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vendredi 21 février 2020

L’histoire de… Clint Eastwood (Gorillaz, 2001)


Morale de l’histoire : quand on te demande de parler d’un titre dont on ne retrouve rien dans les lignes de texte, tu finis avec tout (et rien ?) dans un texte. Du cinéma, du Canal Plus, de la Britpop et beaucoup BEAUCOUP de dessins animés…

Dans les questions du jour d’Entrez Sans Frapper, on avait « Quelle est la plus belle chanson dont le titre n’est pas prononcé dans les paroles » ? Fèrdèk, va falloir un peu se creuser la tête, là…

Les Beatles ? Les Stones ? Ah ! Y a Faint des Linkin Park ! Nan, pas encore prête à parler des LP de suite. Our Lawyers Made Us Change The Name Of This Song So We Wouldn’t Get Sued des Fall Out Boy? Pas grand-chose à dire, cela dit… Oh! Les Stereophonics avec Dakota! Mmouais mais j’ai déjà parlé d’eux il y a quelques semaines… OH ! Je sais ! Hein ? NAN ! Même si je reste fan de leur The Scientist et qu’il s’agit probablement du groupe avec le plus grand nombre de chansons au titre ‘orphelin’ (Arabesque, Viva la Vida, Adventure of a Lifetime, Hymn for the Weekend, Amsterdam), on ne parlera pas des Coldplay !

Aujourd’hui, nous allons parler de… Gorillaz ! Avec son Clint Eastwood. Parce que jamais le nom de l’illustre acteur/réalisateur/compositeur n’est cité dans la chanson du groupe British. Bon, la chanson ne parle non plus de lui, en fait…

Alors pourquoi un titre pareil si c’est pour ne pas parler du sujet ? Tout simplement parce que tout repose sur une partie de la mélodie. En effet, le leader de Gorillaz, après création de cette dernière, lui trouvait un air du thème du film The Good, The Bad and The Ugly, composé par Ennio Morricone. Et c’est vrai qu’à se pencher plus près sur les notes, on ne peut pas nier ce petit « air de »…



Mais qui se cache donc derrière Gorillaz ? Aux débuts du groupe, cela est un peu resté un mystère et pour le public, il s’agissait juste d’un groupe de 4 individus (2-D, Murdoc, Noodle, Russel) représentés par les personnages de dessins animés de leurs clips Mais les fans de Britpop ne sont pas dupes : ils ont vite reconnu la voix de Damon Albarn, le chanteur de Blur. Et de fait, c'est bien lui! Mais pas tout à fait seul. Gorillaz, ce n'est pas quatre personnes mais... deux : Damon Albarn et Jamie Hewlett, dessinateur qui a donné vie à ces personnages. Si le trait de dessins vous semble familier, c'est peut-être parce que vous auriez déjà eu entre les mains la bande dessinée Tank Girl, dont il est l'un des deux papas. En parlant de « papa », la beau-papa de Hewlett n'est pas non plus un illustre inconnu. Paul Persavon a composé les génériques des dessins animés X-Or, Clémentine, Lady Oscar ou encore Cobra. Mais c'est aussi et surtout un nom d'emprunt. Celui de… Antoine De Caunes. 




Albarn et Hewlett ont cogité sur le concept de Gorillaz alors qu’ils étaient colocataires, fin des années 90. A l’époque, ils se connaissent déjà depuis presque 10 ans : Graham Coxon, le guitariste de Blur, était un admirateur du boulot de Hewlett et lui avait proposé une interview du groupe pour le magazine Deadline, magazine dans lequel était publié Tank Girl. Une rencontre pleine de ressources insoupçonnées qui se révéleront avec Gorillaz.

Bien entendu, si le duo est capitaine de son bateau virtuel, l’oreille avisée entendra, dès l’écoute de plusieurs morceaux de Gorillaz, d’autres voix. La force de Gorillaz, c’est justement aussi tous les featuring d’artistes provenant parfois d’univers musicaux très différents : pour Clint Eastwood, il s’agit du rappeur américain Del the Funky Homosapien ; pour Feel Good Inc, le groupe de hip hop De La Soul ; pour Kids with Guns, on retrouve Neneh Cherry et ils s’offrent même le luxe d’une collaboration avec Lou Reed sur Some Kind of Nature. Plus récemment, Gorillaz s'est offert les services de Rag'n'Bone Man sur le morceau The Apprentice et de Snoop Dogg sur Hollywood. Noel Gallagher vient également faire une petit coucou en 2017 sur le morceau We Got The Power. Quand on sait que Gallagher et Albarn appartenaient chacun partie de groupes britpop (Oasis et Blur) qui se faisaient régulièrement la guerre des hit-parades dans les 90's, c'est gag!



A l’aide de ses 4 bonhommes animés et de son clip Clint Eastwood, Gorillaz a popularisé en 2001 le concept de virtual band : un groupe dont on ne connait pas le visage et qui vit au travers de personnage(s) animé(s). Ils ne peuvent cependant pas proclamer avoir lancé le genre puisque le premier virtual band est né en… 1958. Ce groupe s’appelle… Alvin et les Chipmunks. Vous savez, les ptits rongeurs qui chantent comme s’ils avaient avalé de l’hélium ?
Cela dit, je parie que bon nombre d’entre vous connaissent au moins un, voire deux virtual band… L’un d’entre eux a littéralement bercé mon enfance et donné le gout du chant, c’est dire ! Il m’a aussi permis d’appliquer en pratique la phonétique, en essayant de prouver au monde entier qu’à 9 ans, j’étais tout à fait capable de chanter en anglais. Personne n’y a cru.
Bref… Qui se souvient du dessin animé Jem & les Hologrammes ?  



Un autre virtual band associe carrément deux genres artistiques : la bande dessinée ET la télévision. En 1941 sort le premier comic book racontant les aventures d’Archie Andrews et de ses amis (dont Josie et les Pussycats, qui donneront naissance à un film), aventures qui existent encore aujourd’hui, presque 80 ans après l’apparition du rouquin de Riverdale. Le succès du comic book est tel qu’un dessin animé voit le jour en 1968, où Archie, Betty, Jughead et le reste de la bande sont… un groupe musical. Une nouvelle série – avec des êtres humains cette fois, dont le défunt Luke « Beverly Hills 90210 » Perry faisait partie – a vu le jour en 2017 et intègre un épisode musical dans sa saison 3. Si les chansons de cet épisode ne sont pas marquantes, un titre du dessin animé de 1969 a, lui, connu nettement plus de succès…



