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lundi 26 décembre 2016

L’histoire de… Freedom! ‘90 (George Michael, 1990)


Mince alors… Madame Faucheuse continue à faire ses siennes ! Depuis le début de l’année 2016, elle a décidé que la star, ce serait elle et qu’elle serait partout. Elle a tranché le fil de vie de nombreuses personnes, de tous âges et univers. On pourrait moins s’émouvoir du « départ » de certains en raison de leur âge déjà avancé : Zsa Zsa Gabor, Toots Thielemans, John Glenn, Michel Galabru, George Martin, Jack Davis, Pierre Tchernia, Leonard Cohen, Kenny Baker et tant d’autres ont marqué chacun leur univers – parfois sur plusieurs générations - et leur décès reste néanmoins un petit bout d’histoire qui s’en va.
A l’inverse, David Bowie (le 10/01, 69 ans), Alan Rickman (14/01, 69 ans), Prince (21/04, 57 ans), Anton Yelchin (19/06, 27 ans) et quelques autres étaient sincèrement bien trop jeunes pour aller dire « présent ! » à Saint Pierre. Si tant est qu’il existe un Paradis…

La Faucheuse ne se repose jamais et ne prend jamais de congés : le 24 décembre, le monde apprenait le décès de Rick Parfitt, guitariste de Status Quo. Le lendemain, mon fil Twitter faisait défiler la même info à tout va. Une info qui m’a fait l’effet d’une gifle en plein visage. Un instant, j’ai cru à un méchant hoax parce que… non, trop jeune. Après tout, Santana, Lady Gaga et d’autres – Paul McCartney le premier ! – ont déjà été victimes de ce genre de canular de TRES mauvais goût. Mais… quand la BBC, quand le New York Times, quand les agences de presse Reuters et AP relayent l’information, on sait alors qu’on est au-delà d’une rumeur ridicule…

George Michael est donc mort. A 53 ans.

Sans avoir été fan ultime de George Michael, dire que la jeune ado que j’étais fin des années ’80 n’a pas un tantinet bavé sur un de ses posters serait un mensonge éhonté. Toutefois, une fois mis de côté l’aspect « physique », il y avait bien plus en la personne de George Michael. Oui, OK, il y a eu quelques débordements, certes : une sexualité « débordante » et un usage de drogues de manière régulière. Mais qui est parfait sur cette terre ? Et puis, le mode de vie d’un être humain reste – selon moi et tant qu’il ne nuit pas directement à autrui – une affaire personnelle.

George Michael, c’était aussi une put*** de voix. Parfois douce comme posée sur du velours (Jesus to a Child), parfois pleine de force (Monkey), voire un savant mélange des deux (Freeek) mais toujours agréable à l’oreille.


Le 30 janvier 2009, dans une version précédente de ce blog alors présent sur Facebook sous forme d’un groupe, je postais une chronique sur cet artiste qui a écrit une page du Grand Livre de la Musique, en parlant d’un de ses hits, Freedom.
Absent de la scène et des médias depuis quelques années, George Michael n’avait, en 30 ans de carrière solo, sorti que 6 albums, 2 best-of et un album live. Vendus à plus de… 100 millions d’albums. Qu’on l’ait aimé ou pas, dire que George Michael n’a pas marqué l’Histoire de la Musique serait un peu exagéré, non ?
Ci-dessous, je vous présente cette ancienne chronique. Il s’agit d’une version quasi-inchangée de ce que j’avais écrit à l’époque. Le principe de mes chroniques de l’époque étant une connexion établie entre deux d’entre elles, j’ai toutefois changé quelques parties (mise entre crochets) pour qu’elle reste cohérente.

« Né Georgios-Kyriacos Panayiotou (on comprendra pourquoi il a choisi de se produire avec un nom de scène !), George Michael connaîtra d’abord le succès au sein du groupe Wham! formé en 1981 et dissout en 1986. Les plus jeunes d’entre vous ne s’en souviennent peut-être pas mais Wham! est à l’origine de pas mal de hits que l’on repasse encore aujourd’hui de manière régulière : Wake Me Up Before You Go Go ou Last Christmas, par exemple.

