lundi 29 octobre 2012

Slash (feat. Myles Kennedy & The Conspirators) – Ancienne Belgique (17/10/2012)


Aaah il fallait me voir en août dernier lorsque j’ai reçu l’info : j’étais en vacances à Lacanau Océan, en France, et faisait le tour de la table sur la terrasse en lâchant à tout va « Slash vient chez nous! Slash vient chez nous! Slash chez nous! » sous le regard médusé de mes oncle et tante qui connaissent ma passion pour la musique mais qui n’avaient jusque-là jamais eu l’occasion de voir l’effet qu’une simple info pouvait me faire…
Cela dit… Il fallait aussi me voir deux jours plus tard sur cette même terrasse en train de pester et de taper du pied de rage parce que je n’avais pas de connexion internet sur place et que je n’avais donc pas su avoir de places et que c’était… « sold out ». J’en aurais pleuré !
Vous devez sans doute maintenant  vous dire « Mais comment peut-elle faire une review du concert sans place ? ». Et bien… Une fois rentrée en Belgique, j’ai demandé à quelques amis d’ouvrir grand les yeux et les oreilles concernant ce concert. Et au bout du compte… me voici avec deux places et un nouvel ami dans la foulée ! (Et re-sauts… autour de la table du salon, cette fois !)
A ce titre, j’adresse donc un énoorme merci à Sabrina et Christophe pour m’avoir filé un gros coup de pouce. Rock’n’Roll bless you, les potes !

Entrons dans le vif du sujet… Avant Slash et ses potes, une première partie qui dépote, Ginger Wildheart. Six membres, cing gars et une fille, qui assurent sur scène et au son indéniablement très rock’n’roll.
Première constatation, la balance son est nickel. Ca s’entend… et ça se voit : j’ai sous les yeux l’instrument de mesure de l’AB. Au cours de toute la soirée, tant la première partie que Slash & Co feront preuve de respect envers le public en ne l’exposant jamais à un excès de décibels. Ceux qui pensent que le hard rock est le meurtre assuré des oreilles en seront pour leurs frais ce soir. J’ai passé l’entièreté de la soirée sans avoir eu besoin de mes bouchons d’oreilles et ai apprécié chaque seconde et chaque note de musique de ce concert. Monsieur l’ingé-son de Slash, je t’aime… 
 
Ginger Wildheart a un bon contact avec le public qui se prête volontiers à leurs jeux : ils nous enrôlent pour les aider sur les chœurs d’une chanson en assurant la partie « Whole Whore » et, lorsque Todd Kerns, le bassiste de Slash, les rejoint sur scène, ils jouent « The Revolution Will Be Televised » et nous demandent de scander son nom tandis que chaque membre de Ginger Wildheart modifie la chanson d’origine et adresse un couplet à Todd… qui, à voir sa tête, ne s’y attendait pas vraiment! Chouette moment !
Certains morceaux m’ont méchamment rappelé un côté « Green Day ». Pour la musique jouée, notamment, mais également parce que les six membres du groupe effectuaient des petits sauts comme Billie Joe Armstrong sait si bien le faire.

 
Petite pause avant l’arrivée de Slash et de ses potes. J’en profite pour filer au stand merchandising acheter les deux albums de Ginger disponibles et au retour, constate à quel point je suis entourée de rockeurs dans l’âme : autour de moi, j’ai des T-shirts Motorhead, AC/DC, Led Zeppelin… Je repère même dans la foule un « frère » qui porte un T-shirt Sixx AM, side project de Nikki Sixx de Mötley Crüe avec James Michael au chant et DJ Ashba à la guitare. Vous savez, DJ… l’actuel guitariste des… Guns N’Roses (Ironie, ironie…). Bon, question fringues, je ne vais pas la ramener : je porte un T-shirt des Sex Pistols. Cela dit et pour votre info, je n’ai repéré dans la foule aucun T-shirt « I hate Axl »…
 

Salle comble...
 
