvrir cette petite ligne page 189 du livre, elle vaut son pesant d’or !) Parce que si vous pensez, en lisant les lignes précédentes, avoir affaire à un personnage déprimé et déprimant, vous vous tromperiez : Le Champ de Bataille contient aussi une belle série de moments drôles. Notamment parce que certains d’entre eux – principalement liés à l’école - me rappellent autant un vécu vieux de 25 ans que celui que j’expérimente encore régulièrement de par mon « vrai » métier. Et puis, moi, le mariage des genres, s’il est bien finement orchestré, j’approuve !

Je ne vous donnerais qu’un seul conseil : si vous comptez aller voir la pièce, ne lisez pas le livre peu de temps avant d’aller la voir. Lisez-le maintenant et laissez faire le temps jusqu’au moment où vous irez à la représentation… Vous passerez ainsi deux bons moments : un dans votre tête avec le livre en main puis un avec vos yeux avec Thierry Hellin devant vous.

G à D : Denis Laujol, Thierry Hellin et Jérôme Colin


Tiens… maintenant que j’y pense…

J’ai oublié une option dans mon début d’article. Eh toi là… T’es un ado et tu trouves tes parents ch… ? Sors de ta chambre et va voir la pièce. Tu pourrais bien les découvrir sous un autre œil.
Bref. Va. Voir. La. Pièce.
Et… NON TU N’AURAS PAS UN NOUVEL iPHONE SI TU VAS LA VOIR !

BOULET, VA ! (Bah ouais, c’est pas parce que t’as 15 ans que t’as le monopole de l’insulte !)



Les prochaines représentations du Champ de Bataille auront lieu au Centre Culturel d’Uccle, les 2, 3 et 4 avril 2020. Pour réserver, c’est ici.  

Jérôme Colin est aux commandes de l’émission Entrez Sans Frapper du lundi au vendredi sur La Première et emmène des personnalités dans son taxi sur la RTBF avec Hep Taxi !.  


Thierry Hellin sera sur la scène du Théâtre des Martyrs du 29/01/2020 au 15/02/2020 avec La putain respectueuse | La putain irrespectueuse.

Denis Laujol met en scène Zenel Laci dans Fritland au Centre Culturel d'Uccle le 3 février 2020 et Marie-Aurore d'Awans dans Pas Pleurer à la Maison de la Culture Famenne Ardenne le 7 février 2020. Il aura aussi d’autres nombreux projets pour l'année, notamment au Théâtre de Poche. Gardez les yeux bien ouverts ! ;)


jeudi 21 novembre 2019

L’histoire de... « Elegantly Wasted » (INXS, 1997)



Première question d’Entrez Sans Frapper du jour: « Quelle est la chanson sur laquelle on a le plus envie de danser quand on est dans un état avancé d’ébriété ? Tu parles d’un thème quand t’as le popotin installé… à l’hôtel de police de Verviers.

Je n’y étais pas pour chapardage de trois chocolats chez Darcy, meurtre de la vieille grand tante pour toucher son héritage, ou… prise en flagrant délit d’ébriété sur la voie publique mais pour la prépa d’un futur événement. M’enfin ! Qu’aviez-vous pensé ??! :D

Si on veut être honnête, faut avouer que quand on est complètement torché, peu importe la chanson, pourvu qu’on danse. A y réfléchir et en pensant aux folles soirées ardennaises avec les copains, il y en a quand même une qui a le don de faire relever les têtes et corps avachis sur le bar en fin de soirée, c’est Les Lacs du Connemara de Sardou. Même au seuil du coma éthylique, les deux notes de piano de début suffisent à faire lever tous les bras et inonder la piste de danse. Littéralement. Parce que danser sans lâcher la bière, c’est plus drôle. Ça rajoute un peu de piquant en essayant de rester debout sans glisser sur les liquides sortis des verres pour finir direct au sol. Quand on ne finit pas par sauter du dessus du bar à pieds joints dans un container arrivé dieu sait comment à l’intérieur de la salle du village. (Ne prétends pas le contraire, cousin Nico, j’ai encore la vidéo pour le prouver ! :D)



C’est pourtant un choix plus « sage » que j’ai proposé pour l’émission. Un choix d’anticipation puisque hier, en écoutant cette chanson, je me suis dit qu’à la prochaine question parlant d’alcool, je pourrais peut-être proposer celle-là. Et puisque l’animateur enjoint parfois ses chroniqueurs (et les auditeurs via la page FB) à donner un peu d’eux et bien allons-y…

Pleine de nostalgie, j’ai hier soir réécouté l’ensemble des albums d’INXS. Parmi ceux-ci, Elegantly Wasted, le dernier du groupe, sur lequel un titre porte le même nom. Jamais je n’avais réalisé à quel point ce titre est un chouïa paradoxal. « Wasted » veut dire « bourré » et « elegantly » signifie « élégamment ». Tout un programme !

INXS est un des premiers groupes que j’ai aimé. Je devais avoir 11-12 ans quand leur titre New Sensation a fait chavirer mon cœur musical, avec ce riff de guitare d’enfer et cette tape de batterie du tonnerre de dieu. Après, je ne les ai plus quittés. INXS est aussi le premier groupe que j’ai vu en concert, le 30 juin 1993, à tout juste 16 ans. En ayant fait croire à mes parents que j’allais à une soirée pijama. Sauf que on a fini à Deinze et pas Seraing et encore moins en pijama. On n’oublie jamais son premier concert, surtout quand il t’a permis de défier l’autorité parentale. Sobrement. Pas besoin d’alcool quand tu t’éclates au concert de tes musiciens préférés.



