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vendredi 21 février 2020

L’histoire de… Clint Eastwood (Gorillaz, 2001)


Morale de l’histoire : quand on te demande de parler d’un titre dont on ne retrouve rien dans les lignes de texte, tu finis avec tout (et rien ?) dans un texte. Du cinéma, du Canal Plus, de la Britpop et beaucoup BEAUCOUP de dessins animés…

Dans les questions du jour d’Entrez Sans Frapper, on avait « Quelle est la plus belle chanson dont le titre n’est pas prononcé dans les paroles » ? Fèrdèk, va falloir un peu se creuser la tête, là…

Les Beatles ? Les Stones ? Ah ! Y a Faint des Linkin Park ! Nan, pas encore prête à parler des LP de suite. Our Lawyers Made Us Change The Name Of This Song So We Wouldn’t Get Sued des Fall Out Boy? Pas grand-chose à dire, cela dit… Oh! Les Stereophonics avec Dakota! Mmouais mais j’ai déjà parlé d’eux il y a quelques semaines… OH ! Je sais ! Hein ? NAN ! Même si je reste fan de leur The Scientist et qu’il s’agit probablement du groupe avec le plus grand nombre de chansons au titre ‘orphelin’ (Arabesque, Viva la Vida, Adventure of a Lifetime, Hymn for the Weekend, Amsterdam), on ne parlera pas des Coldplay !

Aujourd’hui, nous allons parler de… Gorillaz ! Avec son Clint Eastwood. Parce que jamais le nom de l’illustre acteur/réalisateur/compositeur n’est cité dans la chanson du groupe British. Bon, la chanson ne parle non plus de lui, en fait…

Alors pourquoi un titre pareil si c’est pour ne pas parler du sujet ? Tout simplement parce que tout repose sur une partie de la mélodie. En effet, le leader de Gorillaz, après création de cette dernière, lui trouvait un air du thème du film The Good, The Bad and The Ugly, composé par Ennio Morricone. Et c’est vrai qu’à se pencher plus près sur les notes, on ne peut pas nier ce petit « air de »…



Mais qui se cache donc derrière Gorillaz ? Aux débuts du groupe, cela est un peu resté un mystère et pour le public, il s’agissait juste d’un groupe de 4 individus (2-D, Murdoc, Noodle, Russel) représentés par les personnages de dessins animés de leurs clips Mais les fans de Britpop ne sont pas dupes : ils ont vite reconnu la voix de Damon Albarn, le chanteur de Blur. Et de fait, c'est bien lui! Mais pas tout à fait seul. Gorillaz, ce n'est pas quatre personnes mais... deux : Damon Albarn et Jamie Hewlett, dessinateur qui a donné vie à ces personnages. Si le trait de dessins vous semble familier, c'est peut-être parce que vous auriez déjà eu entre les mains la bande dessinée Tank Girl, dont il est l'un des deux papas. En parlant de « papa », la beau-papa de Hewlett n'est pas non plus un illustre inconnu. Paul Persavon a composé les génériques des dessins animés X-Or, Clémentine, Lady Oscar ou encore Cobra. Mais c'est aussi et surtout un nom d'emprunt. Celui de… Antoine De Caunes. 




Albarn et Hewlett ont cogité sur le concept de Gorillaz alors qu’ils étaient colocataires, fin des années 90. A l’époque, ils se connaissent déjà depuis presque 10 ans : Graham Coxon, le guitariste de Blur, était un admirateur du boulot de Hewlett et lui avait proposé une interview du groupe pour le magazine Deadline, magazine dans lequel était publié Tank Girl. Une rencontre pleine de ressources insoupçonnées qui se révéleront avec Gorillaz.

Bien entendu, si le duo est capitaine de son bateau virtuel, l’oreille avisée entendra, dès l’écoute de plusieurs morceaux de Gorillaz, d’autres voix. La force de Gorillaz, c’est justement aussi tous les featuring d’artistes provenant parfois d’univers musicaux très différents : pour Clint Eastwood, il s’agit du rappeur américain Del the Funky Homosapien ; pour Feel Good Inc, le groupe de hip hop De La Soul ; pour Kids with Guns, on retrouve Neneh Cherry et ils s’offrent même le luxe d’une collaboration avec Lou Reed sur Some Kind of Nature. Plus récemment, Gorillaz s'est offert les services de Rag'n'Bone Man sur le morceau The Apprentice et de Snoop Dogg sur Hollywood. Noel Gallagher vient également faire une petit coucou en 2017 sur le morceau We Got The Power. Quand on sait que Gallagher et Albarn appartenaient chacun partie de groupes britpop (Oasis et Blur) qui se faisaient régulièrement la guerre des hit-parades dans les 90's, c'est gag!



