Dans
les questions du jour de la séquence Bagarre
dans la Discothèque d'Entrez Sans Frapper, on nous demandait la plus belle chanson qui évoque le
plaisir d’être chez soi, en ce mois de janvier et après tous les excès des
fêtes de fin d’année.
Plusieurs
artistes sont certainement adéquats pour rester bien au chaud et au calme.
Personnellement, je ne rechigne pas à l’une ou l’autre BO de Hans Zimmer, un
bon Crowded House, voire un Knopfler, un Gilmour ou un BB King mais pour être
honnête, pour être « bien », rien de tel qu’un Clapton. Plus
précisément, les albums Pilgrim et Back Home, qui restent mes préférés du
guitariste britannique. Le premier comporte notamment les bijoux Circus, Born in Time, Broken Hearted
ou encore la superbe My Father’s Eyes.
Comment résister ?
Dans
la discographie de l’artiste, il en existe cependant une qui trouve sa source
dans la maison. Ou plutôt dans le fait qu’il a failli ne jamais sortir de son domicile pour aller là où l’attendait.
En 1976, Eric Clapton, alors en couple avec Pattie Boyd, est invité par
McCartney et Linda, son épouse, à une cérémonie d’hommage à Buddy Holly. Pattie
ne sait pas comment s’habiller et se coiffer pour l’occasion et essaye la quasi
entièreté de sa garde-robe, descendant à chaque essai pour montrer le résultat
à son compagnon. Ce dernier donne à chaque fois la même réponse : « tu
es superbe. Peut-on y aller maintenant ? »… avec pour seul résultat
de la voir remonter pour un nouvel essayage. Blasé, Clapton attrape son
instrument fétiche et passe le temps entre les différentes apparitions de Pattie.
A la fin du défilé, Clapton a écrit une chanson, inspirée apr sa belle : « Wonderful
Tonight ».
Il ne
s’agit toutefois pas de la première chanson qu’il a écrit pour sa belle : Layla, l’héroïne de la chanson de Derek
and the Dominos, c’est elle ! C’est également elle qui a inspiré, sur le
même album, le titre Why Does Love Got To
Be So Sad. A l’époque, Clapton est amoureux de la belle mais celle-ci est l’épouse
d’un autre, à savoir un de ses plus proches amis… George Harrison. Elle refuse d’abord
ses avances et le musicien encaisse mal le rejet et se console en prenant l’héroïne
comme compagne. Pattie se laissera finalement séduire, notamment à cause des
infidélités répétées du Beatles et entame une relation avec Clapton en 1974. Harrison
n’en voudra d’ailleurs à aucun des deux puisqu’il acceptera de jouer à leur
mariage et qu’il donnera à Clapton le surnom de « beau-mari ».
Le
mariage Clapton-Boyd ne sera toutefois de tout repos : si Clapton a
abandonné la drogue, il sombre doucement dans l’alcoolisme. De plus, le couple
essaye à plusieurs reprises d’avoir un enfant, sans succès. La jeune femme fera
d’ailleurs plusieurs fausses couches.
Le
couple se séparera en 1988, après la révélation publique de la romance d’Eric avec
la mannequin Lory Del Santo. Sa relation avec la jeune femme amènera le petit
Connor dans la vie de Clapton, né en 1986. Le petit garçon est d’ailleurs à l’origine
de la chanson Tears in Heaven. Ce
morceau, co-écrit avec Will Jennings (qui écrira quelques années plus tard les
paroles de la célèbre My Heart Will Go On),
reste l’un des plus beaux de l’artiste en raison de son côté tragique puisqu’il
évoque le décès accidentel de Connor, alors à peine âgé 4 ans. A partir de
2004, Clapton stoppera de la jouer en concert, expliquant qu’il n’en ressentait
plus le besoin. En mai 2013, j’ai eu l’occasion de voir l’artiste au Royal
Albert Hall et savait qu’il y avait donc aucune chance de l’avoir dans la
setlist. Et pourtant… Une note, deux notes… et je l’ai reconnue de suite. Il s’est
mis à la jouer. Et moi, je me suis mise à chialer comme une imbécile. Personnellement,
Tears in Heaven reste une de ces
chansons de Clapton qui me transpercent le cœur bien malgré moi. Dans des
moments pareils, rien ne sert de lutter, faut se laisser aller…
Vous
l’aurez compris ou vous le saviez déjà, Eric Clapton a donc connu un parcours
de vie un peu compliqué. Né sans père en 1945, il a grandi dans une famille où
on lui a fait croire pendant des années que ses grands-parents étaient ses
parents. Celle qu’il considérait comme sa grande sœur était ainsi en réalité…
sa propre mère. D’autres épisodes de vie, teinté de drogues, d’alcool et de
cruelles désillusions auraient pu anéantir le merveilleux magicien qu’il est. Il
fait pourtant partie de ces musiciens ont survécu à tout.
En
1998, il rencontre Melia McEnery, de 31 ans sa cadette, dont il tombe amoureux.
Ils se marient en 2002 et de cette union naîtront 3 petites filles. Lorsque
Melia est enceinte de Sophie, la petite dernière, Clapton a alors 59 ans. A ce
moment-là, il travaille sur Back Home,
un nouvel opus. Cet album, c’est tout bonnement l’illustration du bonheur. Il y
parle de son bébé, de ce qu’il cherchait depuis longtemps et qu’il a enfin
trouvé. Et mérité. Plus tout jeune et déjà une belle carrière derrière lui, il est
clair qu’il souhaite voir grandir ses filles et passer un maximum de temps près
d’elles. Alors, pour cette raison, c’est cet album qui est le plus beau pour du
cocooning. En particulier la chanson-titre, Back
Home.