Mais revenons-en à notre chanson: sortie en 1990 et extraite de l’album Listen Without Prejudice, Vol 1, Freedom! ‘90 est l’une des plus longues de George Michael… pas loin de 7 minutes. Si vous vous penchez un peu sur les paroles, vous apprendrez qu’elle parle d’un jeune homme se sentant oppressé par l’image que l’on veut montrer de lui et qu’il veut se libérer de cette même image : il faut savoir que déjà à l’époque de Wham!, un paquet de jeune filles étaient dingues de George et de son physique et, bien entendu, sa compagnie de disques l’encourage vivement à jouer de cette image afin de booster les ventes. Ouais… sauf qu’à la longue, ça lasse et là, pour le coup, George, il en a marre ! Résultat : il veut son indépendance et, en l’occurrence, quitter sa maison de disques. Sauf que ce n’est pas si facile que ça… Il finit par écrire cette chanson afin de mettre en avant ce ras-le-bol…
Et pour bien l’illustrer, il refuse tout d’abord d’apparaître dans la vidéo. Qu’à cela ne tienne, il recrute un ensemble de top-models pour « chanter » la chanson à sa place. Parmi elles, Linda Evangelista, Naomi Campbell, Cindy Crawford, Christy Turlington… [Le réalisateur] illustrera la révolte de George en détruisant quelques symboles lui étant associés : la guitare et le blouson de cuir de l’époque de l’album « Faith »…

Vous savez tous maintenant que l’on a appris que George Michael était homosexuel en 1998, soit 8 ans après la sortie de Freedom (Vous saviez pas ? Heuuuu désolée alors…). Je vous encourage dès lors à vous pencher à nouveau sur les paroles car là soudainement, la chanson prend une toute autre signification et révèle le talent de parolier du britannique. Avec une seule et même chanson, il arrive à faire passer 2 messages séparés : le ras-le-bol de sa maison de disques ET la difficulté d’être idolâtré par des femmes et de devoir ainsi cacher sa vraie « nature ».

Encore une anecdote à propos de cette chanson : vous avez sans doute remarqué que la chanson était suivie d’un 90. Pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’il s’agit de l’année de sortie du single mais pourquoi cette rajoute ? Et bien tout simplement afin d’éviter une confusion car Wham! avait déjà sorti un single portant le même titre en 1984.

[partie supprimée]

[Allez une dernière information à propos de Freedom. Je parlais un peu plus haut du réalisateur sans le nommer directement. Ce dernier n’est en effet pas un novice quand il réalise cette vidéo. En 1990, il a déjà à son compte des vidéos pour Sting, Steve Winwood, Paula Abdul et, quelques mois auparavant, il réalisait Vogue, sa troisième vidéo pour Madonna. Devenu depuis réalisateur de long-métrages, il est revenu à ses premières amours en 2013 en réalisant la vidéo Suit & Tie de Justin Timberlake et Jay-Z. Elle lui permettra d’acquérir un second Grammy Award, 18 ans après celui obtenu pour Love Is Strong des Rolling Stones. Suit & Tie lui permettra également de voler le titre de réalisateur le plus récompensé aux MTV Video Music Awards à Spike Jonze. Qui est donc le réalisateur de Freedom ? David Fincher, le « papa » de Seven, Fight Club, Panic Room ou – plus récemment – Gone Girl.]





George Michael n’est plus mais il nous restera quelques bons morceaux… Et un peu plus pour certaines personnes.

Souvenez-vous, en 1991, il enregistre en duo la chanson Don’t Let the Sun Go Down on Me avec Elton John, créateur de celle-ci. Les bénéfices de ce single seront reversés à pas moins d’une dizaine d’actions caritatives.

Il a également participé, l’année suivante, au concert d’hommage à Freddie Mercury, disparu quelques mois auparavant. Aux côtés de Bowie (!), Axl Rose, Elton John, Annie Lennox, Slash, Lisa Stansfield, il interprète notamment une version inoubliable de Someone to Love, méritant le respect.


S’il a fait souvent la une des journaux avec ses déboires, il a su cependant garder certaines choses secrètes. Au lendemain de sa mort, des langues se sont déliées. Oh non, rien de dramatique ou de scandaleux. Non… Tenues au secret du vivant de l’artiste – selon sa propre volonté – plusieurs personnes ont aujourd’hui avoué que George Michael avait discrètement fait des dons à de multiples associations caritatives ou, simplement, aidé des gens dans le besoin.

A une étudiante en soins infirmiers criblée de dettes, il avait offert 5 000£.

A une jeune femme ayant besoin d’argent pour réaliser l’insémination qui lui permettrait de devenir maman, il avait apporté la somme nécessaire.

