Affichage des articles dont le libellé est Red Hot Chili Peppers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Red Hot Chili Peppers. Afficher tous les articles

jeudi 16 janvier 2020

L’histoire de… la BO de Basketball Diaries (Scott Kalvert, 1995)



Morale de l’histoire : Leonardo DiCaprio… ben… l’est IMmortel, lui, dites donc !

La question « Quelle est la plus belle chanson tirée d’un film avec Leonardo DiCaprio », dans l’émission Entrez Sans Frapper du jour, elle était rude, quand même. Trente ans de carrière, plus de 40 films, vaste contrée que la filmo du quadra !

Spontanément, j’ai repensé – comme la moitié de la planète « Bagarre discothèque » - à la chanson du Titanic. Mais si on veut être original dans la réponse, choisir celle-là, c’était se tirer une balle dans le pied. Ou couler à pic. Avec ou sans gros bateau.

J’ai aussi resongé à Lovefool des Cardigans et à la douce voix de Nina Personn dans Romeo + Juliet (1996) de Baz Luhrmann avant de rapidement passer sur la bien fun I'm Shipping Up to Boston des Dropkick Murphys utilisée dans The Departed (2006).



Dans ce film, Leo est bien entouré : entre Matt Damon et le grandiose Jack Nicholson, il a affaire à du lourd. On y a aussi Martin Sheen, Alec Baldwin ou encore Mark Wahlberg. Tiens... en fait, c’était d’ailleurs la seconde fois que Mark et Leo bossaient ensemble sur un projet. Pour la fois précédente, il fallait remonter 11 ans dans le passé et aux débuts de Walhberg au cinéma, avec le film Basketball Diaries (1995), réalisé par Scott Kalvert. Un film qui, quand on se penche sur certains aspects ou connexions est un tantinet… euuhh… mortel ?

Son sujet, déjà. Le film raconte l’histoire de Jim Carroll, adolescent turbulent, et de ses amis d’école, guère moins indisciplinés que lui. S’ils sont passionnés par le basketball, Jim a un petit plus : il tient un journal intime dans lequel il raconte ses aventures, écrit ses pensées… Une mauvaise rencontre l’entraînera, lui et ses amis, vers une descente aux enfers… de la drogue. Le film, basé sur le livre du même nom, n’est pas une fiction et relate la véritable histoire de son auteur et du chemin parcouru. Gai, quoi. Je me souviens avoir lu le livre à l’aube de la vingtaine et avoir été autant marquée par la lecture du journal de Jim que par l’interprétation de DiCaprio, appréciée dans une salle sombre de cinéma.



Ensuite, si DiCaprio démontrait déjà à 20 ans qu’il était un bon choix, ce n’était pourtant pas à lui que le réalisateur avait pensé pour le rôle. Quelques années plus tôt, l’acteur convoité pour le rôle n’était autre que River Phoenix mais malheureusement, ce dernier est mort le 31 octobre 1993, des suites d’une… overdose. River Phoenix avait lu le livre de Carroll et avait émis à plusieurs reprises l’envie d’incarner le jeune homme à l’écran mais n’en aura pas eu l’occasion. Le décès de Phoenix aura profité – si l’on peut dire – plus d’une fois à DiCaprio puisque c’était aussi lui qui était pressenti pour incarner Rimbaud dans Total Eclipse. James Cameron a avoué il y a quelques années avoir écrit le personnage de Jack Dawson de Titanic avec River en tête. Je reviendrai en fin d’article sur une autre connexion DiCaprio/Phoenix assez amusante…

Si l’on se penche sur la BO de Basketball Diaries, c’est également plutôt druggy! Coïncidence ou non, quelques fines allusions sont également glissées à propos de Phoenix.
On y trouve Star du groupe The Cult mais saviez-vous que, pendant quelques mois, le groupe a joué sous le nom de… Death Cult. Sur l’album The Cult, qui contient Star, on retrouve également Sacred Life qui mentionne River dans les paroles.