Aujourd’hui,
Eric Clapton tourne encore autour du monde mais plus autant que par le passé. Il
continue aussi à sortir des albums. Aujourd’hui âgé de 74 ans, il souffre de
soucis au niveau des nerfs, ce qui rend parfois douloureux le simple fait de
jouer de la guitare. Il reconnait aussi connaître quelques problèmes d’auditions
qui sont un sérieux handicap pour un musicien qui a appris à jouer d’oreille. J’ai
eu la chance de voir Clapton 4 fois sur scène et n’hésiterai pas une seconde à
le revoir une cinquième fois. Parce qu’il s’agit toujours d’un moment unique,
où le voir interagir avec un sacré paquet de bons musiciens reste un vrai
plaisir. Mais aussi parce qu’il s’est promis à lui-même qu’il arrêterait la
scène dès qu’il aura le sentiment d’y être ridicule. Et sur ce point, je pense
qu’on peut lui faire confiance. Après tout, quand le « God » de la
musique te dit quelque chose et que ta religion, ce sont des notes de musique,
tu le crois. Pour l'émission du jour, c'est ici.
Une
nouvelle page de l'histoire des Beatles s'est tournée… George Martin,
producteur et "conseiller magique" des quatre de Liverpool s'en est
allé rejoindre John, l'autre George et quelques autres qui ont contribué à l'histoire
du groupe mythique.
Faisant
partie de ces personnes que les médias ont appelé "le cinquième
Beatles" avec, notamment, Brian Epstein, Neil Aspinall, Billy Preston,
Derek Taylor ou encore, dans une certaine mesure, Eric Clapton, il est
effectivement un des responsables du succès de la carrière des
Beatles.
Le 13
février 1962, il accepte de rencontrer Brian Epstein, le manager de ce groupe
de gamins musiciens refusé récemment par Decca Records. Convaincu par les voix de
Lennon et McCartney, il est cependant plus sceptique quant au potentiel musical
du groupe. Le duo se revoit quelques mois plus tard et l'enthousiasme du
manager est tel que Martin accepte d'offrir un contrat au groupe avant même de
les avoir vus ou entendus jouer. L'histoire de ce fameux "contrat"
négocié le 9 mai 1962 pourrait d'ailleurs faire lui-même l'objet d'une
prochaine chronique à lui seul…
Yesterday fait partie des titres de
Help!, cinquième album du groupe, sorti
en août 1965. La "vie" de Yesterday
ne s'annonçait au départ pas comme un long fleuve tranquille …
La
chanson naît un matin quand McCartney cavale vers un piano pour y jouer la
mélodie qu'il a entendue dans le rêve qu'il vient de faire. Pas persuadé pour un
sou que la création de chansons se fasse de cette façon, il craint de se faire
attaquer en justice pour avoir plagié une mélodie déjà entendue que son cerveau
lui a renvoyé en rêve. Il teste la mélodie en la jouant à d'autres personnes qui
le rassurent en lui disant ne jamais avoir entendu celle-ci auparavant.
Paul
continue à travailler la mélodie et son entourage direct découvre le côté
ultra-hyper-supra-méga perfectionniste du bassiste. Lors du tournage du film Help!, il travaille constamment la
mélodie sur le piano présent sur le plateau au point de rendre Richard Lester,
le réalisateur, complètement dingue. Ce dernier éclate dans une colère noire,
somme McCartney de finir sa chanson illico-presto sous peine de voir le piano disparaître du lieu de tournage. Finalement, la mouture finale du titre verra
le jour en mai 1965 et son titre de travail Scrambled
Eggs (œufs brouillés) deviendra le Yesterday
que l'on connait aujourd'hui. Là où il fallait quelques heures au tandem
McCa-Lennon pour finaliser une chanson, Yesterday
volera à Paul un nombre incalculable de journées de son existence. Un comble
pour une chanson née durant une nuit noire.
Des
heures de persévérance pour arriver à quelque chose dont on est fier ne veulent
pas forcément dire que c'est d'office un succès acquis. En effet, quand Paul
présente sa chanson aux trois autres Beatles, ils ne sont pas convaincus et ne
se "voient" pas jouer la chanson. Le bassiste fera même l'objet de taquineries du trio qui sera fort désolé de ne plus pouvoir ironiser sur le titre
provisoire de la chanson une fois que le Yesterday
deviendra définitif.
Même
s'ils ne sont pas emballés, ils suggèrent à Paul de la chanter en solo. La
chanson ne remportera pas pour autant non plus un franc succès auprès des exécutifs
de leur maison de disques mais j'y reviendrai plus loin.
Arrive
la "touche" George Martin. Celle qui fait que, même si John Lennon
l'a parfois dénigré par la suite, on est obligé de reconnaitre que l'apport et les
idées du producteur ont donné un "plus" à certains titres du groupe
mythique. Il va sortir les Fab Four de leur zone de confort en changeant la
line up habituelle : au lieu des quatre instruments classiques du groupe
(batterie, basse, guitare et guitare rythmique), il propose à McCartney d'ajouter
un quatuor cordes. D'abord effrayé par l'idée, Paul accepte toutefois de faire
un essai.
Le 14
juin, à l'aube de ses 23 ans, Paul McCartney enregistre d'abord ses parties
voix et guitare, armé d'une Epiphone Texan acoustique (modèle qu'il utilise
encore aujourd'hui lors de ses concerts pour la jouer), en deux prises uniquement.
Prises directes.