Le truc de dingue avec Gorillaz et tout particulièrement cette chanson qui les a lancés, c’est qu’à priori, elle avait tout pour me taper sur les nerfs. Ce côté nonchalant du chanteur, c’est le même genre de truc qui fait que la Alors On Danse de Stromae me donne envie de casser la radio dès qu’elle passait. C’est d’ailleurs toujours le cas, en fait. Et pourtant… et pourtant, dès la première écoute, j’avais adoré. J’ai tout autant aimé les morceaux Dare, On Melancholy Hill ou Dirty Harry. Et oui, cette dernière est également une référence à l’acteur et un de ses plus grands rôles et se veut une sorte de suite de Clint Eastwood. Et, oui, dans ce morceau-là aussi, les paroles ne comportent pas non plus le titre…



Bref, Gorillaz, ça passe bien chez moi ! Leurs vidéos sont de chouettes petits bijoux animés et leurs chansons sont assez cool à écouter quand on écrit une chronique…

Début de cette année, le groupe s’est lancé dans un nouveau projet, Song Machine, qui laisse présager de bonnes choses pour 2020. Cette fois, Gorillaz montre son vrai visage et l’on voit Damon Albarn travailler avec slowthai & Slaves sur un morceau (pour un futur album ?). Et nos 4 personnages alors ? Rassurez-vous… ils ne sont jamais bien loin. ;)



mercredi 8 janvier 2020

L’histoire de… Everybody's Got Something To Hide Except Me And My Monkey (The Beatles, 1968)



Morale du jour : quand, finalement, toutes les opportunités sont bonnes de rester encore un peu à Londres… et de découvrir que les Beatles ont eu un peu de Belgique dans leur monde.

Retour des vacances et reprise des ptis défis « Bagarre du soir » de l'émission Entrez Sans Frapper de la Première ! Hier, impossible de m’y coller puisque je promenais mes godasses entre Londres et Liège au moment où j’écris habituellement. Week-end passé dans un quartier un peu bizarre où un oiseau s’est mis à chanter… à minuit. La dernière nuit, une oie s’est même jointe à lui pour un concerto privé. Et encore, je ne vous parle même pas de la musaraigne qui s’était retrouvée piégée dans l’appart et me regardait du bout du couloir avec un air de « tu veux bien m’ouvrir la porte du jardin que je m’en aille » ? L’ingrate est partie sans même un regard en arrière… Manquait plus qu’un renard qu’on croise habituellement dans la ville le soir ! (Je vous jure, rien n’est inventé… et… non,  je n’ai pas logé au zoo de Londres !) Alors évidemment, quand dans les questions du jour tu as « Quelle est la plus chanson d’un artiste portant un nom d’animal », tu sais que tu dois choisir celle-là.

Premier réflexe : Me And My Monkey de Robbie Williams! Parce que la chanson écrite par Williams sur un défi lancé par un inconnue au bord d’une piscine qui lui avait donné les mots « monkey » et « rollerblades » pour écrire une chanson, elle est bien pêchue, quand même ! D’ailleurs, qui aurait pu croire que le singe inspire autant les artistes: George Michael (Monkey, 1987), Beastie Boys (Brass Monkey, 2000), les Stones (Monkey Man, 1969), Elvis Presley (Too Much Monkey Business, 1956), Peter Gabriel (Shock the Monkey, 1982), les Pixies (Monkey Gone to Heaven, 1989), Black Eyed Peas (Shake Your Monkey, 2005)…

Y a pas que les singes d’ailleurs… Eye of the TigerThe Lion Sleeps TonightCats in the CradleThis Here GiraffeCat Size, Black Cat… voire les deux merveilleux instrumentaux de Mancini, The Pink Panther et Baby Elephant Walk.

Mais au fait, à la relire… elle est équivoque cette question ! On parle d’une chanson avec un animal dans le titre ou d’un artiste qui porte le nom d’un animal ?! Oh qu’importe, on va faire les deux d’un coup et on va rester avec le singe avec Everybody's Got Something To Hide Except Me And My Monkey des Scarabées. Euhhh, des Beatles, je voulais dire.



Mis à part la particularité d’être la chanson des gars de Liverpool au titre le plus long de leur carrière, elle fait partie du célèbre album The Beatles, plus connu sous le nom de The White Album, pour sa couverture quasi entièrement blanche, violent contraste avec celle l’album précédent, Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band.

Cet album marque un tournant dans l’histoire de la carrière des Beatles puisqu’il est considéré comme celui de la discorde. Autant entre les membres du groupe que dans leurs vies personnelles, c’est un peu… rock and roll. Et justement, c’est ce son rock qui fait sa réapparition sur certains morceaux de cet album avec Back in the USSR ou Helter Skelter, par exemple.

On pourrait voir dans cette cover une page blanche pour mieux recommencer une relation à zéro mais dans le contexte de l’époque, il s’agissait plutôt d’une représentation d’une absence de relation. Richard Hamilton, l’artiste, a cependant eu l’idée d’ajouter une touche « collector » aux couvertures puisque les premiers pressages comportaient le nom du groupe en surimpression et étaient numérotés. Les quatre premiers numéros (0000001 à 0000004) ont été donnés aux Beatles. 


Pour ce White Album, chaque Beatle appporte du sien, mais souvent séparément. Elle est loin la fusion Lennon-McCartney ! De plus, Harrison et Starr décident de montrer qu’ils savent aussi écrire des chansons (avec While My Guitar Gently Weeps, notamment). Autant dire que George Martin a du fil à retordre pour arriver à mener à bien le projet. Qu’à cela ne tienne, plutôt que de froisser les susceptibilités et de se priver d’excellents morceaux, cet opus se transforme en double album. Au lieu des 13-14 chansons habituelles, les fans ont donc la chance de pouvoir écouter 30 morceaux de leurs idoles. Pourtant, certains morceaux, enregistrés durant ces sessions, seront écartés : ce sera par exemple le cas de Hey Jude que les Fab Four ont voulu dès le départ utiliser comme single isolé. Avec la puissance qu’on connait aujourd’hui à ce morceau qui reste un des plus forts lorsque McCartney l’interprète en concert.


Et là… j’en reviens à la question de l’émission, parce que cet album, c’est une vraie ménagerie ! Sur les 30 chansons, 13 mentionnent des animaux : des oiseaux (Dear Prudence et Blackbird), un morse (Glass Onion), un tigre et un éléphant (The Continuing Story of Bungalow Bill), un lézard (Happiness Is A Warm Gun), des cochons (Piggies), un raton-laveur (Rocky Raccoon), un coquillage (Julia), un aigle et un ver de terre (Yer Blues), un oiseau et une abeille (Cry Baby Cry) et des chiens, des oiseaux et des poissons (Revolution 9). Si Martha My Dear ne mentionne pas d’animal, c’est pourtant bien une chanson qui en parle puisque Martha, c’était la chienne Bobtail de Macca.