Il avait acquis le piano de John Lennon, celui sur lequel il avait composé Imagine. Il en avait ensuite fait discrètement don au musée Beatles Story à Liverpool, parce qu’il voulait que le piano revienne sur la terre natale du Beatles. Il y est toujours aujourd’hui.

Tous les bénéfices de son titre Jesus to a Child – chansons écrite à la mémoire d’un de ses amants - avaient été reversés à différentes associations.

Il était également un fréquent donateur de Childline, une association venant en aide aux enfants.

Ce matin, la Présidente de Childline disait ceci :
« Depuis maintenant plusieurs années, il était l’un des plus extraordinaires et généreux philanthropes de notre association mais il était déterminé à ce que sa générosité ne soit pas rendue publique ainsi personne en dehors de notre association ne pourrait savoir à quel point il avait pu donner aux enfants les plus vulnérables de notre nation. Au fil des ans, il nous a donné des millions et nous avions prévu l’an prochain, afin de célébrer notre 30e anniversaire, d’organiser en concert en son hommage, pour son talent artistique, pour son incroyable musicalité mais aussi pour le remercier pour les centaines de milliers d’enfants qu’il a aidé grâce à ses dons. ».

George ne sera donc malheureusement pas là ce jour-là pour recevoir son hommage. Mais nul doute qu’il en a reçu en masse ce jour. A juste titre.

Salut l’artiste !



jeudi 22 novembre 2012

L'histoire de... "Heaven For Everyone" (The Cross, 1988) ENGLISH

 
I already wrote about different subjects that angered me or moved me by using songs as a backup material: Peter Gabriel with “Don’t Give Up” and Sixx:AM with “Skin” were these two examples.
 
Tonight, I have another reason to write an article of that kind but before explaining myself, let’s talk about the main subject: the song. This song…
 
 
 Guess a few things sound familiar to most of you, right? Well yes, indeed, it is Freddie Mercury’s voice on the record and yes, Queen also recorded “Heaven For Everyone”. But… in this case, it’s The Cross who released it first back in 1988.
 
Back in 1986, Queen hit the road one more time and played for 26 dates across Europe for what would be their final tour. During this one, Queen brought with them opening acts that would later become famous: INXS, The Bangles or, for another example, Status Quo. The year after, Freddie Mercury was diagnosed with HIV and although the singer kept working as long as he could and worked on two more albums before his sad departure (He was already dead when the remaining Queen members started working on “Made In Heaven”), the band decided all together to stop touring to keep him away from any unnecessary tiredness.
 
At the end of “The Magic Tour”, Queen parted ways to work on different projects: while Mercury started working on “Barcelona”; Roger Taylor, Queen’s drummer, created The Cross and the band released its first album in April 1988, with Taylor on vocals and… guitar. While being in The Cross, Taylor actually never drummed, leaving that spot to Josh Macrae.
That being said, the particularity of “Shove It” might be that the album was almost completed when Taylor recruited the other musicians… by placing an ad in a national newspaper. In fact, he first thought of releasing the material as a solo album but changed his mind somewhere along the way and decided to bring other people in the band to be able to go on tour and bring these songs to the outside world.
 
Different versions were recorded back then: one version with Taylor singing the lead vocals with Mercury on background vocals - the one above – and one version where Mercury also sings lead vocals.
As you may guess, the single version is the one with Taylor on lead vocals but the full-Mercury one wasn’t dropped and still appears on the “Shove It”.
 
When Queen started began their working sessions on “Made In Heaven”, “Heaven For Everyone” was picked as one of the songs to be redone for the album. The spoken parts of Taylor at the beginning and the end of the original version were dropped and a new backing track and new background vocals were done to fit to Queen’s sound. Although he has proven himself with a few other famous songs like “Radio Ga-Ga” and “A Kind Of Magic”, “Heaven For Everyone” is the only Taylor song included in the album.
The new version of “Heaven For Everyone” was the first single taken from the album and was released in November 95, almost 4 years after Mercury’s death.  
 