A l’aide de ses 4 bonhommes animés et de son clip Clint Eastwood, Gorillaz a popularisé en 2001 le concept de virtual band : un groupe dont on ne connait pas le visage et qui vit au travers de personnage(s) animé(s). Ils ne peuvent cependant pas proclamer avoir lancé le genre puisque le premier virtual band est né en… 1958. Ce groupe s’appelle… Alvin et les Chipmunks. Vous savez, les ptits rongeurs qui chantent comme s’ils avaient avalé de l’hélium ?
Cela dit, je parie que bon nombre d’entre vous connaissent au moins un, voire deux virtual band… L’un d’entre eux a littéralement bercé mon enfance et donné le gout du chant, c’est dire ! Il m’a aussi permis d’appliquer en pratique la phonétique, en essayant de prouver au monde entier qu’à 9 ans, j’étais tout à fait capable de chanter en anglais. Personne n’y a cru.
Bref… Qui se souvient du dessin animé Jem & les Hologrammes ?  



Un autre virtual band associe carrément deux genres artistiques : la bande dessinée ET la télévision. En 1941 sort le premier comic book racontant les aventures d’Archie Andrews et de ses amis (dont Josie et les Pussycats, qui donneront naissance à un film), aventures qui existent encore aujourd’hui, presque 80 ans après l’apparition du rouquin de Riverdale. Le succès du comic book est tel qu’un dessin animé voit le jour en 1968, où Archie, Betty, Jughead et le reste de la bande sont… un groupe musical. Une nouvelle série – avec des êtres humains cette fois, dont le défunt Luke « Beverly Hills 90210 » Perry faisait partie – a vu le jour en 2017 et intègre un épisode musical dans sa saison 3. Si les chansons de cet épisode ne sont pas marquantes, un titre du dessin animé de 1969 a, lui, connu nettement plus de succès…



Le truc de dingue avec Gorillaz et tout particulièrement cette chanson qui les a lancés, c’est qu’à priori, elle avait tout pour me taper sur les nerfs. Ce côté nonchalant du chanteur, c’est le même genre de truc qui fait que la Alors On Danse de Stromae me donne envie de casser la radio dès qu’elle passait. C’est d’ailleurs toujours le cas, en fait. Et pourtant… et pourtant, dès la première écoute, j’avais adoré. J’ai tout autant aimé les morceaux Dare, On Melancholy Hill ou Dirty Harry. Et oui, cette dernière est également une référence à l’acteur et un de ses plus grands rôles et se veut une sorte de suite de Clint Eastwood. Et, oui, dans ce morceau-là aussi, les paroles ne comportent pas non plus le titre…



Bref, Gorillaz, ça passe bien chez moi ! Leurs vidéos sont de chouettes petits bijoux animés et leurs chansons sont assez cool à écouter quand on écrit une chronique…

Début de cette année, le groupe s’est lancé dans un nouveau projet, Song Machine, qui laisse présager de bonnes choses pour 2020. Cette fois, Gorillaz montre son vrai visage et l’on voit Damon Albarn travailler avec slowthai & Slaves sur un morceau (pour un futur album ?). Et nos 4 personnages alors ? Rassurez-vous… ils ne sont jamais bien loin. ;)



jeudi 21 novembre 2019

L’histoire de... « Elegantly Wasted » (INXS, 1997)



Première question d’Entrez Sans Frapper du jour: « Quelle est la chanson sur laquelle on a le plus envie de danser quand on est dans un état avancé d’ébriété ? Tu parles d’un thème quand t’as le popotin installé… à l’hôtel de police de Verviers.

Je n’y étais pas pour chapardage de trois chocolats chez Darcy, meurtre de la vieille grand tante pour toucher son héritage, ou… prise en flagrant délit d’ébriété sur la voie publique mais pour la prépa d’un futur événement. M’enfin ! Qu’aviez-vous pensé ??! :D

Si on veut être honnête, faut avouer que quand on est complètement torché, peu importe la chanson, pourvu qu’on danse. A y réfléchir et en pensant aux folles soirées ardennaises avec les copains, il y en a quand même une qui a le don de faire relever les têtes et corps avachis sur le bar en fin de soirée, c’est Les Lacs du Connemara de Sardou. Même au seuil du coma éthylique, les deux notes de piano de début suffisent à faire lever tous les bras et inonder la piste de danse. Littéralement. Parce que danser sans lâcher la bière, c’est plus drôle. Ça rajoute un peu de piquant en essayant de rester debout sans glisser sur les liquides sortis des verres pour finir direct au sol. Quand on ne finit pas par sauter du dessus du bar à pieds joints dans un container arrivé dieu sait comment à l’intérieur de la salle du village. (Ne prétends pas le contraire, cousin Nico, j’ai encore la vidéo pour le prouver ! :D)



