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vendredi 15 mai 2015

B.B. King... ou quand, certains jours, le blues est vraiment triste.


Ce matin, la nouvelle est tombée… comme un couperet qui fait mal. Très mal. BB est parti. Ça peut vous paraitre stupide mais… j'en ai eu les larmes aux yeux. Peut-être parce que hier, je me disais encore qu'il fallait que je surveille attentivement ses dates de tournée lors d'un éventuel retour en Europe. Depuis le départ de Lou Reed en 2013, j'ai réalisé que – quelque part – j'avais eu beaucoup de chance de le voir sur une scène quelques mois avant son décès. Depuis ce jour-là, je me suis juré d'essayer d'aller voir le plus grand nombre de légendes avant qu'ils ne nous quittent. McCartney, Clapton, les Stones, Paul Simon font partie de cette liste d'artistes que j'ai vus sur scène. BB King faisait partie de ceux que je voulais "rencontrer". Mais cela ne se fera pas…

J'éprouvais une grosse tendresse pour Monsieur King, pour une raison bien particulière : c'est lui qui m'a "appris" à aimer le blues. Avant la création de ce blog, j'écrivais déjà des chroniques qui étaient postées sur Facebook. Je prenais une chanson et, la semaine suivante, me servait d'un élément pour parler d'une autre chanson. Cela pouvait tout aussi bien être un producteur identique, un artiste qui avait repris la même chanson, un ingénieur son ou un réalisateur de clip vidéos communs.
Avec Billy Preston, le fameux 5e Beatles, j'avais trouvé un lien vers BB King. Sauf que… le blues, ce n'était pas vraiment mon univers. Pas du tout, même. J'ai donc emprunté six ou sept albums de King, que j'ai écoutés en boucle pendant la semaine, tout en apprenant à connaître le talentueux guitariste pour écrire ce fameux article. BB King m'a fait tomber amoureuse du blues, m'a fait sourire et vibrer au son de sa guitare, la jolie Lucille aujourd'hui orpheline de sa moitié…

Revoici donc ce que je disais de lui le 25 novembre 2009…
(A noter que les chiffres ont été réadaptés pour "coller" à 2015 et que quelques informations additionnelles ont été apportées dans l'article, en bleu)




Je pensais avoir trouvé les détenteurs des carrières les plus longues avec des gars tels que Clapton, Richards ou Dylan qui éclatait le score avec 56 ans de carrière mais ils sont battus à plates coutures par Mister King avec ses – tenez-vous bien – 67 ans de carrière ! Gloups ! Juste pour vous donner une indication : BB King jouait déjà sur scène alors que les trois précédents avaient entre 2 et 6 ans !

BB King est né Riley B King le 16 septembre 1925 dans l’état du Mississippi à une époque où il n'était pas drôle d’être black… Pour rendre les choses encore un peu plus difficiles, sa mère quitte le domicile conjugal alors qu’il n’a que 9 ans et son frère aîné a déjà fait l’expérience de la prison alors que BB n’a que 4 ans. Venant d’une famille de fermiers, il est embauché très jeune pour travailler dans les champs… Rien ne le prédispose donc vraiment à devenir le guitariste légendaire qu’il allait être des années plus tard…

Savez-vous d’où lui vient ce surnom de « BB » ? Pour le savoir, il faut remonter jusqu’en 1948 à l’époque où BB était à Memphis. A l’époque, il travaillait pour la radio WDIA où il présentait une émission de blues d’une durée de 15 minutes. Cette radio a eu une grosse influence sur certains artistes, tel Elvis, et constituait en elle-même une révolution puisqu’elle était une des premières radios à cibler un public exclusivement noir. Cette station était située sur Beale Street et BB King hérita du surnom de Beale Street « Blues Boy » d’où… BB King.
Après avoir dans un premier temps aidé au développement économique de la rue, cette dernière a fini par tomber en désuétude au fil des années… malgré le fait que le Congrès américain l’ait officiellement décrétée « Maison du Blues » en 1977. Il faudra attendre les 80ies pour voir le quartier reprendre vie et on peut aujourd’hui aller écouter de bons morceaux de blues dans certains clubs et cafés. Tiens, par exemple, au numéro 143… le BB Kings Blues Club.