Flea, bassiste des Red Hot Chili Peppers, écrira I’ve Been Down spécifiquement pour le film. Le musicien, ainsi que ses potes du groupe, n’est pas étranger au monde de la drogue, avouant que ces dernières ont fait partie de sa vie pendant de nombreuses années. En 2018, il écrira un article sur le sujet dans Time Magazine, en espérant sensibiliser les jeunes aux dangers de la drogue. Flea avait travaillé avec River Phoenix et Keanu Reeves sur My Own Private Idaho (1991) de Gus Van Sant et c’est lui qui était dans l’ambulance qui a emmené le comédien à l’hôpital vers son destin tragique.



On retrouve également sur la BO Riders on the Storm, interprétée par The Doors, dont le leader, Jim Morrisson, n’était pas non plus contre un ptit cocktail de médocs pour la journée. Le chanteur entrera dans le cercle mythique des 27 en 1971. Aucune autopsie n’ayant été réalisée, la cause officielle de son décès est une crise cardiaque mais nombreux sont ceux qui pensent qu’elle aurait été induite par un « ptit coup de pouce ».



Enfin, Soundgarden apporte sa Blind Dogs, au riff de guitare bien senti. Chris Cornell, le chanteur du groupe, a une histoire quasi similaire avec Jim Carroll puisqu’il est lui-même tombé dans la drogue à un très (trop !) jeune âge. Elevé dans un entourage toxique, il démarrait déjà mal dans la vie… Bien qu’ayant toujours eu de rudes épreuves à traverser, Cornell semblait sorti d’affaire mais un autre mal, la dépression, l’a également accompagné une bonne partie de sa vie. En 2017, il est retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel, privant ainsi le monde d’une sacrée put… de voix.



Enfin… Jim Carroll s’associe à Pearl Jam pour le titre Catholic Boy, à entendre en début de film. Avant Pearl Jam, le guitariste Stone Gossard et le bassiste Jeff Ament faisaient partie d’un groupe baptisé Mother Love Bone. Lorsqu’Andrew Wood, leur chanteur, finit en état de mort cérébrale suite à une overdose, il sont dévastés. Ils sont approchés par Chris Cornell qui veut leur offrir quelques chansons en hommage à Wood. Ces quelques notes et mots donneront naissance à un superband, Temple of the Dog,  le temps d’un album. Sur ce dernier, un chanteur apporte sa contribution : il s’appelle Eddie Vedder et apportera ses formidables charisme et voix à Pearl Jam.



Jim Carroll a sorti Basketball Diaries en 1978, à 29 ans, peu de temps après être devenu clean. Mais la vie après la drogue est un terrible combat qu’il a continué à mener jusqu’à la fin de sa vie. Carroll a exploré le monde de la littérature (il a sorti une suite à Basketball), de la poésie, de la musique… Il s’est éteint en 2009, à 60 ans, le cœur fragilisé par une high life mais en laissant une trace de son passage sur terre avec son œuvre.

Pour en revenir à DiCaprio, dont la BO des films permettrait à elle seule de faire une playlist Spotify, il a pourtant démarré sa carrière dans le monde de la télé. Notamment dans la série Parenthood, tirée du film du même nom réalisé par Ron Howard. Il a alors 16 ans et y joue Garry, jeune ado au sein de la famille Buckman. Dans le film d’Howard, le rôle était joué par… tiens, tiens… Joaquin Phoenix !



S’il est bien deux acteurs au talent certain et aux rôles éclectiques, ce sont ces deux-là. Et pourtant, l’Académie des Oscars a toujours semblé les (et nous !) faire languir pour leur attribuer la célèbre statuette. Il aura fallu attendre 5 cérémonies avant que DiCaprio ne l’obtienne pour son rôle dans The Revenant en 2016. Joaquin, lui, en est à trois et n’a toujours pas gagné. Mais qui sait ? Dans moins d’un mois, la 92e cérémonie aura lieu et révélera ses gagnants. Le film le plus nominé est Joker. Dont la nomination pour le meilleur acteur pour Phoenix. Catégorie dans laquelle il devra affronter Adam Driver, Antonio Banderas, Jonathan Pryce et… Leonardo DiCaprio. Cela promet un beau match !



mercredi 19 septembre 2012

The Killers - Battle Born (2012)


Presque quatre ans se sont écoulés depuis la sortie de « Day & Age », dernier opus studio des Killers, suivi d’une tournée qui avait emmené le groupe autour de la planète. Cela dit, ils ne sont pas pour autant reposés sur leurs lauriers puisque certains d’entre eux ont travaillé à leurs propres projets.