Bon cela dit, ne nous faisons pas plus catho que le pape, j’ai eu ma part de niveau d’alcoolémie effarant. Quand je bois un peu trop, je somnole. Quand je bois BEAUCOUP trop, je suis tellement éveillée que je vois tout ce que je ne verrais pas en temps normal, y compris ce que les copains essayent de cacher le lendemain et que je leur rappelle avec un sourire amusé. Je me souviens aussi d’une fin de kermesse il y a quelques années où j’ai alterné - pendant 15 heures d’affilée - blanc jus, pèket, coupé menthe, batida coco, passoa, bière classique, blanche rosée, blanc coca, soupe à l’oignon (histoire de bien caler le tout et de dire qu’on n’a pas bu QUE de l’alcool) pour finir en apothéose avec… de l’absinthe. A froid et puis à chaud avec le sucre, histoire de savoir quelle version me plaisait le plus. Résultat fin de soirée ? Rien. Nada. Enfin si… une fois rentrée - genre 8h du mat - et posée sur le lit, impossible de fermer les yeux et m’endormir. On aurait dit un lémurien ayant fait une overdose de vitamines !

Pour revenir la chanson, elle fait partie de la famille des morceaux à surprises cachées. A l’image du « Fucking hell » de Lennon glissé dans Hey Jude ou de la porte ou du tabouret qui grince sur Yesterday, Elegantly Wasted a aussi un élément où il faut prêter l’oreille… Mettez un casque et écoutez la chanson jusqu’au début du premier refrain. Michael Hutchence y chante deux fois les mots Elegantly Wasted. Sauf que si on écoute bien le second, c’est un « I'm better than Oasis » (Je suis meilleur qu’Oasis) que l’on entend. Oui oui on parle bien d’Oasis, le groupe des frangins Gallagher.

En février 1996, aux Brit Awards, Michael Hutchence présente le prix du « Meilleur Album » qui sera attribué au groupe de Manchester. Noel Gallagher, bière à la main, monte sur scène et balance au micro qu’un has been ne devrait pas présenter une récompense à ceux qui vont devenir des grands. Sympa !

Quelques mois plus tard, Hutchence est de sortie dans un bar avec Bono quand arrive Liam Gallagher qui se joint au duo. Au bout de quelques bières, le cadet des Gallagher devient agité et crie comme un marchand de poisson en plein marché. Hutchence lui demande de se calmer et Liam devient agressif. C’est finalement Bono qui calmera le jeu. Mais pas celui d’Hutchence qui en a peu sa claque de ces deux-là.

Lors d’une interview radio en 1997, le DJ discute avec Andrew Farriss, le claviériste du groupe, et Hutchence du nouvel album et leur dit qu’il pense entendre ce « I’m better than Oasis ». Farriss se retourne vers le chanteur qui reste silencieux mais regarde tout le monde avec un large sourire sur le visage, laissant Farriss horrifié. Apparemment, lors de l’enregistrement du morceau, Hutchence était retourné seul en studio pour refaire quelques prises, dont cette variation des mots « Elegantly Wasted »… que personne – y compris les autres membres du groupe - n’avait remarqué. Et de fait, c’est tellement bien chanté que c’en est bluffant et que ça passe comme une lettre à la poste! Sur ce coup-là, Hutchence aura eu le dernier mot !

En résumé, que l’on fasse la fête ou que l’on reçoive une récompense, quand on est « wasted », on l’est finalement très peu « elegantly ».

Allez assez écrit… Ecoutons donc Michael s’amuser au détriment d’Oasis !





mercredi 13 novembre 2019

L'histoire de... "Shame And Scandal In The Family"



Dans les questions du jour d’Entrez Sans Frapper, y en a une s'est avérée très instructive! A savoir : « La chanson que vous devriez utiliser vous deviez annoncer à vos enfants qu'ils ne sont pas de vous? »

Le choix de Corentin (Compagnie créole et son Scandale dans la Famille) était chouette mais je reste fan de l'originale. Enfin... ce que je croyais être l'originale. La version de 64 de Shawn Elliott.



Ouais... mon oeil! Parce que celle-là, elle mériterait une chronique du blog à elle seule. Je vous passe les versions en hébreu, en grec, en slovaque ou encore en estonien et j'évite de vous parler des autres versions françaises, chantée par Sacha Distel ou Dalida (qui l'a aussi faite en italien, d'ailleurs...)

Rien qu'en anglais, elle a notamment été reprise par Madness en 2005, Peter Tosh and The Wailers mais surtout par... Clint Eastwood and General Saint. Euuh... non, le réalisateur et acteur n'a pas chanté, c'est juste un Jamaïcain qui s'est dit que ça le ferait grave de porter ce nom-là comme nom de scène. (Et je vous jure que c'est véridique!!)



Du coup... quelle est la 1e version de cette chanson? Et bien, elle est provient de la BO du film d'horreur I Walked with a Zombie, sorti en... 1943. Et chantée par un type qui avait comme pseudo... Sir Lancelot. Et comment chante Sir Lancelot? Bah, comme ci-dessous... ;)



Comme quoi, y a des chansons qui sont chantées à la fois par le cow-boy le plus célèbre de l'histoire du cinoche ET un des chevaliers de la table ronde.

Cette chanson est finalement un vrai festival de découvertes...  Bravo M'sieur Jérôme et l'équipe! (Et bravo à Corentin pour le choix avisé...)