Cela fait donc 12 chansons. La treizième est Everybody's Got Something to Hide Except Me and My Monkey mais ne parle pas tout à fait d’un singe. Dans un premier temps, Paul, George et Ringo pensent qu’il s’agit d’une référence à la drogue. A l’époque, Lennon s’est mis à l’héroïne et a donc connaissance du jargon (notamment du terme « monkey »), qui échappe complètement aux trois autres. Heureusement, Lennon finit par abandonner cette drogue pour revenir à des opiacées moins dangereuses. L’origine de la chanson est tout autre : à l’époque, Lennon tombe sur une caricature qui montre Yoko Ono avec des traits simiesques, en train de grimper sur le dos de son amoureux. Furieux, Lennon retourne la situation et donne ce surnom à Yoko, de manière affectueuse. La chanson parle tout simplement de lui et de Yoko et de leur amour profond, que personne ne semblait comprendre. Il faut dire que la présence quasi permanente de l’artiste en studio – qui donnera naissance à The Continuing Story of Bungalow Bill - pouvait passablement énerver l’équipe, ce dont Lennon n’avait clairement rien à f…

Si entre John et Yoko, la relation a toujours été fusionnelle, au point d’irriter autant les autres Beatles que les fans du groupe, leur première rencontre s’est pourtant soldée par une Yoko Ono qui aurait bien arraché les yeux de John Lennon. En automne 1966, l’artiste avant-gardiste expose ses œuvres et John Lennon vient voir l’exposition. Ayant toujours quelques facéties en stock, il s’amuse avec différentes œuvres de la jeune femme, notamment une pomme posée sur un socle en plexiglas. Il reste abasourdi par le fait que l’on vende 200 Livres une œuvre que l’on va juste regarder se dégrader avec le temps. Il décide d’y apporter sa touche personnelle, attrape la pomme et… croque dedans avant de la reposer sur le socle, déclenchant la fureur de Yoko Ono. Cet pomme était… une Granny Smith.

Coïncidence, The White Album est le premier sorti sous le label Apple Records, créé par les Beatles en 1968 dont le logo est… une Granny Smith. Le choix de cette pomme vient-il justement de cette anecdote entre John et Yoko? Eh oh… faut pas déconner, quand même ! Nenni ! Ce logo Apple s’inspire… de la Belgique et, plus particulièrement, d’un de nos peintres. A savoir Magritte. Dans les sixties, McCartney craque pour l’art de notre compatriote et veut faire l’acquisition de l’une de ses œuvres, qui sont alors nettement meilleur marché que maintenant. Il en parle à un ami qui tient une galerie d’art. Ce dernier passe un jour chez Paul et dépose le tableau Le Jeu de Mourrre sur une table avant de filer et de laisser Paul découvrir la belle surprise. A ma connaissance, Paul McCartney est encore aujourd’hui en possession du tableau représentant une pomme verte où Magritte a écrit « Au revoir ». Comme celui que les membres des Beatles se diront un beau jour d’avril 1970 lorsque McCartney annonce qu’il quitte officiellement le groupe…

Et pour l'émission du jour, c'est ici

Martha le chien, Paul le Beatle et Magritte et sa pomme





lundi 26 décembre 2016

L’histoire de… Freedom! ‘90 (George Michael, 1990)


Mince alors… Madame Faucheuse continue à faire ses siennes ! Depuis le début de l’année 2016, elle a décidé que la star, ce serait elle et qu’elle serait partout. Elle a tranché le fil de vie de nombreuses personnes, de tous âges et univers. On pourrait moins s’émouvoir du « départ » de certains en raison de leur âge déjà avancé : Zsa Zsa Gabor, Toots Thielemans, John Glenn, Michel Galabru, George Martin, Jack Davis, Pierre Tchernia, Leonard Cohen, Kenny Baker et tant d’autres ont marqué chacun leur univers – parfois sur plusieurs générations - et leur décès reste néanmoins un petit bout d’histoire qui s’en va.
A l’inverse, David Bowie (le 10/01, 69 ans), Alan Rickman (14/01, 69 ans), Prince (21/04, 57 ans), Anton Yelchin (19/06, 27 ans) et quelques autres étaient sincèrement bien trop jeunes pour aller dire « présent ! » à Saint Pierre. Si tant est qu’il existe un Paradis…

La Faucheuse ne se repose jamais et ne prend jamais de congés : le 24 décembre, le monde apprenait le décès de Rick Parfitt, guitariste de Status Quo. Le lendemain, mon fil Twitter faisait défiler la même info à tout va. Une info qui m’a fait l’effet d’une gifle en plein visage. Un instant, j’ai cru à un méchant hoax parce que… non, trop jeune. Après tout, Santana, Lady Gaga et d’autres – Paul McCartney le premier ! – ont déjà été victimes de ce genre de canular de TRES mauvais goût. Mais… quand la BBC, quand le New York Times, quand les agences de presse Reuters et AP relayent l’information, on sait alors qu’on est au-delà d’une rumeur ridicule…

George Michael est donc mort. A 53 ans.

Sans avoir été fan ultime de George Michael, dire que la jeune ado que j’étais fin des années ’80 n’a pas un tantinet bavé sur un de ses posters serait un mensonge éhonté. Toutefois, une fois mis de côté l’aspect « physique », il y avait bien plus en la personne de George Michael. Oui, OK, il y a eu quelques débordements, certes : une sexualité « débordante » et un usage de drogues de manière régulière. Mais qui est parfait sur cette terre ? Et puis, le mode de vie d’un être humain reste – selon moi et tant qu’il ne nuit pas directement à autrui – une affaire personnelle.

George Michael, c’était aussi une put*** de voix. Parfois douce comme posée sur du velours (Jesus to a Child), parfois pleine de force (Monkey), voire un savant mélange des deux (Freeek) mais toujours agréable à l’oreille.


Le 30 janvier 2009, dans une version précédente de ce blog alors présent sur Facebook sous forme d’un groupe, je postais une chronique sur cet artiste qui a écrit une page du Grand Livre de la Musique, en parlant d’un de ses hits, Freedom.
Absent de la scène et des médias depuis quelques années, George Michael n’avait, en 30 ans de carrière solo, sorti que 6 albums, 2 best-of et un album live. Vendus à plus de… 100 millions d’albums. Qu’on l’ait aimé ou pas, dire que George Michael n’a pas marqué l’Histoire de la Musique serait un peu exagéré, non ?
Ci-dessous, je vous présente cette ancienne chronique. Il s’agit d’une version quasi-inchangée de ce que j’avais écrit à l’époque. Le principe de mes chroniques de l’époque étant une connexion établie entre deux d’entre elles, j’ai toutefois changé quelques parties (mise entre crochets) pour qu’elle reste cohérente.

« Né Georgios-Kyriacos Panayiotou (on comprendra pourquoi il a choisi de se produire avec un nom de scène !), George Michael connaîtra d’abord le succès au sein du groupe Wham! formé en 1981 et dissout en 1986. Les plus jeunes d’entre vous ne s’en souviennent peut-être pas mais Wham! est à l’origine de pas mal de hits que l’on repasse encore aujourd’hui de manière régulière : Wake Me Up Before You Go Go ou Last Christmas, par exemple.