Cette station de radio ne sera d’ailleurs pas uniquement le « fournisseur » du surnom de BB : elle sera tout simplement l’origine de sa vocation… Le jour où T-Bone Walker vient à la radio pour y jouer un morceau « live », BB prend une claque. C’est décidé, il aura une guitare… même s’il doit en voler une, dira-t-il des années plus tard !
Sa première chanson est un échec total mais attire tout de même l’attention d’un certain Sam Philipps qui deviendra producteur de ses morceaux suivants. Juste pour l’info, Sam Philipps n’est autre celui qui fondera Sun Records, la maison de disques qui révélera Roy Orbison, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis ou encore Johnny Cash et Elvis ! Bref… la carrière de BB est maintenant lancée et les 50ies seront les années King… Rien qu’en 1956, BB donnera 342 concerts ! Pas mal, hein ?

Essentiellement guitariste de blues, cela ne l’empêche en rien de se mêler à d’autres mondes musicaux. Ainsi, en 1969, BB fera la première partie des Rolling Stones. La particularité de cette tournée était que le show durait parfois jusqu’à 3 heures… et que la performance des Stones durait, elle, … 75-80 minutes. Les British laissaient donc finalement plus la scène à leur première partie qu’à eux-mêmes. Vous allez me dire « Ouais mais c’est ch**ant. On vient pour le plat principal, pas pour les zakouskis ! ». Ouais, ben sachez que parfois, c’est encore l’apéro le meilleur moment d’un repas et dans ce cas-ci ça se vérifie !

Question collaborations, BB King est épatant ! En 1988, il perdure dans le rock avec les irlandais de U2 lors de la sortie de l’album « Rattle and Hum » et les accompagne même en tournée sur ce coup-là. Rappelons tout de même qu’à cette époque, BB a 64 ans… mais qu’on ne le dirait pas. La preuve en images :


Et quel public mes amis… Je vous conseille le film de cette tournée où vous entendrez BB lâcher un « Je ne suis pas doué avec les cordes… » à un Bono amusé. Irrésistible !

Il termine le 20e siècle par une collaboration avec Monsieur Clapton le temps d’un album intitulé « Riding With The King » (Quoi de plus logique après tout !)… Excellente collaboration entre ceux que le magazine Rolling Stone a élu meilleurs guitaristes numéros 3 (pour BB) et 4 (pour Eric) en 2003 ! L’amitié semble au rendez-vous entre ces deux-là puisque BB apparaîtra en 2007 lors de la seconde édition du Festival Crossroads, à 81 ans… et les doigts toujours aussi peu rouillés ! Je vous laisse le soin de juger par vous-même :


Vers 4’, il fait un très beau discours à l’attention d’Eric… émouvant. (Pour ceux qui ne comprendraient pas l’anglais et qui voudraient savoir ce qu’il dit… Demandez et je me ferai un plaisir de vous mettre une transcription).
BB fera encore l'honneur au public du Crossroads Festival de revenir pour les éditions de 2010 et de 2013. Il y a fort à parier que l'édition 2016 sera empreinte d'une pointe de tristesse pour Clapton et ses amis...

BB, c’est donc 59 albums uniquement sous son nom, 15 Grammys, une place au Rock’n’roll Hall of Fame, une étoile sur Hollywood Boulevard, une mention de son nom dans la chanson « Dig It » des Beatles et plus de 15 000 journées sur les routes… Vous allez me dire : et la vie privée là-dedans ? Et bien… disons que BB a une notion particulière de la vie de famille.
Bien qu’ayant été marié deux fois, ces mariages ont été des échecs en raison de ses trop fréquentes absences… Une seule est restée dans sa vie, entraînant la jalousie des autres femmes qui lui disaient « C’est moi ou Lucille ! ».

Qui est Lucille ? Et bien Lucille est une merveilleuse demoiselle qui, selon les dires de BB, lui a apporté la célébrité, l’a maintenu en vie et nourri, lui a littéralement sauvé la vie aussi… et ne l’a jamais abandonné. BB lui a même sauvé la vie une nuit de 1949 : il devait jouer dans un club lorsque deux hommes se disputent à propos d’une femme, provoquant un incendie. L’endroit est évacué… Lorsque BB se rend compte que Lucille n’est pas près de lui, il retourne à l’intérieur du club pour aller la sauver et depuis, ils ne se sont plus quittés. Lucille est tout simplement la meilleure compagne de sa vie… sa guitare. Une superbe Gibson acoustique. Baptisée ainsi en souvenir du prénom de la  jeune demoiselle à l’origine de la bagarre… et de l’incendie qui s’ensuivit.