C’est pourtant un choix plus « sage » que j’ai proposé pour l’émission. Un choix d’anticipation puisque hier, en écoutant cette chanson, je me suis dit qu’à la prochaine question parlant d’alcool, je pourrais peut-être proposer celle-là. Et puisque l’animateur enjoint parfois ses chroniqueurs (et les auditeurs via la page FB) à donner un peu d’eux et bien allons-y…

Pleine de nostalgie, j’ai hier soir réécouté l’ensemble des albums d’INXS. Parmi ceux-ci, Elegantly Wasted, le dernier du groupe, sur lequel un titre porte le même nom. Jamais je n’avais réalisé à quel point ce titre est un chouïa paradoxal. « Wasted » veut dire « bourré » et « elegantly » signifie « élégamment ». Tout un programme !

INXS est un des premiers groupes que j’ai aimé. Je devais avoir 11-12 ans quand leur titre New Sensation a fait chavirer mon cœur musical, avec ce riff de guitare d’enfer et cette tape de batterie du tonnerre de dieu. Après, je ne les ai plus quittés. INXS est aussi le premier groupe que j’ai vu en concert, le 30 juin 1993, à tout juste 16 ans. En ayant fait croire à mes parents que j’allais à une soirée pijama. Sauf que on a fini à Deinze et pas Seraing et encore moins en pijama. On n’oublie jamais son premier concert, surtout quand il t’a permis de défier l’autorité parentale. Sobrement. Pas besoin d’alcool quand tu t’éclates au concert de tes musiciens préférés.



Bon cela dit, ne nous faisons pas plus catho que le pape, j’ai eu ma part de niveau d’alcoolémie effarant. Quand je bois un peu trop, je somnole. Quand je bois BEAUCOUP trop, je suis tellement éveillée que je vois tout ce que je ne verrais pas en temps normal, y compris ce que les copains essayent de cacher le lendemain et que je leur rappelle avec un sourire amusé. Je me souviens aussi d’une fin de kermesse il y a quelques années où j’ai alterné - pendant 15 heures d’affilée - blanc jus, pèket, coupé menthe, batida coco, passoa, bière classique, blanche rosée, blanc coca, soupe à l’oignon (histoire de bien caler le tout et de dire qu’on n’a pas bu QUE de l’alcool) pour finir en apothéose avec… de l’absinthe. A froid et puis à chaud avec le sucre, histoire de savoir quelle version me plaisait le plus. Résultat fin de soirée ? Rien. Nada. Enfin si… une fois rentrée - genre 8h du mat - et posée sur le lit, impossible de fermer les yeux et m’endormir. On aurait dit un lémurien ayant fait une overdose de vitamines !

Pour revenir la chanson, elle fait partie de la famille des morceaux à surprises cachées. A l’image du « Fucking hell » de Lennon glissé dans Hey Jude ou de la porte ou du tabouret qui grince sur Yesterday, Elegantly Wasted a aussi un élément où il faut prêter l’oreille… Mettez un casque et écoutez la chanson jusqu’au début du premier refrain. Michael Hutchence y chante deux fois les mots Elegantly Wasted. Sauf que si on écoute bien le second, c’est un « I'm better than Oasis » (Je suis meilleur qu’Oasis) que l’on entend. Oui oui on parle bien d’Oasis, le groupe des frangins Gallagher.

En février 1996, aux Brit Awards, Michael Hutchence présente le prix du « Meilleur Album » qui sera attribué au groupe de Manchester. Noel Gallagher, bière à la main, monte sur scène et balance au micro qu’un has been ne devrait pas présenter une récompense à ceux qui vont devenir des grands. Sympa !

Quelques mois plus tard, Hutchence est de sortie dans un bar avec Bono quand arrive Liam Gallagher qui se joint au duo. Au bout de quelques bières, le cadet des Gallagher devient agité et crie comme un marchand de poisson en plein marché. Hutchence lui demande de se calmer et Liam devient agressif. C’est finalement Bono qui calmera le jeu. Mais pas celui d’Hutchence qui en a peu sa claque de ces deux-là.