Mais revenons-en à notre chanson: sortie en 1990 et extraite de l’album Listen Without Prejudice, Vol 1, Freedom! ‘90 est l’une des plus longues de George Michael… pas loin de 7 minutes. Si vous vous penchez un peu sur les paroles, vous apprendrez qu’elle parle d’un jeune homme se sentant oppressé par l’image que l’on veut montrer de lui et qu’il veut se libérer de cette même image : il faut savoir que déjà à l’époque de Wham!, un paquet de jeune filles étaient dingues de George et de son physique et, bien entendu, sa compagnie de disques l’encourage vivement à jouer de cette image afin de booster les ventes. Ouais… sauf qu’à la longue, ça lasse et là, pour le coup, George, il en a marre ! Résultat : il veut son indépendance et, en l’occurrence, quitter sa maison de disques. Sauf que ce n’est pas si facile que ça… Il finit par écrire cette chanson afin de mettre en avant ce ras-le-bol…
Et pour bien l’illustrer, il refuse tout d’abord d’apparaître dans la vidéo. Qu’à cela ne tienne, il recrute un ensemble de top-models pour « chanter » la chanson à sa place. Parmi elles, Linda Evangelista, Naomi Campbell, Cindy Crawford, Christy Turlington… [Le réalisateur] illustrera la révolte de George en détruisant quelques symboles lui étant associés : la guitare et le blouson de cuir de l’époque de l’album « Faith »…

Vous savez tous maintenant que l’on a appris que George Michael était homosexuel en 1998, soit 8 ans après la sortie de Freedom (Vous saviez pas ? Heuuuu désolée alors…). Je vous encourage dès lors à vous pencher à nouveau sur les paroles car là soudainement, la chanson prend une toute autre signification et révèle le talent de parolier du britannique. Avec une seule et même chanson, il arrive à faire passer 2 messages séparés : le ras-le-bol de sa maison de disques ET la difficulté d’être idolâtré par des femmes et de devoir ainsi cacher sa vraie « nature ».

Encore une anecdote à propos de cette chanson : vous avez sans doute remarqué que la chanson était suivie d’un 90. Pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’il s’agit de l’année de sortie du single mais pourquoi cette rajoute ? Et bien tout simplement afin d’éviter une confusion car Wham! avait déjà sorti un single portant le même titre en 1984.

[partie supprimée]

[Allez une dernière information à propos de Freedom. Je parlais un peu plus haut du réalisateur sans le nommer directement. Ce dernier n’est en effet pas un novice quand il réalise cette vidéo. En 1990, il a déjà à son compte des vidéos pour Sting, Steve Winwood, Paula Abdul et, quelques mois auparavant, il réalisait Vogue, sa troisième vidéo pour Madonna. Devenu depuis réalisateur de long-métrages, il est revenu à ses premières amours en 2013 en réalisant la vidéo Suit & Tie de Justin Timberlake et Jay-Z. Elle lui permettra d’acquérir un second Grammy Award, 18 ans après celui obtenu pour Love Is Strong des Rolling Stones. Suit & Tie lui permettra également de voler le titre de réalisateur le plus récompensé aux MTV Video Music Awards à Spike Jonze. Qui est donc le réalisateur de Freedom ? David Fincher, le « papa » de Seven, Fight Club, Panic Room ou – plus récemment – Gone Girl.]





George Michael n’est plus mais il nous restera quelques bons morceaux… Et un peu plus pour certaines personnes.

Souvenez-vous, en 1991, il enregistre en duo la chanson Don’t Let the Sun Go Down on Me avec Elton John, créateur de celle-ci. Les bénéfices de ce single seront reversés à pas moins d’une dizaine d’actions caritatives.

Il a également participé, l’année suivante, au concert d’hommage à Freddie Mercury, disparu quelques mois auparavant. Aux côtés de Bowie (!), Axl Rose, Elton John, Annie Lennox, Slash, Lisa Stansfield, il interprète notamment une version inoubliable de Someone to Love, méritant le respect.


S’il a fait souvent la une des journaux avec ses déboires, il a su cependant garder certaines choses secrètes. Au lendemain de sa mort, des langues se sont déliées. Oh non, rien de dramatique ou de scandaleux. Non… Tenues au secret du vivant de l’artiste – selon sa propre volonté – plusieurs personnes ont aujourd’hui avoué que George Michael avait discrètement fait des dons à de multiples associations caritatives ou, simplement, aidé des gens dans le besoin.

A une étudiante en soins infirmiers criblée de dettes, il avait offert 5 000£.

A une jeune femme ayant besoin d’argent pour réaliser l’insémination qui lui permettrait de devenir maman, il avait apporté la somme nécessaire.

Il avait acquis le piano de John Lennon, celui sur lequel il avait composé Imagine. Il en avait ensuite fait discrètement don au musée Beatles Story à Liverpool, parce qu’il voulait que le piano revienne sur la terre natale du Beatles. Il y est toujours aujourd’hui.

Tous les bénéfices de son titre Jesus to a Child – chansons écrite à la mémoire d’un de ses amants - avaient été reversés à différentes associations.

Il était également un fréquent donateur de Childline, une association venant en aide aux enfants.

Ce matin, la Présidente de Childline disait ceci :
« Depuis maintenant plusieurs années, il était l’un des plus extraordinaires et généreux philanthropes de notre association mais il était déterminé à ce que sa générosité ne soit pas rendue publique ainsi personne en dehors de notre association ne pourrait savoir à quel point il avait pu donner aux enfants les plus vulnérables de notre nation. Au fil des ans, il nous a donné des millions et nous avions prévu l’an prochain, afin de célébrer notre 30e anniversaire, d’organiser en concert en son hommage, pour son talent artistique, pour son incroyable musicalité mais aussi pour le remercier pour les centaines de milliers d’enfants qu’il a aidé grâce à ses dons. ».

George ne sera donc malheureusement pas là ce jour-là pour recevoir son hommage. Mais nul doute qu’il en a reçu en masse ce jour. A juste titre.

Salut l’artiste !



vendredi 15 mai 2015

B.B. King... ou quand, certains jours, le blues est vraiment triste.