En octobre 2011, finie la pause, les quatre gars de Vegas se retrouvent dans leur studio pour travailler sur leur quatrième opus. Maintenant que je l’ai entre les mains et dans les oreilles, qu’en penser ? 

Et bien… les Killers n’ont jamais caché attrait pour la musique des eighties : U2, The Cure, The Who, New Order, Pet Shop Boys, Depeche Mode… sont autant de groupes qui ont influencé le quatuor dès leur plus jeune âge. Flowers a d’ailleurs un jour avoué n’avoir découvert la « bonne » musique américaine – Springsteen notamment - qu’à un âge déjà relativement avancé.
Certains morceaux de leurs précédents albums sont d’ailleurs marqués par cette époque mais « Battle Born » est, dans sa globalité, celui qui se rapproche le plus d’un album qui aurait pu sortir dans les années quatre-vingts. Dès ma première écoute, je n’ai pas pu m’empêcher de revenir 25 ans en arrière et de repenser à certains artistes de mon enfance. 

« Flesh And Bone » s’ouvre sur quelques notes de synthé avant que la voix de Flowers, tellement reconnaissable, viennent s’y poser. Belle envolée dans le pont de la chanson avant d’arriver au refrain qui annonce finalement la couleur de « Battle Born » : quoiqu’il arrive, nous sommes tous fait de « chair et d’os » et les Killers vont nous donner un aperçu de différents aspects de la vie au travers de leurs chansons… Lorsqu’arrive le refrain, c’est le son des Pet Shop Boys que j’entends. Ça dure l’espace d’un instant mais ça suffit pour me faire sourire… et me rappeler la collaboration du chanteur avec le tandem britannique lors de la cérémonie des Brit Awards 2009.
 

 

Les paroles m’ont fait penser au point de vue d’un soldat… en pleine guerre de Sécession. Et quelque part, je vois déjà la possibilité d’un chouette clip vidéo sur le thème. Ce ne serait en tout cas pas la première fois que les Killers se coifferaient d’un chapeau et de bottes de cow-boys.
 

 

 « Runaways », premier single du groupe, et « The Way It Was », la chanson qui lui fait suite dans la setlist ont toutes les deux le trait commun de parler du doute dans une relation amoureuse. Mettre deux chansons traitant du même sujet peut sembler dangereux car répétitif mais dans le cas de ces deux chansons, elles ont un côté complémentaire qui les rendent d’autant plus intéressantes. J’ai tout de suite craqué sur « The Way It Was » : on entre directement dans le vif de la mélodie et le riff de guitare qui la lance est tout bonnement impeccable. C’est d’ailleurs une des particularités de charme de Mr Keuning : il sait assurer côté solo de guitare mais a aussi le chic pour placer un riff court et surtout répétitif sur une chanson pour lui donner cet attrait tout particulier. Il répétera cette formule gagnante sur d’autres morceaux, toujours avec la même efficacité.

« Here With Me » offre à Brandon Flowers la plus belle opportunité de montrer la qualité et la clarté de sa voix. J’ai d’ailleurs la nette impression que sa voix s’est encore améliorée en justesse et en force depuis le dernier album. Superbe ballade démarrant avec le piano et la voix du chanteur qui nous explique que finalement, rien n’est plus fort que d’avoir près de soi celui ou celle que l’on aime, que le toucher vaut toutes les photos du monde… Si avec des mots pareils, il ne se ramasse pas encore sa horde de fans féminins lui vouant un amour sans limite sur le dos, je ne m’y connais pas…

Le début de « A Matter Of Time » a sonné comme une piqûre de rappel, comme une impression de déjà entendu. Juste sur le début avant que la chanson ne prenne son envol et son indépendance propre. Comme un air de… de… de générique des « Experts Manhattan ». Pas la première version. La seconde ! Mince alors…


 