Une fois que les techniciens ont assuré leur partie à eux, place aux artistes. On entre très vite dans le vif du sujet lorsque Myles nous demande si on est « ready to f**ing roll ». Tu parles mon vieux qu’on est prêts ! Démarrage avec « Halo » où les musiciens envoient un max. Frank Sidoris, le guitariste et Todd Kerns font des signes au public ; Slash, lui, se tient comme à son habitude à droite de la scène, imperturbable et concentré.
 
Le groupe enchaîne directement sur « Nightrain » des Guns pour lequel le guitariste chapeauté nous dispensera un solo d’enfer comme il y en aura tant ce soir-là. Lors de ces solos, il quitte généralement son côté de scène et s’approche du centre pour le plus grand régal des photographes présents ce soir-là. Après son premier solo, Slash obtient de son public des tapes dans les mains, des cris et des « hey hey hey » scandés comme si la foule n’était qu’une seule et même personne.
Lors du morceau, je repère une vigile de piquet juste devant la scène, pro jusqu’au bout des ongles : imperturbable et stoïque comme pas deux. Mais pour combien de temps encore étant donné l’ambiance déjà bien présente au bout du second morceau ?
 
Démarre alors « Ghost », extrait du premier album solo de Slash, sorti en 2010. Pour le coup, je ne peux pas m’empêcher de regarder Slash et d’être admirative devant la dextérité de ses doigts sur les cordes. J’entends bien le son de la voix de Myles, je vois bien que Todd, Frank et Brent Fitz, le batteur, assurent la partie chœurs de la chanson mais tout ce que je vois, c’est la vitesse à laquelle les doigts du grand bouclé bougent sur les cordes. D’autant que la version que nous avons en live me semble encore un tantinet plus accélérée par rapport à sa version d’origine, demandant dès lors une maestria d’autant plus précise. Wow !
 

 
Sur « Standing In The Sun », Slash quitte son côté et se positionne près de son batteur, chose qu’il fera à plusieurs reprises lors de la soirée. Lorsqu’arrive son solo, il échange sa place avec Myles Kennedy. Todd vient se placer à la gauche de Slash, Frank à droite et les deux guitaristes balancent la tête de bas en haut, tels les rockeurs qu’ils sont, envoyant dans la foulée une masse capillaire impressionnante. Parce que dans le monde de Slash, un rockeur aux cheveux courts n’est probablement pas un vrai rockeur. Même si on peut difficilement égaler Slash en termes de masse capillaire. J’ai beau chercher, je ne l’ai jamais vu avec des cheveux courts et encore moins non bouclés. Je l’ai aussi rarement vu sans chapeau et me demande, comme tant d’autres, comment ce dernier fait pour tenir sur cette impressionnante tignasse. Cela dit, ce couvre-chef fait partie intégrante du guitariste et de son monde : que ce soit sur les couvertures de ses albums solos, que ce soit sur les T-shirts ou encore sur la toile en arrière-fond de la scène, le chapeau est présent. Je suis prête à parier qu’il se fera enterrer avec !
 

Cherchez le chapeau, cherchez...
  

Sur « Back From Cali », Myles improvise et réajuste la chanson, le temps de glisser un « Brussels » dedans tandis que Slash fait des ronds en tapant du pied, le tout sans jamais perdre la note.
Lorsque le groupe joue « Been There Lately », un des morceaux de Slash’s Snakepit – un groupe side-project de Slash – je me rends compte que si le concert est sold-out, je n’ai toutefois jamais vu l’AB aussi remplie. En bas, c’est full ; les places assises sont toutes occupées et il y a du monde au balcon. Aux deux étages. On trouve même des fans agenouillés devant les premiers rangs des places assises, avec juste la tête qui dépasse du bord du balcon pour ne pas occulter la vue des gens assis derrière eux. On est nombreux mais on a tous sa place, en gros. 
 
Tous les gens présents ce soir-là le prouveront d’ailleurs à maintes reprises : il n’aura par exemple fallu que quelques secondes pour que le public reconnaisse « Civil War », au grand dam de Myles qui lève le pouce, genre « Waw, les gars, vous m’avez eu sur ce coup-là », lorsque la foule accompagne la mélodie en y posant des « Oooh ohhh ». Après son solo, Slash nous prouve encore une fois qu’il maitrise les cordes de guitare comme un pro et ajoute des effets en la levant vers le ciel ou en la faisant légèrement osciller pour rendre le son plus vibrant encore… Fin de chanson, un regard vers Brent et BAM, fin de la chanson.
 