Ce matin, la nouvelle est tombée… comme un couperet qui fait mal. Très mal. BB est parti. Ça peut vous paraitre stupide mais… j'en ai eu les larmes aux yeux. Peut-être parce que hier, je me disais encore qu'il fallait que je surveille attentivement ses dates de tournée lors d'un éventuel retour en Europe. Depuis le départ de Lou Reed en 2013, j'ai réalisé que – quelque part – j'avais eu beaucoup de chance de le voir sur une scène quelques mois avant son décès. Depuis ce jour-là, je me suis juré d'essayer d'aller voir le plus grand nombre de légendes avant qu'ils ne nous quittent. McCartney, Clapton, les Stones, Paul Simon font partie de cette liste d'artistes que j'ai vus sur scène. BB King faisait partie de ceux que je voulais "rencontrer". Mais cela ne se fera pas…

J'éprouvais une grosse tendresse pour Monsieur King, pour une raison bien particulière : c'est lui qui m'a "appris" à aimer le blues. Avant la création de ce blog, j'écrivais déjà des chroniques qui étaient postées sur Facebook. Je prenais une chanson et, la semaine suivante, me servait d'un élément pour parler d'une autre chanson. Cela pouvait tout aussi bien être un producteur identique, un artiste qui avait repris la même chanson, un ingénieur son ou un réalisateur de clip vidéos communs.
Avec Billy Preston, le fameux 5e Beatles, j'avais trouvé un lien vers BB King. Sauf que… le blues, ce n'était pas vraiment mon univers. Pas du tout, même. J'ai donc emprunté six ou sept albums de King, que j'ai écoutés en boucle pendant la semaine, tout en apprenant à connaître le talentueux guitariste pour écrire ce fameux article. BB King m'a fait tomber amoureuse du blues, m'a fait sourire et vibrer au son de sa guitare, la jolie Lucille aujourd'hui orpheline de sa moitié…

Revoici donc ce que je disais de lui le 25 novembre 2009…
(A noter que les chiffres ont été réadaptés pour "coller" à 2015 et que quelques informations additionnelles ont été apportées dans l'article, en bleu)




Je pensais avoir trouvé les détenteurs des carrières les plus longues avec des gars tels que Clapton, Richards ou Dylan qui éclatait le score avec 56 ans de carrière mais ils sont battus à plates coutures par Mister King avec ses – tenez-vous bien – 67 ans de carrière ! Gloups ! Juste pour vous donner une indication : BB King jouait déjà sur scène alors que les trois précédents avaient entre 2 et 6 ans !

BB King est né Riley B King le 16 septembre 1925 dans l’état du Mississippi à une époque où il n'était pas drôle d’être black… Pour rendre les choses encore un peu plus difficiles, sa mère quitte le domicile conjugal alors qu’il n’a que 9 ans et son frère aîné a déjà fait l’expérience de la prison alors que BB n’a que 4 ans. Venant d’une famille de fermiers, il est embauché très jeune pour travailler dans les champs… Rien ne le prédispose donc vraiment à devenir le guitariste légendaire qu’il allait être des années plus tard…

Savez-vous d’où lui vient ce surnom de « BB » ? Pour le savoir, il faut remonter jusqu’en 1948 à l’époque où BB était à Memphis. A l’époque, il travaillait pour la radio WDIA où il présentait une émission de blues d’une durée de 15 minutes. Cette radio a eu une grosse influence sur certains artistes, tel Elvis, et constituait en elle-même une révolution puisqu’elle était une des premières radios à cibler un public exclusivement noir. Cette station était située sur Beale Street et BB King hérita du surnom de Beale Street « Blues Boy » d’où… BB King.
Après avoir dans un premier temps aidé au développement économique de la rue, cette dernière a fini par tomber en désuétude au fil des années… malgré le fait que le Congrès américain l’ait officiellement décrétée « Maison du Blues » en 1977. Il faudra attendre les 80ies pour voir le quartier reprendre vie et on peut aujourd’hui aller écouter de bons morceaux de blues dans certains clubs et cafés. Tiens, par exemple, au numéro 143… le BB Kings Blues Club.

Cette station de radio ne sera d’ailleurs pas uniquement le « fournisseur » du surnom de BB : elle sera tout simplement l’origine de sa vocation… Le jour où T-Bone Walker vient à la radio pour y jouer un morceau « live », BB prend une claque. C’est décidé, il aura une guitare… même s’il doit en voler une, dira-t-il des années plus tard !
Sa première chanson est un échec total mais attire tout de même l’attention d’un certain Sam Philipps qui deviendra producteur de ses morceaux suivants. Juste pour l’info, Sam Philipps n’est autre celui qui fondera Sun Records, la maison de disques qui révélera Roy Orbison, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis ou encore Johnny Cash et Elvis ! Bref… la carrière de BB est maintenant lancée et les 50ies seront les années King… Rien qu’en 1956, BB donnera 342 concerts ! Pas mal, hein ?

Essentiellement guitariste de blues, cela ne l’empêche en rien de se mêler à d’autres mondes musicaux. Ainsi, en 1969, BB fera la première partie des Rolling Stones. La particularité de cette tournée était que le show durait parfois jusqu’à 3 heures… et que la performance des Stones durait, elle, … 75-80 minutes. Les British laissaient donc finalement plus la scène à leur première partie qu’à eux-mêmes. Vous allez me dire « Ouais mais c’est ch**ant. On vient pour le plat principal, pas pour les zakouskis ! ». Ouais, ben sachez que parfois, c’est encore l’apéro le meilleur moment d’un repas et dans ce cas-ci ça se vérifie !

Question collaborations, BB King est épatant ! En 1988, il perdure dans le rock avec les irlandais de U2 lors de la sortie de l’album « Rattle and Hum » et les accompagne même en tournée sur ce coup-là. Rappelons tout de même qu’à cette époque, BB a 64 ans… mais qu’on ne le dirait pas. La preuve en images :


Et quel public mes amis… Je vous conseille le film de cette tournée où vous entendrez BB lâcher un « Je ne suis pas doué avec les cordes… » à un Bono amusé. Irrésistible !

Il termine le 20e siècle par une collaboration avec Monsieur Clapton le temps d’un album intitulé « Riding With The King » (Quoi de plus logique après tout !)… Excellente collaboration entre ceux que le magazine Rolling Stone a élu meilleurs guitaristes numéros 3 (pour BB) et 4 (pour Eric) en 2003 ! L’amitié semble au rendez-vous entre ces deux-là puisque BB apparaîtra en 2007 lors de la seconde édition du Festival Crossroads, à 81 ans… et les doigts toujours aussi peu rouillés ! Je vous laisse le soin de juger par vous-même :


Vers 4’, il fait un très beau discours à l’attention d’Eric… émouvant. (Pour ceux qui ne comprendraient pas l’anglais et qui voudraient savoir ce qu’il dit… Demandez et je me ferai un plaisir de vous mettre une transcription).
BB fera encore l'honneur au public du Crossroads Festival de revenir pour les éditions de 2010 et de 2013. Il y a fort à parier que l'édition 2016 sera empreinte d'une pointe de tristesse pour Clapton et ses amis...

BB, c’est donc 59 albums uniquement sous son nom, 15 Grammys, une place au Rock’n’roll Hall of Fame, une étoile sur Hollywood Boulevard, une mention de son nom dans la chanson « Dig It » des Beatles et plus de 15 000 journées sur les routes… Vous allez me dire : et la vie privée là-dedans ? Et bien… disons que BB a une notion particulière de la vie de famille.
Bien qu’ayant été marié deux fois, ces mariages ont été des échecs en raison de ses trop fréquentes absences… Une seule est restée dans sa vie, entraînant la jalousie des autres femmes qui lui disaient « C’est moi ou Lucille ! ».