 Dans la même optique, le début de « Deadlines And Commitments » m’a replongé dans le monde de Kate Bush. Kate aurait tout à fait pu interpréter cette chanson seule ou en duo avec les Killers.
C’est une impression bizarre que de visualiser un artiste différent de celui qui l’interprète en entendant une musique. Surtout quand elle se marque sur deux chansons d’affilée. Ceci dit, ces impressions sont brèves : si effectivement, le groupe a – consciemment ou pas – été influencé par d’autres artistes, les chansons n’en ont pas moins leur vie propre quand chaque Killers y apporte son talent. Car un des atouts des quatre du Nevada, c’est aussi cela : appuyer la présence de leur instrument respectif sur chaque morceau au moment idéal pour en apprécier toute la saveur dans sa globalité ! Quand Vannucci Jr commence à taper la batterie sur « A Matter Of Time » et que Flowers pose sa voix sur « Deadlines », bye-bye les Who et Kate, les Killers viennent d’entrer en scène… 

« Miss Atomic Bomb » est un superbe morceau que je serais curieuse de voir joué en live. Le résultat doit être épatant à voir… Lors d’une interview, le groupe a confié qu’une fois que « Runaways » et « Miss Atomic Bomb » ont été écrites, ils savaient alors qu’ils avaient trouvé la direction qu’ils voulaient donner à leur nouvel album. C’est notamment pour cette raison que je ne serais pas étonnée que « Miss Atomic Bomb » soit un des singles, si pas le prochain single que le groupe sortira. On verra si l’avenir me donne raison ou tort… Elle a en tout cas de sacrés atouts pour faire l’objet d’une vidéo. 

Les Killers ne sont pas du genre à baisser les bras facilement… S’ils croient en leur chanson, ils s’acharnent jusqu’à la rendre meilleure. Ainsi, « Runaways » avait déjà été jouée en public en 2009 mais n’avait pas rencontré le succès escompté auprès du public. Qu’à cela ne tienne, on reprend et on améliore parce qu’on y croit ferme. « The Rising Tide » fait aussi partie de ces chansons : préparée pour être jouée au London Hyde Show l’an dernier, le groupe décide finalement de ne pas la jouer ce jour-là et de l’améliorer.

« Heart Of A Girl » est une chanson superbe où l’on ne sait pas si notre narrateur est plongé dans un rêve, dans ses souvenirs ou si tout cela est bien réel. Pour l’influence musicale, je pencherais pour Lou Reed. Plus précisément pour un son à la « Walk On The Wild Side ». Et souvenons-nous que le membre du Velvet Underground et les gars de Vegas se sont déjà croisés par le passé…
 


 

« From Here On Out » a tout de la chanson sympa qu’on chanterait en groupe dans le fin fond des bois (ou du désert pour les Killers) devant un bon feu… Et quelque part, la chanson a tout de l’ambiance d’un bon Tom Petty. J’irais même encore un peu plus loin en disant les Traveling Wilburys auraient certainement pris plaisir à rejoindre les Killers auprès du feu et de jouer « From Here On Out » avec eux. 

« Be Still » est une autre ballade, une autre belle histoire où les claviers et le piano dominent. La guitare, acoustique ici, est discrète mais apporte ce qu’il faut de présence pour donner un cachet additionnel à la chanson.

L’album se clôture sur la plage-titre. Ouverture avec riff de guitare, rejoint par la batterie, les claviers… et la chorale des Las Vegas Master Singers, déjà présents sur « Heart Of A Girl ». Ils apportent sur cette chanson toute la force que l’on peut retrouver dans les chœurs utilisés par Jim Steinman chez Meat Loaf…
On finit en beauté : nous sommes certes faits de chair et d’os mais ce n’est pas pour autant qu’on se laisse faire, ce n’est pas pour autant qu’on abandonne nos rêves… Nous avons tous en nous la capacité de nous battre, nous sommes nés pour nous battre. Et pas forcément les uns contre les autres avec des armes à feu. 

C’est d’ailleurs ce que Flowers a expliqué lors d’une interview accordée à Rolling Stone : « En un sens, tous les américains sont ‘nés d’une bataille’. Nos ancêtres sont venus ici pour quelque chose de meilleur ».
Pas faux… mais « Battle Born », c’est aussi un terme que l’on retrouve sur le drapeau du Nevada parce que celui-ci est devenu un Etat pendant… la guerre de Sécession. Ce que j’ai découvert après mon commentaire concernant l’une des plus sanglantes guerres sur le territoire américain sur « Flesh And Bone ». Les Killers souhaitaient-ils nous amener dans cette direction dès le départ ? Allez savoir… Quand on sait que le studio d’enregistrement qu’ils ont racheté en 2008 porte également ce nom, je me dis que les coïncidences ont peut-être bon dos…