 
The video was directed by David Mallet, a video director who has also worked with David Bowie (Ashes To Ashes, Let’s Dance…), Def Leppard (Rock Of Ages, Foolin’…) and AC/DC (You Shook Me All Night Long, Highway To Hell, Big Gun, Rock’n’Roll Train…). Mallet was a long-time friend of Queen as he has directed quite a number of their videos: Bicycle Race, Radio Ga-Ga, I Want To Break Free, Who Want To Live Forever or Under Pressure, the band’s collaborative song with Bowie…
He has also directed a few live shows (INXS’s “Live Baby Live”, U2’s “PopMart: Live From Mexico”, Pink Floyd’s “Pulse”…) and was, thanks to his experience and friendship with the band, the best choice to direct the Freddie Mercury tribute concert held in Wembley Stadium on the 20th of April 1992. 72.000 people attended the show where many artists came as helpful and sometimes surprising duet to support Queen but its broadcasting to 76 countries in the world brought more than one billion more people in the celebration “the life, and work, and dreams, of one Freddie Mercury [… giving] him the biggest send off in history”, as his fellow musician Brian May said that day. Yes… that was definitely a hell of a goodbye to one of the biggest singers in the history of music.
 
 
Why do I talk about Queen? Why did I pick this one song written by Roger Taylor talking about Heaven?
 
You never get used of losing people in your life… Even less when they were amazing ones. Today, my family lost one of its members, my father’s cousin. He had just turned 80 last week but when you were having a conversation with him, you never felt all these years between yourself and him. He had known me since the day I was born and though we weren’t seeing each other every week, every time we did, he always had that mischievous little light in his eyes or the kindest words ever.
He never really had the chance to go to school and have the education my generation was able to receive but he was interested in so many different subjects that he read about these in an impressive number of books. You could have a chat on any subject with him and just by listening to him, you could be sure that you’d get out of his home having learned something new.
He never got married but that certainly doesn’t mean he ended up “alone”. In summertime, you could pass right outside his house; the door would always be (literally!) open for anyone if he was there… In the wintertime, the door was closed but you could see some car parked in front of his home from time to time.
He was always brave enough to welcome the crazy kids we sometimes are whether we were coming to celebrate the village fair with him in August or wishing him a happy New Year on every 1st of January. A good dozen of good old friends sitting on each other in this little kitchen liberating themselves from their warm winter clothes as he was putting the appetizers and the drinks on the table… when they were not already on the table before our arrival.
Damn… next 1st January will be weird and sad… The door will now remain close, he won’t call me “mi ptite fèye” (Little girl) anymore and I won’t get that usual little blink while leaving him and wishing him Happy New Year anymore as he was slipping a chocolate sweet in my hand.
 
That’s how he was and he will be very much missed.
 
Freddie closes the song by saying “this should be heaven for everyone”… I don’t know if there’s any Heaven. If there is one, I don’t know if there is indeed a place for everyone but being who he was, my dad’s cousin deserves to have a ticket for a ride in the Afterlife.
 
And oh… his name was… His name was Roger.
 
 

L'histoire de... "Heaven For Everyone" (The Cross, 1988) FRENCH

J’ai déjà écrit sur différents sujets qui me mettaient en colère ou m’émouvaient en faisant usage de chansons comme support d’expression : Peter Gabriel avec sa « Don’t Give Up » et Sixx :AM avec « Skin » sont ces deux exemples.
Ce soir, j’ai une nouvelle raison d’écrire un article de ce genre mais avant de m’expliquer, parlons du sujet principal : la chanson. Cette chanson…