BB et... Lucille, la superbe Gibson
© Philippe Taka

J’écrivais la semaine dernière sur mon mur que « Nat s'écoute en boucle une chanson avec 2 solos de Dieux de la Guitare... ». Vous aurez compris que l’un d’eux n’est autre que BB mais quel pourrait bien être cet autre dieu ?? Je ne vous fais pas languir et vais faire plaisir au(x) fan(s) de Pink Floyd de ce groupe en vous présentant la collaboration de BB avec David Gilmour :



Sympa, hein ? Celle-là, elle doit avoir tourné sur ma bécane au moins 30 fois depuis mon post !
Mon ami Gaël demandait qui étaient mes Dieux suite à ce post mural mais le fait est qu’ils ne sont pas « mes » dieux. Les gars de cette trempe-là sont des Dieux tout courts. Des mecs qui ont abattu les frontières musicales par leur façon de jouer… La musique ne s’en porte que mieux… Et voir un type de 89 piges qui a su rester passionné par ce qu’il fait, ça me touche…
PS : je ne vous fais pas l’affront de vous demander si vous aviez reconnu l’homme qui joue dans la vidéo de présentation avec BB et Billy ? On est quand même loin de John MacLane ou de Korben Dallas, non ? Ceci dit, il faut reconnaître qu’il se débrouille bien à l’harmonica, le Bruce Willis… non ? ;)"

J'ai vu passer sur Twitter et Facebook bon nombre de statuts disant "The Thrill Is Gone". C'est vrai… et faux à la fois. Parce que si j'ai beau être déçue de ne jamais pouvoir le voir frôler les cordes de la belle Lucille, je sais que, finalement, à chaque fois qu'une radio passera du BB, à chaque fois que mon lecteur audio me donnera du BB, j'aurai un petit sourire en pensant à ce grand lascar à la bonhomie, à la générosité et à l'humilité légendaires. Tiens… ça aussi, c'est un peu pourquoi je l'aimais tendrement, BB.
Je terminerai juste par une phrase qu'il a dite, que l'on entend dans la vidéo du Crossroads Festival (entre 6:28 et 7:12) et qui prend aujourd'hui une résonance un peu particulière…

"So I'll say to all of you May I live forever
But may you live forever and a day
Because I'd hate to be here
When you pass away
PS : and when they lay me out to rest
As I mentioned I'm 81 now
May the last voices I hear be yours"
                                       - B.B. King

(Alors je vais vous dire à tous :
Si je pouvais vivre à jamais,
Puissiez-vous vivre à jamais et un jour de plus
Parce que je détesterais être ici
Quand vous vous en iriez.
PS : et quand ils me mettront en terre,
Comme je l'ai dit, j'ai 81 ans maintenant,
Puissent les dernières voix que j'entende être les vôtres)

Allez va jouer avec tes amis là-haut, tu as eu une vie bien remplie et tu en as fait profiter beaucoup de gens. Merci BB… merci pour tout ça.


jeudi 12 juillet 2012

Festival Les Ardentes - Liège (05/07/2013)

Et un festival improvisé, un ! A peine remise de Werchter, je reçois un SMS d’une amie me proposant de l’accompagner avec sa sœur aux Ardentes ce jeudi 5 juillet.
Voyons le programme… C’est ce jour-là que Patti Smith est sur scène ! Morrissey, ex-membre des Smiths n’est pas non plus à négliger. Je jette une oreille sur le reste de la programmation et ça sonne pas mal du tout. Allons donc aux Ardentes, me reposerai quand je serai six pieds sous terre !
J’aurais fortement apprécié de pouvoir voir le groupe anversois School Is Cool et les américains de Shearwater mais voilà, le souci, c’est que le boulot qui me permet de manger tous les jours (mais également me permet d’acheter des albums et de me rendre à des concerts) n’a rien à voir avec le monde de la musique. Dès lors, je ne peux quitter mon bureau jusqu’à 16h.
A 16 heures pétantes, Audrey m’attrape au vol et nous nous dirigeons avec ses deux autres amies vers les Halles des Foires de Coronmeuse pour rejoindre le reste de l’équipe déjà sur place depuis le début de l’après-midi.
Une fois passé les embouteillages (que serait Liège sans ses embouteillages ?), nous écopons d’une averse carabinée. Le groupe qui passe à ce moment est en plein air. Bon… on va attendre un peu dans la voiture : même le K-way ne résistera pas à ces litres déferlant du ciel. Et là, j’ai une pensée pour les festivaliers qui sont en-dessous de ces trombes d’eau…