Slash reste au centre de la scène tandis que les autres sont en retrait… Dans la fosse, j’en vois deux qui planent littéralement sur la foule avant de se faire choper par les vigiles. Et puis… Slash reprend sa guitare bien en mains et démarre. Les doigts touchent les cordes et devant lui, les bras sont levés. Pas pour applaudir. Pour sortir les téléphones et capter un moment unique. Le public ne crie plus, le public qui n’a pas de caméras sur son téléphone ne tape pas dans les mains. Le public écoute religieusement ce solo, comme envoûté. J’avoue que je suis moi-même complètement captivée par ce morceau, notamment par sa longueur. A côté de ce solo, les presque huit minutes de la version basique du thème de l’Exorciste paraissent assurément ridicules. Et pendant ce temps-là, ses comparses tiennent la mélodie de base en boucle sur laquelle Mr Saul Hudson – le véritable nom de Slash – pose ses propres notes : on s’emballe, on monte dans les aigus, on redescend dans la tonalité, on se détend… On passe tout bonnement par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel mélodique.
Slash se dirige alors vers les amplis situés dans le fond de la scène et attrape un bottleneck pour finir le morceau en mode « slide ». Frank et Todd le rejoignent, suivi de près par Myles et le groupe termine le morceau comme un seul homme.
A la fin de la chanson, c’est l’Ancienne Belgique toute ancienne qui lève les bras et scande le nom du guitariste. Là, je réalise que ce mec n’a pas un public devant lui mais une armée entière, toute dévouée à sa cause, quel qu’elle soit. Pour toute personne extérieure, cela pourrait avoir quelque chose d’inquiétant mais pour la fan de musique que je suis, c’est fascinant… d’autant qu’on ne sent peser aucune menace réelle. Je peux vivre centenaire, je me souviendrai toujours de ce moment-là, même si je sais que je vivrai encore de nombreux frissons musicaux d’ici mes cent ans.
 
Slash est probablement la star de ce soir mais Myles Kennedy sait également mener la foule. Lorsqu’il enjoint le public à frapper dans les mains pour bien démarrer « No More Heroes », celui-ci se prête volontiers au jeu. « No More Heroes » est une des (nombreuses !) chansons qui donne à Myles l’occasion de prouver à tous à quel point il assure vocalement. Sous une apparence plus ou moins passe-partout, le chanteur a un coffre incroyable et épatant. Et un côté sympa qu’on ne peut pas négliger lorsqu’il s’approche à plusieurs reprises du public pour lui taper dans les mains. Dans toute son humilité, on le voit plusieurs fois poser les mains sur ses hanches, nous regardant et secouant la tête, visiblement surpris par l’accueil que les belges leur avaient réservé.
 

  

Myles quitte alors la scène… pour céder la place à Todd Kerns qui va assurer la partie chant sur « We’re All Gonna Die » et « Out Ta Get Me ». Le bassiste s’en donnera à cœur joie sur les deux morceaux… notamment sur « We’re All Gonna Die » où il obtient un assist d’enfer de Slash qui… si, si, je vous l’assure, chante ! OK, c’est le refrain et ce sera une de ses rares contributions chantées de la soirée mais ça mérite d’être souligné ! Face à face, Todd et Slash se partagent le micro. Frank occupe la partie gauche de la scène avant d’être rejoint par Todd tandis que Slash se dirige vers son batteur. Fin de la chanson, le trio de guitaristes se tourne alors vers leur batteur qui finit la chanson en beauté dans un gros éclat de cymbales.
 
Après la prestation de Todd, Myles revient sur scène et les deux hommes se frottent les mains l’un de l’autre, une fois dans un sens, une fois dans l’autre ; signe de la complicité entre les deux chanteurs… Avant d’enchaîner sur « Not For Me », Slash nous gratifie d’un solo basé sur le morceau « Jazz Odyssey ». Cette fois, Slash restera de son côté de la scène pour envoyer son solo aux fans postés devant lui depuis le début de la soirée.
 