Lors d’une interview radio en 1997, le DJ discute avec Andrew Farriss, le claviériste du groupe, et Hutchence du nouvel album et leur dit qu’il pense entendre ce « I’m better than Oasis ». Farriss se retourne vers le chanteur qui reste silencieux mais regarde tout le monde avec un large sourire sur le visage, laissant Farriss horrifié. Apparemment, lors de l’enregistrement du morceau, Hutchence était retourné seul en studio pour refaire quelques prises, dont cette variation des mots « Elegantly Wasted »… que personne – y compris les autres membres du groupe - n’avait remarqué. Et de fait, c’est tellement bien chanté que c’en est bluffant et que ça passe comme une lettre à la poste! Sur ce coup-là, Hutchence aura eu le dernier mot !

En résumé, que l’on fasse la fête ou que l’on reçoive une récompense, quand on est « wasted », on l’est finalement très peu « elegantly ».

Allez assez écrit… Ecoutons donc Michael s’amuser au détriment d’Oasis !





lundi 30 mars 2015

Noel Gallagher’s High Flying Birds – Ancienne Belgique (22/03/2015)

Je vous le disais dans ma précédente chronique, Paris n'était que le premier rendez-vous d'une série de trois dates avec Noel Gallagher's High Flying Birds.
Je ne sais pas ce qui m'attend à Werchter mais dieu sait que ce concert-ci m'aura procuré un sacré lot d'émotions.
Avant, pendant mais aussi… après le concert!

Pour la partie "avant", résumons en disant que, ayant un potentiel billet en trop, j'ai proposé à pas moins de onze personnes de m'accompagner… sans succès. Que le samedi matin, je me retrouvais devant un ultimatum : trouver quelqu'un qui pouvait me ramener chez moi (Aaah, le défaut d'habiter le trou du c** du monde où le dernier bus qui t'y ramène passe à 23h30… Easy quand tu habites en région liégeoise et le concert se termine à Bruxelles à… 22h30) ou dormir dans la gare des Guillemins. Par chance, je trouvais deux âmes bienveillantes qui ont accepté de m'aider à retrouver mon humble demeure. Que Chris et Gilles soient donc encore une fois remerciés pour ce coup de pouce…

Pendant… Aaah mes gens…
Durant la semaine, j'ai expliqué autour de moi que je savais que j'aurai la même setlist qu'à Paris parce que Gallagher – il le reconnait lui-même – est un grand paresseux qui aime conserver ses habitudes. Ce n'est après tout pas pour rien qu'il a écrit une chanson qui s'intitule "The Importance of Being Idle" (L'importance d'être paresseux)…
On m'a demandé quel était dès lors l'intérêt de les revoir… Il y en a deux.
Le premier intérêt est purement numérique : le Zénith de Paris, c'est un peu plus de 6200 places, l'Ancienne Belgique, c'est 2000 places. Il est aussi un peu affectif : même si j'ai apprécié le Zénith et son acoustique assez bonne pour une salle de cette envergure, mon cœur est sévèrement accroché à l'Ancienne Belgique où j'ai vu des artistes tels que les Pixies, Slash, Miles Kane ou encore Lou Reed avant qu'il ne nous quitte.
Le second intérêt est… Noel Gallagher lui-même. Toute personne qui connait un tant soit peu le musicien sait qu'il n'est pas expansif. En concert, il ne parle pas beaucoup, un peu comme Jack White, d'ailleurs. Mais il s'exprime tout de même plus que le génie américain et… de manière plus personnalisée. Chaque concert est différent parce que s'il est avare de paroles, Noel Gallagher observe. Devant lui, dans le fond de la salle, dans les gradins, sur les côtés de la scène, il voit tout… Il semble aussi avoir une sacrée aptitude pour lire sur les lèvres et comprendre ce qu'un fan attend de lui. Donc… comme le public est différent à chaque concert, chaque moment passé avec lui et ses musiciens est toujours un instant "à part", petit bout de vie unique dans une tripotée de concerts.
Voilà donc pourquoi assister à deux concerts de Noel Gallagher's High Flying Birds n'est dé-fi-ni-ti-ve-ment jamais la même chose.

Venons-en à proprement parler au concert… Etant installée du côté droit à Paris, j'avais prévu de le placer cette fois du côté gauche afin d'avoir un meilleur angle de vue sur Russell Pritchard et Jeremy Stacey, respectivement bassiste et batteur. Difficile encore une fois d'atteindre Stacey, un peu trop reculé par rapport aux autres membres du groupe. Par contre, à moins de serrer un jour Pritchard dans mes bras, je ne pense pas que je serais jamais plus proche de lui que ce soir-là : bien que sold out en moins de cinq minutes, en arrivant dans la salle à vers 19h30 (soit une demi-heure avant l'apparition de la première partie), j'étais au second rang à peu près devant lui.
Avant de vous relater du concert, parlons de la première partie, Paul Newsome. Après un début de show intéressant, je me suis malheureusement assez vite lassée car j'avais l'impression d'entendre à chaque fois le même morceau. J'admets que la configuration acoustique n'aide pas à varier la tonalité d'un set… J'avoue également que sur ce point, le fait d'avoir vu une première partie pleine de peps à Paris - qui m'avait bien plu -(Black Rivers, pour rappel) n'a pas aidé.