♫♪ Singing in the rain... ♫♪

Nous arrivons sur place pour le set de Soko, jeune chanteuse à la voix fluette qui me rappelle par moments furieusement une certaine Carla Bruni. J’essaye de passer outre cette similitude puisque la Carla m’a donné des envies de meurtres à chaque fois que « Quelqu’un m’a dit » a été diffusé en radio. Ici, Soko chante en anglais, nous ne sommes déjà pas dans le même monde.
Si parfois la miss nous dispense de morceaux avec une belle énergie, je trouve son set un peu trop doux à mon goût. Faire monter sur scène des personnes du public pour les faire chanter avec elle n’était probablement pas une super idée, considérant que ces fans (?) ne chantaient pas vraiment. Elle rattrape le coup un peu plus tard en invitant le trio féminin des Warpaint pour assurer les chœurs de « How Are You » en leur précisant que ça ne sera pas trop difficile étant donné que le refrain est une série de… « How Are You ».
Soko officie également derrière la batterie et, avec ses cheveux noirs, elle me fait penser à Meg White des White Stripes sauf que Meg n’a certainement jamais eu l’inélégance de… roter dans son micro ! A ce moment oh combien ragoûtant, j’étais au bar à prendre une boisson et la tête des bénévoles valaient la peine d’être vue. La mienne aussi, remarquez…

Soko

Direction ensuite la scène en Open Air, le tout en passant par la Route des Saveurs, véritable parcours de rêve pour les gourmands qui y trouvent de quoi régaler leurs papilles gustatives. Une excellente initiative des organisateurs des Ardentes ! Pour ma part, c’est une sorte de pita remplie de jambon rôti, avec une tranche d’emmental, des crudités et une sauce au poivre du stand où j’ai surtout retenu le slogan du « Tout est bon dans le cochon ». De fait, c’était excellent, j’en rêve encore parfois la nuit…

Revenons à notre Open Air… Si à Werchter ou d’autres festivals, il est difficile de croiser des connaissances sans s’être donné un point de rendez-vous, ce n’est pas le cas lors d’un festival qui a lieu dans ta région.
Qu’ils soient collègues, amis (voire des amis des amis aussi), élèves avec lesquels tu es parti en voyage, personnes rencontrées dans d’autres concerts, j’ai eu l’occasion de croiser et de discuter avec pas mal de personnes.
L’occasion aussi de me faire jouer aux devinettes en me demandant quel artiste présent à Werchter est passé dans un magasin de jouets bruxellois avant de repartir de Belgique. Je réfléchis : Ed Sheeran est trop jeune, je ne vois pas les Dropkick acheter des jouets mais Noël Gallagher a deux jeunes enfants. Je cite son nom et taquine la copine en lui disant que si c’est lui, je… la frappe ! Mais non… Voyons, voyons… Je souris et annonce un second nom : « Les Red Hot ? ». Ouuuuuiiii. Imaginer Flea devant un nounours m’amuse tout de même un peu mais montre finalement que même les rockeurs sont de grand enfants... :D
Suite à ces péripéties, je n’ai pas tout suivi de la prestation d’Edward Sharpe & The Magnetic Zeros. Cela dit… ce que j’ai vu et entendu m’a séduit et ce groupe est justement fort loin d’être un… zéro. J’ai vu sur scène une dizaine de musiciens et tout ce monde officiant ensemble aurait pu finir en véritable cacophonie… mais non. C’est un superbe ensemble aux influences pop-folk qui assure véritablement sur scène. Certains morceaux m’ont donné l’impression tantôt d’être dans le bayou avec Robert Johnson, tantôt d’être en 69 à Woodstock. Très chouette groupe dont je vous conseille le second album « Here », sorti il y a à peine quelques semaines.