Moment plus doux ensuite avec « Starlight ». Enfin, doux, c’est beaucoup dire parce qu’une fois que le refrain arrive, ça envoie ferme, autant musicalement que vocalement. Cette chanson, présente sur le premier album de Slash, était l’une des deux contributions vocales de Myles et allait marquer le début d’une belle aventure humaine… et musicale. A la fin de la chanson, pendant le microscopique temps mort, Myles et Slash échangent un regard et, telle une machine bien rôdée, l’un comme l’autre assure comme un pro sa partie. Pas une fausse note, pas un temps de retard, c’est nickel et c’est que du bonheur ! 
 
Question morceaux instrumentaux qui tuent, nous n’étions pas encore au bout de  nos peines. Quoique « peine » ne soit pas le terme adéquat ici. Vraiment pas. Slash s’avance sur le devant de la scène. Myles a entretemps attrapé une guitare et se place devant la batterie avec Todd et Frank. Et puis, là, mes enfants…
Beaucoup de musiciens s’accordent pour dire que beaucoup de styles musicaux trouvent finalement leurs racines dans le blues. Clapton et BB King sont deux parfaits exemples d’artistes profondément imprégnés de musique blues et en ont fait leur signature musicale au fil des décennies. Pourquoi cette parenthèse sur le blues alors que je suis en plein concert rock ? Et bien… Le monde du rock n’a certes pas la même sensibilité que le monde du blues mais pourtant, il s’avère que les rockeurs sont eux aussi bien souvent de fins amateurs de blues. Slash l’est, du moins. Il nous l’a prouvé ce soir-là en nous délivrant une prestation épatante dans un genre musical qu’on lui connait évidemment moins. A tort d’ailleurs.
Je ne sais toujours pas comment ce type fait… Est-ce un morceau blues qui avait été écrit au préalable, peut-être dans un coin isolé chez lui ou s’approche-t-il du devant de la scène en laissant ses doigts « juste » glisser sur les cordes au fil de ses émotions chaque soir de tournée ? Je ne sais pas. Et peut-être que quelque part, je ne veux pas savoir. Je fais comme tout le monde. Je savoure le moment en écoutant ce morceau. Probablement autant que lui en le jouant.
 

  

Je remarque d’ailleurs que sa façon de jouer a fini par faire perdre son stoïcisme à la vigile dont je vous parlais au début de cet article. Lors du morceau, il se retourne et jette un regard vers le grand bouclé et sa guitare. Cela dit, j’avais repéré que le bonhomme s’était déjà retourné sur « Civil War » et « We’re All Gonna Die », désirant visiblement finalement profiter un peu aussi du spectacle. Ce n’est pas moi qui vais lui jeter la pierre… Je réalise cependant la frustration que doit parfois certainement entraîner ce genre de job où tu as le nez tourné vers le public quand les autres peuvent, EUX, regarder la star sur scène. 
 
« Apocalyptic Love », le second album de Slash comporte deux chansons à prénoms : Anastacia et Carolina, une bonus track. Le groupe avait joué « Carolina » à Brixton et Newcastle et je m’attendais à la voir intégrée à la setlist. J’apprécie le morceau pour son côté à la fois groovy et très rock’n’roll tandis qu’ « Anastacia » reste plus du côté rock’n’roll de la musique. Ce sera probablement ma seule et – très – minime déception : Carolina ne fait pas partie de la setlist. Anastacia fait l’affaire, bien sûr, mais je préfère l’autre chanson. Rassurons-nous, je n’ai pas boycotté le morceau en me bouchant les oreilles et en fermant les yeux et ai profité du moment. De chaque moment de la soirée, pour être honnête.
 