Paul Newsome...
... et son guitariste.

A l'instar de Black Rivers et de Gallagher, Paul Newsome est originaire de Manchester… mais là n'est pas le seul point commun entre ce beau monde. Parce que si Newsome était à l'AB ce soir-là, ce n'est pas un hasard : c'est même très certainement un choix délibéré de Noel Gallagher himself.
Newsome nous présentait son premier album solo (Electric And Palms) mais est aussi le guitariste de Proud Mary, groupe fondé en 2001 et premier band signé sous le label Sour Mash, label appartenant à… Noel Gallagher. Le groupe a d'ailleurs un sacré palmarès à son actif puisqu'il a tourné avec The Who, Paul Weller (deux amis de Gallagher aussi, tiens!), Neil Young ou encore… David Bowie.
Milieu des années nonante, avant Proud Mary, Newsome faisait partie de The Ya Ya's. Comme tout jeune groupe, ils jouaient sur scène dès qu'une opportunité se présentait. Bien sûr également, ils recroisent toujours les mêmes personnes dans les clubs et festivals où ils se produisent. Ainsi, Paul Newsome devient pote avec le guitariste d'un groupe débutant : les deux bands feront d'ailleurs leurs premiers concerts à Londres ensemble. Ce groupe débutant, c'était… Oasis. Je ne vous fais pas l'affront de vous nommer ledit guitariste…
A noter également que la tête de Paul Newsome me disait quelque chose, comme une impression de "déjà vu". A juste titre puisque Paul apparait dans les vidéos d'In the Heat of the Moment et Ballad of the Mighty I. Mais si… observez bien! Cherchez après le béret! ;)


Petite pause. On observe les techniciens installer le matos de Noel et des High Flying Birds…

Brin de papote entre une guitare et une batterie...

Le groupe arrive, sur la musique instrumentale de Shoot a Hole into the Sun… Comme à Paris, les garçons portent des vestes : Tim Smith porte un blazer bleu à fines rayures assez chic, Mike Rowe porte – il me semble – la même veste qu'à Paris, Russell Pritchard a sur lui une veste kaki boutonnée presque jusqu'au dernier bouton du dessus. A l'inverse, Noel a laissé de côté sa veste de cuir et arrive en polo bleu marine, son pass NGHFB attaché à sa ceinture et pendant négligemment  sur sa hanche droite.

Non, rassurez-vous, Noel Gallagher ne boude pas... ;)

Le groupe démarre Do The Damage avant d'enchainer sur (Stranded On) The Wrong Beach et Everybody's On the Run. Je me rends compte que finalement, les deux albums du groupe ont une sonorité commune, un petit quelque chose qui fait qu'en live, le mélange des albums Noel Gallagher's High Flying Birds et de Chasing Yesterday se fait assez harmonieusement. Après ce trio de chansons, le groupe joue Fade Away qui, bien qu'issue du catalogue Oasis, fonctionne bien dans l'univers NGHFB. J'avais remarqué, sur un ampli à la droite de Stacey un paquet de Kleenex et avait lâché, amusée, à ma copine que c'était certainement pour que Noel puisse se moucher puisqu'il trainait depuis Paris une bonne crève dont il semblait avoir du mal à se défaire. Eeeuh… effectivement, entre deux chansons, il s'est dirigé vers la boite pour en faire bon usage... 

Electric lights...
Concentration optimale pour The Chief...

Gallagher s'avance vers l'avant de la scène, demande à son public s'il va bien et s'éloigne du micro pour tousser un bon coup. Je sentirai parfois, sur certains morceaux, que le chanteur est "sur le fil" au niveau de la voix en raison de ce satané refroidissement. Toutefois, cela ne l'empêchera pas d'assurer tout le long du concert et de conserver une voix qui possède des amplitude et capacité vocales assez impressionnantes par rapport au frère derrière lequel il est resté "caché" autant d'années.
Il annonce qu'ils vont jouer un morceau du nouvel album, qui n'est autre qu'In the Heat of the Moment.
Ici apparait une première différence significative avec le concert du Zénith. A Paris, le public a chanté en chœur le début de la chanson, le refrain, allant même jusqu'à chanter les na na na na na de fin de refrain. Mais là où le public de la salle française s'est arrêté à la fin du premier refrain, la foule de l'Ancienne Belgique a continué plein pot jusqu'à la dernière note de la chanson. Impressionnant, trippant à mort! Le frisson qui démarre du bas du dos pour remonter tout le long de la colonne! Le pire? (Enfin, "pire") Cela n'allait pas être le dernier de la soirée…

Frissons... FRISSONS!