Qui est Lucille ? Et bien Lucille est une merveilleuse demoiselle qui, selon les dires de BB, lui a apporté la célébrité, l’a maintenu en vie et nourri, lui a littéralement sauvé la vie aussi… et ne l’a jamais abandonné. BB lui a même sauvé la vie une nuit de 1949 : il devait jouer dans un club lorsque deux hommes se disputent à propos d’une femme, provoquant un incendie. L’endroit est évacué… Lorsque BB se rend compte que Lucille n’est pas près de lui, il retourne à l’intérieur du club pour aller la sauver et depuis, ils ne se sont plus quittés. Lucille est tout simplement la meilleure compagne de sa vie… sa guitare. Une superbe Gibson acoustique. Baptisée ainsi en souvenir du prénom de la  jeune demoiselle à l’origine de la bagarre… et de l’incendie qui s’ensuivit.


BB et... Lucille, la superbe Gibson
© Philippe Taka

J’écrivais la semaine dernière sur mon mur que « Nat s'écoute en boucle une chanson avec 2 solos de Dieux de la Guitare... ». Vous aurez compris que l’un d’eux n’est autre que BB mais quel pourrait bien être cet autre dieu ?? Je ne vous fais pas languir et vais faire plaisir au(x) fan(s) de Pink Floyd de ce groupe en vous présentant la collaboration de BB avec David Gilmour :



Sympa, hein ? Celle-là, elle doit avoir tourné sur ma bécane au moins 30 fois depuis mon post !
Mon ami Gaël demandait qui étaient mes Dieux suite à ce post mural mais le fait est qu’ils ne sont pas « mes » dieux. Les gars de cette trempe-là sont des Dieux tout courts. Des mecs qui ont abattu les frontières musicales par leur façon de jouer… La musique ne s’en porte que mieux… Et voir un type de 89 piges qui a su rester passionné par ce qu’il fait, ça me touche…
PS : je ne vous fais pas l’affront de vous demander si vous aviez reconnu l’homme qui joue dans la vidéo de présentation avec BB et Billy ? On est quand même loin de John MacLane ou de Korben Dallas, non ? Ceci dit, il faut reconnaître qu’il se débrouille bien à l’harmonica, le Bruce Willis… non ? ;)"

J'ai vu passer sur Twitter et Facebook bon nombre de statuts disant "The Thrill Is Gone". C'est vrai… et faux à la fois. Parce que si j'ai beau être déçue de ne jamais pouvoir le voir frôler les cordes de la belle Lucille, je sais que, finalement, à chaque fois qu'une radio passera du BB, à chaque fois que mon lecteur audio me donnera du BB, j'aurai un petit sourire en pensant à ce grand lascar à la bonhomie, à la générosité et à l'humilité légendaires. Tiens… ça aussi, c'est un peu pourquoi je l'aimais tendrement, BB.
Je terminerai juste par une phrase qu'il a dite, que l'on entend dans la vidéo du Crossroads Festival (entre 6:28 et 7:12) et qui prend aujourd'hui une résonance un peu particulière…

"So I'll say to all of you May I live forever
But may you live forever and a day
Because I'd hate to be here
When you pass away
PS : and when they lay me out to rest
As I mentioned I'm 81 now
May the last voices I hear be yours"
                                       - B.B. King

(Alors je vais vous dire à tous :
Si je pouvais vivre à jamais,
Puissiez-vous vivre à jamais et un jour de plus
Parce que je détesterais être ici
Quand vous vous en iriez.
PS : et quand ils me mettront en terre,
Comme je l'ai dit, j'ai 81 ans maintenant,
Puissent les dernières voix que j'entende être les vôtres)

Allez va jouer avec tes amis là-haut, tu as eu une vie bien remplie et tu en as fait profiter beaucoup de gens. Merci BB… merci pour tout ça.


mardi 31 décembre 2013

2013… Année "treize" intéressante, Clap 2


Poursuivons notre petit "best of" des moments musicaux de l'année 2013 et démarrons avec une catégorie coup de cœur… 

Dans la catégorie "Ceux qu’on n’attendait pas mais qui t’ont flanqué une belle claque sur ta tronche quand même" : Editors 

Remarquez qu'ils auraient pu figurer dans la catégorie qui clôturait l'article d'hier, à la différence près que si Miles Kane a "cramé" l'AB avec sa musique, Editors a allumé le feu au Sportpaleis… au sens propre. A coup d'effets pyrotechniques. Quand on ne s'y attend pas, ça surprend… J'en ai hurlé! Mais ai adoré ça! 

Au départ, ce concert était un envie d'une de mes amies. Curieuse de nature, j'avais accepté l'expérience. Si je ne connaissais pas le groupe début 2013 (oui, je sais, honte à moi…), la vitesse à laquelle sont parties les places de concert aurait rapidement du me mettre la puce à l'oreille quant à la notoriété du groupe en Belgique. 

Notoriété absolument justifiée. Les Editors m'ont littéralement scotchée. Pour plusieurs raisons. 

D'abord, grâce à "The Weight of your Love", leur dernier album. Première étape pour savoir ce qui m'attendrait le soir venu. Et découverte d'un album de qualité doté d'un potentiel de dingue! 

Ensuite, Tom Smith, dont la voix et la présence sur scène font sans aucun doute partie des atouts du groupe. J'ajouterai également une belle communication avec le public et les fans, que ce soit en tournée ou non : lorsque le groupe a terminé sa tournée et que le chanteur a pris le temps, via la page Facebook du groupe, de remercier toutes les personnes venues les voir en concert. On a beau dire, ce genre de geste, ce n'est pas grand-chose mais c'est une belle marque de respect envers son public. 

Mention extra spéciale pour Ed Lay, le batteur du groupe qui est désormais entré dans ma "Star List" des batteurs aux côtés de, notamment, Steve Jordan ou Abraham Laboriel Jr. Ce type, qui parait tout minuscule à côté de grands batteurs "baraqués", a envoyé comme un malade ce soir-là et m'a laissée toute… ouais, avouons-le, j'ai été complètement séduite et il a mis un sourire sur mon visage toute la soirée!
 
 

Enfin et surtout, ce groupe a une base rock mais a exploré, dans l'album "In This Light and on This Evening", le monde de la musique électro. Ce monde recueille peu mes faveurs en général mais Editors a réussi, grâce aux versions "live" de ces chansons, à faire passer la pilule en un temps record.
 
 

Bref… encore aujourd'hui, quasiment deux mois après le concert, j'écoute encore toujours les quatre albums du groupe anglais et… ils me manquent. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce groupe a été mon coup de foudre de l'année.