Trois
jours plus tard, le quatuor cordes débarque aux Studios Abbey Road pour y
enregistrer sa partition et le mixage est effectué le lendemain. Yesterday devient ainsi la première
chanson où les Beatles font appel des musiciens extérieurs pour donner une
valeur ajoutée à un de leurs titres.
Bien
que son auteur-compositeur soit emballé par le résultat final, la chanson va
subir de nouveaux coups du sort. En effet, celle-ci semble plus être un projet
solo de McCartney qu'un véritable produit des Beatles. Premier souci. Lorsque
Martin le signalera à Epstein en lui demandant si le morceau ne doit pas être
sorti sous le nom de McCartney, celui-ci réplique gentiment en disant qu'on ne
sépare pas les Beatles.
Le
style de la chanson diffère également de tout ce que les Beatles ont fait
jusque-là. Second souci.
EMI,
leur maison de disque anglaise, refuse donc de sortir la chanson en single, de
peur de troubler le fan base des Fab Four. La pression se faisant moins sentir
de l'autre côté de l'océan, Capitol, leur label américain, sort Yesterday en septembre 1965. Elle explosera
quelques records au passage. EMI ne se sent pas pour autant plus en confiance suite
au succès outre-Atlantique : Yesterday ne sera disponible en single en
Angleterre qu'en… mars 1976, soit presque 10 ans après sa sortie initiale.
Et
pourtant…
A ce
jour, ce titre est encore aux Etats-Unis la chanson britannique la plus
diffusée de tous les temps avec… 7 millions de passage dans les différents
médias.
Cinquante
ans après sa naissance, Yesterday a
permis à McCartney d'engranger à elle seule un peu plus de… 25 millions
d'Euros.
Il est
également impossible de comptabiliser le nombre d'artistes qui ont repris Yesterday sur scène ou sur un album :
Marvin Gaye, Frank Sinatra, Ray Charles, Marianne Faithfull, Elvis Presley ou
encore, plus récemment, Adam Levine de Maroon 5 en font partie. Et combien
d'autres gens ne l'ont pas chantée ou fredonnée? Des comme vous et moi, par
exemple?
Tout comme
son propriétaire qui n'oublie jamais de l'inclure dans sa setlist quand il
repart sur les routes. Comme par exemple, en juin 2008, chez lui, à Liverpool. Quarante
ans plus tard, Paul a un peu changé, sa voix aussi mais… la magie de Yesterday
reste complètement intacte. Et le public la "vit" toujours aussi
fort.
Finalement…
C'est pas mal pour une chanson en laquelle peu de personnes, mis à part
"papa Paul" et "Parrain George", ont cru, nan?
Finalement…
C'est pas mal non plus pour un enregistrement qui contient une faille sonore,
d'ailleurs… Quoi? Pourquoi j'écris ça?
Attendez…
Prenez un casque, mettez-le sur vos oreilles et je vous garantis qu'après avoir
lu les lignes qui suivent, vous n'écouterez plus jamais Yesterday de la même façon. Lancez la chanson, celle de l'album, en
poussant un peu le volume. A la 19e seconde, au moment où McCartney
dit believe, entendez-vous ce petit
son qui n'a rien à faire là? On ne sait toujours pas s'il s'agissait d'une
porte, d'un musicien qui a bougé sur son siège mais on entend clairement un
grincement.
Les
productions des années soixante n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui,
c’est-à-dire ultra lisses et hyper travaillées. Elles étaient soignées, certes,
mais les techniques et moyens d'enregistrement étaient différents. On retrouve
donc parfois, dans certains morceaux de cette époque, des petites failles
telles que celle-ci. Et pourtant… à mes yeux, elles donnent aux chansons ce
caractère unique et particulier qui me plait tant. Qui les rend si belles. Pour
toujours.
Et
finalement, George Martin, avec sa casquette de producteur et d'arrangeur en
est aussi un peu – bien que malgré lui – responsable. Son apport dans l'univers
musical britannique, et pas uniquement celui des Beatles, reste inestimable :
preuve en sont ses 6 Grammys et… et oui, une nomination à l'Oscar en 1965 pour
son travail sur le film A Hard Day's
Night.
Si
cette nuit du 8 mai, Paul rêvait peut-être d'une nouvelle mélodie qui pourrait
devenir un futur hit, George n'allait pas pouvoir être au rendez-vous le lendemain matin lorsqu'il l’appellerait pour lui
dire "Bon, on r'met ça?". Dju… y a des jours où on aimerait bien
revenir à… Yesterday.
Dis,
George… merci. Et dis bonjour à la bande là-haut.
Et
allez, pour finir… Bien que peu appréciée de ses complices musicaux au départ, cela
ne les empêchera de finalement trouver leur place au sein de la chanson, en lui
donnant encore une nouvelle dimension.
Ce matin, la nouvelle est tombée… comme un couperet
qui fait mal. Très mal. BB est parti. Ça peut vous paraitre stupide mais… j'en
ai eu les larmes aux yeux. Peut-être parce que hier, je me disais encore qu'il
fallait que je surveille attentivement ses dates de tournée lors d'un éventuel
retour en Europe. Depuis le départ de Lou Reed en 2013, j'ai réalisé que –
quelque part – j'avais eu beaucoup de chance de le voir sur une scène quelques
mois avant son décès. Depuis ce jour-là, je me suis juré d'essayer d'aller voir
le plus grand nombre de légendes avant qu'ils ne nous quittent. McCartney,
Clapton, les Stones, Paul Simon font partie de cette liste d'artistes que j'ai
vus sur scène. BB King faisait partie de ceux que je voulais "rencontrer".
