Affichage des articles dont le libellé est Linkin Park. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Linkin Park. Afficher tous les articles

vendredi 21 février 2020

L’histoire de… Clint Eastwood (Gorillaz, 2001)


Morale de l’histoire : quand on te demande de parler d’un titre dont on ne retrouve rien dans les lignes de texte, tu finis avec tout (et rien ?) dans un texte. Du cinéma, du Canal Plus, de la Britpop et beaucoup BEAUCOUP de dessins animés…

Dans les questions du jour d’Entrez Sans Frapper, on avait « Quelle est la plus belle chanson dont le titre n’est pas prononcé dans les paroles » ? Fèrdèk, va falloir un peu se creuser la tête, là…

Les Beatles ? Les Stones ? Ah ! Y a Faint des Linkin Park ! Nan, pas encore prête à parler des LP de suite. Our Lawyers Made Us Change The Name Of This Song So We Wouldn’t Get Sued des Fall Out Boy? Pas grand-chose à dire, cela dit… Oh! Les Stereophonics avec Dakota! Mmouais mais j’ai déjà parlé d’eux il y a quelques semaines… OH ! Je sais ! Hein ? NAN ! Même si je reste fan de leur The Scientist et qu’il s’agit probablement du groupe avec le plus grand nombre de chansons au titre ‘orphelin’ (Arabesque, Viva la Vida, Adventure of a Lifetime, Hymn for the Weekend, Amsterdam), on ne parlera pas des Coldplay !

Aujourd’hui, nous allons parler de… Gorillaz ! Avec son Clint Eastwood. Parce que jamais le nom de l’illustre acteur/réalisateur/compositeur n’est cité dans la chanson du groupe British. Bon, la chanson ne parle non plus de lui, en fait…

Alors pourquoi un titre pareil si c’est pour ne pas parler du sujet ? Tout simplement parce que tout repose sur une partie de la mélodie. En effet, le leader de Gorillaz, après création de cette dernière, lui trouvait un air du thème du film The Good, The Bad and The Ugly, composé par Ennio Morricone. Et c’est vrai qu’à se pencher plus près sur les notes, on ne peut pas nier ce petit « air de »…



Mais qui se cache donc derrière Gorillaz ? Aux débuts du groupe, cela est un peu resté un mystère et pour le public, il s’agissait juste d’un groupe de 4 individus (2-D, Murdoc, Noodle, Russel) représentés par les personnages de dessins animés de leurs clips Mais les fans de Britpop ne sont pas dupes : ils ont vite reconnu la voix de Damon Albarn, le chanteur de Blur. Et de fait, c'est bien lui! Mais pas tout à fait seul. Gorillaz, ce n'est pas quatre personnes mais... deux : Damon Albarn et Jamie Hewlett, dessinateur qui a donné vie à ces personnages. Si le trait de dessins vous semble familier, c'est peut-être parce que vous auriez déjà eu entre les mains la bande dessinée Tank Girl, dont il est l'un des deux papas. En parlant de « papa », la beau-papa de Hewlett n'est pas non plus un illustre inconnu. Paul Persavon a composé les génériques des dessins animés X-Or, Clémentine, Lady Oscar ou encore Cobra. Mais c'est aussi et surtout un nom d'emprunt. Celui de… Antoine De Caunes. 




Albarn et Hewlett ont cogité sur le concept de Gorillaz alors qu’ils étaient colocataires, fin des années 90. A l’époque, ils se connaissent déjà depuis presque 10 ans : Graham Coxon, le guitariste de Blur, était un admirateur du boulot de Hewlett et lui avait proposé une interview du groupe pour le magazine Deadline, magazine dans lequel était publié Tank Girl. Une rencontre pleine de ressources insoupçonnées qui se révéleront avec Gorillaz.

Bien entendu, si le duo est capitaine de son bateau virtuel, l’oreille avisée entendra, dès l’écoute de plusieurs morceaux de Gorillaz, d’autres voix. La force de Gorillaz, c’est justement aussi tous les featuring d’artistes provenant parfois d’univers musicaux très différents : pour Clint Eastwood, il s’agit du rappeur américain Del the Funky Homosapien ; pour Feel Good Inc, le groupe de hip hop De La Soul ; pour Kids with Guns, on retrouve Neneh Cherry et ils s’offrent même le luxe d’une collaboration avec Lou Reed sur Some Kind of Nature. Plus récemment, Gorillaz s'est offert les services de Rag'n'Bone Man sur le morceau The Apprentice et de Snoop Dogg sur Hollywood. Noel Gallagher vient également faire une petit coucou en 2017 sur le morceau We Got The Power. Quand on sait que Gallagher et Albarn appartenaient chacun partie de groupes britpop (Oasis et Blur) qui se faisaient régulièrement la guerre des hit-parades dans les 90's, c'est gag!



A l’aide de ses 4 bonhommes animés et de son clip Clint Eastwood, Gorillaz a popularisé en 2001 le concept de virtual band : un groupe dont on ne connait pas le visage et qui vit au travers de personnage(s) animé(s). Ils ne peuvent cependant pas proclamer avoir lancé le genre puisque le premier virtual band est né en… 1958. Ce groupe s’appelle… Alvin et les Chipmunks. Vous savez, les ptits rongeurs qui chantent comme s’ils avaient avalé de l’hélium ?
Cela dit, je parie que bon nombre d’entre vous connaissent au moins un, voire deux virtual band… L’un d’entre eux a littéralement bercé mon enfance et donné le gout du chant, c’est dire ! Il m’a aussi permis d’appliquer en pratique la phonétique, en essayant de prouver au monde entier qu’à 9 ans, j’étais tout à fait capable de chanter en anglais. Personne n’y a cru.
Bref… Qui se souvient du dessin animé Jem & les Hologrammes ?  



Un autre virtual band associe carrément deux genres artistiques : la bande dessinée ET la télévision. En 1941 sort le premier comic book racontant les aventures d’Archie Andrews et de ses amis (dont Josie et les Pussycats, qui donneront naissance à un film), aventures qui existent encore aujourd’hui, presque 80 ans après l’apparition du rouquin de Riverdale. Le succès du comic book est tel qu’un dessin animé voit le jour en 1968, où Archie, Betty, Jughead et le reste de la bande sont… un groupe musical. Une nouvelle série – avec des êtres humains cette fois, dont le défunt Luke « Beverly Hills 90210 » Perry faisait partie – a vu le jour en 2017 et intègre un épisode musical dans sa saison 3. Si les chansons de cet épisode ne sont pas marquantes, un titre du dessin animé de 1969 a, lui, connu nettement plus de succès…