Edward Sharpe & The Magnetic Zeros

Nous restons sur place pour attendre la prestation du groupe anglais les Ting Tings.
Melle Katie White semble tout droit sortie des années 80 avec son mini-short rouge, sa casquette vissée sur le côté et son pull à rayures blanches et rouges. M. Jules de Martino est fin prêt derrière sa batterie.
J’avais eu l’occasion d’écouter les deux albums des Ting Tings : je les ai appréciés et les trouvais bons mais n’avais pas ressenti d’étincelle particulière à leur écoute. Par contre, sur scène, le tandem est VRAIMENT extra ! Moi qui aime les bons riffs de guitare et beats de batterie, j’ai été largement servie !
Musicalement, les deux artistes connaissent leurs partitions à merveille et le fait de n’être que deux ne les arrête absolument pas. Lorsqu’il le faut, notre ami batteur attrape une guitare pour jouer une partie de la chanson avant de reprendre les baguettes en cours de route.

The Ting Tings
Le groupe garde son « Shut Up And Let Me Go » pour la fin du set et évidemment, le public est alors suffisamment chaud que pour balancer au duo anglais toute la puissance vocale dont il sait faire preuve.
En parlant de voix, il est important de signaler le respect dont a fait preuve le groupe envers son public liégeois : à plusieurs reprises, Katie White a pris la parole et s’est adressée à nous… en français ! Si ce n’est pas une obligation, s’adresser dans la langue du pays visité reste souvent apprécié par le public.

"Maintenant je vais me taire et vous faire danser"
C’est justement là qu’a péché Soko. Parce ce qu’il vous faut savoir, c’est que Soko est française et qu’elle a passé tout le set à nous parler en… anglais. Pas mal de festivaliers autour de moi, parfaitement conscients de sa nationalité, ont fort peu apprécié ce fait, pris pour un geste médisant envers une population francophone. Personnellement, je comprends autant l’anglais que le français et ne me formalise pas pour si peu mais j’avoue que j’ai trouvé cela étrange… voire un peu stupide.
Soit, revenons au Ting Tings. Je crois qu’il va me falloir réécouter leurs albums avec une autre oreille. Le fait de les avoir vus et d’avoir pu constater le talent évident du tandem sur scène mérite bien une nouvelle écoute.

Nous filons vers le hall numéro 6 des Halles des Foires parce que là, c’est une légende qui va monter sur scène ! Rien de moins que Mme Patti Smith, mes gens !
Quelle femme! Elle est généreuse, elle sait partager des émotions avec son public et elle a une voix superbe que les années n’ont pas altérée. Elle est en outre accompagnée par de très bons musiciens, ce qui ne gâche rien au plaisir. Elle sait aussi partager la scène avec eux : sa claviériste aura l’occasion de nous montrer sa voix en chantant en tandem avec l’américaine, coiffée pour l’occasion de deux couettes qui lui donnent un air coquin pour ses 65 ans.
Elle ne manquera évidemment pas d’interpréter la célèbre « Because The Night », écrite par Bruce Sprinsteen. Tandis que le public (moi incluse) chante avec elle, je ne peux m’empêcher de me demander si le Boss n’est pas en train de la chanter aussi au même moment, dans la capitale française. Pas très loin de nous finalement…
Entre morceaux pleine d’énergie rock’n’roll et moments plus tendres, entre morceaux de son dernier album et grands classiques, Patti Smith donne beaucoup… Elle nous donne l’impression d’avoir envie d’être là et de partager un moment avec nous, preuves en sont les gestes qu’elle adresse aux gens des premiers rangs.
Et évidemment, quand on donne, on reçoit aussi et le public n’a pas manqué de montrer qu’il l’aime, tendresse amplement méritée. T’es belle, Madame Smith ! Surtout, ne change pas…

Patti Smith & band

Après le set, retour à l’Open Air pour assister à la prestation des White Lies. Un groupe que j’ai plus suivi à l’oreille qu’en visuel en raison des déplacements entre les deux zones de concert…
Pour ce que j’en ai entendu, le groupe m’a donné l’impression d’être revenue dans les « 80ies » puisqu’il a une base électro pop-rock.
J’avais écouté leur dernier album en date, Ritual, en cours de journée et ce type de musique ne me déplait pas foncièrement. Le groupe  me rappelle par moments certains morceaux de Tears For Fears et la voix de Harry McVeigh n’y est certainement pas étrangère.