Je parie qu'elle vous semble familière, non ? Et bien oui, en effet, c’est la voix de Freddie Mercury sur ce morceau et oui, Queen a aussi enregistré « Heaven For Everyone ». Mais... dans le cas qui nous occupe, c’est le groupe The Cross qui l’a sortie d’abord en 1988.
En 1986, Queen repart sur les routes une fois de plus et joue sur 26 dates à travers l’Europe dans ce qui sera sa dernière tournée. Lors de celle-ci, les membres de Queen ont emmené avec eux des premières parties qui deviendront célèbres par la suite : INXS, les Bangles ou, autre exemple, Status Quo. L’année suivante, Freddie Mercury est diagnostiqué comme séropositif et bien que le chanteur ait continué à travailler autant que possible et a posé sa voix sur deux albums de plus avant son triste départ (Il était déjà décédé lorsque les membres restants de Queen ont commencé à travailler sur « Made In Heaven »), le groupe a décidé de commun accord de stopper les tournées pour lui épargner toute fatigue inutile.
A la fin du « Magic Tour », les Queen se sont séparés pour travailler sur différents projets : alors que Mercury commence à travailler sur « Barcelona » ; Roger Taylor, le batteur de Queen, créé The Cross. Le groupe sort son premier album en avril 1988, avec Taylor au chant et… à la guitare. Durant sa participation à The Cross, Taylor n’a d’ailleurs jamais pris les baguettes de batteur, laissant cette place à Josh MacRae.
Ceci étant dit, la particularité de l'labum « Shove It » est probablement qu'il était déjà presque finalisé lorsque Taylor a recruté les autres musiciens… en plaçant une annonce dans un journal national. En fait, il avait au départ pensé à sortir le projet comme album solo mais a changé d’avis en cours de route et décidé de recruter d’autres membres pour pouvoir partir en tournée et faire découvrir ces chansons au monde extérieur.
A l’époque, plusieurs versions ont été enregistrées : une avec Taylor comme chanteur principal et Mercury aux chœurs – celle-ci-dessus – et une autre version où Mercury assume également le chant principal.
Comme vous pouvez le deviner, la version sortie en single est celle de Taylor au chant mais la version avec Mercury à tous les postes n’a pas été jetée aux oubliettes et apparait toujours sur « Shove It ».
Lorsque Queen a commencé à travailler sur « Made In Heaven », « Heaven For Everyone » a été choisie pour être l’une des chansons à retravailler pour l’album. Les parties parlées de Taylor au début et à la fin de la version originale ont été ôtées et une nouvelle bande-son et des chœurs ont été créés pour coller un peu plus au son de Queen. Bien qu’il ait fait ses preuves avec d’autres chanson connues telles que « Radio Ga-Ga » et « A Kind Of Magic », « Heaven For Everyone » est la seule chanson de Taylor incluse sur cet album.
La nouvelle version « Heaven For Everyone » était le premier single extrait de l’album et est sortie en novembre 95, presque 4 ans après le décès de Mercury.
Cette video a été réalisée par David Mallet, un réalisateur vidéo qui a également travaillé avec David Bowie (Ashes To Ashes, Let’s Dance…), Def Leppard (Rock Of Ages, Foolin’…) et AC/DC (You Shook Me All Night Long, Highway To Hell, Big Gun, Rock’n’Roll Train…). Mallet était un ami de longue date de Queen et avait réalisé plusieurs de leurs vidéos : Bicycle Race, Radio Ga-Ga, I Want To Break Free, Who Want To Live Forever ou encore Under Pressure, la collaboration du groupe avec Bowie…
Il a aussi réalisé plusieurs concerts (le « Live Baby Live » d’INXS, le « PopMart: Live From Mexico » de U2, le « Pulse » de Pink Floyd…) et était, en raison de son expérience et de son amitié avec le groupe, le choix le plus adéquat pour réaliser le concert tribute à Freddie Mercury qui s’est tenu au Wembley Stadium le 20 avril 1992. 72 000 personnes ont assisté à ce show où de nombreux artistes sont venus prêter une main forte et parfois surprenante à Queen mais sa diffusion dans 76 pays du monde ont amené plus d’un milliard de personnes à célébrer « la vie, et le travail, et les rêves, du seul Freddie Mercury [… en lui envoyant] le plus grand au-revoir de l’histoire », tel que l’a dit ce jour-là son ami Brian May. Oui… c’était vraiment un sacré au-revoir à l’un des plus grands chanteurs de toute l’histoire de la musique.
Pourquoi vous ai-je parlé de Queen ? Pourquoi ai-je choisi cette chanson de Roger Taylor qui parle du Paradis ?
On ne s’habitue jamais à perdre des gens qui font partie de votre vie… Encore moins quand ceux-ci sont exceptionnels. Aujourd’hui, ma famille a perdu un de ses membres, le cousin de mon père. Il venait de fêter ses 80 ans la semaine dernière mais lorsque vous parliez avec lui, vous ne ressentiez jamais toutes ces années entre lui et vous. Il me connaissait depuis le jour de ma naissance et même si nous ne nous voyions pas toutes les semaines, à chacune de nos rencontres, il avait toujours cette petite lueur malicieuse dans le regard ou un mot gentil.
Il n’a jamais vraiment eu la chance de pouvoir faire de grandes études ou recevoir la même éducation que ma génération mais il s’intéressait à tellement de sujets qu’il lisait un nombre impressionnant de livres sur des sujets variés. Vous pouviez discuter de tout avec lui et en l’écoutant simplement, vous pouviez être certain de ressortir de chez lui en ayant appris quelque chose que vous ne saviez pas en y rentrant.
Il ne s’est jamais marié mais cela ne veut certainement pas dire qu’il a fini « seul ». En été, vous pouviez passer devant chez lui, la porte était (littéralement !) ouverte en permanence pour qui voulait s’il était chez lui… En hiver, la porte était fermée mais vous pouviez voir l’une ou l’autre voiture parquée devant chez lui de temps en temps.
Il était suffisamment brave pour accueillir les jeunes un peu foufous que nous sommes parfois pour la fête du village en août ou lorsque nous venions lui souhaiter une Bonne Année chaque 1er janvier. Une bonne douzaine de vieux amis entassés les uns sur les autres dans cette minuscule cuisine en train de se libérer de leurs chauds vêtements d’hiver tandis qu’il mettait des apéros et des boissons sur la table… quand ces derniers n’étaient pas déjà sur la table avant notre arrivée.
Mince… le prochain 1er janvier sera étrange et triste… La porte restera désormais fermée, il ne m’appellera plus « mi ptit fèye » (ma petite) et je n’aurais plus droit à cet habituel clin d’œil qu’il m’adressait alors que je le quittais en lui souhaitant encore une Bonne Année tandis qu’il me glissait une praline dans la main.
C’est comme ça qu’il était et il va manquer à beaucoup.
Freddie finit la chanson en disant « Ceci devrait être le paradis pour chacun »… Je ne sais pas si le Paradis existe. Si tel est le cas, je sais encore moins s’il y a une place pour chacun d’entre nous mais pour la personne qu’il était, le cousin de mon père mérite son billet pour son voyage dans l’Après-vie.
Et oh… au fait… Il s’appelait Roger.