Le truc de dingue avec Gorillaz et tout particulièrement cette chanson qui les a lancés, c’est qu’à priori, elle avait tout pour me taper sur les nerfs. Ce côté nonchalant du chanteur, c’est le même genre de truc qui fait que la Alors On Danse de Stromae me donne envie de casser la radio dès qu’elle passait. C’est d’ailleurs toujours le cas, en fait. Et pourtant… et pourtant, dès la première écoute, j’avais adoré. J’ai tout autant aimé les morceaux Dare, On Melancholy Hill ou Dirty Harry. Et oui, cette dernière est également une référence à l’acteur et un de ses plus grands rôles et se veut une sorte de suite de Clint Eastwood. Et, oui, dans ce morceau-là aussi, les paroles ne comportent pas non plus le titre…



Bref, Gorillaz, ça passe bien chez moi ! Leurs vidéos sont de chouettes petits bijoux animés et leurs chansons sont assez cool à écouter quand on écrit une chronique…

Début de cette année, le groupe s’est lancé dans un nouveau projet, Song Machine, qui laisse présager de bonnes choses pour 2020. Cette fois, Gorillaz montre son vrai visage et l’on voit Damon Albarn travailler avec slowthai & Slaves sur un morceau (pour un futur album ?). Et nos 4 personnages alors ? Rassurez-vous… ils ne sont jamais bien loin. ;)



dimanche 20 novembre 2016

Saule - L’Eclaircie (2016)

Quelle est la première chose que je fais quand j’ai un nouvel album de Saule entre les mains? « L’écouter ! » me direz-vous. Et bien… non. La première chose que je fais, c’est de lire le titre des chansons, de prendre quelques minutes pour me demander quel titre me « parle » le plus et de faire le pari mental de savoir si c’est celui-là qui sera finalement mon préféré de l’album. Parce qu’avec Saule, rien que les titres des chansons interpellent. Pourquoi ? Parce que c’est toujours difficile de savoir ce qui se cache derrière. Parfois, la chanson est fidèle aux mots énoncés dans le titre et la rythmique est telle que l’on imaginait mais parfois aussi, on a de jolies surprises…
Pour Géant, mon titre préféré était L’Economie des Mots, que j’imaginais paisible et comme une forme de déclaration d’amour vers une amoureuse. Et… j’étais complètement (presque) à côté de la plaque autant pour le sujet que le tempo…  Au final, c’est Vieux qui aura et a encore les faveurs de mon cœur musical. Ici, si L.C. (Elle sait) pourrait me plaire, je pense que Quand les Hommes Pleurent pourrait devenir ma nouvelle Saule number one. Vérification en fin d’article !

L’Eclaircie comm…ence avec Comme, également 1er extrait de l’album sorti fin août, histoire de mettre l’eau à la bouche des fans avant la sortie de l’album. Le morceau donne le ton dès les premières notes. Ce son, c’est bien du Saule : l’adorable géant est bel et bien de retour !  Dès la fin du premier couplet, plus de doute possible non plus, le savant des mots qu’il est joue encore sur la beauté de la langue française. Il continue aussi à observer le monde qui l’entoure avec un regard affuté et pose le tout sur papier pour tourner l'ensemble non pas en ridicule mais en belles ritournelles.



Le clip a, lui, pris un peu plus de temps pour arriver jusqu’à nous. Sorti fin octobre, certains Valeureux Liégeois y reconnaitront quelques lieux typiques. En effet, après la venue de Stromae dans le théâtre désaffecté Jeusette à Ougrée, c’est au tour de Saule de venir poser ses caméras dans la Cité Ardente. On l’y voit notamment - bien accompagné - dans l’ancienne piscine du Boulevard de la Sauvenière, installée entre l’actuelle salle de concert Reflektor et le cinéma Sauvenière. Désormais appelée La Cité Miroir, la piscine est devenu un lieu au service de l’éducation, de la citoyenneté, de la mémoire et du dialogue des cultures. Un lieu superbe et tout à fait raccord avec l’ambiance teintée de bleu (de bleu pas de blues, hein ! Comme la couverture de l’album, mes gens !) du clip où seuls Saule et deux personnages refusent de se conformer à cet univers très « schtroumpfien ». Tiens d’ailleurs… Saule, d’accord mais… pourquoi ces deux-là aussi ? Et bien probablement parce que Julien « CowBoy » Gugel et Franck « SailorShirt » Marco font partie intégrante de l’univers de Saule. Si, si… allez revoir quelques clips live de l’artiste et vous ne manquerez pas de les apercevoir aux postes de guitariste et batteur… Mais si… voyez plutôt.



Un tantinet disco, mais incontestablement dance, Respire donne envie de bouger les fesses de ton canapé et de te prendre pour John Travolta. Ou Olivia Newton-John. Mais ça, c’est toi qui vois, ami lecteur. De toute façon, tu n’as rien à perdre et tu pourras récupérer de ta folle séance de danse sur Delove Song, morceau un peu plus calme que le précédent. Enfin… là, John et Olivia sont un peu moins « in love » et rien ne va plus dans leur couple!

Arrive L’Eclaircie, chanson-titre de l’album… L’été est déjà loin dernière nous et pourtant le titre sent bon la chaleur de la belle saison. La mélodie persistante de la guitare électrique associée aux chœurs me rappelle quelque chose, quelqu’un… et je sais que j’apprécie ce « quelqu’un ». Ce n’est finalement qu’en fin de chanson que je me rends compte que je pensais aux Imagine Dragons. Mis à part une rythmique plus lente que celle du groupe de Las Vegas, la structure musicale de l’Eclaircie me rappelle certains de leurs morceaux… Et là, je me dis que si un jour Saule et Dan Reynolds, le chanteur des Dragons, venaient un jour à se croiser, leur sens commun de la joie de vivre et leur côté sympa seraient particulièrement intéressant et pourraient donner un joli résultat musical!

Il y a des cordes à l’intérieur de nous, des cordes qui font vibrer, qui font sourire, qui peuvent faire mal aussi… Je Reviens, sa mélodie, sa rythmique, c’était frôler la corde pour faire sortir ce qui était gardé en-dedans depuis un moment… En effet, depuis plusieurs mois - même si la plupart du temps mon entourage m’a vu sourire ou être aussi « clown » que d’habitude - je ne peux pas dire que j’aie vécu la plus belle partie de ma vie. Des moments difficiles - comme tout le monde en connait, bien sûr - des moments où on se doit de rester fort mais des instants aussi où on se sent démuni et impuissant… « A cette vie dans laquelle on colle les bons moments sans les bémols ». La première écoute de Je Reviens, la montée en puissance vocale de M’sieur Saule sur le morceau ont touché ma corde « bémol », cette corde au nœud si serré depuis trop longtemps qu’une volée de larmes inattendues sont venus dénouer pour faire un peu de bien… On ne le dira jamais assez : la musique restera toujours la meilleure des thérapies et la meilleure solution pour laisser momentanément de côté tout ce qui nous trouble l’esprit et/ou le cœur.