 

Petite info pour les fans d'Editors, je les invite à tenir à l'œil The Spectors, un jeune groupe belge récemment signé par PIAS Belgium. Sachant qui se cache sous la casquette de producteur, je serai curieuse de découvrir le son du groupe… Premier single, "Nico", en janvier 2014 suivi d'un EP en mars 2014. A bon entendeur… 

Dans la catégorie « Ceux qu’on n’attendait pas et qu’on va vite renvoyer dans leurs foyers » : Balthazar 

Première "rencontre", les Ardentes, où ils ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable. Soit.
Le lendemain, je me rendais au TW Classic où ce même groupe ouvrait les festivités… avec exactement les mêmes setlist et énergie plate.
Comme pour les Imagine Dragons, ce fut "Jamais deux sans trois" et je retrouvais donc le groupe belge en ouverture d'Editors. Comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, je m'étais concentrée et avais écouté avec attention leur musique, mettant mon manque de passion précédent sur le fait d'avoir vu le groupe deux jours d'affilée.
Sans succès. Rien à faire, j'accroche pas. Même si le public semble, lui, apprécier. Heureusement pour Balthazar, d'ailleurs.

 

Dans la catégorie "Ceux que t'as jamais vu en concert mais que t'as envie de gifler": les Rolling Stones 

Aaah quel beau retour avec "Doom And Gloom", ce morceau épatant porté par une vidéo géniale (avec Noomi Rapace, la star de la version suédoise de la saga Millenium)! Retour annoncé sur la scène pour un des groupes les plus mythiques de l'histoire de la musique. Youpie! 

Et puis… le couperet tombe. Pas de tournée mais un ensemble de concerts à Londres et à New-York. Bon OK, on ira à Londres même si la O2 Arena est selon moi trop gigantesque que pour profiter du spectacle. Suis plus à une traversée près… 

Pan! Deuxième couperet! Pardon? 120£ pour une place bien loin dans les gradins, où tu verras les Stones en piti riquiqui? C'est pour rire? Et ben non… Et évidemment, il faut ajouter à ce prix les déplacements et le logement… 

Comme moi, de nombreuses personnes – journalistes ou non - ont critiqué le prix prohibitif des places pour ces concerts. La seule justification des Stones a été qu'il "faut bien payer les décors qui seront sur scène". Eeeuh dites… vous me mettez Keith Richards sur une boite en carton, mon bonheur est complet, pas besoin de grands effets de scène ou de lumières, S'PAS!
Si je peux comprendre le prix élevé d'un billet pour un concert de Mylène Farmer qui a, depuis 1989, toujours intégré des décors fabuleux à ses tournées, je ne peux pas le concevoir pour les Rolling Stones. Clapton et McCartney sont eux aussi des légendes de la musique, avec une carrière au moins aussi spectaculaire que les Stones et, pour les avoir vus ces deux artistes, n'ont pas "abusé" financièrement de leurs fans comme l'ont fait les Stones. 

Maintenant, vous allez me dire, chacun est libre de vouloir payer cette somme ou pas et de voir le groupe. De fait. J'ai choisi de ne pas céder et d'ainsi donner raison à cet abus de confiance. Et j'avoue que, même des mois plus tard, j'ai encore cet épisode en travers de la gorge…

 

Dans la catégorie "Celui qui t'a fait haïr le marché noir": John Mayer 

John… "mon" John qui passe ENFIN de ce côté-ci de la planète pour une série de concerts. Après dix ans de tendresse pour ce grand gaillard, ça y est, voilà l'occasion! Il passe par l'Angleterre (encore cette damnée O2 Arena…) mais aussi par une plus petite salle, aux Pays-Bas. Le bonheur, quoi! Ouais…  

Jour d'ouverture des billets… Deux minutes, tout vendu. Explication rapide : une congrégation de minables individus a acheté toutes les places. Preuve en est que l'on retrouve, quelques minutes à peine après l'annonce de "sold-out", des dizaines de places à vendre, à un prix allant jusqu'à dix ou quinze fois le prix d'origine. J'en ai pleuré de rage et de dépit!
Là non plus, je n'ai pas cédé et ai ainsi dû faire mon deuil… non sans souhaiter à toutes ces personnes qui travaillent… non… qui profitent des gens, les pires tourments pour avoir empêché une fan de réaliser un de ses rêves les plus… chers.

 

Dans la catégorie « Et sinon, tes impressions sur les premières parties ? » : Gary Clark Jr, You Me At Six, Pegasus 

Gary Clark Jr a assuré la première partie de Clapton et "assuré " est le terme tout à fait adéquat pour le texan de 29 ans qui nous a fait vibrer avec sa musique… Pas facile d'ouvrir le show pour un artiste comme Clapton et pourtant, sa prestation est passée comme une lettre à la Poste. "God" s'est d'ailleurs fait plaisir en faisant revenir Clark Jr sur scène pour les deux dernières chansons du set (Sunshine of Your Love et High Time We Went), pour notre plus grand plaisir!

 

Thirty Seconds To Mars avait choisi You Me At Six pour chauffer la salle. Je connaissais le groupe pour l'avoir découvert lors de pérégrinations sur YouTube et m'était procuré leurs trois albums. Le groupe a un son indéniablement rock, parfois pop, qui – à tort – m'a fait penser qu'ils étaient américains. Raté, ils sont anglais… et You Me At Six s'est avéré une agréable surprise! Ce que l'on entend sur les albums est en-deçà de la prestation que le groupe fait sur une scène, fait TRES rare. Le groupe a fait bouger la Lotto Arena à renfort de bonne rythmique de batterie, de riffs de guitare et au son de la voix de Josh Franceschi qui a su séduire le public, notamment au travers de ses interactions avec lui. En fait, soyons honnête, une fois sortie de la salle, je me suis dit que j'avais passé un meilleur moment avec eux qu'avec les Thirty Seconds to Mars, c'est dire…

 

Pegasus… l'OVNI de l'année! Avant de les voir sur la scène de l'Ancienne Belgique, en ouverture de Hurts, j'étais allée visionner quelques vidéos sur YouTube et… ne savait pas trop à quoi m'attendre après avoir vu "Skyline". Alea Jacta Est, on verrait bien une fois le quatuor suisse sous les yeux. Résultat? Ils m'ont eue comme une bleue avec une sonorité qui, au départ, me laissait perplexe! Les quatre garçons ont en fait un petit côté adorable et une belle énergie qui fait qu'il était assez difficile de les détester : ils  ont d'ailleurs réussi à faire danser et participer le public de l'AB sans grande difficulté. Une fois rentrée, je me suis procurée leur album "Human. Technology", l'écoute régulièrement depuis (c'est d'ailleurs le cas en écrivant ces lignes) et en apprécie chaque morceau. Quand je pousse sur play, leurs mélodies "aériennes" associées à la voix caractéristique de Noah Veraguth me donnent envie de lever mon popotin, de bouger et chanter, le tout avec un énorme sourire… Ça, c'est l'effet qu'ils me font!

 

Vivement l'arrivée du nouvel album "Love & Gunfire" en 2014, tiens! Ils seront également de retour en Belgique le 18 janvier pour un concert au Magic Mirror, à Bruxelles.

 

Dans la catégorie "Ceux qui te font réaliser que la Suisse n'est pas neutre… pas en musique du moins" : Bastian Baker 

Après l'expérience Pegasus, la Suisse a refait surface dans mon monde musical, d'une façon un peu particulière.

Au concert d'Imagine Dragons, je retrouve Gaétan qui m'invite à venir "rencontrer" Bastian Baker, Suisse lui aussi et juré de l'émission "The Voice" Belgium, lors d'une séance de dédicaces à la Fnac Liège. Autant le dire de suite, je ne suis absolument pas fan des émissions "The Voice", "Belgium's Got Talent" et tutti quanti : avec les années, j'ai l'impression que la télévision nous fait à chaque fois manger le même plat, en changeant juste un peu l'assaisonnement. Du coup, je n'étais donc pas du tout familiarisée avec Bastian Baker. Cela dit, plusieurs personnes de mon entourage m'avaient vanté ses qualités musicales…
Me voilà donc à écouter des morceaux de ses deux albums, à la va-vite, en me disant pour la 22.000ème fois que c'est quand même parfois un peu la galère de vivre deux (voire trois, parfois) vies parallèles… et… je réalise que… oui, oui, il y a un sacré potentiel chez ce type!
Un premier album sorti alors qu'il avait à peine 20 ans, doté de morceaux agréables à l'oreille et de paroles démontrant une extrême maturité : gardant son âge à l'esprit, des morceaux tels que "Colorful Hospital", "Nobody Should Die Alone" ou encore "Song About A Priest" m'ont laissée bouche bée… Continuité et talent confirmé sur le second album…

 

Et cette rencontre? Et bien… charmant et très gentil. Je n'avais pas réussi à mettre la main sur son premier album mais ai pu acquérir un de ceux posés près de lui, ce qui nous a valu à tous deux un bref échange assez amusant concernant les emballages de CDs. J'en souris encore à chaque fois que je remets le pied à la Fnac… et garde un très bon souvenir de cette rencontre avec un jeune artiste prometteur que je compte bien tenir à l'œil.

 
La Suisse a donc fini par révéler ses secrets… Un ensemble de coïncidences et d'opportunités m'ont ainsi fait découvrir les trésors cachés du pays multilingue. Car vous pouvez ajouter à Pegasus et Bastian Baker le groupe 77 Bombay Street, qui a assuré la première partie de Baker et qui a un univers brillant et intriguant… La chanson suivante a tout particulièrement attiré mon attention :

 

Dans la catégorie "Ceux que je vais tenir à l'oeil" : Shiva and The Hazards, Black Coral Groove, The Forgotten Saints, Broken Witt Rebels, Alistair Sheerin, Thom C, Run From Cover 

Pourquoi? Et bien… 

Parce que si Shiva and The Hazards a réussi à attirer l'attention du producteur Chris Potter ave leur musique, je me dis que… 

Parce que si Black Coral Groove me repose un peu l'esprit avec un peu de douceur musicale, je me dis que…
 

Parce que si j'apprécie la voix du chanteur de The Forgotten Saints et les influences musicales de ce groupe, je me dis que…
 
 
Parce que si j'aime le son rock des Broken Witt Rebels, je me dis que…

 
Parce que si Alistair arrive à me faire danser en plein milieu du salon, je me dis que…
 

Parce que les mélodies et la voix de Thomas touchent droit dans le cœur…

 
 

Parce que si je ne me lasse toujours pas de l'album des Run From Cover plusieurs mois après l'avoir chroniqué…

 

Parce que, comme je me suis fait des amis parmi ces artistes et groupes, je me dis que… je serais une complète imbécile de ne pas vous parler d'eux alors que je trouve qu'ils ont un potentiel musical évident, en plus d'être de très "belles" personnes. Cela n'engage que moi, bien évidemment… Libre à vous de vous faire votre propre opinion… 

Dans la catégorie "Celui que t'as beaucoup vu en 2013 sans l'avoir vu": David Bowie 

Aaah David, David! Moi qui ne connaissait finalement que les bases de Bowie, je peux vous assurer que j'ai suivi une formation approfondie et intensive concernant la vie et la carrière de cet artiste en un temps record, le tout sous la guidance d'un de ses plus grands fans.
Début 2013, après dix ans d'absence, David Bowie refaisait surface avec un nouveau single et en annonçant la sortie d'un nouvel album. Il n'en fallait pas plus à Laurent Rieppi, un de mes amis, pour se lancer dans un projet fou : l'écriture d'un livre sur l'artiste caméléon. Sans réaliser ce qui se passait, je me retrouvais embarquée dans cette folle aventure, à relire et corriger les lignes écrites par Laurent, de jour comme de nuit. Folle mais belle aventure : Laurent a écrit un très chouette livre de 200 pages sur le sujet auquel j'ai été contente d'apporter, avec d'autres, une petite contribution. Contribution qui me vaut d'avoir un remerciement (en plus des 2000 autres que Laurent m'a écrit au fil des semaines…) dans ces pages. Et ça, ça fait du bien au moral. A l'égo aussi, un petit peu quand même… :p
D'ailleurs… ptèt qu'on a tellement aimé ça qu'on s'y remettra un jour. Ptèt même qu'il se pourrait que j'aie tellement pris goût aux corrections et relectures que j'ai joué une deuxième mi-temps cette année, dans le "grand tournoi des livres". Allez savoir… ;) 


2013 était donc encore une année des plus satisfaisantes et 2014 devrait être elle aussi des plus intéressantes. Ainsi, sont déjà au planning :

-      Beady Eye, où on me trouvera probablement du côté gauche de la scène, cette fois… près de Gem Archer, donc.

-      Fall Out Boy, les R'n'R kids de Chicago, ratés tant de fois lors de l'été 2013 (avec The Pretty Reckless en opening act, extra!)

-      Beyoncé, celle qui vend 20.000 places en 8 minutes (dont 5 chez moi, dans un coffre-fort!)

-      Neil Finn, la "voix" de "Don't Dream It's Over"

-      Gladiator, à Londres, avec Joaquin et Russell sur l'écran et la musique de Hans Zimmer jouée en live devant toi? What else?

Pour finir, je vous souhaite à tous, que vous soyez un ami croisé lors d'un des concerts de cette année, un ami musicien, un ami de toujours, un collègue, le lecteur qui passe ou autre, la plus belle des années 2014. Que celle-ci vous permette de réaliser vos rêves et… qu'elle soit emplie de notes de musique…