Mais cela ne se fera pas…
J'éprouvais une grosse tendresse pour Monsieur King,
pour une raison bien particulière : c'est lui qui m'a "appris" à aimer
le blues. Avant la création de ce blog, j'écrivais déjà des chroniques qui
étaient postées sur Facebook. Je prenais une chanson et, la semaine suivante,
me servait d'un élément pour parler d'une autre chanson. Cela pouvait tout
aussi bien être un producteur identique, un artiste qui avait repris la même
chanson, un ingénieur son ou un réalisateur de clip vidéos communs.
Avec Billy Preston, le fameux 5e Beatles,
j'avais trouvé un lien vers BB King. Sauf que… le blues, ce n'était pas vraiment
mon univers. Pas du tout, même. J'ai donc emprunté six ou sept albums de King,
que j'ai écoutés en boucle pendant la semaine, tout en apprenant à connaître le
talentueux guitariste pour écrire ce fameux article. BB King m'a fait tomber
amoureuse du blues, m'a fait sourire et vibrer au son de sa guitare, la jolie Lucille
aujourd'hui orpheline de sa moitié…
Revoici donc ce que je disais de lui le 25 novembre
2009…
(A noter que les chiffres ont été réadaptés pour
"coller" à 2015 et que quelques informations additionnelles ont été
apportées dans l'article, en bleu)
Je pensais avoir trouvé les
détenteurs des carrières les plus longues avec des gars tels que Clapton,
Richards ou Dylan qui éclatait le score avec 56 ans de carrière mais ils sont
battus à plates coutures par Mister King avec ses – tenez-vous bien – 67 ans de
carrière ! Gloups ! Juste pour vous donner une indication : BB
King jouait déjà sur scène alors que les trois précédents avaient entre 2 et 6
ans !
BB King est né Riley B King le
16 septembre 1925 dans l’état du Mississippi à une époque où il n'était pas drôle
d’être black… Pour rendre les choses encore un peu plus difficiles, sa mère
quitte le domicile conjugal alors qu’il n’a que 9 ans et son frère aîné a déjà
fait l’expérience de la prison alors que BB n’a que 4 ans. Venant d’une famille
de fermiers, il est embauché très jeune pour travailler dans les champs… Rien
ne le prédispose donc vraiment à devenir le guitariste légendaire qu’il allait
être des années plus tard…
Savez-vous d’où lui vient ce
surnom de « BB » ? Pour le savoir, il faut remonter jusqu’en
1948 à l’époque où BB était à Memphis. A l’époque, il travaillait pour la radio
WDIA où il présentait une émission de blues d’une durée de 15 minutes. Cette
radio a eu une grosse influence sur certains artistes, tel Elvis, et
constituait en elle-même une révolution puisqu’elle était une des premières
radios à cibler un public exclusivement noir. Cette station était située sur
Beale Street et BB King hérita du surnom de Beale Street « Blues
Boy » d’où… BB King.
Après avoir dans un premier
temps aidé au développement économique de la rue, cette dernière a fini par
tomber en désuétude au fil des années… malgré le fait que le Congrès américain
l’ait officiellement décrétée « Maison du Blues » en 1977. Il faudra
attendre les 80ies pour voir le quartier reprendre vie et on peut aujourd’hui
aller écouter de bons morceaux de blues dans certains clubs et cafés. Tiens,
par exemple, au numéro 143… le BB Kings Blues Club.
Cette station de radio ne sera
d’ailleurs pas uniquement le « fournisseur » du surnom de BB :
elle sera tout simplement l’origine de sa vocation… Le jour où T-Bone Walker
vient à la radio pour y jouer un morceau « live », BB prend une
claque. C’est décidé, il aura une guitare… même s’il doit en voler une,
dira-t-il des années plus tard !
Sa première chanson est un
échec total mais attire tout de même l’attention d’un certain Sam Philipps qui
deviendra producteur de ses morceaux suivants. Juste pour l’info, Sam Philipps
n’est autre celui qui fondera Sun Records, la maison de disques qui révélera
Roy Orbison, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis ou encore Johnny Cash et
Elvis ! Bref… la carrière de BB est maintenant lancée et les 50ies seront
les années King… Rien qu’en 1956, BB donnera 342 concerts ! Pas mal,
hein ?
Essentiellement guitariste de
blues, cela ne l’empêche en rien de se mêler à d’autres mondes musicaux. Ainsi,
en 1969, BB fera la première partie des Rolling Stones. La particularité de
cette tournée était que le show durait parfois jusqu’à 3 heures… et que la
performance des Stones durait, elle, … 75-80 minutes. Les British laissaient
donc finalement plus la scène à leur première partie qu’à eux-mêmes. Vous allez
me dire « Ouais mais c’est ch**ant. On vient pour le plat principal, pas
pour les zakouskis ! ». Ouais, ben sachez que parfois, c’est encore
l’apéro le meilleur moment d’un repas et dans ce cas-ci ça se vérifie !
Question collaborations, BB
King est épatant ! En 1988, il perdure dans le rock avec les irlandais de
U2 lors de la sortie de l’album « Rattle and Hum » et les accompagne
même en tournée sur ce coup-là. Rappelons tout de même qu’à cette époque, BB a
64 ans… mais qu’on ne le dirait pas. La preuve en images :
Et quel public mes amis… Je
vous conseille le film de cette tournée où vous entendrez BB lâcher un
« Je ne suis pas doué avec les cordes… » à un Bono amusé.
Irrésistible !