Après « Anastacia », « You’re A Lie », le morceau qui me donne une pêche d’enfer ! Lancé une fois au bureau en période de vacances scolaires, où je décidais de semer le trouble dans un étage bien trop calme à mon goût en augmentant un chouïa le volume habituel de ma radio, le tout en chantant à tue-tête. Qui a dit que Slash n’était pas idéal pour faire le tri dans ses armoires ? Ne me prenez pas pour une quelqu’un qui dérange l’ordre public, hein… J’étais de permanence et donc seule dans l’étage... Si je m’écoutais, je balancerais volontiers de la musique dans tout l’étage toute l’année mais la vie en société fait que, parfois, faut savoir un peu se tenir. Question d’éthique professionnelle, après tout. Par contre, question fringues, rien ne dit dans le règlement de travail qu’on ne peut pas porter de T-shirts rock’n’roll… Sur ce coup-là, notre cuistot, se… euh hum... se régale toujours à l’avance de me voir revenir de concerts pour mieux apprécier mes T-shirts. Mais tu sais, Fred rien… tout ça, c’est bien au-delà des T-shirts, c’est un truc ancré bien profond. C’est ptèt ça qu’on appelle une âme. J’pense que la mienne est musicale. Sinon, je n’aurais pas été là ce soir…
Bref, revenons à notre… plat de résistance de ce soir, shall we ?
 
Démarrage de « You’re A Lie » sur les chapeaux de roue : le riff de guitare qui tue, suivi de la rythmique démente de batterie tandis que Frank et Todd haranguent le public, la chanson est lancée ! Avant que Myles ne commence à chanter, une pauvre tache dans le public lance un gobelet vers la scène et Slash se ramasse le contenu plein pot sur la tête. On en aurait qui, pour moins que ça, auraient balancé leur guitare au loin et quitté la scène… Slash ? Il ne se laisse même pas démonter et continue la chanson comme si de rien n’était. En même temps, en 30 ans de carrière, j’imagine qu’il a vu pire qu’un gobelet sur le chapeau !
Quant à la chanson… elle est aussi efficace sur une scène que dans une voiture... ou un bureau. Quelle énergie ! Energie d’ailleurs aisément transmise au public qui saute, qui tape dans les mains. Dé-chai-nés !

 

Nouveau riff de guitare pour débuter une chanson. Une chanson que toute personne dans la salle connait assurément… « Sweet Child O’ Mine ». Elle la maîtrise tellement bien que lorsque Myles lève le bras, c’est la salle toute entière qui lui répond « Sweet Child O’ Mine… Oh oh oh oooh »… Et il nous montre son plus beau sourire et nous salue. La « Slash Army » lui refera d’ailleurs le coup sur la partie « Where do we go now »… Fin de la chanson, Slash donne un coup de poing sur le côté de  sa guitare et, tandis que Todd applaudit le public, tient la note jusqu’au bout, jusqu’à son extrême limite avant de clôturer en beauté ce grand classique des Guns.
Si j’ai au cours de la soirée constaté à plusieurs reprises la qualité des capacités vocales de Myles Kennedy, « Sweet Child O’ Mine » m’a aidé à faire un autre constat, tout personnel qu’il soit.
La voix d’Axl Rose a toujours été un signe distinctif chez les Guns mais sur ce coup-là, la voix de Myles Kennedy a une tessiture et une capacité telle qu’il peut techniquement et sans difficulté remplacer Axl Rose. « Chapeau » bas à Slash donc de s’être associé à ce chanteur qui lui permet de faire perdurer le côté Guns de sa carrière sur scène.
A l’inverse, et malgré l’énorme respect et tendresse que j’ai pour DJ Ashba, le style de Slash, sa façon de jouer font que sans lui, les Guns… ne sont plus vraiment les Guns.
C’est bien sûr un avis personnel mais cela étant, j’ai souvent vu sur le Net que les fans trouvaient qu’Axl aurait dû changer le nom du groupe parce que Slash n’en faisait plus partie. Alors que je ne me souviens pas avoir un jour lu que l’on reprochait à Slash d’avoir été un autre chanteur pour interpréter sur scène des morceaux des Guns… Et ça, c’est moche pour Axl. 
 