White Lies

Nous décidons de rester sur la plaine et de nous installer à terre sur notre couverture en attendant l’ex-leader des Smiths, Morrissey.
Coiffé de chapeaux, nous sommes à l’abri de la pluie drue qui tombe sur le site. Je lève les yeux et comprends vite : se poster en-dessous d’un arbre au moins centenaire avec une flopée de branches remplies de feuilles, ça protège bien !
A 53 ans, Morrissey montre qu’il n’est pas près de rendre les clefs du château pour partir en retraite! Quelques uns de ses morceaux sont bien « pêchus ». Il nous joue plusieurs morceaux de « Years Of Refusal », son dernier album en date sorti en 2009. Il a aussi contenté les fans des Smiths en jouant pas moins de cinq morceaux, dont la plage-titre « Meat Is Murder », l’album qui permettra au défunt groupe d’obtenir un numéro un en Angleterre.
De l’endroit où j’étais, j’avais plus le son que l’image, ce qui donne évidemment une autre dimension à un concert. Vocalement, rien à redire si ce n’est qu’à un moment donné du set, j’ai eu l’impression d’entendre… Tom Meighan des Kasabian. Je vous l’accorde, je vais peut-être chercher loin mais sur certains couplets de « Black Cloud » et « I’m Throwing My Arms Around Paris », je me suis dit que finalement, Kasabian aurait pu les reprendre à son compte.
Peut-être avez-vous entendu parler des caprices de diva de Marilyn Manson et sa une loge noire chauffée à 17 degrés pour son passage aux Ardentes? Morrissey n’est pas en reste côté exigences : si certains d’entre vous sont passés devant une Cathy Cabine recouverte d’un grand drap noir et dont l’entrée était bloquée par une volée de personnes, dites-vous que vous étiez à la fois juste à côté de la loge de Morrissey… et qu’il occupait ladite cabine à ce moment-là. Ah ces rock stars !
Depuis quelques jours, la rumeur circule : suite au succès de la reformation des Stone Roses l’an dernier, les membres des Smiths auraient évoqué la possibilité de se reformer. Une autre rumeur annonce que le groupe pourrait répondre présent au prochain Festival Glastonbury en juin 2013, soit presque 30 ans après leur unique apparition au célèbre festival anglais.

Morrissey

Dernier concert de la journée avec un groupe originaire de France, Caravan Palace. J’étais allée voir quelques vidéos du groupe sur le net et étais assez dubitative le concernant. Un mélange dance-jazz-swing aux rythmes certes entraînant mais ne faisant pas vraiment partie de mon monde.
Je ne peux m’empêcher de remarquer l’énorme cornet de phonographe accroché à une console en plein milieu de la scène et d’en apprécier le côté esthétique.

L'espace scénique est occupé par de nombreux instruments… et pour cause puisque les Caravan Palace ne sont pas moins de six, dont certains assument parfois seul la partition de deux instruments. Entre guitare, clarinette, contrebasse, violon, vibraphone, synthétiseur… c’’est un véritable festival d’instruments de musique ! Sans oublier la voix et la bonne humeur de Zoé Colotis qui ajoute du charme à la prestation. 
Le groupe est constitué d’une ensemble de musiciens au départ compositeurs de musique électronique mais passionnés par le jazz manouche : le tout mélangé donne forcément un ensemble assez particulier qui swingue un max. Difficile de ne pas taper du pied quand ce groupe-là se donne sur scène, ce qu’ils font à merveille et avec beaucoup de passion. Le public lui aura d’ailleurs bien rendu la pareille en se démenant comme de beaux diables au son de leurs chansons.
Je ne pense pas acheter leur album prochainement mais ai particulièrement apprécié la version « live » de ce groupe qui est un excellent choix des organisateurs pour terminer cette première journée des Ardentes.

Les Caravan Palace en plein swing
Pas mal, cette première journée des Ardentes finalement. Deux légendes vivantes, quelques bonnes surprises et quelques découvertes sympathiques. Pour l’heure, je laisse les festivaliers continuer la fête jusque tard dans la nuit et file sous la couette parce qu’évidemment le lendemain… boulot !
Je ne peux cependant pas terminer sans remercier Kmeron de m’avoir autorisé (encore une fois !) à emprunter ses photos. Ce n’est jamais facile de ne choisir qu’une photo dans ses albums tellement elles ont toutes leur charme. Pour l’occasion, je vous invite à cliquer sur le nom de l’artiste dans le programme ci-dessous : vous serez redirigés vers l’album-photo réalisé par Mister Kmeron pour chacun d’entre eux.

Programme de la journée :
Soko (HF6)
The Ting Tings (Open Air)
Patti Smith  (HF6)
White Lies (Open Air)
Morrissey (Open Air)