Il termine le 20e siècle par
une collaboration avec Monsieur Clapton le temps d’un album intitulé
« Riding With The King » (Quoi de plus logique après tout !)…
Excellente collaboration entre ceux que le magazine Rolling Stone a élu
meilleurs guitaristes numéros 3 (pour BB) et 4 (pour Eric) en 2003 !
L’amitié semble au rendez-vous entre ces deux-là puisque BB apparaîtra en 2007
lors de la seconde édition du Festival Crossroads, à 81 ans… et les doigts
toujours aussi peu rouillés ! Je vous laisse le soin de juger par
vous-même :
Vers 4’, il fait un très beau
discours à l’attention d’Eric… émouvant. (Pour ceux qui ne comprendraient pas
l’anglais et qui voudraient savoir ce qu’il dit… Demandez et je me ferai un
plaisir de vous mettre une transcription).
BB fera encore
l'honneur au public du Crossroads Festival de revenir pour les éditions de 2010
et de 2013. Il y a fort à parier que l'édition 2016 sera empreinte d'une pointe
de tristesse pour Clapton et ses amis...
BB, c’est donc 59 albums
uniquement sous son nom, 15 Grammys, une place au Rock’n’roll Hall of Fame, une
étoile sur Hollywood Boulevard, une mention de son nom dans la chanson
« Dig It » des Beatles et plus de 15 000 journées sur les routes…
Vous allez me dire : et la vie privée là-dedans ? Et bien… disons que
BB a une notion particulière de la vie de famille.
Bien qu’ayant été marié deux
fois, ces mariages ont été des échecs en raison de ses trop fréquentes
absences… Une seule est restée dans sa vie, entraînant la jalousie des autres
femmes qui lui disaient « C’est moi ou Lucille ! ».
Qui est Lucille ? Et bien
Lucille est une merveilleuse demoiselle qui, selon les dires de BB, lui a
apporté la célébrité, l’a maintenu en vie et nourri, lui a littéralement sauvé
la vie aussi… et ne l’a jamais abandonné. BB lui a même sauvé la vie une nuit
de 1949 : il devait jouer dans un club lorsque deux hommes se disputent à
propos d’une femme, provoquant un incendie. L’endroit est évacué… Lorsque BB se
rend compte que Lucille n’est pas près de lui, il retourne à l’intérieur du
club pour aller la sauver et depuis, ils ne se sont plus quittés. Lucille est
tout simplement la meilleure compagne de sa vie… sa guitare. Une superbe Gibson
acoustique. Baptisée ainsi en souvenir du prénom de la jeune demoiselle à l’origine de la bagarre…
et de l’incendie qui s’ensuivit.
J’écrivais la semaine dernière
sur mon mur que « Nat s'écoute en boucle une chanson avec 2 solos de Dieux
de la Guitare... ». Vous aurez compris que l’un d’eux n’est autre que BB
mais quel pourrait bien être cet autre dieu ?? Je ne vous fais pas languir
et vais faire plaisir au(x) fan(s) de Pink Floyd de ce groupe en vous présentant
la collaboration de BB avec David Gilmour :
Sympa, hein ? Celle-là, elle doit avoir tourné sur ma bécane au moins 30
fois depuis mon post !
Mon ami Gaël demandait qui
étaient mes Dieux suite à ce post mural mais le fait est qu’ils ne sont pas
« mes » dieux. Les gars de cette trempe-là sont des Dieux tout
courts. Des mecs qui ont abattu les frontières musicales par leur façon de jouer… La musique ne s’en porte que mieux… Et voir un type de 89
piges qui a su rester passionné par ce qu’il
fait, ça me touche…
PS : je ne vous fais pas
l’affront de vous demander si vous aviez reconnu l’homme qui joue dans la vidéo
de présentation avec BB et Billy ? On est quand même loin de John MacLane
ou de Korben Dallas, non ? Ceci dit, il faut reconnaître qu’il se
débrouille bien à l’harmonica, le Bruce Willis… non ? ;)"
J'ai vu passer sur Twitter et Facebook bon nombre de
statuts disant "The Thrill Is Gone". C'est vrai… et faux à la fois.
Parce que si j'ai beau être déçue de ne jamais pouvoir le voir frôler les
cordes de la belle Lucille, je sais que, finalement, à chaque fois qu'une radio
passera du BB, à chaque fois que mon lecteur audio me donnera du BB, j'aurai un
petit sourire en pensant à ce grand lascar à la bonhomie, à la générosité et à
l'humilité légendaires. Tiens… ça aussi, c'est un peu pourquoi je l'aimais
tendrement, BB.
Je terminerai juste par une phrase qu'il a dite, que
l'on entend dans la vidéo du Crossroads Festival (entre 6:28 et 7:12) et qui
prend aujourd'hui une résonance un peu particulière…
"So
I'll say to all of you May I live forever
But
may you live forever and a day
Because
I'd hate to be here
When
you pass away
PS
: and when they lay me out to rest
As
I mentioned I'm 81 now
May
the last voices I hear be yours" - B.B. King
(Alors je vais vous dire à tous :
Si je pouvais vivre à jamais,
Puissiez-vous vivre à jamais et un jour de plus
Parce que je détesterais être ici
Quand vous vous en iriez.
PS : et quand ils me mettront en terre,
Comme je l'ai dit, j'ai 81 ans maintenant,
Puissent les dernières voix que j'entende être les
vôtres)
Allez va jouer avec tes amis là-haut, tu as eu une vie
bien remplie et tu en as fait profiter beaucoup de gens. Merci BB… merci pour
tout ça.
Poursuivons notre petit "best of"
des moments musicaux de l'année 2013 et démarrons avec une catégorie coup de cœur…
Dans
la catégorie "Ceux qu’on n’attendait pas mais qui t’ont flanqué une belle
claque sur ta tronche quand même" :Editors
Remarquez qu'ils auraient pu figurer dans la catégorie qui clôturait l'article d'hier, à la différence près que si Miles Kane a
"cramé" l'AB avec sa musique, Editors a allumé le feu au Sportpaleis…
au sens propre. A coup d'effets pyrotechniques. Quand on ne s'y attend pas, ça
surprend… J'en ai hurlé! Mais ai adoré ça!
Au départ, ce concert était un envie d'une
de mes amies. Curieuse de nature, j'avais accepté l'expérience. Si je ne
connaissais pas le groupe début 2013 (oui, je sais, honte à moi…), la vitesse à
laquelle sont parties les places de concert aurait rapidement du me mettre la
puce à l'oreille quant à la notoriété du groupe en Belgique.
Notoriété absolument justifiée. Les Editors
m'ont littéralement scotchée. Pour plusieurs raisons.
D'abord, grâce à "The Weight of your
Love", leur dernier album. Première étape pour savoir ce qui m'attendrait
le soir venu. Et découverte d'un album de qualité doté d'un potentiel de
dingue!
Ensuite, Tom Smith, dont la voix et la
présence sur scène font sans aucun doute partie des atouts du groupe.
J'ajouterai également une belle communication avec le public et les fans, que ce soit en tournée ou non : lorsque le groupe a terminé sa tournée et que le chanteur a pris le
temps, via la page Facebook du groupe, de remercier toutes les personnes venues
les voir en concert. On a beau dire, ce genre de geste, ce n'est pas
grand-chose mais c'est une belle marque de respect envers son public.
Mention extra spéciale pour Ed Lay, le
batteur du groupe qui est désormais entré dans ma "Star List" des
batteurs aux côtés de, notamment, Steve Jordan ou Abraham Laboriel Jr. Ce type,
qui parait tout minuscule à côté de grands batteurs "baraqués", a
envoyé comme un malade ce soir-là et m'a laissée toute… ouais, avouons-le, j'ai
été complètement séduite et il a mis un sourire sur mon visage toute la soirée!
Enfin et surtout, ce groupe a une base rock
mais a exploré, dans l'album "In This Light and on This Evening", le
monde de la musique électro. Ce monde recueille peu mes faveurs en général mais
Editors a réussi, grâce aux versions "live" de ces chansons, à faire
passer la pilule en un temps record.
Bref… encore aujourd'hui, quasiment deux
mois après le concert, j'écoute encore toujours les quatre albums du groupe
anglais et… ils me manquent. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce groupe
a été mon coup de foudre de l'année.
Petite info pour les fans d'Editors, je les
invite à tenir à l'œil The Spectors, un jeune groupe belge récemment signé par
PIAS Belgium. Sachant qui se cache sous la casquette de producteur, je serai
curieuse de découvrir le son du groupe… Premier single, "Nico", en
janvier 2014 suivi d'un EP en mars 2014. A bon entendeur…
Dans
la catégorie « Ceux qu’on n’attendait pas et qu’on va vite renvoyer dans
leurs foyers » :Balthazar
Première "rencontre", les
Ardentes, où ils ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable. Soit. Le lendemain, je me rendais au TW Classic
où ce même groupe ouvrait les festivités… avec exactement les mêmes setlist et
énergie plate. Comme pour les Imagine Dragons, ce fut
"Jamais deux sans trois" et je retrouvais donc le groupe belge en
ouverture d'Editors. Comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas
d'avis, je m'étais concentrée et avais écouté avec attention
leur musique, mettant mon manque de passion précédent sur le fait d'avoir vu le
groupe deux jours d'affilée. Sans succès. Rien à faire, j'accroche pas. Même
si le public semble, lui, apprécier. Heureusement pour Balthazar, d'ailleurs.
Dans
la catégorie "Ceux que t'as jamais vu en concert mais que t'as envie de
gifler":les Rolling Stones
Aaah quel beau retour avec "Doom And
Gloom", ce morceau épatant porté par une vidéo géniale (avec Noomi Rapace,
la star de la version suédoise de la saga Millenium)! Retour annoncé sur la
scène pour un des groupes les plus mythiques de l'histoire de la musique.
Youpie!
Et puis… le couperet tombe. Pas de tournée
mais un ensemble de concerts à Londres et à New-York. Bon OK, on ira à Londres
même si la O2 Arena est selon moi trop gigantesque que pour profiter du
spectacle. Suis plus à une traversée près…
Pan! Deuxième couperet! Pardon? 120£ pour
une place bien loin dans les gradins, où tu verras les Stones en piti riquiqui?
C'est pour rire? Et ben non… Et évidemment, il faut ajouter à ce prix les
déplacements et le logement…
Comme moi, de nombreuses personnes –
journalistes ou non - ont critiqué le prix prohibitif des places pour ces
concerts. La seule justification des Stones a été qu'il "faut
bien payer les décors qui seront sur scène". Eeeuh dites… vous me mettez
Keith Richards sur une boite en carton, mon bonheur est complet, pas besoin de
grands effets de scène ou de lumières, S'PAS! Si je peux comprendre le prix élevé d'un
billet pour un concert de Mylène Farmer qui a, depuis 1989, toujours intégré
des décors fabuleux à ses tournées, je ne peux pas le concevoir pour les
Rolling Stones. Clapton et McCartney sont eux aussi des légendes de la musique,
avec une carrière au moins aussi spectaculaire que les Stones et, pour les
avoir vus ces deux artistes, n'ont pas "abusé" financièrement de
leurs fans comme l'ont fait les Stones.
Maintenant, vous allez me dire, chacun est
libre de vouloir payer cette somme ou pas et de voir le groupe. De fait. J'ai
choisi de ne pas céder et d'ainsi donner raison à cet abus de confiance. Et
j'avoue que, même des mois plus tard, j'ai encore cet épisode en travers de la
gorge…
Dans
la catégorie "Celui qui t'a fait haïr le marché noir":John
Mayer
John… "mon" John qui passe ENFIN
de ce côté-ci de la planète pour une série de concerts. Après dix ans de
tendresse pour ce grand gaillard, ça y est, voilà l'occasion! Il passe par
l'Angleterre (encore cette damnée O2 Arena…) mais aussi par une plus petite
salle, aux Pays-Bas. Le bonheur, quoi! Ouais…
Jour d'ouverture des billets… Deux minutes,
tout vendu. Explication rapide : une congrégation de minables individus a
acheté toutes les places. Preuve en est que l'on retrouve, quelques minutes à
peine après l'annonce de "sold-out", des dizaines de places à vendre,
à un prix allant jusqu'à dix ou quinze fois le prix d'origine. J'en ai pleuré
de rage et de dépit! Là non plus, je n'ai pas cédé et ai ainsi
dû faire mon deuil… non sans souhaiter à toutes ces personnes qui travaillent…
non… qui profitent des gens, les pires tourments pour avoir empêché une fan de
réaliser un de ses rêves les plus… chers.
Dans
la catégorie « Et sinon, tes impressions sur les premières parties ? » :Gary Clark Jr, You Me At Six, Pegasus
Gary Clark Jr a assuré la première partie
de Clapton et "assuré " est le terme tout à fait adéquat pour le
texan de 29 ans qui nous a fait vibrer avec sa musique… Pas facile d'ouvrir le
show pour un artiste comme Clapton et pourtant, sa prestation est passée comme
une lettre à la Poste. "God" s'est d'ailleurs fait plaisir en faisant
revenir Clark Jr sur scène pour les deux dernières chansons du set (Sunshine of
Your Love et High Time We Went), pour notre plus grand plaisir!
Thirty Seconds To Mars avait choisi You Me
At Six pour chauffer la salle. Je connaissais le groupe pour l'avoir découvert
lors de pérégrinations sur YouTube et m'était procuré leurs trois albums. Le
groupe a un son indéniablement rock, parfois pop, qui – à tort – m'a fait
penser qu'ils étaient américains. Raté, ils sont anglais… et You Me At Six
s'est avéré une agréable surprise! Ce que l'on entend sur les albums est
en-deçà de la prestation que le groupe fait sur une scène, fait TRES rare. Le
groupe a fait bouger la Lotto Arena à renfort de bonne rythmique de batterie,
de riffs de guitare et au son de la voix de Josh Franceschi qui a su séduire le
public, notamment au travers de ses interactions avec lui. En fait, soyons
honnête, une fois sortie de la salle, je me suis dit que j'avais passé un
meilleur moment avec eux qu'avec les Thirty Seconds to Mars, c'est dire…
Pegasus… l'OVNI de l'année! Avant de les
voir sur la scène de l'Ancienne Belgique, en ouverture de Hurts, j'étais allée visionner
quelques vidéos sur YouTube et… ne savait pas trop à quoi m'attendre après
avoir vu "Skyline". Alea Jacta Est, on verrait bien une fois le
quatuor suisse sous les yeux. Résultat? Ils m'ont eue comme une bleue avec une
sonorité qui, au départ, me laissait perplexe! Les quatre garçons ont en fait
un petit côté adorable et une belle énergie qui fait qu'il était assez
difficile de les détester : ils ont d'ailleurs
réussi à faire danser et participer le public de l'AB sans grande difficulté. Une
fois rentrée, je me suis procurée leur album "Human. Technology",
l'écoute régulièrement depuis (c'est d'ailleurs le cas en écrivant ces lignes)
et en apprécie chaque morceau. Quand je pousse sur play, leurs mélodies
"aériennes" associées à la voix caractéristique de Noah Veraguth me donnent
envie de lever mon popotin, de bouger et chanter, le tout avec un énorme
sourire… Ça, c'est l'effet qu'ils me font!
Vivement l'arrivée du nouvel album
"Love & Gunfire" en 2014, tiens! Ils seront également de retour
en Belgique le 18 janvier pour un concert au Magic Mirror, à Bruxelles.
Dans
la catégorie "Ceux qui te font réaliser que la Suisse n'est pas neutre…
pas en musique du moins" :Bastian Baker
Après l'expérience Pegasus, la Suisse a
refait surface dans mon monde musical, d'une façon un peu particulière.