 

« Battle Born » ne s’est pas fait dans la facilité et s’est révélé être lui aussi le résultat d’une bataille de tous les instants.
Pour commencer, les quatre garçons ont eu quelques difficultés à retrouver leurs marques une fois réunis après plus d’un an de pause.
Une fois leur ligne directrice trouvée, il fallait encore choisir le producteur. Ils n’en voulaient qu’un mais le planning imposé par le groupe ne permettait à aucun des producteurs contactés de tenir les délais. Qu’à cela ne tienne, ils prennent les cinq :

-      Stuart Price, vieil ami du groupe depuis son remix de « Mrs Brightside » et déjà producteur de « Day And Age » mais également collaborateur de Madonna.
-      Damian Taylor, producteur des derniers albums de Bjork et de The Prodigy.
-      Brendan O’Brien, qui a, entre autres, sur son CV « Blood Sugar Sexy Magik » des Red Hot Chili Peppers, « Black Ice » d’AC/DC, « Get A Grip » d’Aerosmith et… « The Rising » de Springsteen.
-      Daniel Lanois qui a travaillé avec Brian Eno, Peter Gabriel, Bob Dylan ou encore U2.
-      Steve Lillywhite, fraichement décoré de l’Ordre de l’Empire Britannique pour son apport dans le monde de la musique, qui a à son actif des collaborations avec des artistes tels que Simple Minds, The Rolling Stones, Beady Eye, Evanescence et qui travaille pour l’instant avec les 30 Seconds To Mars.
Faut tout de même reconnaitre qu’ils savent s’entourer les Killers… Chapeau bas également aux différents ingénieurs-sons qui ont assuré le mixage de l’album dont Robert Root, l’ingénieur attitré du studio Battle Born, pour leur excellent travail. 

L’enregistrement de l’album sera aussi entaché par un drame : en avril dernier, Tommy Marth, leur saxophoniste, se donne la mort. Le groupe et le musicien se connaissaient depuis de nombreuses années et Tommy avait accompagné les Killers sur plusieurs tournées. Il devait venir jouer sur « Battle Born » et… sans vouloir verser dans le mélo, on peut tout de même imaginer que ce décès brutal a forcément eu une incidence sur la suite des événements. 

Finalement et malgré ces obstacles, les Killers se sont enfin laissés aller en faisant la musique qui leur plait avec les influences qui leur plaisent, sans se conformer aux standards musicaux imposés par notre époque, sans prêter attention ce que la presse attendait d’eux… et ça leur va plutôt bien, je trouve. 

Je me suis penchée sur les paroles avec une attention toute particulière puisque j’avais lu que Mr Flowers avait travaillé d’arrache-pied sur celles-ci. Il s’en dégage parfois une grande mélancolie et tristesse mais… ce n’est pas cela qui a le plus attiré mon attention. Certains mots sont courants dans des chansons (love, par exemple), d’autres beaucoup moins : il est donc surprenant d’en retrouver à plusieurs reprises dans un même album.
« Battle Born » fait certes l’objet d’une chanson mais est également cité dans « Flesh And Bone ».
Même chose dans « The Rising Tide » : le terme est dans la chanson-titre et intégré dans « Battle Born ».
Le terme « venom » se retrouve également dans « The Rising Tied » et « Battle Born ».
La fille qui rit avec ses amies (« Laughing with your girlfriends » - A Matter Of Time) serait-elle aussi celle qui se tient dans la rue (« You were standing with your girlfriends in the street » - Miss Atomic Bomb) ?
Imposition de mots volontaire ou fruit du hasard? Si c’est la première option, bravo, coup de génie. Si c’est la seconde, je dois VRAIMENT arrêter de cogiter… D’ailleurs, je me demande si ce n’est pas ce que je vais faire. M’en vais me refaire une fois « The Way It Was » et « Deadlines And Commitments », tiens! Pour commencer…

 

 

 

PS – La version Deluxe comporte deux inédit « Carry Me Home » et « Prize Fighter » et un remix de « Flesh And Bone ». Trois titres, c’est peu, je vous le concède mais pour même pas 1 Euro de la chanson, faites-vous plaisir : les inédits sont sympathiques et le remix est plein de pêche !