L.C (Elle sait) a elle aussi une puissance rare… celle de raconter une histoire dans laquelle chaque femme, chaque homme peut se retrouver. Si Saule a le don de procurer à son public des mélodies qui donnent immédiatement envie de sourire, il sait aussi se servir habilement des notes de musique pour accentuer la gravité de ses mots. L’arrangement des cordes, la montée dramatique de la musique font de L.C. (Elle sait) un pur bijou à savourer sans modération. Le sujet ? A vous de le découvrir…

Changement de rythme avec Quand des Hommes Pleurent ! Saule sort la grosse artillerie pour nous parler des hommes… Les hommes viennent de Mars et les femmes de Venus ? Peut-être pas… Au fond, nous sommes tous pareils : des êtres humains remplis d’émotions qui ne demandent qu’à sortir. Nous sommes aussi des êtres qu’un changement perturbe vite, qui se posent un nombre incalculable de questions avant de réaliser que finalement, pourquoi pas reprendre le cours d’une Vie Ô Combien similaire à tant d’autres ?

La Femme Fantôme, c’est l’illustration parfaite de la chanson paradoxale selon Saule : un morceau où le thème abordé est triste mais où tu ne peux pas t’empêcher de sourire en oscillant la tête de gauche à droite tout bonnement parce que c’est une mélodie qui te dicte ton attitude…

On Part et Et Pourtant Je Marche affichent également une belle complémentarité : ton léger, Saule nous emmène avec lui dans ses aventures. Et on n’hésite pas, on prend sa main et on part en balade… On aura des coups durs ? Certes mais… qu’à cela ne tienne, on s’en sortira toujours. « On part » à deux, à trois, à quatre et on « marche » tous ensemble. Même direction, mêmes envies, mêmes buts… et on va certainement s’plaire !

Vous pensez que je ne vous laisse aucune surprise à vous avoir ainsi dévoilé les morceaux du nouvel opus de Saule ? Non, non… Parce qu’un article n’évoque rien : ce ne sont que de simples mots posés sur papier qui ne révèlent pas l’essence même d’une chanson, qui ne dictent pas ce que l’on a à ressentir à l’écoute des morceaux. C’est à toi, ami lecteur (oui oui TOI !), de te lancer à pieds joints dans L’Eclaircie et de te faire ta propre opinion !

Géant, le précédent opus de Saule, était produit par Charlie Winston. Et comme le monde est petit et qu’il est aussi teinté de belles connivences/connexions, il est possible que l’amitié qui lie Saule et Charlie ait peut-être déterminé l’arrivée de Mark Plati dans la naissance de L’Eclaircie. Ce dernier a en effet produit, en 2009, Hobo, l’album de Winston. Mais… pas uniquement. Quand on se penche sur le travail du producteur, on se rend compte que Saule n’a pas fait appel à n’importe qui pour son nouveau bébé. La Belgique n’est pas étrangère à Plati puisqu’il a travaillé avec Hooverphonic (Blue Wonder Power Milk) et Puggy (To Win The World et Something You Might Like) mais la discographie de l’américain compte également des collaborations avec The Cure ou encore… David Bowie. Des univers forts différents de celui de Saule… Mais la formule fonctionne ! Plati a apporté ci et là des petites touches qui ne déforment pas l’univers du belge et qui donnent une petite « touch » différente et sympathique. La Femme Fantôme  est un parfait exemple : la coupure rythmique de la chanson interpelle… et séduit ! Saule chante également en partie en anglais sur plusieurs morceaux (La Femme Fantôme, On Part) et s’assure d’un côté plus rock and roll – notamment sur Quand les Hommes Pleurent par exemple – qui n’est pas pour me déplaire du tout !

Saule a choisi de ne pas surfer sur la vague de succès provoquée par Dusty Men, a pris le temps avant de sortir un nouvel album, a travaillé sur d’autres projets (dont la comédie musicale pour enfants Zombie Kids) et a choisi, une fois le moment venu de retourner en studio, de donner libre cours à ses envies. Des artistes tels que les frangins Hanson se sont détachés des exigences et de la pression des maisons de disques et autoproduisent encore aujourd’hui d’excellents albums. Linkin Park, Kasabian ou Adele prennent du temps entre chaque album et nous reviennent généralement avec du bonheur auditif. La triste contrepartie pour le fan est qu’il doit attendre, atteeeeeendre… mais quand le résultat est à la hauteur des espérances, ces longs mois d’attente s’envolent comme une feuille bousculée par un vent d’automne. Qu’en est-il de L’Eclaircie ? Le résultat est-il là ? Et bien…

Je disais plus haut que de nombreuses émotions se sont bousculées dans ma tête au cours des derniers mois suite à une expérience douloureuse…
Et pourtant, ce 18 novembre, un petit bout de femme m’a dit quelque chose que je n’attendais pas et a rallumé ce ptit truc que je ne m’étais pas autorisé depuis un bon moment. Un ptit truc qu’on appelle « espoir ». Et a ainsi amené une éclaircie dans un ciel jusque-là souvent assombri…
Depuis ce même 18 novembre, un grand bout d’homme dit plein de choses dans un album que j’attendais depuis quatre ans et a su garder, comme à son habitude, une beauté des mélodies et des mots qui me plaisent depuis un bon moment. Un ptit truc qui fait qu’on se sent mieux. L’Eclaircie ? Tu n’aurais pas pu mieux nommer ton album, M’sieur Saule.

Revenons à la question de début d’article… quelle chanson de L’Eclaircie est ma « number one » ? L.C. (Elle sait) ? Quand les Hommes Pleurent ? Et bien… Au bout de cinq heures d’écoute d’affilée de L’Eclaircie (si, si… c’est possible !), je ne sais toujours pas déterminer laquelle des douze chansons est ma favorite. Encore une fois, Saule nous offre un superbe album où chaque titre a son charme propre. Mon morceau préféré finira peut-être par se révéler plus tard mais par contre, au moment où la dernière note de la flûte a retenti en fin d’album, j’affichais un large sourire. Parce que de nos jours, cela devient rare de trouver un album où chaque morceau plaît. Et Saule a réussi le pari de me faire ce coup-là. Encore une fois. Deux albums d’affilée !

Les dernières paroles de l’album sont « Sans plus savoir où tu seras demain, sans plus savoir quand le voyage prend fin. Nulle part chez moi, nulle part chez moi… » Cher Saule, encore une fois, tu ne m’as pas déçu. Et pour ça, pour toutes ces belles notes et jolis mots, je souhaite que demain (et même pour bieeeen plus longtemps), tu sois encore là, guitare à la main tout sourire et accompagnés de tes compagnons de scène. Je souhaite que mon voyage avec toi ne s’arrête pas parce qu’il en vaut teeellement la peine. Parce que ton « chez moi », ça pourrait être tout bonnement chez tous ces gens que tu vas toucher avec ce nouvel album, une suite tellement réussie à Géant. Et… break a leg, baby !

Evidemment, puisque l’album vient de sortir, j’ai peu de vidéos l’illustrant à vous proposer. Toutefois, Saule et son band ont participé récemment à l’émission D6bels On Stage. Je vous laisse donc, cher lecteur, profiter de quelques morceaux de ce nouvel opus en version live. Il vous suffit de cliquer ici.

Pour rappel, j’avais déjà écrit un avis sur un autre album de Saule ici




Tracklist :

Comme
Respire (Breathe)
Delove Song
L’Eclaircie
Je Reviens
L.C. (Elle Sait)
Quand les Hommes Pleurent
Ô Combien
La Femme Fantôme
On Part
Et Pourtant Je Marche
Nulle Part Chez Moi

jeudi 2 août 2012

Suikerrrock Festival – Tienen (Jour 2 : 28/07/2012)



Nous voici de retour à Tienen et en force, cette fois. Hier, j’étais accompagnée d’une amie mais aujourd’hui, c’est à six que nous débarquons dans la ville belge du sucre.

Retour à la même terrasse de café que le jour précédent pour profiter du soleil et du premier artiste, Luc Van Acker. Un natif de la ville et donc, un retour aux sources pour lui.
Le décor est planté : c’est un bateau dont Van Acker est le capitaine. OK…
Durant le set, il s’adresse à nous en néerlandais. C’est ma foi logique puisque nous sommes du côté flamand du pays mais malheureusement, mon néerlandais est un peu rouillé et m’empêche de comprendre les explications. Ce n’est qu’après être rentrée chez moi et avoir consulté divers articles que j’ai pu comprendre de quoi il retournait.
En 1982, Van Acker sortait un album intitulé « The Ship » et il célébrait donc avec nous le trentième anniversaire de la sortie de cet album-(phare?).
Il a fait venir sur scène une jeune fille qui a chanté avec lui un titre de « The Ship », Zanna. Cette la jeune fille, qui vit aujourd’hui en Afrique, porte le prénom Zanna, d’où sa présence ce jour-là.
M. Van Acker a fait preuve de beaucoup d’entrain et l’interaction avec le public était excellente mais malheureusement, ce type de musique et de spectacle n’est pas mon trip et j’ai en conséquence fort peu accroché.

© www.suikerrock.be



Groupe suivant, School Is Cool. Je les avais découverts grâce à Classic 21 avec leur titre « In Want Of Something », un morceau plein de bonne humeur et d’entrain… Les autres morceaux que j’avais écoutés m’avaient laissé une tout aussi bonne impression et j’avais aussi découvert dans la foulée que le groupe était belge. Cocorico, donc !
Maintenant… l’énergie de leurs chansons se répercute-t-elle sur scène ? Ooooooh que oui !
Le groupe ne ménage pas ses efforts pour faire bouger le public et les percussions – fort présentes dans leur musique – aident assurément à maintenir l’énergie.
Matthias Dillen n’hésite pas à quitter son siège pour accompagner l’increvable percussionniste Andrew Van Ostade à l’autre bout de la scène avant de retourner battre la grosse caisse en cours de chanson, le tout sans que cela ne soit troublant ou déstructuré.
Nele Paelinck, unique fille du groupe, passe aisément des claviers au violon tout en enjoignant le public à taper dans les mains.

© www.suikerrock.be

Johannes Genard chante les chansons déjà bien connues du groupe, « New Kids In Town » ou encore « The World Is Gonna End Tonight ». Le groupe anversois reprendra également « Road To Nowhere » des Talking Heads, un choix judicieux qui colle tout à fait à leur propre univers.
J’étais désolée de les avoir raté aux Ardentes mais me réjouis d’avoir pu rattraper le coup ici car School Is Cool est un groupe fort sympathique à voir sur scène et musicalement fort intéressant.



Avec ‘T Hof Van Commerce, c’était un peu le même combat que le jour précédent… Pas mon genre. Le rap, je ne cours déjà pas après et suis TRES sélective sur ce type de musique. Alors évidemment... du rap en néerlandais, c’est encore un petit peu plus compliqué pour moi à encaisser. Nous avons donc à nouveau déambulé dans les rues de la ville le temps de manger avant de rejoindre à nouveau la Grand Place pour le set d’Arsenal. Et de retrouver le photographe du jour précédent pour une photo « famille nombreuse »…



D’où nous étions, je ne pouvais pas voir le groupe et ai donc écouté le set sans profiter de la vue. Et pourtant… ils ont eu un effet immédiat sur moi ! Dès les premières mesures de la toute première chanson, j’ai souri… parce que ce que j’entendais était de très bonne augure. Et de fait.
Arsenal est un très chouette groupe dont je ne connaissais finalement que le graphisme de leur dernier album en date, Lokemo.
Le tandem belge Hendrik Willemyns/John Roan vaut la peine que l’on s’y attarde et explore différents mondes : électro léger, morceaux plus rock, influences africaines… mais a un rendu sur scène des plus efficaces. Le groupe a bénéficié lors de sa prestation de la collaboration amicale de Gabriel Rios, venu prendre la température avant sa prestation du lendemain sur la même scène.
Pour tout dire, Arsenal est ma plus belle surprise du Suikerrock et je compte m’intéresser à leur discographie de très près dans les prochaines semaines. Vivement conseillé, en tout cas…

© www.suikerrock.be


Arrive le moment le plus douloureux du festival, pour quelqu’un comme moi, du moins. Lorsque j’ai annoncé l’affiche à un ami en juin, ce dernier m’avait demandé si j’allais tenir le coup. Et puis j’ai compris… LMFAO. Oh, oh… Problème en vue. Autant je peux tenir le coup avec une – voire deux – chanson(s), autant la perspective de devoir tenir 70 minutes avec ce genre de musique me fait frissonner… Mais ne soyons pas sectaire, tentons le coup, on ne sait jamais… Fondons-nous dans la foule et imprégnons-nous de LMFAO…
Premier morceau et là, déjà une vue qui me fait grimacer : des femmes, très peu vêtues, qui secouent allègrement leur derrière pour nous. Sans être pro-féministe, cette image colle pile-poil à la pire image que je me fais des rappeurs dans leur version la plus c**ne possible ! OK ils nous ont mis sur scène des hommes qui en font tout autant, certainement pour contenter la gent féminine mais personnellement, c’est le genre de choses que j’abhorre par-dessus tout ! Ils finiront d’ailleurs tous quasi-nus sur scène, chanteurs compris, et je cherche encore aujourd’hui l’utilité d’une telle mise en scène. Certains me diront qu’ils ne voient pas plus l’utilité de voir Alice Cooper se trimballer avec un sabre rempli de (faux !) dollars. Pas faux. Mais j’ai tout de même songé à twitter aux officiels du Suikerrock de me ramener Alice le temps qu’ils viennent régler le compte de LMFAO à coup de sabre !

© www.suikerrock.be

J’apprécie certains morceaux de rap : ceux qui me connaissent savent que j’ai une grande affection pour Mike Shinoda, le rappeur des Linkin Park. J’apprécie aussi un ptit gars comme Kevin Rudolf et des morceaux tels que Hurricane des 30 Seconds To Mars avec la collaboration de Kanye West ou encore le duo Eminem/Rihanna sur « Love the Way You Lie » (alors que je ne sais pas encadrer Rihanna, c’est vous dire !).
Mais là, j’ai dû faire demi-tour au bout de trois chansons simplement parce que LMFAO fait partie du genre de musique qui, au-delà d’un certain point, me rend nerveuse et, à terme, agressive. J’ai préféré me retrancher le plus loin possible, à savoir sur la terrasse de notre bon vieux café, et me concentrer sur la rangée de policiers qui surveillaient la foule et un duo de spectateurs qui jouaient au foot… avec une balle invisible. Ils ont d’ailleurs entraîné un des policiers qui a effectué un chouette renvoi de la balle avec la tête. Sont sympas, les policiers de Tienen !

Pause avant la tête d’affiche du jour. Avec des histoires incroyables de nain pas plus haut que le genou et de lancer de sachet de kroepoek par-dessus l’entrée du festival. Cherchez pas, je vis dans un monde étrange parfois… :p



Le jour précédent, la scène du Suikerrock accueillait un faux Alice géant. Ce soir, c’est un vrai géant d’1.91m qui monte sur scène : Mika déboule avec son joyeux monde coloré.
Il débute son set avec « Big Girl (You Are Beautiful) » et nous chantera tous les singles sortis à ce jour, parfois dans des versions revisitées, telle « Lollipop » dans un style plein de swing qui lui donne un charme certain.
Du swing, Mika et son groupe n’en manquent pas : le chanteur est plein d’énergie et la communique avec aisance à son public (dont moi !) qui l’accompagne en chantant avec lui, voire à sa place. Avant d’entamer « Blame It On The Girls », il se livre à une douce compétition entre les côtés gauche et droit du public auxquels il fait successivement chanter Blame It On The Girls/Blame It On The Boys. Avec les explications en anglais… et en néerlandais. Et plus d’une fois. Et avec l’accent correct, SVP. Sachant qu’il maîtrise également parfaitement le français, si Mika n’avait été chanteur, il aurait pu se lancer dans l’interprétariat.

© www.suikerrock.be


Pour l’heure, il est chanteur et cela lui va comme un gant. Le piano aussi lui va comme un gant. Les accords additionnels dont il nous gratifie sur les intros de Billy Brown, Stuck In The Middle ou encore Happy Ending en sont les meilleures preuves.
Si j’apprécie le tonus des chansons du grand bouclé, certaines ont tendance à passer plus souvent dans mes oreilles : Happy Ending, Rain et Love Today, par exemple. Et en chair et en os, qu’est-ce que ça donne ? Ça donne Nat avec l’œil humide lorsqu’il entame le refrain de « Happy Ending » puis retrouvant le sourire grâce à l’énergie de la pourtant si triste « Rain ». « Love Today » a été un des plus grands moments de ce concert lorsque le chanteur est descendu près de son public qui chantait le « lalilalilou » à tue-tête. Vers la fin de la chanson, Mika fait mine d'éliminer tout son band avant de retourner son doigt meurtrier sur lui-même et de s'écrouler sur le piano laissant Martin Waugh, son guitariste, assurer seul les "lalilalilou" ad vitam aeternam. Mika, pas si mort que ça, nous dit que nous entendrons la ritournelle de Martin jusqu’à la fin de notre vie et ce, quoi que nous fassions. A moins qu’à son signal, tout le public lève les bras et saute. Lorsque « trois » retentit, la place entière se transforme en marée vivante ! Par chance, j’ai filmé ce moment incroyable et encore aujourd’hui, à revoir la vidéo, je réalise que des moments comme ça, on n’en vit pas tous les jours et que ce grand gaillard apporte à son public bien plus qu’il ne le soupçonne probablement.

© www.suikerrock.be

Le nouvel album de Mika sortira en septembre mais le public du Suikerrock a eu l’occasion d’avoir un aperçu de ce qui l’attend grâce à six chansons : Lola, Underwater (avec une interprétation qui m’a touchée en plein cœur), Make You Happy, Celebrate, Elle Me Dit et la plage-titre de ce troisième opus, The Origin Of Love.
Après une explosion de de confettis dorés qui a illuminé la scène de mille feux, Mika nous avoue qu’il n’avait encore jamais joué en plein milieu d’une ville comme celle-ci. Il apprécie également la beauté de l’église mais pense que Dieu ne serait probablement pas content de voir le logo Coca-Cola près de sa « maison ». Il se retourne alors et lance un de ses sourires coquins dont il a le secret avant de lâcher : « Mais il ne nous en voudrait pas à nous… parce que nous sommes cools ».
 « The Origin Of Love […] the origin is you », dira-t-il. En pointant le doigt vers son public, lui déclarant son affection.
Mais tu sais, Mika… Toi aussi, c’est quand même difficile de ne pas t’apprécier.
Tu as créé ce monde rempli de couleurs et de bonne humeur où il fait parfois bon se réfugier quand tout va mal.
Tu sais parler de choses qui touchent chacun d’entre nous.
Sous des airs de p’tit gars un peu insouciant, je suis persuadée que tu sais très bien ce que tu fais tout en gardant un côté bon enfant et plein de cette fraîcheur que j’apprécie.
Et en plus, il parait que tu es sympa dans la vie de tous les jours. Si, si, on me l’a confirmé…
Alors finalement, tu sais… tu es un vrai beau artiste et je t’aime musicalement.



Feu d'artifice de p'tits papiers dans le monde de Mika...
© Nat Lecoq

J’ai failli oublier… cinq étoiles à son (ses ?) ingénieur(s)-son ! J’ai fait trois festivals cet été et ai dû porter des bouchons d’oreille à chaque concert. La prestation de Mika est la seule où je n’ai pas eu à les porter parce que le volume sonore était tolérable. Et pourtant, connaissant le nombre d’octaves que le chanteur est capable de couvrir, ce n’était pas gagné d’avance. Chapeau bas, les gars de la sono, ça fait du bien de se servir de ses oreilles sans être inquiétés…



Je ne peux pas finir cette review sans un énorme merci aux organisateurs du festival pour m’avoir autorisée à faire usage de leurs photos pour illustrer les deux chroniques du festival. Félicitations aussi à eux pour cette très belle organisation et rendez-vous l’an prochain avec – je l’espère - une aussi belle affiche et d’autres belles surprises.

Website du Festival Suikerrock : http://www.suikerrock.be/fr



Programme du 28 juillet :
Luc Van Acker
School’s Cool
‘T Hof Van Commerce
Arsenal
LMFAO
Mika



lundi 9 juillet 2012

Rock Werchter Festival (Final day : 01/07/2012)



Rien de tel qu’un bon festival de musique pour démarrer le mois de juillet. D’autant qu’il semblerait que cette fois, l’été semble vouloir se maintenir dans notre Plat Pays. Mis à part une petite « drache » vers 14h, la météo a été des plus sympathiques ce dimanche 1er juillet à Werchter. La musique aussi d’ailleurs…


Une fois arrivées sur le site, l’apéro et le dîner dans l’estomac, mes copines et moi-même nous dirigeons vers la Pyramid Marquee pour découvrir un groupe américain baptisé « Other Lives ». La foule s’est déjà bien amassée en-dessous du chapiteau et est réceptive au groupe. La voix de Jesse Tabish rappelle par moments la voix de Chris Martin de Coldplay et le groupe au style folk assure au niveau musical et a en son sein d’excellents musiciens. Le seul souci, selon moi, était qu’à la longue, je finis par avoir l’impression d’entendre toujours le même morceau. Une écoute un peu plus attentive m’a au final montré que cette impression était principalement due à la voix du chanteur plus qu’aux mélodies. Cela dit, ce genre de groupe est pas mal pour démarrer en douceur un festival de musique rock.






Direction ensuite la Main Stage pour la prestation des Vaccines. J’avais découvert le groupe via Youtube il y a déjà quelques mois grâce au morceau « Post-Break Up Sex ». Musicalement, le groupe londonien est des plus intéressants avec son mélange rock-punk. Les Vaccines font preuve d’une belle énergie sur scène et Justin Young ne ménage pas ses efforts pour maintenir une interaction avec le public. Probablement parfois un peu trop au goût de son guitariste Freddie Cowan qui a soufflé un grand coup quand Justin l’a pris par les épaules, le tout étant filmé et diffusé sur les deux écrans géants situés de chaque côté de la scène. Pas malin, ça ! Mais en même temps, Justin, se faire malmener et jouer de la guitare en même temps, c’est pas facile, hein !
Le groupe nous joue deux nouveaux morceaux lors de son set, « Teenage Icon » et « Bad Mood », extraits du futur album des Vaccines qui sortira en septembre prochain. Justin nous signale d’ailleurs qu’une grosse partie de cet album a été enregistrée en Belgique, à Bruxelles. Enfin, pour les fans, sachez que le nouveau single du groupe, « No Hope », est sorti ce 8 juillet. Je vous livre ci-dessous la vidéo de ce nouveau single.




Retour à la Pyramid Marquee pour aller écouter Kitty, Daisy And Lewis, savant mélange de multiples styles musicaux allant du pop-folk jusqu’au reggae. Cette fratrie nourrie au biberon musical a déjà à son actif un beau palmarès puisqu’elle a fait les premières parties de Mika, Razorlight ou encore Coldplay. Le groupe est sympa et leur musique met de bonne humeur. Cela dit, les amateurs purs et durs de rock auront certainement eu des difficultés à adhérer pleinement à ce groupe anglais. Mais assis dans l’herbe sous un beau soleil à ne rien faire sinon profiter du moment, ça fait du bien.






Retour à la Main Stage avec les Dropkick Murphys. Ceux-là, je les connaissais déjà avant de les voir sur scène parce que bien qu’ils soient moyennement connus de notre côté de l’Atlantique, ils ont leur « petit » succès aux States. Je les ai découvert grâce à la Bande Originale du film « The Departed » de Martin Scorsese où leur morceau « I'm Shipping Up to Boston » m’avait séduite dès les premières secondes. Je les ai retrouvés un peu plus tard via l’émission de MTV « Nitro Circus » puisque leur chanson « The State of Massachusetts » sert de générique à cette émission racontant les aventures à la Jackass de doux dingues de sports moteurs.
Les Dropkick Murphys, c’est du rock bien costaud et rempli d’énergie. La musique celtique, ça draine également toujours une belle énergie. Les deux mélangés, je vous laisse imaginer l’ambiance que ces gars-là ont pu mettre dans le public de Werchter. Pas compliqué, d’où j’étais, je voyais régulièrement des petits groupes s’en donner à cœur joie en dansant sur leur musique.
Il faut reconnaitre aussi qu’ils s’en donnent à cœur joie pendant leur prestation : il fallait voir Ken Casey déambuler dans les allées pour aller serrer des mains de festivaliers pendant « Kiss Me, I’m Shitfaced » avant de finir debout sur une barrière nadar ! N’est pas Irishman qui veut mais lui, il n’a assurément jamais renié son côté irlandais !
Le groupe américain nous a gratifiés de deux nouveaux morceaux, « Road Rise «  et « Rose Tattoo » qui laissent présager un futur album bien agréable.
Le lundi, je parlais avec une collègue de cette journée et elle avoue avoir été séduite et surprise par les Dropkick qu’elle ne connaissait pas du tout. Pour le coup, j’avoue qu’ils ne m’ont pas déçue non plus… notamment grâce à leur reprise du « T.N.T » d’AC/DC, groupe qui compte parmi leurs influences musicales, et par l’interprétation de ce que nous appelons ici « La danse du petit bateau » ou « la danse du Carnaval » : fallait me voir me balancer de gauche à droite et d’avant en arrière comme on le fait régulièrement dans nos fêtes ardennaises ! Plutôt surprise de voir ce morceau interprété par des anglophones, j’ai fait quelques recherches pour finalement découvrir que cette fameuse chanson est un air traditionnel qui remonterait au 12ème siècle et qui a pour titre « The Wild Rover ». Et donc, voilà… en plus de faire danser, les Dropkick Murphys instruisent.





Nous changeons de direction et nous dirigeons vers la petite nouveauté du Festival. En effet, cette année, le festival Rock Werchter a ajouté un second chapiteau sur son site, baptisé « The Barn » et inauguré le jeudi avec notamment, la prestation de Garbage.
Pour l’heure, c’est M. Ward, un californien dont le nom complet est Matthew Stephen Ward, qui est sur scène. Le jeune homme et ses musiciens sont très pros et les influences country et folk transpirent dans la plupart, si pas dans tous les morceaux. Son style musical, associée à une voix un peu trainante, me rappellent beaucoup un autre artiste américain découvert chez nous l’an dernier : un certain Robert Francis.
La reprise de « Roll Over Beethoven » était impeccable ! Et cette ambiance rockabilly était la bienvenue en ce milieu d’après-midi ensoleillé.






Retour vers la Main Stage pour une des têtes d’affiche de la journée, introduite sur scène par rien de moins que Monsieur Vincent Kompany (dont la tête me rappelait quelque chose mais où il me faudra 20 bonnes minutes avant de « tilter ») : Môsieur Noël Gallagher et ses High Flying Birds, projet solo de l’ancien membre d’Oasis.
Née dans les 70ies, j’ai connu Oasis lors de leurs débuts, leurs années de consécration, leur passage à vide et, enfin, leur séparation en 2009… le tout sans jamais avoir accroché au groupe. Je reconnaissais la musicalité de leurs morceaux mais, pour une raison qui m’a toujours échappée, ne pouvait écouter un album entier.
Dimanche 1er juillet 2012, presque 20 après la sortie de leur premier single, j’ai compris pourquoi. Noël Gallagher’s High Flying Birds a indéniablement le « son Oasis » et pour cause puisque Noël Gallagher a écrit la quasi-totalité des chansons de son ancien groupe. A la seule différence près que dans Oasis, c’était le ptit frère Liam qui assurait la partie chant de la plupart des morceaux. Les voix de Noël et de Liam sont similaires, on l’entend dès la première chanson de NG’s High Flying Birds et même si ces deux-là ne se sont plus parlés depuis des années (parait-il), ils ne peuvent nier leur air de famille, tant physiquement que vocalement. Et pourtant… la voix de Noël m’interpelle beaucoup et je craque complètement. Les morceaux sont géniaux, le type est entouré par une bande de musiciens qui assurent comme des chefs et le britannique taquine volontiers son public. Ils nous jouent la quasi-totalité de l’album et y glissent des morceaux Oasisiens (It’s Good To Be Free, Talk Tonight, Don’t Look Back In Anger…) qui cadrent à merveille avec le petit monde de NG’s High Flying Birds. Par sa prestation et par ses chansons, Noël Gallagher est la preuve vivante que, même si on ne sait pas lire une partition, on peut être capable d’être un sacré génie de la musique.
Bref, cette « rencontre » démontre que finalement, la musique n’est pas tout. La voix compte aussi. J’aurais certainement été fan d’Oasis dès leurs débuts si Noël en avait été le chanteur unique et attitré. A peine rentrée du festival, je suis allée me chercher l’album et ce dernier tourne dans mon MP3 depuis une semaine. Dans le bus, au bureau, à pied dans la rue, dans mon bain, le soir devant mon écran, la nuit juste avant d’aller dormir et… euuh… en rédigeant cette chronique.
Il parait qu’il faut soigner le mal par le mal : puisque c’est ainsi, je vais essayer de me guérir… en allant revoir le groupe à Lille en octobre prochain. Je vous dirai alors si l’adage se vérifie…




Nous repartons vers « The Barn » et j’ai déjà prévenu mes copines que nous risquons de nous retrouver avec de jeunes ados hurlant comme des (semi-)hystériques puisque l’artiste qui va s’y produire est la nouvelle coqueluche des jeunes adolescentes. J’ai failli dire que ce type est considéré comme le nouveau Justin Bieber mais ai ravalé mes paroles car finalement, Ed Sheeran, c’est tout de même un peu plus que cela. S’il fallait le rapprocher d’un artiste, je dirais qu’il me fait penser à Jason Mraz, du moins dans son style musical.
Le jeune anglais est doué, j’avais déjà eu l’occasion de le constater lors de sa prestation au jubilé de la Reine d’Angleterre où il avait assuré parmi des grands noms tels qu’Elton John, Annie Lennox ou encore Paul McCartney.
Ici aussi, il assure : bons morceaux, bonne ambiance, belle interaction avec le public… Si ce style musical n’est pas mon créneau habituel, le moment que j’ai passé pas loin de Mr Sheeran n’était pas des plus désagréables… si ce n’est cet instant où nous avons ramassé un maximum de basses directement sur le corps pendant de TRES longues secondes ! Et ça… sans les bouchons que j’avais dans les oreilles, c’était acouphènes à coup sûr pour le lendemain matin, voire la fin de la soirée ! Si c’était un problème technique, je suggère à l’ingé-son d’aller revoir ses classiques ; si c’était voulu, c’est d’une crétinerie sans bornes !




Retour à la Main Stage pour le set de Florence + The Machine. Difficile de passer outre de ce groupe dont le nom a été maintes fois cité dans le monde de la musique au cours des derniers mois.
J’avais eu l’occasion d’entendre plusieurs singles et trouvais la voix de Florence Welch des plus impressionnantes. Depuis plusieurs années, pas mal de groupes de rock/métal (biffez la mention inutile) font appel à des chanteuses à voix… voire lyriques pour assurer des parties chants. Si je trouve le concept intéressant, le résultat en concert peut parfois être désastreux : assurer vocalement en studio où l’on peut interrompre une chanson pour refaire une prise de son et assurer sur scène pendant une heure ou plus, c’est très différent ! Ça n’est pas un problème pour Miss Florence qui a assuré tout le long du set avec une aisance déconcertante ! Le groupe a joué la quasi-totalité des singles sortis à ce jour, dont le célèbre « Dog Days Are Over », repris notamment par les kids de la série Glee.
Par contre, les personnes n’aimant pas les grosses démonstrations vocales et les grands effets de scène (assez présents chez Florence + The Machine) pourraient avoir été déçus par ce set.
Pour ma part, sans être devenue une fan, j’ai toutefois apprécié le style musical du groupe et la condition vocale exceptionnelle de leur chanteuse dont la voix n’a flanché à aucun moment de leur prestation. Respect total !






Nous repartons vers The Barn pour aller voir un artiste qui n’est pas vraiment ma tasse de thé. James Morrison, ce n’est pas mon monde du tout. Cela dit… je dois vous avouer quelque chose.
Autant écouter un de ses albums me fait osciller entre une envie d’aller me pendre et une indifférence totale, autant le regarder et l’écouter sur scène est déjà nettement plus agréable ! Faut juste qu’il arrête de faire trop de grimaces, c’est pas joli sur les grands écrans…
Mention très bien pour « Broken Strings » où, si Nelly Furtado n’était pas de la partie, le public a assuré vocalement. Morrison donnera l’occasion à ce public de lui montrer ce qu’il sait faire en le laissant chanter seul le refrain. Beau moment, belle communion… « You Give me Something » était aussi assez sympa.
Soyons clairs, le fait de l’avoir vu à Werchter ne me donnera pas envie d’aller payer une place pour le voir en concert mais j’ai au moins passé un agréable moment en sa compagnie et celle des musiciens qui l’accompagnent… Double bon moment d’autant que c’est pendant son set que j’ai appris que mes adorables espagnols avaient marqué leur premier but contre les italiens. Parce que oui, évidemment, en bonne « footeuse », j’avais mis un paquet d’amis sur le coup qui m’envoyaient le déroulement du match par sms. On ne se refait pas. Surtout quand c’est « ton » équipe qui est en finale…






Retour vers la Main Stage pour le set de Snow Patrol.
J’appréciais Snow Patrol à leurs débuts et ai acheté « Fallen Empires », leur dernier album en date, par simple curiosité et dans le but d’éventuellement le chroniquer. Je n’aurais pas dû. Peut-être n’étais-je pas dans des conditions idéales mais j’ai trouvé cet album fort fade, sans réelle innovation… Bref, j’ai été déçue et songe même à le refiler au premier fan qui passe. Et dieu sait qu’il faut aller fort loin pour que je songe à me débarrasser d’un des 5000 albums et quelques que j’ai chez moi…
Pour ce qui est du set et bien… j’ai un peu ressenti la même chose. Musicalement, c’est très correct et chaque membre du groupe assure derrière son instrument mais… j’ai trouvé cela fort « plat ». Même la venue d’Ed Sheeran sur scène pour un duo ne m’a pas plus passionnée.
Une chanson a attiré mon attention un peu plus que les autres… J’avais entendu « Run » dans sa version chantée par Leona Lewis et l’avait à l’époque trouvée intéressante parce que les que les voix de Leona et de Gary Lightbody sont très différentes. Initiative intéressante et interprétation réussie, au demeurant. Dommage que je n’aie pas eu ce même « feeling » pour le show des Snow Patrol.





Nous nous redirigeons vers « The Barn » pour le set de Milow et je le fais en sautillant comme une hystérique puisque je viens d’apprendre que les espagnols ont mis un troisième but, s’assurant définitivement du titre de champions puisque la fin du match est proche. Non, attendez… QUATRE ! Un quatrième but vient de tomber !!! J’en lève les bras en l’air en criant un « YESSS !! QUATRE BUTS » devant ma première amie qui a du mal à saisir mon engouement passionné pour le foot et la seconde qui regarde son GSM en se demandant pourquoi sa maman ne lui a pas envoyé les résultats du match au fur et à mesure…
Milow n’est pas à l’heure… Le public réclame. Et puis, on comprend pourquoi. Les organisateurs ont attendu la fin du match pour nous montrer les images de la Roja en pleine célébration et Werchter réagit en hurlant à pleine gorge pour les féliciter. Ils ne pouvaient pas nous entendre là-bas à Kiev mais le cœur y était ! Image des italiens affichant une triste mine aussi, à juste titre. Il faut savoir reconnaitre que la Squadra a fait un très bel Euro et que le résultat aurait tout aussi bien pu être en leur faveur étant donné le match nul d’Espagne-Italie du 10 juin. Rendez-vous dans deux ans, les gars, avec la même énergie…
Revenons à nos notes de musique, à celles de Milow plus exactement, qui sont agréables à l’oreille. On est habitués à la voix de M. Jonathan Vandenbroeck alias Milow, notamment grâce à la reprise du hit de 50 Cent et de Justin Timberlake, ce hit qui l’a fait connaitre mais ce soir, nous avons notamment droit au renfort vocal de Nina Babet qui ajoute du charme à la prestation. En parlant d’ « Ayo Technology », il la jouera bien évidemment, merveilleusement accompagné par le public dans les « hey oh » et les « She wants it »… pour le plus grand plaisir de l’interprète belge. Milow finira d’ailleurs par aller saluer les fans du premier rang et à faire une photo de la foule en les invitant à aller s’identifier sur sa page Facebook.
Ce set est très chouette, oscillant entre morceaux plein de douceur et de tendresse et autres titres plus énergiques. Le groupe ne ménage pas ses efforts et est fort généreux: voir un groupe interagir avec son public est toujours des plus plaisants et ce… qu’on soit fan ou pas. Je ne suis pas fan de Milow, j’apprécie sans plus mais ce soir-là, il a gagné tout mon respect pour son professionnalisme musical et sa générosité.






Cavalcade vers la Main Stage pour le final act de ce soir, la tête d’affiche que sont les Red Hot Chili Peppers. L’attente est d’ailleurs visible au nombre de personnes présentes à ce moment-là sur la plaine de Werchter. Si le site du festival s’est rempli peu à peu au cours de l’après-midi, cela n’est en rien comparable à la foule qui s’est amassée sur le terrain depuis. Ils sont attendus, ceux-là !
La setlist fait la part belle aux albums-phares du groupe que sont Californication (Scar Tissue, Right On Time, Californication, By The Way...) et Blood Sugar Sex Magik (Under The Bridge et, toutes en rappel, Sir Psycho Sexy, They’re Red Hot et… Give It Away).
Le groupe n’oublie pas non plus de nous présenter plusieurs chansons de « I’m With You », son dernier album en date. C’est d’ailleurs le titre « Monarchy Of Roses » qui ouvre le bal. Suivront ensuite trois autres extraits de l’album. Si « I’m With You » a été vivement critiqué pour son côté trop « mainstream », il faut avouer que les chansons se fondent sans aucune difficulté dans la setlist de ce soir.
Au final… ce groupe est dingue ! Plus de 25 ans après son arrivée dans le monde de la musique, il a connu autant le succès que la déconfiture et probablement plus de malheurs et de coups durs provoqués par les diverses addictions de ses membres que pas mal d’autres groupes rock et pourtant… ils sont toujours là. Et en pleine forme. A la cinquantaine bien frappée. Et ça impressionne toujours un peu… même si, en cours de concert, je me suis demandée si John Frusciante était toujours de la partie ou s’il avait une fois encore pris le large. De fait, aujourd’hui, c’est Josh Klinghoffer qui assure les parties guitares du groupe.
Pour ceux qui étaient présents ce soir-là et voudraient pouvoir réentendre le set jusqu’à ce que mort s’ensuive, sachez que les Red Hot ont cette habitude d’enregistrer certains de leurs concerts et de les rendre disponibles à l’achat. Ainsi donc, si vous voulez vous procurer le concert des Red Hot à Werchter, je vous invite à cliquer ici.






Et voilà… Werchter, c’est fini pour cette année ! Qui sait ce qui nous attend l’an prochain ? Quoique… en cours de journée, notre trio a été invité à remplir un questionnaire. Parmi toutes les questions, une qui, selon moi, avait une importance majeure : « Si vous pouviez voir un artiste vivant une fois dans votre vie, quel serait-il ? ». Si cela n’est pas une façon déguisée de nous demander quels artistes nous voudrions voir au cours des prochains festivals…
A cette question, je n’ai pas pu m’empêcher de mettre non pas un mais trois artistes :
1.   Linkin Park (déjà vu mais peu importe, 2004 c’est loin tout ça…)
2.   Stereophonics (album prévu fin de l’année, un autre courant 2013, ça peut le faire…)
3.   Quitte à y aller joyeusement, j’ai tapé fort pour mon troisième choix et n’ai pas hésité à mettre les Rolling Stones ! Ben quoi… l’an prochain, il est prévu une tournée anniversaire, nan ? Et pourquoi ne pas passer chez nous après tout ?

Rendez-vous du 4 au 7 juillet pour voir si un de ces trois-là sera de la partie… Et vous, y serez-vous ?


Programme de la journée :

Other Lives (Pyramid Marquee)
The Vaccines (Main Stage)
Kitty, Daisy And Lewis (Pyramid Marquee)
Dropkick Murphys  (Main Stage)
M. Ward (The Barn)
Noel Gallagher’s High Flying Birds (Main Stage)
Ed Sheeran (The Barn)
Florence + The Machine (Main Stage)
James Morrison (The Barn)
Snow Patrol  (Main Stage)
Milow (The Barn)
Red Hot Chili Peppers  (Main Stage)