Au concert d'Imagine Dragons, je retrouve
Gaétan qui m'invite à venir "rencontrer" Bastian Baker, Suisse lui
aussi et juré de l'émission "The Voice" Belgium, lors d'une séance de
dédicaces à la Fnac Liège. Autant le dire de suite, je ne suis absolument pas
fan des émissions "The Voice", "Belgium's Got Talent" et
tutti quanti : avec les années, j'ai l'impression que la télévision nous fait à
chaque fois manger le même plat, en changeant juste un peu l'assaisonnement. Du
coup, je n'étais donc pas du tout familiarisée avec Bastian Baker. Cela dit,
plusieurs personnes de mon entourage m'avaient vanté ses qualités musicales… Me voilà donc à écouter des morceaux de ses
deux albums, à la va-vite, en me disant pour la 22.000ème fois que c'est quand
même parfois un peu la galère de vivre deux (voire trois, parfois) vies
parallèles… et… je réalise que… oui, oui, il y a un sacré potentiel chez ce
type! Un premier album sorti alors qu'il avait à
peine 20 ans, doté de morceaux agréables à l'oreille et de paroles
démontrant une extrême maturité : gardant son âge à l'esprit, des morceaux tels
que "Colorful Hospital", "Nobody Should Die Alone" ou
encore "Song About A Priest" m'ont laissée bouche bée… Continuité et
talent confirmé sur le second album…
Et cette rencontre? Et bien… charmant et
très gentil. Je n'avais pas réussi à mettre la main sur son premier album mais
ai pu acquérir un de ceux posés près de lui, ce qui nous a valu à tous deux un
bref échange assez amusant concernant les emballages de CDs. J'en souris encore
à chaque fois que je remets le pied à la Fnac… et garde un très bon souvenir de
cette rencontre avec un jeune artiste prometteur que je compte bien tenir à
l'œil.
La Suisse a donc fini par révéler ses
secrets… Un ensemble de coïncidences et d'opportunités m'ont ainsi fait
découvrir les trésors cachés du pays multilingue. Car vous pouvez ajouter à
Pegasus et Bastian Baker le groupe 77 Bombay Street, qui a assuré la
première partie de Baker et qui a un univers brillant et intriguant… La chanson
suivante a tout particulièrement attiré mon attention :
Dans la catégorie "Ceux que je vais tenir à
l'oeil" :Shivaand The
Hazards, Black Coral Groove, The Forgotten Saints, Broken Witt Rebels, Alistair
Sheerin, Thom C, Run From Cover
Pourquoi? Et bien…
Parce que si Shiva and The Hazards a réussi
à attirer l'attention du producteur Chris Potter ave leur musique, je me dis
que…
Parce que si Black Coral Groove me repose
un peu l'esprit avec un peu de douceur musicale, je me dis que…
Parce que si j'apprécie la voix du chanteur
de The Forgotten Saints et les influences musicales de ce groupe, je me dis
que…
Parce que si j'aime le son rock des Broken
Witt Rebels, je me dis que…
Parce que si Alistair arrive à me faire
danser en plein milieu du salon, je me dis que…
Parce que les mélodies et la voix de Thomas
touchent droit dans le cœur…
Parce que si je ne me lasse toujours pas de
l'album des Run From Cover plusieurs mois après l'avoir chroniqué…
Parce que, comme je me suis fait des amis parmi
ces artistes et groupes, je me dis que… je serais une complète imbécile de ne
pas vous parler d'eux alors que je trouve qu'ils ont un potentiel musical
évident, en plus d'être de très "belles" personnes. Cela n'engage que
moi, bien évidemment… Libre à vous de vous faire votre propre opinion…
Dans
la catégorie "Celui que t'as beaucoup vu en 2013 sans l'avoir vu":David
Bowie
Aaah David, David! Moi qui ne connaissait
finalement que les bases de Bowie, je peux vous assurer que j'ai suivi une
formation approfondie et intensive concernant la vie et la carrière de cet
artiste en un temps record, le tout sous la guidance d'un de ses plus grands
fans. Début 2013, après dix ans d'absence, David
Bowie refaisait surface avec un nouveau single et en annonçant la sortie d'un
nouvel album. Il n'en fallait pas plus à Laurent Rieppi, un de mes amis, pour
se lancer dans un projet fou : l'écriture d'un livre sur l'artiste caméléon. Sans
réaliser ce qui se passait, je me retrouvais embarquée dans cette folle
aventure, à relire et corriger les lignes écrites par Laurent, de jour comme de
nuit. Folle mais belle aventure : Laurent a écrit un très chouette livre de 200
pages sur le sujet auquel j'ai été contente d'apporter, avec d'autres, une
petite contribution. Contribution qui me vaut d'avoir un remerciement (en plus
des 2000 autres que Laurent m'a écrit au fil des semaines…) dans ces pages. Et
ça, ça fait du bien au moral. A l'égo aussi, un petit peu quand même… :p D'ailleurs… ptèt qu'on a tellement aimé ça
qu'on s'y remettra un jour. Ptèt même qu'il se pourrait que j'aie tellement
pris goût aux corrections et relectures que j'ai joué une deuxième mi-temps
cette année, dans le "grand tournoi des livres". Allez savoir… ;)
2013 était donc encore une année des plus
satisfaisantes et 2014 devrait être elle aussi des plus intéressantes. Ainsi,
sont déjà au planning :
-Beady Eye, où on me trouvera probablement du côté gauche
de la scène, cette fois… près de Gem Archer, donc.
-Fall Out Boy, les R'n'R kids de Chicago,
ratés tant de fois lors de l'été 2013 (avec The Pretty Reckless en opening act,
extra!)
-Beyoncé, celle qui vend 20.000 places en 8
minutes (dont 5 chez moi, dans un coffre-fort!)
-Neil Finn, la "voix" de
"Don't Dream It's Over"
-Gladiator, à Londres, avec Joaquin et
Russell sur l'écran et la musique de Hans Zimmer jouée en live devant toi? What
else?
Pour finir, je vous souhaite à tous, que
vous soyez un ami croisé lors d'un des concerts de cette année, un ami
musicien, un ami de toujours, un collègue, le lecteur qui passe ou autre, la
plus belle des années 2014. Que celle-ci vous permette de réaliser vos rêves et…
qu'elle soit emplie de notes de musique…