jeudi 2 août 2012

Suikerrrock Festival – Tienen (Jour 1 : 27/07/2012)



Me voilà encore sur la route pour d’autres aventures musicales. Cette fois, direction la cité belge du sucre : Tienen en VO et Tirlemont en version française. Créé en 1987, le Suikerrock a déjà accueilli sur sa Grote Markt bon nombre de personnalités diverses : Axelle Red, Iggy Pop, Arno, Within Temptation, Scorpions, Simple Minds, Zucchero, Roxy Music, Deep Purple, Roxette…

Ici, rien à voir avec les plaines de Werchter et des Ardentes… Les Tirlemontois, quand ils font la fête, c’est en plein milieu de la ville, sur leur Grand Place. Devant moi, la scène. Derrière moi, l’hôtel de ville… accessoirement transformé en loge des artistes. A ma droite… une église. Et pas la plus petite de Belgique, svp ! La place comporte également différents cafés sur ses côtés, ce qui m’aura permis de profiter de certains  concerts… assise à une terrasse de café. Pas commun, le Suikerrock !



Premier groupe à monter sur scène ce vendredi, Sweet Savage. Un groupe né à Belfast en 1979 qui a notamment eu dans ses rangs Vivian Campbell, ex-guitariste de Dio, Def Leppard et, plus récemment, Thin Lizzy.
Du groupe d’origine ne subsiste plus que Ray Haller, le chanteur, ce qui n’empêche pas le groupe d’assurer sur scène. Sweet Savage, ça envoie un max de riffs de guitares, mais avec élégance. Les riffs sont nombreux et bien placés. Vocalement, Mr Haller assure aussi. Il a même suffisamment de souffle que pour nous faire la causette entre deux chansons. Il blague en nous disant qu’il va « faire quelque chose de très rock’n’roll », à savoir… boire de l’eau. Il soulignera quelques points communs entre la Belgique et l’Irlande, à savoir que les irlandais, comme les belges, aiment la bière et faire la fête. Qui serais-je pour le contredire ? Sachez d’ailleurs que du coup, il nous a invités à venir faire la fête chez lui quand on veut. Sympa ! Mais eh, euh, minute… tu ne nous as pas donné ton adresse, malin !!