A la fin de « Sweet Child », Myles présente tous les membres du groupe et c’est à ce moment-là que... OUI, IL PARLE !! C’est Slash lui-même qui nous présente Axl… euh pardon… Myles.
Le groupe enchaine alors sur « Slither », une chanson de Velvet Revolver, autre side-project de Slash, où le public connait son moment à lui : les « hey » de la chanson, c’est lui  qui s’en charge…
Sur ce morceau, j’ai un méchant éclat de rire… Mon regard se porte à nouveau sur la pauvre vigile qui, cette fois, doit encore une fois attraper une personne dans le public qui « surfe ». Sauf qu’il ne le chope pas dans le bon sens. Du coup, les voilà en position 69, le pauvre surfeur tête en bas et la vigile tenant tant bien que mal de l’empêcher de finir la tête fracassée sur le sol de l’AB. 
 
Clap de fin. Pendant que Franck et Todd balancent les médiators de guitare au public, chose qu’ils ont d’ailleurs fait tout au long de la soirée à de nombreuses reprises, Slash s’approche du micro pour nous dire « On se reverra bientôt ». Ils quittent la scène, nous laissant souffler un peu avant le rappel…

Tournée générale de médiators pour la foule
 

Un homme passe, le public crie… Minute, ce n’est pas le bon type! De là où je suis, j’ai un angle de vue assez sympa. Quand je vois passer le chapeau haut-de-forme caractéristique derrière l’imposante batterie de Brent Fitz et derrière le mur d’amplis Marshall, c’est le signal que le groupe revient nous jouer au moins un dernier morceau. Si Slash a gardé le chapeau, il a laissé tomber le T-shirt Pepé le Pew. Du coup, ma copine bave. Cela dit, je dois lui donner raison : à 47 ans, il est vachement bien conservé, notre rockeur !

 

Les cinq acolytes nous jouent un autre morceau de Velvet Revolver, « Fall To Pieces ». Lors de celui-ci et pour la première fois de la soirée, je constate la présence d’un gamin qui doit avoir maximum 11 ans. Il est appuyé sur la rambarde du balcon du premier étage, il a la posture de quelqu’un qui s’ennuie et pourtant… Il ne remarquera même pas que je l’observais, il n’a jamais détaché ses yeux de la scène.
 
Nous avons ensuite droit à « Paradise City », un des morceaux les plus électrisants des Guns. La salle toute entière a les bras levés et tape des mains, accompagnés quelques instants par Frank, Todd et Myles qui donne le rythme… D’ailleurs, à y réfléchir, ce morceau a mis le feu à la salle toute entière, que ce soit devant ou sur la scène. Très honnêtement, à repenser à la soirée avec un maximum d’objectivité, j’ai rarement vu un public aussi bon et aussi dévoué. Bien sûr, je n’ai que le point de vue d’une soirée alors que le groupe a joué dans de nombreuses villes au cours des derniers mois. Pour eux, le public belge était-il impressionnant ou est-ce ainsi tous les soirs ? Allez savoir… Bien que… A ce titre, Twitter est un ami utile. Une visite sur le Twitter de Slash me donne vite l’info : le guitariste a généralement toujours un mot gentil pour chaque public devant lequel il a joué mais ne sombre pas dans la routine et salue les fans de façon différente à chaque fois… Pour nous, belges, le Twitter disait notamment ceci : « […] especially brilliant crowd in Brussels. U guys were amazing! » ( […] public particulièrement brillante à Brussels. Vous avez été épatants, les gars !).
Les cinq gars qui étaient sur scène, chacun en leur « grade et qualité », étaient tout aussi impressionnants. Plus même. Slash est indéniablement la personne pour qui tous ceux présents ce soir-là étaient venus mais Brent Fitz, Frank Sidoris, Todd Kerns et – bien sûr – Myles Kennedy ont assuré comme des pros et dégagent une énorme sympathie. Plusieurs fois au cours de la soirée, ils ont fait signe à leur public, lancé des sourires, jeté des regards. On a beau dire mais ce sont parfois les petites choses qui font un gros effet !
Fin du morceau, fin du show aussi… ils s’attardent encore un peu sur scène, le temps de lancer encore un paquet de médiators au public, en n’oubliant pas les balcons… même si le second étage est un peu loin à atteindre. Un dernier mot, un dernier salut… Bye-bye les gars…et merci !

"Salut, vous avez été géniaux... On se revoit bientôt..."
 