Lock All the Doors surfe sur l'énergie d'In the Heat of the Moment et Riverman apporte un peu de répit après deux morceaux dynamiques, en permettant au public de se reposer avec un titre plein d'harmonie et – osons l'écrire – de douceur musicale.



Visuellement, The Death of You and Me reste peut-être mon moment préféré de tout le concert : ses couleurs rougeâtre, verte et orangée font un beau mélange… La sonorité de ce titre m'a toujours fait penser à une mélodie de foire foraine et l'image de carrousel sur l'écran géant me conforte dans cette impression. Comme à Paris, le brass band est toujours bien présent aux côtés des cinq musiciens mais ce soir, je ne peux que les deviner puisqu'ils sont installés derrière la colonne d'amplis devant moi. Invisibles mais bien là car je les entends à plusieurs reprises durant la soirée…

Alors... elle n'est pas jolie, notre fête foraine à l'Ancienne Belgique?

Ce jour-là avait lieu au stade Roi Baudouin la finale de la Coupe de Belgique qui voyait s'affronter Anderlecht et le Club de Bruges. Précisons que plus tôt dans l'après-midi, certains supporters avaient élu provisoirement domicile sur le Boulevard Anspach, fief de l'Ancienne Belgique. Ils l'avaient tellement bien envahi que leur hyperactivité a poussé les forces de l'ordre à intervenir en fermant l'accès au boulevard et, notamment, l'arrêt de métro le plus proche de l'AB.
Pourquoi vous raconter cela et quel est le lien avec le concert? Et bien… Où qu'il soit, Noel reste un homme de football… même quand des équipes en lice n'ont rien à voir avec la compétition anglaise ou Manchester City, son équipe-fétiche (représentée à l'AB par quelques écharpes, dont une au balcon, qu'il repèrera). Il a donc pris le soin, avant d'entamer You Know We Can't Go Back, de prendre des nouvelles de l'issue du match, remporté par le Club de Bruges.

♫♪ You know we can't go back... Bruges won and no-one can change thaaaat... ♫♪

Champagne Supernova m'offre une seconde dose d'adrénaline pure avec un public qui répond (bien!) vocalement présent encore une fois. Smith assure superbement la partie guitare électrique, la batterie de Stacey et les claviers de Rowe sont ici moins apparents, la basse de Pritchard est elle aussi plus discrète mais en l'ayant sous les yeux, je sais maintenant ce que la guitare à quatre cordes apporte comme plus-value au morceau. Gallagher, lui, gratte la guitare acoustique en nous chantant un de ses grands classiques "Oasisiens". Mais quand il commence à chanter la partie Cos people believe that they've gonna get away for the summer. But you and I, we live and die, the world's still spinning round. We don't know why why why et que l'écran derrière lui montre des visages du public, je me les prends plein pot dans la figure, ces paroles…

Enchainer sur Ballad of the Mighty I était la meilleure des cures puisque cette chanson me fait le même effet que Everybody's on the Run : bonne énergie et un riff qui me fait tripper grave. Cette Gibson ES 355, que j'appelle "la belle rouge", sort déjà des sons incroyables mais le mécanisme en-dessous des cordes permet à Gallagher d'amener des "vibes" qui donnent une saveur additionnelle au morceau. Ainsi, après son solo, lorsqu'il recommence à chanter (Followed you now to the end of the world…), il utilise ce levier pour faire durer la note et la faire 'osciller' avant de rejouer de bonnes grosses notes bien costaudes. WawWawWaw… Sé-dui-te, comme toujours, par la belle rouge.

La "belle rouge"... également la nouvelle bannière du blog
(grâce à 'The C.G'... Encore merci à lui pour ce ptit cadeau!)

Le groupe enchaine sur Dream On avant de jouer The Dying of the Light. Cette dernière est déjà un pur régal sur l'album mais l'est encore plus une fois jouée en live. Si les High Flying Birds sont plongés dans une pénombre bleue alors que Noel est baigné d'une lumière blanche éclatante, The Dying of the Light est une de ces chansons où, si l'on prête l'oreille, on entend chaque "ligne musicale" présente et où on les apprécie à leur juste valeur. C'est grâce à un morceau comme celui-là que l'on a l'extrême certitude que chaque personne sur cette scène est là à sa juste valeur.


Les cinq musiciens enchainent avec The Mexican, extrait du dernier album en date, et jouent ensuite AKA… Broken Arrow. Avant le lancer le morceau suivant, Digsy's Dinner, Gallagher joue avec un des boutons de sa Fender avant de pointer du doigt une de ses pédales d'effet et de lâcher un "f** off" venant du cœur mais pas assez éloigné du micro que pour passer inaperçu, déclenchant un franc rire dans le public. Pas familiarisée avec les pédales d'effet, j'imagine que le son produit par son essai l'a interpellé, qu'il s'est rendu compte qu'une desdites pédales était enclenchée alors qu'elle ne devait pas l'être et qu'il s'est auto-blâmé publiquement. Si quelqu'un d'autre voit une autre explication plus plausible, je suis preneuse…

Un roadie reprend la Fender pour tendre à Gallagher une guitare acoustique. Il remercie le public, se tourne vers Stacey… Les deux hommes échangent un bref regard, Rowe s'est également retourné et a les yeux rivés sur le batteur. Ce dernier tape quatre fois ses sticks l'un contre l'autre, donnant le signal de lancement de If I Had A Gun… Comme à chaque fois, le public démarre au quart de tour et c'est tout l'AB qui chante avec lui. Lorsqu'il chante Love will burn this city down for you (L'amour brulera cette ville pour toi), il baisse les yeux, les pose sur un(e) fan devant lui et acquiesce, genre "eh oui, pour toi!", avant de lâcher un bref sourire. La réaction de la personne a dû être particulièrement expressive puisqu'à la gauche de Noel, Tim Smith se met à rire… Cette chanson, c'est un hymne qui touche fort. Et loin. A chaque fois qu'elle surgit sur mon lecteur, ma réaction est identique : si je suis dans un transport public ou en rue, je mime les paroles de manière automatique; si je suis chez moi, seule dans le bureau ou dans un rayon de magasin, je… chante. Quel que soit l'endroit ou le moment, je me sens "juste" bien. Comme ce soir. A cet instant-là, rien ni personne de mauvais ne peut m'atteindre. J'arbore un large sourire et ce sont "juste" quelques notes de musique qui font… "ça". En fin de chanson, Noel lance son pick de guitare devant lui avant d'aller reposer sa six-cordes devant la batterie de Jeremy.


Petite pause… L'Ancienne Belgique est déchainée et le sol tremble. La dernière fois, c'était pour Slash. Le groupe revient assez rapidement… Gallagher explique alors qu'il lui semble qu'il semble y avoir deux camps distincts dans la salle : des gens à l'arrière, plutôt chauves, et le reste de la salle. Il enjoint alors les premiers à descendre en bas avec les Birds down there ("chéries" d'en bas). Il souhaite alors leur dédier le prochain morceau, qui n'est autre que… Don't Look Back in Anger. Une façon comme une autre de s'excuser de leur avoir rappelé que tout le monde ne bénéficie pas d'une capillarité éternelle, cher Noel? Je ne sais pas s'ils ont ri mais… moi oui!
L'AB bouillonne et le So Sally can't wait est renvoyé partout, absolument partout… Noel se retourne vers Pritchard et l'expression sur son visage veut tout dire. Il montre, avec une seule mimique, que là, maintenant, la salle envoie sacrément bien et que cette ambiance sympa semble lui plaire… Il reprend un visage sérieux mais pas longtemps. Pendant le solo de Tim, il lance un regard vers la droite de la scène, repère quelque chose et sourit. Oui, vous avez bien lu: Noel Gallagher a lâché un bon vrai sourire. Que j'ai pu capturer en photo. Et en vidéo. Entre nous, j'ai maintenant l'impression d'avoir capté des images collectors. :D

THE collector... la photo où Noel Gallagher sourit. ;p)

Le groupe joue ensuite l'excellente AKA… What A Life! Avant d'entamer le dernier morceau, Gallagher remercie son public, le remercie doublement même puisque pas mal de gens se sont donnés la peine d'acheter un T-shirt, dit-il. Il repère devant lui quelqu'un qui semble lui faire un mouvement comme s'il/elle jouait de la guitare et lui demande ce qu'il/elle veut. Il finit par comprendre que la personne souhaite en fait avoir son pick de guitare. En bon taquin, Gallagher, ledit pick entre le pouce et l'index, s'adresse à son interlocuteur en lui disant qu'il n'y a aucun moyen possible de garantir que le pick atterrisse dans sa main. Il est fort probable que ce dernier lui ait fait signe de venir près de lui parce qu'il enchaine rapidement en disant qu'il ne descendra pas parce qu'il a le vertige et qu'il est, en plus, aveugle et qu'il risque de tomber. A défaut d'avoir un pick de Gallagher, ce fan aura au moins eu un moment privilégié avec son idole.
Gallagher enchaine en annonçant qu'il reste une seule chanson, provoquant une réaction unanime de déception de la part de la foule. Il répond en signalant que ce n'est pas lui qui fixe les règles du jeu avant de présenter ses quatre compagnons d'aventure, y allant même de sa petite taquinerie sur la poitrine douloureuse de son batteur et de la façon de saluer de son claviériste, à tel point que lorsque Gallagher présente Tim Smith, celui s'avance lentement vers l'avant de la scène, comme s'il redoutait sa propre sentence… qui ne viendra finalement pas.

Russell Pritchard (basse), serein et, en arrière-plan, Jeremy Stacey (batterie) au repos

Le groupe termine en beauté ce concert avec The Masterplan, avant de regagner l'ombre des coulisses de l'AB.


Voilà… c'est fini. Enfin… pas tout à fait. Il me reste à vous parler, comme promis, des émotions APRES le concert.
Rendez-vous était donné près de la régie son à mes deux compagnons de retour. Où nous nous sommes effectivement retrouvés. L'occasion pour moi de les présenter à un groupe d'amies, dont une avait permis à l'un d'eux d'assister au concert en lui filant une place. Je leur signale que je souhaite dire au revoir à une autre amie avant de partir… Sauf que. Je ne les ai plus retrouvés. Et que j'avais beau essayer de joindre mon pote, je tombais sur un "biiiiip d'injoignabilité". Que se passe-t-il dans ces cas-là? Et bien… on a le cerveau qui fonctionne 20.000 fois plus vite qu'à l'accoutumée, on checke les heures de train vers Liège tout en essayant encore de toucher l'ami injoignable. Les pieds dans le métro, je reçois un SMS d'une amie me signalant qu'ils sont avec elle à la gare. La gare? Comment ça la gare? Donc… ils étaient venus à Bruxelles en train et la voiture se trouvait en fait à Liège, chose à laquelle je n'avais jamais pensé. Arrive un autre SMS "T'as 5 minutes pour avoir le train". Non, non, pas de pression du tout. Je sors du tram comme une folle qui aurait ses fringues en feu, monte l'escalator trois par trois (et c'est un sacré défi, croyez-moi!). Persuadée que l'entrée des quais est à droite, je bifurque et, toujours en courant, vois un put*** de panneau précisant "sortie ville et gare des bus". Raaaaaaaah… je cavale deux fois plus vite et fais donc un tour complet de l'ilot du métro, repassant devant ceux qui touchaient à peine du pied le quai l'étage en-dessous alors que j'étais déjà au-dessus de l'escalator. Re je monte les escalators quatre à quatre pour arriver sur le quai de gare. Je suis pliée en deux, mains sur les genoux… c'est officiel, j'ai surement l'air d'une évadée d'un asile! Une fois dans le train, je retrouve les copains et... m'écroule en leur disant de me laisser vingt minutes pour récupérer. Encore aujourd'hui, quand je revois la scène, je ris… Emotions, quand vous nous tenez!

Je comptais terminer en évoquant le tollé créé suite à un post de Gallagher sur son site mais en parlerai peut-être plus tard. Ou pas. Parce que je ne veux pas terminer ce live report sur une note négative alors que j'ai passé un si bon moment. Parce qu'aussi, quand on y pense bien, il y a des choses plus intéressantes qu'argumenter sur un sujet qui, finalement, n'est qu'un grain de poussière dans l'univers.
En conséquence, plutôt que de perdre mon temps en argumentations, je l'ai passé à plancher sur un autre sujet que je ne manquerai pas de vous proposer une fois mes investigations terminées. Un sujet encore une fois très "Gallagherien" mais sous un angle différent. Suite au prochain numéro… ;)





Setlist :
-         Do The Damage
-         (Stranded On) The Wrong Beach
-         Everybody's On The Run
-         Fade Away
-         In The Heat Of the Moment
-         Lock All The Doors
-         Riverman
-         The Death Of You And Me
-         You Know We Can't Go Back
-         Champagne Supernova
-         Ballad Of The Mighty I
-         Dream On
-         The Dying Of The Light
-         The Mexican
-         AKA… Broken Arrow
-         Digsy's Dinner
-         If I Had A Gun…
Encore
-         Don’t Look Back In Anger
-         AKA… What A Life
-         The Masterplan