© www.suikerrock.be
Sweet Savage a principalement joué des morceaux de ses premier et dernier album, Regeneration, sorti l’an dernier. Le morceau Regenerator donne d’ailleurs un super résultat une fois jouée en live et valait le déplacement à elle seule !
Ils joueront également « Killing Time », titre repris par Metallica sur la face B de leur single « The Unforgiven », sorti en 1991. Haller soulignera d’ailleurs le côté sympa du groupe lorsqu’il les a rejoints fin 2011 sur scène pour chanter le morceau avec eux.
Ils finissent le set avec la chanson traditionnelle irlandaise, Whiskey In The Jar, à la sauce Sweet Savage. Rock’n’roll, quoi !
© www.suikerrock.be


Ensuite… Channel Zero. Comment vous dire ? J’ai fui ! Et vite ! Dieu sait ce qui s’est passé mais je n’ai pas du tout été réceptive et ce, à une vitesse défiant toute concurrence… Une autre fois, maybe. Pour cette fois-ci, ma copine et moi sommes allées nous promener dans les piétonniers de la ville où différents commerçants avaient installés leurs échoppes avant d’aller souper et de revenir pour le set suivant.


Set assuré par les anglais de Status Quo. Et fort bien. Moyenne d’âge sur scène : 60 ans. Et autant d’énergie que si 60 personnes avaient été sur scène!
Le groupe va revisiter une bonne partie de sa carrière sur scène, autant les morceaux de leur cru (Caroline, Rain...)  que des reprises, le tout toujours avec entrain et bonne humeur : nous aurons ainsi droit à "Rockin' All Over The World" de John Fogerty qui a fait bouger et chanter toute la place ou encore, dans la partie rappel, à un medley très Chuck Berryien de "Rock And Roll Music/Bye Bye Johnny", prouvant définitivement que ces gars-là ont le rock dans le sang. Nous aurons également droit à la célèbre « In The Army Now » qui a, bien évidemment, aussi fait bouger la foule. Là, pour le coup, j’étais redevenue la gamine qui avait découvert le morceau dans les 80ies.
J’ai particulièrement apprécié autant l’interaction entre eux qu’avec nous : ils avaient l’air ravi d’être là et de jouer ensemble pour leur public.
Au final, ces gars-là connaissent leurs cordes de guitare, touches de claviers et cymbales comme pas deux. C’est finalement logique puisque, même si la line-up a changé avec le temps, Status Quo n’a jamais arrêté de faire de la musique. Le groupe a démarré sa carrière en 1968 et a sorti 29 albums, dont le dernier en date est sorti l’an dernier.
Et… tuyau : il est prévu une réunion de la line-up originale (Francis Rossi, Rick Parfitt, Alan Lancaster and John Coghlan) en mars 2013 et la sortie d’un album. Plus un autre opus avec la line-up actuelle. Deux albums de Status Quo pour 2013, les fans vont être ravis !

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Petite pause entre deux sets, nous nous posons sur un coin de trottoir où nous sommes abordées par un charmant photographe et son compagnon d’aventure. Il est persuadé de m’avoir déjà vu le jour précédent… Non, non, mon ami… mais on se reverra demain si tu veux. Clic, clac… et une photo immortalisant notre premier passage au Suikerrock.


Debout ! La tête d’affiche arrive… et quelle tête ! Mr Vincent Furnier himself, alias Alice Cooper. Juste avant le concert, la pluie commence à tomber sur la place. On annonçait des orages et quelque part, cela ne m’aurait pas surpris : quoi de plus adéquat quand on accueille un Prince des Ténèbres sur scène, finalement ? Mais nous devrons uniquement nous contenter de pluie ce soir...
Alice Cooper et son band nous avaient déjà fait l’honneur d’un passage en Belgique en novembre dernier, concert relaté par Laurent Rieppi dans son article.
Alice Cooper, c’est un vrai show visuel, un truc comme seuls les américains savent le faire.
Une arrivée sur une tour dont le bas est recouvert d’une toile d’araignée, Alice trônant au sommet, vêtu d’une veste qui lui donne lui aussi un air arachnéen. Logique, le morceau, c’est « Black Widow ». En contrebas, ses trois guitaristes et son bassiste, et en arrière-plan, son batteur, tous également vêtus de cuir noir et clous argentés.

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Nous avons également eu droit à un Alice montrant un côté tendre avec sa poupée gonflable sur « Only Women Bleed », poupée qui a souffert le morceau suivant (Cold Ethyl) avant de finir carrément expédiée à l’autre bout de la scène. Pas facile d’être compagne de scène de Cooper !
Cooper disparait de la scène avant de revenir… Et mais... attendez une seconde !!! Il s’est transformé en géant et domine la scène sur la quasi-totalité de la hauteur pour « Feed My Frankenstein ». Impressionnante mise en scène ! (Et chapeau bas aux techniciens planqués sous le Cooperstein !)
Cooper chantera une bonne vingtaine de titres de son répertoire, terminant son set en beauté avec un mash-up de son « School’s Out » et du « Another Brick In The Wall » des Pink Floyd, un mélange des plus efficaces et agréable à voir et entendre !
Il reviendra sur scène pour un dernier morceau, « Elected », vêtu d’une vareuse des Diables Rouges et nous demandant si nous serions prêts à l’élire Président. Moi j’veux bien, tu sais, mais alors faut qu’on fasse passer la Belgique d’une monarchie à une république ! Notre nouveau président (euuhh..) repart en coulisses chercher un drapeau aux couleurs de la Belgique qu’il brandit bien haut avant de finir le set et de nous saluer avec son band.
Un band particulièrement impressionnant. Tellement en fait que je suis allée faire des recherches sur ces cocos une fois rentrée chez moi. Et le résultat est impressionnant.
Honneur aux dames : Melle Orianthi reste celle qui m’a laissée bouche bée : un style vestimentaire extra et une maîtrise des cordes de guitare comme on en a rarement vu. Résumé professionnel : première scène à 15 ans avec Steve Vai, à 18 ans avec Santana qui l’avait invitée sur scène tellement il était impressionné, collaboration avec Prince, apparition au Festival Crossroads de Clapton et aurait dû faire partie de la tournée « This Is It » de Michael Jackson. Rien que ça… J’ai depuis écouté ses deux premiers albums solos, Violet Journey et Believe, et vous les conseille vivement !

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Ryan Roxie a fait partie de Slash’s Snakepit, supergroupe fondé – vous l’aurez deviné – par l’ex-guitariste des Guns’n’Roses. C’est d’ailleurs un autre ex-Guns, Gilby Clarke qui le recommandera auprès de Cooper en 1996.

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Tommy Henriksen est… l’homme touche-à-tout. Auteur-compositeur, musicien (guitare, basse, claviers..), programmation, mixage, il est sur tous les fronts. Et sur tous les styles musicaux : Meat Loaf, Lou Reed, Lady Gaga, Daughtry, Kristin Chenoweth, Christian Kane… Il est également une des personnes que l’on retrouve à la barre de « Welcome 2 My Nightmare », le dernier opus de Cooper. « I’ll Bite Your Face Off » et « Caffeine », deux des morceaux joués ce soir, sont d’ailleurs le fruit de son travail avec le rockeur.

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Chuck Garric, bassiste, a joué pour Billy Bob Thornton mais également pour Dio, le groupe du défunt Ronnie James Dio. Il a également collaboré avec Robby Krieger et Don Felder, respectivement guitariste des Doors et des Eagles ou encore avec Ted Nugent ou John Corrabi qui a un temps fait partie de Mötley Crüe.

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Le nom du batteur, Glen Sobel, ne m’était pas étranger mais il m’a fallu pousser un peu plus mes recherches. Celles-ci m’ont ramenée à mon coup de cœur musical de 2011 : Sixx AM. Glen Sobel avait assuré la batterie lors de la première tournée du side-project de Nikki Sixx. Il a également fait partie de Beautiful Creatures, groupe de rock dont a aussi fait partie DJ Ashba, un des autres membres de Sixx AM. S’il avait pu me voir de la scène, il aurait certainement souri, Glen, de me voir avec mon T-shirt… Sixx AM. :D
Un groupe avec un sacré background, donc. Sait s’entourer, Alice ! J’ai d’ailleurs apprécié la belle complicité entre eux lors de leurs parties solos tout comme j’ai apprécié le moment où le groupe s’est installé devant la batterie de Sobel avec Cooper devant eux, tel un professeur qui leur faisait répéter leur leçon. Chouette équipe !
Au-delà d’un certain âge, on peut très vite avoir l’air pathétique sur scène. Pas Alice Cooper. Il est bien présent sur scène et assure comme un pro. Son monde lui colle tellement bien à la peau qu’on peut difficilement imaginer une autre personne monter sur scène et donner ce qu’il nous a donné. J’ai adoré ! Même la pluie n’a pas altéré mon contentement devant ce spectacle…

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Une fois le spectacle fini, direction la gare, retour à Liège, dodo et… retour le lendemain !

Programme :
Sweet Savage
Channel Zero
Status Quo
Alice Cooper