Pourquoi ai-je mis tant d’acharnement à vouloir en être ce soir-là ? Tout simplement parce que Slash, c’est toute une institution et un talent comme il en existe encore peu. Je ne nie pas le talent de guitaristes tel que David Gilmour, Peter Townshend ou Jimmy Page mais Slash, c’est tout un monde : c’est du rock’n’roll dans la plus pure tradition, c’est le gars poussé sur le devant de la scène par Nikki Sixx et ses potes de Mötley Crüe il y a maintenant presque 30 ans (et avec lesquels il a vachement bien appliqué le code « Sex, drugs & R’n’R dans les 80ies). C’est tout de même aussi un des rares – si pas le seul – types qui sort un album sous son seul nom et… qui ne chante sur aucune chanson. Parce que son nom seul suffit comme signe de reconnaissance. Parce qu’on sait que son truc à lui, ce sont les cordes de sa guitare et pas les cordes vocales. Et que ça lui va comme un gant. Ou comme un chapeau. C’est comme vous voulez.
 
Dju, les potes, j’ai vu une légende musicale. Un nom en plus à barrer sur la liste des types à voir avant d’aller un jour expliquer à Hendrix, Lennon, Morrison & Co que j’aurais apprécié qu’ils restent un peu plus longtemps avec nous.
Et ça, la copine qui m’accompagnait l’a probablement réalisé ce soir-là. Si elle n’était pas forcément emballée au départ, elle est sortie de l’AB en m’avouant avoir pris une énorme claque en pleine figure. J’aurai d’ailleurs droit à une bonne dizaine de « mercis » et à une des plus belles embrassades de ma vie en pleine rue.
Prêter un CD à quelqu’un pour lui faire découvrir un artiste et le voir devenir fan ? Emmener quelqu’un à un concert pour l’en voir ressortir des étoiles dans les yeux ? J’adore ça et je ne m’en lasse jamais… C’est que du bonheur ! Comme le concert de ce soir-là. Gravé dans le cœur.
 
Mais juré, craché… En rentrant, je n’ai pas fait des bonds autour de la table du salon. J’ai préféré me glisser sous la couette le sourire aux lèvres en adressant un « merci » télépathique à Mr Slash et ses amis. Merci d’être là et merci pour ces moments magiques.
Et, encore une fois… Sabrina et Christophe : MERCI et MERCI !
 

 

Update post-concert : Ginger Wildhearts m’avait tellement plu que je suis allée, comme à mon habitude, « gratter » un peu plus loin. Je me suis retrouvée exactement dans la même situation que le concert de Kasabian qui m’avait démontré que finalement, la musique, c’est l’histoire d’une grande « famille ».
Ginger, le chanteur de Ginger Wildhearts, a fait partie d’un groupe appelé Brides Of Destruction, fondé à la base par… Nikki Sixx. Vieux pote de Slash, certes, mais dans ce groupe, on trouvait également un certain Tracii Guns. Début des années 80, Tracii avait déjà monté un autre groupe et avait fait appel, pour ce faire, à un chanteur. Un certain… Axl. Rose. Ce groupe, d’abord baptisé L.A. Guns deviendra bien vite… Guns’N’Roses. Trois mois plus tard, Guns et Rose se disputent, Guns quitte le navire et est alors remplacé par… Slash.
Boucle bouclée. Bam ! 
 
 

Setlist :

-         Halo
-         Nightrain (Guns N’ Roses)
-         Ghost
-         Standing In The Sun
-         Back From Cali
-         Been There Lately (Slash’s Snakepit)
-         Civil War (Guns N’ Roses)
-         Rocket Queen  (Guns N’ Roses)
-         No More Heroes
-         Shots Fired
-         We’re All Gonna Die (Todd Kerns on vocals)
-         Out Ta Get Me (Guns N’ Roses with Todd Kerns on vocals)
-         Not For Me
-         Starlight
-         Blues Jam / Guitar Solo
-         Anastacia
-         You’re A Lie
-         Sweet Child O’ Mine (Guns N’ Roses)
-         Slither (Velvet Revolver)
Encore
-         Fall To Pieces (Velvet Revolver)
-         Paradise City  (Guns N’ Roses)

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire