Morale
de l’histoire : quand on te demande de parler d’un titre dont on ne retrouve
rien dans les lignes de texte, tu finis avec tout (et rien ?) dans un
texte. Du cinéma, du Canal Plus, de la Britpop et beaucoup BEAUCOUP de dessins
animés…
Dans
les questions du jour d’Entrez Sans Frapper, on avait « Quelle est la plus belle chanson dont le titre n’est
pas prononcé dans les paroles » ? Fèrdèk, va falloir un peu se
creuser la tête, là…
Les Beatles ?
Les Stones ? Ah ! Y a Faint
des Linkin Park ! Nan, pas encore prête à parler des LP de suite. Our Lawyers Made Us Change The Name
Of This Song So We Wouldn’t Get Sued des Fall Out
Boy? Pas grand-chose à dire, cela dit… Oh! Les Stereophonics avec Dakota!
Mmouais mais j’ai déjà parlé d’eux il y a quelques semaines… OH ! Je sais !
Hein ? NAN ! Même si je reste fan de leur The Scientist et qu’il s’agit probablement du groupe avec le plus
grand nombre de chansons au titre ‘orphelin’ (Arabesque, Viva la Vida, Adventure of a Lifetime, Hymn for the Weekend, Amsterdam), on ne parlera pas des
Coldplay !
Aujourd’hui,
nous allons parler de… Gorillaz ! Avec son Clint Eastwood. Parce que jamais le nom de l’illustre
acteur/réalisateur/compositeur n’est cité dans la chanson du groupe British. Bon,
la chanson ne parle non plus de lui, en fait…
Alors
pourquoi un titre pareil si c’est pour ne pas parler du sujet ? Tout
simplement parce que tout repose sur une partie de la mélodie. En effet, le
leader de Gorillaz, après création de cette dernière, lui trouvait un air du
thème du film The Good, The Bad and The
Ugly, composé par Ennio Morricone. Et c’est vrai qu’à se pencher plus près
sur les notes, on ne peut pas nier ce petit « air de »…
Mais qui se cache donc derrière
Gorillaz ? Aux débuts du groupe, cela est un peu resté un mystère et pour
le public, il s’agissait juste d’un groupe de 4 individus (2-D, Murdoc, Noodle,
Russel) représentés par les personnages de dessins animés de leurs clips Mais
les fans de Britpop ne sont pas dupes : ils ont vite reconnu la voix de Damon
Albarn, le chanteur de Blur. Et de fait, c'est bien lui! Mais pas tout à fait
seul. Gorillaz, ce n'est pas quatre personnes mais... deux : Damon Albarn et
Jamie Hewlett, dessinateur qui a donné vie à ces personnages. Si le trait de
dessins vous semble familier, c'est peut-être parce que vous auriez déjà eu
entre les mains la bande dessinée Tank Girl, dont il est
l'un des deux papas. En parlant de « papa », la beau-papa de Hewlett
n'est pas non plus un illustre inconnu. Paul Persavon a composé les génériques
des dessins animés X-Or, Clémentine, Lady Oscar ou encore Cobra. Mais
c'est aussi et surtout un nom d'emprunt. Celui de… Antoine De Caunes.
Albarn
et Hewlett ont cogité sur le concept de Gorillaz alors qu’ils étaient
colocataires, fin des années 90. A l’époque, ils se connaissent déjà depuis
presque 10 ans : Graham Coxon, le guitariste de Blur, était un admirateur
du boulot de Hewlett et lui avait proposé une interview du groupe pour le
magazine Deadline, magazine dans
lequel était publié Tank Girl. Une rencontre pleine de ressources insoupçonnées
qui se révéleront avec Gorillaz.
Bien entendu,
si le duo est capitaine de son bateau virtuel, l’oreille avisée entendra, dès l’écoute
de plusieurs morceaux de Gorillaz, d’autres voix. La force de Gorillaz, c’est justement
aussi tous les featuring d’artistes provenant parfois d’univers musicaux très
différents : pour Clint Eastwood, il s’agit du rappeur américain Del the Funky
Homosapien ; pour Feel Good Inc, le groupe de hip hop De La Soul ;
pour Kids with Guns, on retrouve Neneh Cherry et ils s’offrent même le luxe d’une
collaboration avec Lou Reed sur Some Kind of Nature. Plus récemment, Gorillaz s'est offert les services de Rag'n'Bone Man sur le morceau The Apprentice et de Snoop Dogg sur Hollywood. Noel Gallagher vient également faire une petit coucou en 2017 sur le morceau We Got The Power. Quand on sait que Gallagher et Albarn appartenaient chacun partie de groupes britpop (Oasis et Blur) qui se faisaient régulièrement la guerre des hit-parades dans les 90's, c'est gag!
A l’aide
de ses 4 bonhommes animés et de son clip Clint
Eastwood, Gorillaz a popularisé en 2001 le concept de virtual band : un groupe dont on ne connait pas le visage et qui
vit au travers de personnage(s) animé(s). Ils ne peuvent cependant pas proclamer
avoir lancé le genre puisque le premier virtual
band est né en… 1958. Ce groupe s’appelle… Alvin et les Chipmunks. Vous
savez, les ptits rongeurs qui chantent comme s’ils avaient avalé de l’hélium ?
Cela
dit, je parie que bon nombre d’entre vous connaissent au moins un, voire deux virtual band… L’un d’entre eux a
littéralement bercé mon enfance et donné le gout du chant, c’est dire ! Il
m’a aussi permis d’appliquer en pratique la phonétique, en essayant de prouver
au monde entier qu’à 9 ans, j’étais tout à fait capable de chanter en anglais.
Personne n’y a cru.
Bref…
Qui se souvient du dessin animé Jem &
les Hologrammes ?
Un
autre virtual band associe carrément deux
genres artistiques : la bande dessinée ET la télévision. En 1941 sort le
premier comic book racontant les aventures d’Archie Andrews et de ses amis
(dont Josie et les Pussycats, qui donneront naissance à un film), aventures qui
existent encore aujourd’hui, presque 80 ans après l’apparition du rouquin de
Riverdale. Le succès du comic book est tel qu’un dessin animé voit le jour en
1968, où Archie, Betty, Jughead et le reste de la bande sont… un groupe musical.
Une nouvelle série – avec des êtres humains cette fois, dont le défunt Luke « Beverly
Hills 90210 » Perry faisait partie – a vu le jour en 2017 et intègre un
épisode musical dans sa saison 3. Si les chansons de cet épisode ne sont pas
marquantes, un titre du dessin animé de 1969 a, lui, connu nettement plus de
succès…
Le
truc de dingue avec Gorillaz et tout particulièrement cette chanson qui les a lancés,
c’est qu’à priori, elle avait tout pour me taper sur les nerfs. Ce côté
nonchalant du chanteur, c’est le même genre de truc qui fait que la Alors On Danse de Stromae me donne envie
de casser la radio dès qu’elle passait. C’est d’ailleurs toujours le cas, en
fait. Et pourtant… et pourtant, dès la première écoute, j’avais adoré. J’ai
tout autant aimé les morceaux Dare, On Melancholy Hill ou Dirty Harry. Et oui, cette dernière est
également une référence à l’acteur et un de ses plus grands rôles et se veut
une sorte de suite de Clint Eastwood.
Et, oui, dans ce morceau-là aussi, les paroles ne comportent pas non plus le
titre…
Bref,
Gorillaz, ça passe bien chez moi ! Leurs vidéos sont de chouettes petits
bijoux animés et leurs chansons sont assez cool à écouter quand on écrit une
chronique…
Début
de cette année, le groupe s’est lancé dans un nouveau projet, Song Machine, qui laisse présager de
bonnes choses pour 2020. Cette fois, Gorillaz montre son vrai visage et l’on
voit Damon Albarn travailler avec slowthai & Slaves
sur un morceau (pour un futur album ?). Et nos 4 personnages alors ?
Rassurez-vous… ils ne sont jamais bien loin. ;)
Morale
du jour : quand, finalement, toutes les opportunités sont bonnes de rester
encore un peu à Londres… et de découvrir que les Beatles ont eu un peu de
Belgique dans leur monde.
Retour
des vacances et reprise des ptis défis « Bagarre du soir » de l'émission Entrez Sans Frapper de la Première !
Hier, impossible de m’y coller puisque je promenais mes godasses entre Londres
et Liège au moment où j’écris habituellement. Week-end passé dans un quartier
un peu bizarre où un oiseau s’est mis à chanter… à minuit. La dernière nuit,
une oie s’est même jointe à lui pour un concerto privé. Et encore, je ne vous
parle même pas de la musaraigne qui s’était retrouvée piégée dans l’appart et
me regardait du bout du couloir avec un air de « tu veux bien m’ouvrir la
porte du jardin que je m’en aille » ? L’ingrate est partie sans même
un regard en arrière… Manquait plus qu’un renard qu’on croise habituellement
dans la ville le soir ! (Je vous jure, rien n’est inventé… et… non,je n’ai pas logé au zoo de Londres !)
Alors évidemment, quand dans les questions du jour tu as « Quelle est la
plus chanson d’un artiste portant un nom d’animal », tu sais que tu dois
choisir celle-là.
Premier réflexe : Me And My
Monkey de Robbie Williams! Parce que la chanson écrite par Williams sur un défi lancé
par un inconnue au bord d’une piscine qui lui avait donné les mots
« monkey » et « rollerblades » pour écrire une chanson,
elle est bien pêchue, quand même ! D’ailleurs,
qui aurait pu croire que le singe inspire autant les artistes: George Michael
(Monkey, 1987), Beastie Boys (Brass Monkey, 2000),
les Stones (Monkey Man, 1969), Elvis Presley (Too Much
Monkey Business, 1956), Peter Gabriel (Shock the Monkey, 1982), les
Pixies (Monkey Gone to Heaven, 1989), Black Eyed Peas (Shake
Your Monkey, 2005)…
Y a
pas que les singes d’ailleurs… Eye of the Tiger, The Lion Sleeps Tonight, Cats in the Cradle, This Here
Giraffe, Cat Size, Black Cat… voire les deux merveilleux
instrumentaux de Mancini, The Pink Panther et Baby Elephant
Walk.
Mais
au fait, à la relire… elle est équivoque cette question ! On parle d’une
chanson avec un animal dans le titre ou d’un artiste qui porte le nom d’un
animal ?! Oh qu’importe, on va faire les deux d’un coup et on va rester avec
le singe avec Everybody's Got Something To Hide Except Me And My Monkey des Scarabées. Euhhh, des Beatles, je voulais dire.
Mis à
part la particularité d’être la chanson des gars de Liverpool au titre le plus
long de leur carrière, elle fait partie du célèbre album The
Beatles, plus connu sous le nom de The White Album, pour
sa couverture quasi entièrement blanche, violent contraste avec celle l’album
précédent, Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band.
Cet
album marque un tournant dans l’histoire de la carrière des Beatles puisqu’il
est considéré comme celui de la discorde. Autant entre les membres du groupe
que dans leurs vies personnelles, c’est un peu… rock and roll. Et justement,
c’est ce son rock qui fait sa réapparition sur certains morceaux de cet album
avec Back in the USSR ou Helter Skelter, par
exemple.
On
pourrait voir dans cette cover une page blanche pour mieux recommencer une
relation à zéro mais dans le contexte de l’époque, il s’agissait plutôt d’une
représentation d’une absence de relation. Richard Hamilton, l’artiste, a
cependant eu l’idée d’ajouter une touche « collector » aux
couvertures puisque les premiers pressages comportaient le nom du groupe en
surimpression et étaient numérotés. Les quatre premiers numéros (0000001 à
0000004) ont été donnés aux Beatles.
Pour
ce White Album, chaque Beatle appporte du sien, mais souvent
séparément. Elle est loin la fusion Lennon-McCartney ! De plus, Harrison
et Starr décident de montrer qu’ils savent aussi écrire des chansons (avec While
My Guitar Gently Weeps, notamment). Autant dire que George Martin a du
fil à retordre pour arriver à mener à bien le projet. Qu’à cela ne tienne,
plutôt que de froisser les susceptibilités et de se priver d’excellents morceaux,
cet opus se transforme en double album. Au lieu des 13-14 chansons habituelles,
les fans ont donc la chance de pouvoir écouter 30 morceaux de leurs idoles. Pourtant,
certains morceaux, enregistrés durant ces sessions, seront écartés : ce
sera par exemple le cas de Hey Jude que les Fab Four ont voulu
dès le départ utiliser comme single isolé. Avec la puissance qu’on connait
aujourd’hui à ce morceau qui reste un des plus forts lorsque McCartney
l’interprète en concert.
Et
là… j’en reviens à la question de l’émission, parce que cet album, c’est une
vraie ménagerie ! Sur les 30 chansons, 13 mentionnent des animaux :
des oiseaux (Dear Prudence et Blackbird), un morse
(Glass Onion), un tigre et un éléphant (The Continuing
Story of Bungalow Bill), un lézard (Happiness Is A Warm
Gun), des cochons (Piggies), un raton-laveur (Rocky
Raccoon), un coquillage (Julia), un aigle et un ver de
terre (Yer Blues), un oiseau et une abeille (Cry Baby
Cry) et des chiens, des oiseaux et des poissons (Revolution 9).
Si Martha My Dear ne mentionne pas d’animal, c’est pourtant bien
une chanson qui en parle puisque Martha, c’était la chienne Bobtail de Macca.
Cela
fait donc 12 chansons. La treizième est Everybody's Got Something
to Hide Except Me and My Monkey mais ne parle pas tout à fait d’un singe.
Dans un premier temps, Paul, George et Ringo pensent qu’il s’agit d’une
référence à la drogue. A l’époque, Lennon s’est mis à l’héroïne et a donc
connaissance du jargon (notamment du terme « monkey »), qui échappe
complètement aux trois autres. Heureusement, Lennon finit par abandonner cette
drogue pour revenir à des opiacées moins dangereuses. L’origine de la chanson
est tout autre : à l’époque, Lennon tombe sur une caricature qui montre
Yoko Ono avec des traits simiesques, en train de grimper sur le dos de son
amoureux. Furieux, Lennon retourne la situation et donne ce surnom à Yoko, de
manière affectueuse. La chanson parle tout simplement de lui et de Yoko et de
leur amour profond, que personne ne semblait comprendre. Il faut dire que la
présence quasi permanente de l’artiste en studio – qui donnera naissance à The Continuing Story of Bungalow Bill - pouvait passablement
énerver l’équipe, ce dont Lennon n’avait clairement rien à f…
Si
entre John et Yoko, la relation a toujours été fusionnelle, au point d’irriter
autant les autres Beatles que les fans du groupe, leur première rencontre s’est
pourtant soldée par une Yoko Ono qui aurait bien arraché les yeux de John Lennon.
En automne 1966, l’artiste avant-gardiste expose ses œuvres et John Lennon vient
voir l’exposition. Ayant toujours quelques facéties en stock, il s’amuse avec
différentes œuvres de la jeune femme, notamment une pomme posée sur un socle en
plexiglas. Il reste abasourdi par le fait que l’on vende 200 Livres une œuvre
que l’on va juste regarder se dégrader avec le temps. Il décide d’y apporter sa
touche personnelle, attrape la pomme et… croque dedans avant de la reposer sur
le socle, déclenchant la fureur de Yoko Ono. Cet pomme était… une Granny Smith.
Coïncidence, The White Album est le premier sorti sous le label Apple Records,
créé par les Beatles en 1968 dont le logo est… une Granny Smith. Le choix de
cette pomme vient-il justement de cette anecdote entre John et Yoko? Eh
oh… faut pas déconner, quand même ! Nenni ! Ce logo Apple s’inspire…
de la Belgique et, plus particulièrement, d’un de nos peintres. A savoir
Magritte. Dans les sixties, McCartney craque pour l’art de notre compatriote et
veut faire l’acquisition de l’une de ses œuvres, qui sont alors nettement
meilleur marché que maintenant. Il en parle à un ami qui tient une galerie
d’art. Ce dernier passe un jour chez Paul et dépose le tableau Le Jeu de
Mourrre sur une table avant de filer et de laisser Paul découvrir la
belle surprise. A ma connaissance, Paul McCartney est encore aujourd’hui en
possession du tableau représentant une pomme verte où Magritte a écrit
« Au revoir ». Comme celui que les membres des Beatles se diront un
beau jour d’avril 1970 lorsque McCartney annonce qu’il quitte officiellement le
groupe…
Mince alors… Madame Faucheuse continue à faire ses
siennes ! Depuis le début de l’année 2016, elle a décidé que la star, ce
serait elle et qu’elle serait partout. Elle a tranché le fil de vie de
nombreuses personnes, de tous âges et univers. On pourrait moins s’émouvoir du « départ »
de certains en raison de leur âge déjà avancé : Zsa Zsa Gabor, Toots
Thielemans, John Glenn, Michel Galabru, George Martin, Jack Davis, Pierre Tchernia, Leonard Cohen,
Kenny Baker et tant d’autres ont marqué chacun leur univers – parfois sur
plusieurs générations - et leur décès reste néanmoins un petit bout d’histoire
qui s’en va.
A l’inverse, David Bowie (le 10/01, 69 ans), Alan
Rickman (14/01, 69 ans), Prince (21/04, 57 ans), Anton Yelchin (19/06, 27 ans) et
quelques autres étaient sincèrement bien trop jeunes pour aller dire « présent ! »
à Saint Pierre. Si tant est qu’il existe un Paradis…
La Faucheuse ne se repose jamais et ne prend jamais de
congés : le 24 décembre, le monde apprenait le décès de Rick Parfitt,
guitariste de Status Quo. Le lendemain, mon fil Twitter faisait défiler la même
info à tout va. Une info qui m’a fait l’effet d’une gifle en plein visage. Un
instant, j’ai cru à un méchant hoax parce que… non, trop jeune. Après tout,
Santana, Lady Gaga et d’autres – Paul McCartney le premier ! – ont déjà
été victimes de ce genre de canular de TRES mauvais goût. Mais… quand la BBC,
quand le New York Times, quand les agences de presse Reuters et AP relayent l’information,
on sait alors qu’on est au-delà d’une rumeur ridicule…
George Michael est donc mort. A 53 ans.
Sans avoir été fan ultime de George Michael, dire que
la jeune ado que j’étais fin des années ’80 n’a pas un tantinet bavé sur un de
ses posters serait un mensonge éhonté. Toutefois, une fois mis de côté l’aspect
« physique », il y avait bien plus en la personne de George Michael. Oui,
OK, il y a eu quelques débordements, certes : une sexualité « débordante »
et un usage de drogues de manière régulière. Mais qui est parfait sur cette
terre ? Et puis, le mode de vie d’un être humain reste – selon moi et tant
qu’il ne nuit pas directement à autrui – une affaire personnelle.
George Michael, c’était aussi une put*** de voix.
Parfois douce comme posée sur du velours (Jesus
to a Child), parfois pleine de force (Monkey),
voire un savant mélange des deux (Freeek)
mais toujours agréable à l’oreille.
Le 30 janvier 2009, dans une version précédente de ce
blog alors présent sur Facebook sous forme d’un groupe, je postais une chronique
sur cet artiste qui a écrit une page du Grand Livre de la Musique, en parlant d’un
de ses hits, Freedom.
Absent de la scène et des médias depuis quelques
années, George Michael n’avait, en 30 ans de carrière solo, sorti que 6 albums, 2 best-of et un album live. Vendus à plus de… 100 millions d’albums. Qu’on
l’ait aimé ou pas, dire que George Michael n’a pas marqué l’Histoire de la
Musique serait un peu exagéré, non ?
Ci-dessous, je vous présente cette ancienne chronique.
Il s’agit d’une version quasi-inchangée de ce que j’avais écrit à l’époque. Le
principe de mes chroniques de l’époque étant une connexion établie entre deux d’entre
elles, j’ai toutefois changé quelques parties (mise entre crochets) pour qu’elle
reste cohérente.
« Né Georgios-Kyriacos Panayiotou (on comprendra
pourquoi il a choisi de se produire avec un nom de scène !), George
Michael connaîtra d’abord le succès au sein du groupe Wham! formé en 1981 et dissout
en 1986. Les plus jeunes d’entre vous ne s’en souviennent peut-être pas mais
Wham! est à l’origine de pas mal de hits que l’on repasse encore aujourd’hui de
manière régulière : Wake Me Up
Before You Go Go ou Last
Christmas, par exemple.
Mais revenons-en à notre chanson: sortie en 1990 et
extraite de l’album Listen Without
Prejudice, Vol 1, Freedom! ‘90 est
l’une des plus longues de George Michael… pas loin de 7 minutes. Si vous vous
penchez un peu sur les paroles, vous apprendrez qu’elle parle d’un jeune homme
se sentant oppressé par l’image que l’on veut montrer de lui et qu’il veut se
libérer de cette même image : il faut savoir que déjà à l’époque de Wham!,
un paquet de jeune filles étaient dingues de George et de son physique et, bien
entendu, sa compagnie de disques l’encourage vivement à jouer de cette image
afin de booster les ventes. Ouais… sauf qu’à la longue, ça lasse et là, pour le
coup, George, il en a marre ! Résultat : il veut son indépendance et,
en l’occurrence, quitter sa maison de disques. Sauf que ce n’est pas si facile
que ça… Il finit par écrire cette chanson afin de mettre en avant ce
ras-le-bol…
Et pour bien l’illustrer, il refuse tout d’abord
d’apparaître dans la vidéo. Qu’à cela ne tienne, il recrute un ensemble de
top-models pour « chanter » la chanson à sa place. Parmi elles, Linda
Evangelista, Naomi Campbell, Cindy Crawford, Christy Turlington… [Le
réalisateur] illustrera la révolte de George en détruisant quelques symboles
lui étant associés : la guitare et le blouson de cuir de l’époque de
l’album « Faith »…
Vous savez tous maintenant que l’on a appris que
George Michael était homosexuel en 1998, soit 8 ans après la sortie de Freedom (Vous saviez pas ? Heuuuu
désolée alors…). Je vous encourage dès lors à vous pencher à nouveau sur les
paroles car là soudainement, la chanson prend une toute autre signification et
révèle le talent de parolier du britannique. Avec une seule et même chanson, il
arrive à faire passer 2 messages séparés : le ras-le-bol de sa maison de
disques ET la difficulté d’être idolâtré par des femmes et de devoir ainsi
cacher sa vraie « nature ».
Encore une anecdote à propos de cette chanson :
vous avez sans doute remarqué que la chanson était suivie d’un 90. Pas besoin
d’être un génie pour comprendre qu’il s’agit de l’année de sortie du single
mais pourquoi cette rajoute ? Et bien tout simplement afin d’éviter une
confusion car Wham! avait déjà sorti un single portant le même titre en 1984.
[partie supprimée]
[Allez une dernière information à propos de Freedom. Je parlais un peu plus haut du
réalisateur sans le nommer directement. Ce dernier n’est en effet pas un novice
quand il réalise cette vidéo. En 1990, il a déjà à son compte des vidéos pour
Sting, Steve Winwood, Paula Abdul et, quelques mois auparavant, il réalisait Vogue, sa troisième vidéo pour Madonna. Devenu
depuis réalisateur de long-métrages, il est revenu à ses premières amours en
2013 en réalisant la vidéo Suit & Tie
de Justin Timberlake et Jay-Z. Elle lui permettra d’acquérir un second Grammy
Award, 18 ans après celui obtenu pour Love Is
Strong des Rolling Stones. Suit &
Tie lui permettra également de voler le titre de réalisateur le plus
récompensé aux MTV Video Music Awards à Spike Jonze. Qui est donc le
réalisateur de Freedom ? David
Fincher, le « papa » de Seven,
Fight Club, Panic Room ou – plus récemment – Gone Girl.]
George Michael n’est plus mais il nous restera quelques
bons morceaux… Et un peu plus pour certaines personnes.
Souvenez-vous, en 1991, il enregistre en duo la
chanson Don’t Let the Sun Go Down on Me
avec Elton John, créateur de celle-ci. Les bénéfices de ce single seront
reversés à pas moins d’une dizaine d’actions caritatives.
Il a également participé, l’année suivante, au concert
d’hommage à Freddie Mercury, disparu quelques mois auparavant. Aux côtés de
Bowie (!), Axl Rose, Elton John, Annie Lennox, Slash, Lisa Stansfield, il
interprète notamment une version inoubliable de Someone to Love, méritant le respect.
S’il a fait souvent la une des journaux avec ses
déboires, il a su cependant garder certaines choses secrètes. Au lendemain de
sa mort, des langues se sont déliées. Oh non, rien de dramatique ou de
scandaleux. Non… Tenues au secret du vivant de l’artiste – selon sa propre volonté
– plusieurs personnes ont aujourd’hui avoué que George Michael avait
discrètement fait des dons à de multiples associations caritatives ou,
simplement, aidé des gens dans le besoin.
A une étudiante en soins infirmiers criblée de dettes,
il avait offert 5 000£.
A une jeune femme ayant besoin d’argent pour réaliser
l’insémination qui lui permettrait de devenir maman, il avait apporté la somme
nécessaire.
Il avait acquis le piano de John Lennon, celui sur
lequel il avait composé Imagine. Il
en avait ensuite fait discrètement don au musée Beatles Story à Liverpool,
parce qu’il voulait que le piano revienne sur la terre natale du Beatles. Il y
est toujours aujourd’hui.
Tous les bénéfices de son titre Jesus to a Child – chansons écrite à la mémoire d’un de ses amants
- avaient été reversés à différentes associations.
Il était également un fréquent donateur de Childline,
une association venant en aide aux enfants.
Ce matin, la Présidente de Childline disait ceci :
« Depuis maintenant plusieurs années, il était l’un
des plus extraordinaires et généreux philanthropes de notre association mais il
était déterminé à ce que sa générosité ne soit pas rendue publique ainsi
personne en dehors de notre association ne pourrait savoir à quel point il
avait pu donner aux enfants les plus vulnérables de notre nation. Au fil des
ans, il nous a donné des millions et nous avions prévu l’an prochain, afin de
célébrer notre 30e anniversaire, d’organiser en concert en son
hommage, pour son talent artistique, pour son incroyable musicalité mais aussi
pour le remercier pour les centaines de milliers d’enfants qu’il a aidé grâce à
ses dons. ».
George ne sera donc malheureusement pas là ce jour-là
pour recevoir son hommage. Mais nul doute qu’il en a reçu en masse ce jour. A
juste titre.
Ce matin, la nouvelle est tombée… comme un couperet
qui fait mal. Très mal. BB est parti. Ça peut vous paraitre stupide mais… j'en
ai eu les larmes aux yeux. Peut-être parce que hier, je me disais encore qu'il
fallait que je surveille attentivement ses dates de tournée lors d'un éventuel
retour en Europe. Depuis le départ de Lou Reed en 2013, j'ai réalisé que –
quelque part – j'avais eu beaucoup de chance de le voir sur une scène quelques
mois avant son décès. Depuis ce jour-là, je me suis juré d'essayer d'aller voir
le plus grand nombre de légendes avant qu'ils ne nous quittent. McCartney,
Clapton, les Stones, Paul Simon font partie de cette liste d'artistes que j'ai
vus sur scène. BB King faisait partie de ceux que je voulais "rencontrer".
Mais cela ne se fera pas…
J'éprouvais une grosse tendresse pour Monsieur King,
pour une raison bien particulière : c'est lui qui m'a "appris" à aimer
le blues. Avant la création de ce blog, j'écrivais déjà des chroniques qui
étaient postées sur Facebook. Je prenais une chanson et, la semaine suivante,
me servait d'un élément pour parler d'une autre chanson. Cela pouvait tout
aussi bien être un producteur identique, un artiste qui avait repris la même
chanson, un ingénieur son ou un réalisateur de clip vidéos communs.
Avec Billy Preston, le fameux 5e Beatles,
j'avais trouvé un lien vers BB King. Sauf que… le blues, ce n'était pas vraiment
mon univers. Pas du tout, même. J'ai donc emprunté six ou sept albums de King,
que j'ai écoutés en boucle pendant la semaine, tout en apprenant à connaître le
talentueux guitariste pour écrire ce fameux article. BB King m'a fait tomber
amoureuse du blues, m'a fait sourire et vibrer au son de sa guitare, la jolie Lucille
aujourd'hui orpheline de sa moitié…
Revoici donc ce que je disais de lui le 25 novembre
2009…
(A noter que les chiffres ont été réadaptés pour
"coller" à 2015 et que quelques informations additionnelles ont été
apportées dans l'article, en bleu)
Je pensais avoir trouvé les
détenteurs des carrières les plus longues avec des gars tels que Clapton,
Richards ou Dylan qui éclatait le score avec 56 ans de carrière mais ils sont
battus à plates coutures par Mister King avec ses – tenez-vous bien – 67 ans de
carrière ! Gloups ! Juste pour vous donner une indication : BB
King jouait déjà sur scène alors que les trois précédents avaient entre 2 et 6
ans !
BB King est né Riley B King le
16 septembre 1925 dans l’état du Mississippi à une époque où il n'était pas drôle
d’être black… Pour rendre les choses encore un peu plus difficiles, sa mère
quitte le domicile conjugal alors qu’il n’a que 9 ans et son frère aîné a déjà
fait l’expérience de la prison alors que BB n’a que 4 ans. Venant d’une famille
de fermiers, il est embauché très jeune pour travailler dans les champs… Rien
ne le prédispose donc vraiment à devenir le guitariste légendaire qu’il allait
être des années plus tard…
Savez-vous d’où lui vient ce
surnom de « BB » ? Pour le savoir, il faut remonter jusqu’en
1948 à l’époque où BB était à Memphis. A l’époque, il travaillait pour la radio
WDIA où il présentait une émission de blues d’une durée de 15 minutes. Cette
radio a eu une grosse influence sur certains artistes, tel Elvis, et
constituait en elle-même une révolution puisqu’elle était une des premières
radios à cibler un public exclusivement noir. Cette station était située sur
Beale Street et BB King hérita du surnom de Beale Street « Blues
Boy » d’où… BB King.
Après avoir dans un premier
temps aidé au développement économique de la rue, cette dernière a fini par
tomber en désuétude au fil des années… malgré le fait que le Congrès américain
l’ait officiellement décrétée « Maison du Blues » en 1977. Il faudra
attendre les 80ies pour voir le quartier reprendre vie et on peut aujourd’hui
aller écouter de bons morceaux de blues dans certains clubs et cafés. Tiens,
par exemple, au numéro 143… le BB Kings Blues Club.
Cette station de radio ne sera
d’ailleurs pas uniquement le « fournisseur » du surnom de BB :
elle sera tout simplement l’origine de sa vocation… Le jour où T-Bone Walker
vient à la radio pour y jouer un morceau « live », BB prend une
claque. C’est décidé, il aura une guitare… même s’il doit en voler une,
dira-t-il des années plus tard !
Sa première chanson est un
échec total mais attire tout de même l’attention d’un certain Sam Philipps qui
deviendra producteur de ses morceaux suivants. Juste pour l’info, Sam Philipps
n’est autre celui qui fondera Sun Records, la maison de disques qui révélera
Roy Orbison, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis ou encore Johnny Cash et
Elvis ! Bref… la carrière de BB est maintenant lancée et les 50ies seront
les années King… Rien qu’en 1956, BB donnera 342 concerts ! Pas mal,
hein ?
Essentiellement guitariste de
blues, cela ne l’empêche en rien de se mêler à d’autres mondes musicaux. Ainsi,
en 1969, BB fera la première partie des Rolling Stones. La particularité de
cette tournée était que le show durait parfois jusqu’à 3 heures… et que la
performance des Stones durait, elle, … 75-80 minutes. Les British laissaient
donc finalement plus la scène à leur première partie qu’à eux-mêmes. Vous allez
me dire « Ouais mais c’est ch**ant. On vient pour le plat principal, pas
pour les zakouskis ! ». Ouais, ben sachez que parfois, c’est encore
l’apéro le meilleur moment d’un repas et dans ce cas-ci ça se vérifie !
Question collaborations, BB
King est épatant ! En 1988, il perdure dans le rock avec les irlandais de
U2 lors de la sortie de l’album « Rattle and Hum » et les accompagne
même en tournée sur ce coup-là. Rappelons tout de même qu’à cette époque, BB a
64 ans… mais qu’on ne le dirait pas. La preuve en images :
Et quel public mes amis… Je
vous conseille le film de cette tournée où vous entendrez BB lâcher un
« Je ne suis pas doué avec les cordes… » à un Bono amusé.
Irrésistible !
Il termine le 20e siècle par
une collaboration avec Monsieur Clapton le temps d’un album intitulé
« Riding With The King » (Quoi de plus logique après tout !)…
Excellente collaboration entre ceux que le magazine Rolling Stone a élu
meilleurs guitaristes numéros 3 (pour BB) et 4 (pour Eric) en 2003 !
L’amitié semble au rendez-vous entre ces deux-là puisque BB apparaîtra en 2007
lors de la seconde édition du Festival Crossroads, à 81 ans… et les doigts
toujours aussi peu rouillés ! Je vous laisse le soin de juger par
vous-même :
Vers 4’, il fait un très beau
discours à l’attention d’Eric… émouvant. (Pour ceux qui ne comprendraient pas
l’anglais et qui voudraient savoir ce qu’il dit… Demandez et je me ferai un
plaisir de vous mettre une transcription).
BB fera encore
l'honneur au public du Crossroads Festival de revenir pour les éditions de 2010
et de 2013. Il y a fort à parier que l'édition 2016 sera empreinte d'une pointe
de tristesse pour Clapton et ses amis...
BB, c’est donc 59 albums
uniquement sous son nom, 15 Grammys, une place au Rock’n’roll Hall of Fame, une
étoile sur Hollywood Boulevard, une mention de son nom dans la chanson
« Dig It » des Beatles et plus de 15 000 journées sur les routes…
Vous allez me dire : et la vie privée là-dedans ? Et bien… disons que
BB a une notion particulière de la vie de famille.
Bien qu’ayant été marié deux
fois, ces mariages ont été des échecs en raison de ses trop fréquentes
absences… Une seule est restée dans sa vie, entraînant la jalousie des autres
femmes qui lui disaient « C’est moi ou Lucille ! ».
Qui est Lucille ? Et bien
Lucille est une merveilleuse demoiselle qui, selon les dires de BB, lui a
apporté la célébrité, l’a maintenu en vie et nourri, lui a littéralement sauvé
la vie aussi… et ne l’a jamais abandonné. BB lui a même sauvé la vie une nuit
de 1949 : il devait jouer dans un club lorsque deux hommes se disputent à
propos d’une femme, provoquant un incendie. L’endroit est évacué… Lorsque BB se
rend compte que Lucille n’est pas près de lui, il retourne à l’intérieur du
club pour aller la sauver et depuis, ils ne se sont plus quittés. Lucille est
tout simplement la meilleure compagne de sa vie… sa guitare. Une superbe Gibson
acoustique. Baptisée ainsi en souvenir du prénom de la jeune demoiselle à l’origine de la bagarre…
et de l’incendie qui s’ensuivit.
J’écrivais la semaine dernière
sur mon mur que « Nat s'écoute en boucle une chanson avec 2 solos de Dieux
de la Guitare... ». Vous aurez compris que l’un d’eux n’est autre que BB
mais quel pourrait bien être cet autre dieu ?? Je ne vous fais pas languir
et vais faire plaisir au(x) fan(s) de Pink Floyd de ce groupe en vous présentant
la collaboration de BB avec David Gilmour :
Sympa, hein ? Celle-là, elle doit avoir tourné sur ma bécane au moins 30
fois depuis mon post !
Mon ami Gaël demandait qui
étaient mes Dieux suite à ce post mural mais le fait est qu’ils ne sont pas
« mes » dieux. Les gars de cette trempe-là sont des Dieux tout
courts. Des mecs qui ont abattu les frontières musicales par leur façon de jouer… La musique ne s’en porte que mieux… Et voir un type de 89
piges qui a su rester passionné par ce qu’il
fait, ça me touche…
PS : je ne vous fais pas
l’affront de vous demander si vous aviez reconnu l’homme qui joue dans la vidéo
de présentation avec BB et Billy ? On est quand même loin de John MacLane
ou de Korben Dallas, non ? Ceci dit, il faut reconnaître qu’il se
débrouille bien à l’harmonica, le Bruce Willis… non ? ;)"
J'ai vu passer sur Twitter et Facebook bon nombre de
statuts disant "The Thrill Is Gone". C'est vrai… et faux à la fois.
Parce que si j'ai beau être déçue de ne jamais pouvoir le voir frôler les
cordes de la belle Lucille, je sais que, finalement, à chaque fois qu'une radio
passera du BB, à chaque fois que mon lecteur audio me donnera du BB, j'aurai un
petit sourire en pensant à ce grand lascar à la bonhomie, à la générosité et à
l'humilité légendaires. Tiens… ça aussi, c'est un peu pourquoi je l'aimais
tendrement, BB.
Je terminerai juste par une phrase qu'il a dite, que
l'on entend dans la vidéo du Crossroads Festival (entre 6:28 et 7:12) et qui
prend aujourd'hui une résonance un peu particulière…
"So
I'll say to all of you May I live forever
But
may you live forever and a day
Because
I'd hate to be here
When
you pass away
PS
: and when they lay me out to rest
As
I mentioned I'm 81 now
May
the last voices I hear be yours" - B.B. King
(Alors je vais vous dire à tous :
Si je pouvais vivre à jamais,
Puissiez-vous vivre à jamais et un jour de plus
Parce que je détesterais être ici
Quand vous vous en iriez.
PS : et quand ils me mettront en terre,
Comme je l'ai dit, j'ai 81 ans maintenant,
Puissent les dernières voix que j'entende être les
vôtres)
Allez va jouer avec tes amis là-haut, tu as eu une vie
bien remplie et tu en as fait profiter beaucoup de gens. Merci BB… merci pour
tout ça.
Poursuivons notre petit "best of"
des moments musicaux de l'année 2013 et démarrons avec une catégorie coup de cœur…
Dans
la catégorie "Ceux qu’on n’attendait pas mais qui t’ont flanqué une belle
claque sur ta tronche quand même" :Editors
Remarquez qu'ils auraient pu figurer dans la catégorie qui clôturait l'article d'hier, à la différence près que si Miles Kane a
"cramé" l'AB avec sa musique, Editors a allumé le feu au Sportpaleis…
au sens propre. A coup d'effets pyrotechniques. Quand on ne s'y attend pas, ça
surprend… J'en ai hurlé! Mais ai adoré ça!
Au départ, ce concert était un envie d'une
de mes amies. Curieuse de nature, j'avais accepté l'expérience. Si je ne
connaissais pas le groupe début 2013 (oui, je sais, honte à moi…), la vitesse à
laquelle sont parties les places de concert aurait rapidement du me mettre la
puce à l'oreille quant à la notoriété du groupe en Belgique.
Notoriété absolument justifiée. Les Editors
m'ont littéralement scotchée. Pour plusieurs raisons.
D'abord, grâce à "The Weight of your
Love", leur dernier album. Première étape pour savoir ce qui m'attendrait
le soir venu. Et découverte d'un album de qualité doté d'un potentiel de
dingue!
Ensuite, Tom Smith, dont la voix et la
présence sur scène font sans aucun doute partie des atouts du groupe.
J'ajouterai également une belle communication avec le public et les fans, que ce soit en tournée ou non : lorsque le groupe a terminé sa tournée et que le chanteur a pris le
temps, via la page Facebook du groupe, de remercier toutes les personnes venues
les voir en concert. On a beau dire, ce genre de geste, ce n'est pas
grand-chose mais c'est une belle marque de respect envers son public.
Mention extra spéciale pour Ed Lay, le
batteur du groupe qui est désormais entré dans ma "Star List" des
batteurs aux côtés de, notamment, Steve Jordan ou Abraham Laboriel Jr. Ce type,
qui parait tout minuscule à côté de grands batteurs "baraqués", a
envoyé comme un malade ce soir-là et m'a laissée toute… ouais, avouons-le, j'ai
été complètement séduite et il a mis un sourire sur mon visage toute la soirée!
Enfin et surtout, ce groupe a une base rock
mais a exploré, dans l'album "In This Light and on This Evening", le
monde de la musique électro. Ce monde recueille peu mes faveurs en général mais
Editors a réussi, grâce aux versions "live" de ces chansons, à faire
passer la pilule en un temps record.
Bref… encore aujourd'hui, quasiment deux
mois après le concert, j'écoute encore toujours les quatre albums du groupe
anglais et… ils me manquent. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce groupe
a été mon coup de foudre de l'année.
Petite info pour les fans d'Editors, je les
invite à tenir à l'œil The Spectors, un jeune groupe belge récemment signé par
PIAS Belgium. Sachant qui se cache sous la casquette de producteur, je serai
curieuse de découvrir le son du groupe… Premier single, "Nico", en
janvier 2014 suivi d'un EP en mars 2014. A bon entendeur…
Dans
la catégorie « Ceux qu’on n’attendait pas et qu’on va vite renvoyer dans
leurs foyers » :Balthazar
Première "rencontre", les
Ardentes, où ils ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable. Soit. Le lendemain, je me rendais au TW Classic
où ce même groupe ouvrait les festivités… avec exactement les mêmes setlist et
énergie plate. Comme pour les Imagine Dragons, ce fut
"Jamais deux sans trois" et je retrouvais donc le groupe belge en
ouverture d'Editors. Comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas
d'avis, je m'étais concentrée et avais écouté avec attention
leur musique, mettant mon manque de passion précédent sur le fait d'avoir vu le
groupe deux jours d'affilée. Sans succès. Rien à faire, j'accroche pas. Même
si le public semble, lui, apprécier. Heureusement pour Balthazar, d'ailleurs.
Dans
la catégorie "Ceux que t'as jamais vu en concert mais que t'as envie de
gifler":les Rolling Stones
Aaah quel beau retour avec "Doom And
Gloom", ce morceau épatant porté par une vidéo géniale (avec Noomi Rapace,
la star de la version suédoise de la saga Millenium)! Retour annoncé sur la
scène pour un des groupes les plus mythiques de l'histoire de la musique.
Youpie!
Et puis… le couperet tombe. Pas de tournée
mais un ensemble de concerts à Londres et à New-York. Bon OK, on ira à Londres
même si la O2 Arena est selon moi trop gigantesque que pour profiter du
spectacle. Suis plus à une traversée près…
Pan! Deuxième couperet! Pardon? 120£ pour
une place bien loin dans les gradins, où tu verras les Stones en piti riquiqui?
C'est pour rire? Et ben non… Et évidemment, il faut ajouter à ce prix les
déplacements et le logement…
Comme moi, de nombreuses personnes –
journalistes ou non - ont critiqué le prix prohibitif des places pour ces
concerts. La seule justification des Stones a été qu'il "faut
bien payer les décors qui seront sur scène". Eeeuh dites… vous me mettez
Keith Richards sur une boite en carton, mon bonheur est complet, pas besoin de
grands effets de scène ou de lumières, S'PAS! Si je peux comprendre le prix élevé d'un
billet pour un concert de Mylène Farmer qui a, depuis 1989, toujours intégré
des décors fabuleux à ses tournées, je ne peux pas le concevoir pour les
Rolling Stones. Clapton et McCartney sont eux aussi des légendes de la musique,
avec une carrière au moins aussi spectaculaire que les Stones et, pour les
avoir vus ces deux artistes, n'ont pas "abusé" financièrement de
leurs fans comme l'ont fait les Stones.
Maintenant, vous allez me dire, chacun est
libre de vouloir payer cette somme ou pas et de voir le groupe. De fait. J'ai
choisi de ne pas céder et d'ainsi donner raison à cet abus de confiance. Et
j'avoue que, même des mois plus tard, j'ai encore cet épisode en travers de la
gorge…
Dans
la catégorie "Celui qui t'a fait haïr le marché noir":John
Mayer
John… "mon" John qui passe ENFIN
de ce côté-ci de la planète pour une série de concerts. Après dix ans de
tendresse pour ce grand gaillard, ça y est, voilà l'occasion! Il passe par
l'Angleterre (encore cette damnée O2 Arena…) mais aussi par une plus petite
salle, aux Pays-Bas. Le bonheur, quoi! Ouais…
Jour d'ouverture des billets… Deux minutes,
tout vendu. Explication rapide : une congrégation de minables individus a
acheté toutes les places. Preuve en est que l'on retrouve, quelques minutes à
peine après l'annonce de "sold-out", des dizaines de places à vendre,
à un prix allant jusqu'à dix ou quinze fois le prix d'origine. J'en ai pleuré
de rage et de dépit! Là non plus, je n'ai pas cédé et ai ainsi
dû faire mon deuil… non sans souhaiter à toutes ces personnes qui travaillent…
non… qui profitent des gens, les pires tourments pour avoir empêché une fan de
réaliser un de ses rêves les plus… chers.
Dans
la catégorie « Et sinon, tes impressions sur les premières parties ? » :Gary Clark Jr, You Me At Six, Pegasus
Gary Clark Jr a assuré la première partie
de Clapton et "assuré " est le terme tout à fait adéquat pour le
texan de 29 ans qui nous a fait vibrer avec sa musique… Pas facile d'ouvrir le
show pour un artiste comme Clapton et pourtant, sa prestation est passée comme
une lettre à la Poste. "God" s'est d'ailleurs fait plaisir en faisant
revenir Clark Jr sur scène pour les deux dernières chansons du set (Sunshine of
Your Love et High Time We Went), pour notre plus grand plaisir!
Thirty Seconds To Mars avait choisi You Me
At Six pour chauffer la salle. Je connaissais le groupe pour l'avoir découvert
lors de pérégrinations sur YouTube et m'était procuré leurs trois albums. Le
groupe a un son indéniablement rock, parfois pop, qui – à tort – m'a fait
penser qu'ils étaient américains. Raté, ils sont anglais… et You Me At Six
s'est avéré une agréable surprise! Ce que l'on entend sur les albums est
en-deçà de la prestation que le groupe fait sur une scène, fait TRES rare. Le
groupe a fait bouger la Lotto Arena à renfort de bonne rythmique de batterie,
de riffs de guitare et au son de la voix de Josh Franceschi qui a su séduire le
public, notamment au travers de ses interactions avec lui. En fait, soyons
honnête, une fois sortie de la salle, je me suis dit que j'avais passé un
meilleur moment avec eux qu'avec les Thirty Seconds to Mars, c'est dire…
Pegasus… l'OVNI de l'année! Avant de les
voir sur la scène de l'Ancienne Belgique, en ouverture de Hurts, j'étais allée visionner
quelques vidéos sur YouTube et… ne savait pas trop à quoi m'attendre après
avoir vu "Skyline". Alea Jacta Est, on verrait bien une fois le
quatuor suisse sous les yeux. Résultat? Ils m'ont eue comme une bleue avec une
sonorité qui, au départ, me laissait perplexe! Les quatre garçons ont en fait
un petit côté adorable et une belle énergie qui fait qu'il était assez
difficile de les détester : ils ont d'ailleurs
réussi à faire danser et participer le public de l'AB sans grande difficulté. Une
fois rentrée, je me suis procurée leur album "Human. Technology",
l'écoute régulièrement depuis (c'est d'ailleurs le cas en écrivant ces lignes)
et en apprécie chaque morceau. Quand je pousse sur play, leurs mélodies
"aériennes" associées à la voix caractéristique de Noah Veraguth me donnent
envie de lever mon popotin, de bouger et chanter, le tout avec un énorme
sourire… Ça, c'est l'effet qu'ils me font!
Vivement l'arrivée du nouvel album
"Love & Gunfire" en 2014, tiens! Ils seront également de retour
en Belgique le 18 janvier pour un concert au Magic Mirror, à Bruxelles.
Dans
la catégorie "Ceux qui te font réaliser que la Suisse n'est pas neutre…
pas en musique du moins" :Bastian Baker
Après l'expérience Pegasus, la Suisse a
refait surface dans mon monde musical, d'une façon un peu particulière.
Au concert d'Imagine Dragons, je retrouve
Gaétan qui m'invite à venir "rencontrer" Bastian Baker, Suisse lui
aussi et juré de l'émission "The Voice" Belgium, lors d'une séance de
dédicaces à la Fnac Liège. Autant le dire de suite, je ne suis absolument pas
fan des émissions "The Voice", "Belgium's Got Talent" et
tutti quanti : avec les années, j'ai l'impression que la télévision nous fait à
chaque fois manger le même plat, en changeant juste un peu l'assaisonnement. Du
coup, je n'étais donc pas du tout familiarisée avec Bastian Baker. Cela dit,
plusieurs personnes de mon entourage m'avaient vanté ses qualités musicales… Me voilà donc à écouter des morceaux de ses
deux albums, à la va-vite, en me disant pour la 22.000ème fois que c'est quand
même parfois un peu la galère de vivre deux (voire trois, parfois) vies
parallèles… et… je réalise que… oui, oui, il y a un sacré potentiel chez ce
type! Un premier album sorti alors qu'il avait à
peine 20 ans, doté de morceaux agréables à l'oreille et de paroles
démontrant une extrême maturité : gardant son âge à l'esprit, des morceaux tels
que "Colorful Hospital", "Nobody Should Die Alone" ou
encore "Song About A Priest" m'ont laissée bouche bée… Continuité et
talent confirmé sur le second album…
Et cette rencontre? Et bien… charmant et
très gentil. Je n'avais pas réussi à mettre la main sur son premier album mais
ai pu acquérir un de ceux posés près de lui, ce qui nous a valu à tous deux un
bref échange assez amusant concernant les emballages de CDs. J'en souris encore
à chaque fois que je remets le pied à la Fnac… et garde un très bon souvenir de
cette rencontre avec un jeune artiste prometteur que je compte bien tenir à
l'œil.
La Suisse a donc fini par révéler ses
secrets… Un ensemble de coïncidences et d'opportunités m'ont ainsi fait
découvrir les trésors cachés du pays multilingue. Car vous pouvez ajouter à
Pegasus et Bastian Baker le groupe 77 Bombay Street, qui a assuré la
première partie de Baker et qui a un univers brillant et intriguant… La chanson
suivante a tout particulièrement attiré mon attention :
Dans la catégorie "Ceux que je vais tenir à
l'oeil" :Shivaand The
Hazards, Black Coral Groove, The Forgotten Saints, Broken Witt Rebels, Alistair
Sheerin, Thom C, Run From Cover
Pourquoi? Et bien…
Parce que si Shiva and The Hazards a réussi
à attirer l'attention du producteur Chris Potter ave leur musique, je me dis
que…
Parce que si Black Coral Groove me repose
un peu l'esprit avec un peu de douceur musicale, je me dis que…
Parce que si j'apprécie la voix du chanteur
de The Forgotten Saints et les influences musicales de ce groupe, je me dis
que…
Parce que si j'aime le son rock des Broken
Witt Rebels, je me dis que…
Parce que si Alistair arrive à me faire
danser en plein milieu du salon, je me dis que…
Parce que les mélodies et la voix de Thomas
touchent droit dans le cœur…
Parce que si je ne me lasse toujours pas de
l'album des Run From Cover plusieurs mois après l'avoir chroniqué…
Parce que, comme je me suis fait des amis parmi
ces artistes et groupes, je me dis que… je serais une complète imbécile de ne
pas vous parler d'eux alors que je trouve qu'ils ont un potentiel musical
évident, en plus d'être de très "belles" personnes. Cela n'engage que
moi, bien évidemment… Libre à vous de vous faire votre propre opinion…
Dans
la catégorie "Celui que t'as beaucoup vu en 2013 sans l'avoir vu":David
Bowie
Aaah David, David! Moi qui ne connaissait
finalement que les bases de Bowie, je peux vous assurer que j'ai suivi une
formation approfondie et intensive concernant la vie et la carrière de cet
artiste en un temps record, le tout sous la guidance d'un de ses plus grands
fans. Début 2013, après dix ans d'absence, David
Bowie refaisait surface avec un nouveau single et en annonçant la sortie d'un
nouvel album. Il n'en fallait pas plus à Laurent Rieppi, un de mes amis, pour
se lancer dans un projet fou : l'écriture d'un livre sur l'artiste caméléon. Sans
réaliser ce qui se passait, je me retrouvais embarquée dans cette folle
aventure, à relire et corriger les lignes écrites par Laurent, de jour comme de
nuit. Folle mais belle aventure : Laurent a écrit un très chouette livre de 200
pages sur le sujet auquel j'ai été contente d'apporter, avec d'autres, une
petite contribution. Contribution qui me vaut d'avoir un remerciement (en plus
des 2000 autres que Laurent m'a écrit au fil des semaines…) dans ces pages. Et
ça, ça fait du bien au moral. A l'égo aussi, un petit peu quand même… :p D'ailleurs… ptèt qu'on a tellement aimé ça
qu'on s'y remettra un jour. Ptèt même qu'il se pourrait que j'aie tellement
pris goût aux corrections et relectures que j'ai joué une deuxième mi-temps
cette année, dans le "grand tournoi des livres". Allez savoir… ;)
2013 était donc encore une année des plus
satisfaisantes et 2014 devrait être elle aussi des plus intéressantes. Ainsi,
sont déjà au planning :
-Beady Eye, où on me trouvera probablement du côté gauche
de la scène, cette fois… près de Gem Archer, donc.
-Fall Out Boy, les R'n'R kids de Chicago,
ratés tant de fois lors de l'été 2013 (avec The Pretty Reckless en opening act,
extra!)
-Beyoncé, celle qui vend 20.000 places en 8
minutes (dont 5 chez moi, dans un coffre-fort!)
-Neil Finn, la "voix" de
"Don't Dream It's Over"
-Gladiator, à Londres, avec Joaquin et
Russell sur l'écran et la musique de Hans Zimmer jouée en live devant toi? What
else?
Pour finir, je vous souhaite à tous, que
vous soyez un ami croisé lors d'un des concerts de cette année, un ami
musicien, un ami de toujours, un collègue, le lecteur qui passe ou autre, la
plus belle des années 2014. Que celle-ci vous permette de réaliser vos rêves et…
qu'elle soit emplie de notes de musique…