Tracklist :

Flesh And Bone
Runaways
The Way It Was
Here With Me
A Matter Of Time
Deadlines And Commitments
Miss Atomic Bomb
The Rising Tide
Heart Of A Girl
From Here On Out
Be Still
Battle Born

Bonus Tracks
Carry Me Home
Flesh And Bone (Jacques Lu Cont)
Prize Fighter

 

jeudi 12 juillet 2012

Festival Les Ardentes - Liège (05/07/2013)

Et un festival improvisé, un ! A peine remise de Werchter, je reçois un SMS d’une amie me proposant de l’accompagner avec sa sœur aux Ardentes ce jeudi 5 juillet.
Voyons le programme… C’est ce jour-là que Patti Smith est sur scène ! Morrissey, ex-membre des Smiths n’est pas non plus à négliger. Je jette une oreille sur le reste de la programmation et ça sonne pas mal du tout. Allons donc aux Ardentes, me reposerai quand je serai six pieds sous terre !
J’aurais fortement apprécié de pouvoir voir le groupe anversois School Is Cool et les américains de Shearwater mais voilà, le souci, c’est que le boulot qui me permet de manger tous les jours (mais également me permet d’acheter des albums et de me rendre à des concerts) n’a rien à voir avec le monde de la musique. Dès lors, je ne peux quitter mon bureau jusqu’à 16h.
A 16 heures pétantes, Audrey m’attrape au vol et nous nous dirigeons avec ses deux autres amies vers les Halles des Foires de Coronmeuse pour rejoindre le reste de l’équipe déjà sur place depuis le début de l’après-midi.
Une fois passé les embouteillages (que serait Liège sans ses embouteillages ?), nous écopons d’une averse carabinée. Le groupe qui passe à ce moment est en plein air. Bon… on va attendre un peu dans la voiture : même le K-way ne résistera pas à ces litres déferlant du ciel. Et là, j’ai une pensée pour les festivaliers qui sont en-dessous de ces trombes d’eau…

♫♪ Singing in the rain... ♫♪

Nous arrivons sur place pour le set de Soko, jeune chanteuse à la voix fluette qui me rappelle par moments furieusement une certaine Carla Bruni. J’essaye de passer outre cette similitude puisque la Carla m’a donné des envies de meurtres à chaque fois que « Quelqu’un m’a dit » a été diffusé en radio. Ici, Soko chante en anglais, nous ne sommes déjà pas dans le même monde.
Si parfois la miss nous dispense de morceaux avec une belle énergie, je trouve son set un peu trop doux à mon goût. Faire monter sur scène des personnes du public pour les faire chanter avec elle n’était probablement pas une super idée, considérant que ces fans (?) ne chantaient pas vraiment. Elle rattrape le coup un peu plus tard en invitant le trio féminin des Warpaint pour assurer les chœurs de « How Are You » en leur précisant que ça ne sera pas trop difficile étant donné que le refrain est une série de… « How Are You ».
Soko officie également derrière la batterie et, avec ses cheveux noirs, elle me fait penser à Meg White des White Stripes sauf que Meg n’a certainement jamais eu l’inélégance de… roter dans son micro ! A ce moment oh combien ragoûtant, j’étais au bar à prendre une boisson et la tête des bénévoles valaient la peine d’être vue. La mienne aussi, remarquez…

Soko

Direction ensuite la scène en Open Air, le tout en passant par la Route des Saveurs, véritable parcours de rêve pour les gourmands qui y trouvent de quoi régaler leurs papilles gustatives. Une excellente initiative des organisateurs des Ardentes ! Pour ma part, c’est une sorte de pita remplie de jambon rôti, avec une tranche d’emmental, des crudités et une sauce au poivre du stand où j’ai surtout retenu le slogan du « Tout est bon dans le cochon ». De fait, c’était excellent, j’en rêve encore parfois la nuit…

Revenons à notre Open Air… Si à Werchter ou d’autres festivals, il est difficile de croiser des connaissances sans s’être donné un point de rendez-vous, ce n’est pas le cas lors d’un festival qui a lieu dans ta région.
Qu’ils soient collègues, amis (voire des amis des amis aussi), élèves avec lesquels tu es parti en voyage, personnes rencontrées dans d’autres concerts, j’ai eu l’occasion de croiser et de discuter avec pas mal de personnes.
L’occasion aussi de me faire jouer aux devinettes en me demandant quel artiste présent à Werchter est passé dans un magasin de jouets bruxellois avant de repartir de Belgique. Je réfléchis : Ed Sheeran est trop jeune, je ne vois pas les Dropkick acheter des jouets mais Noël Gallagher a deux jeunes enfants. Je cite son nom et taquine la copine en lui disant que si c’est lui, je… la frappe ! Mais non… Voyons, voyons… Je souris et annonce un second nom : « Les Red Hot ? ». Ouuuuuiiii. Imaginer Flea devant un nounours m’amuse tout de même un peu mais montre finalement que même les rockeurs sont de grand enfants... :D
Suite à ces péripéties, je n’ai pas tout suivi de la prestation d’Edward Sharpe & The Magnetic Zeros. Cela dit… ce que j’ai vu et entendu m’a séduit et ce groupe est justement fort loin d’être un… zéro. J’ai vu sur scène une dizaine de musiciens et tout ce monde officiant ensemble aurait pu finir en véritable cacophonie… mais non. C’est un superbe ensemble aux influences pop-folk qui assure véritablement sur scène. Certains morceaux m’ont donné l’impression tantôt d’être dans le bayou avec Robert Johnson, tantôt d’être en 69 à Woodstock. Très chouette groupe dont je vous conseille le second album « Here », sorti il y a à peine quelques semaines.

Edward Sharpe & The Magnetic Zeros

Nous restons sur place pour attendre la prestation du groupe anglais les Ting Tings.
Melle Katie White semble tout droit sortie des années 80 avec son mini-short rouge, sa casquette vissée sur le côté et son pull à rayures blanches et rouges. M. Jules de Martino est fin prêt derrière sa batterie.
J’avais eu l’occasion d’écouter les deux albums des Ting Tings : je les ai appréciés et les trouvais bons mais n’avais pas ressenti d’étincelle particulière à leur écoute. Par contre, sur scène, le tandem est VRAIMENT extra ! Moi qui aime les bons riffs de guitare et beats de batterie, j’ai été largement servie !
Musicalement, les deux artistes connaissent leurs partitions à merveille et le fait de n’être que deux ne les arrête absolument pas. Lorsqu’il le faut, notre ami batteur attrape une guitare pour jouer une partie de la chanson avant de reprendre les baguettes en cours de route.

The Ting Tings
Le groupe garde son « Shut Up And Let Me Go » pour la fin du set et évidemment, le public est alors suffisamment chaud que pour balancer au duo anglais toute la puissance vocale dont il sait faire preuve.
En parlant de voix, il est important de signaler le respect dont a fait preuve le groupe envers son public liégeois : à plusieurs reprises, Katie White a pris la parole et s’est adressée à nous… en français ! Si ce n’est pas une obligation, s’adresser dans la langue du pays visité reste souvent apprécié par le public.

"Maintenant je vais me taire et vous faire danser"
C’est justement là qu’a péché Soko. Parce ce qu’il vous faut savoir, c’est que Soko est française et qu’elle a passé tout le set à nous parler en… anglais. Pas mal de festivaliers autour de moi, parfaitement conscients de sa nationalité, ont fort peu apprécié ce fait, pris pour un geste médisant envers une population francophone. Personnellement, je comprends autant l’anglais que le français et ne me formalise pas pour si peu mais j’avoue que j’ai trouvé cela étrange… voire un peu stupide.
Soit, revenons au Ting Tings. Je crois qu’il va me falloir réécouter leurs albums avec une autre oreille. Le fait de les avoir vus et d’avoir pu constater le talent évident du tandem sur scène mérite bien une nouvelle écoute.

Nous filons vers le hall numéro 6 des Halles des Foires parce que là, c’est une légende qui va monter sur scène ! Rien de moins que Mme Patti Smith, mes gens !
Quelle femme! Elle est généreuse, elle sait partager des émotions avec son public et elle a une voix superbe que les années n’ont pas altérée. Elle est en outre accompagnée par de très bons musiciens, ce qui ne gâche rien au plaisir. Elle sait aussi partager la scène avec eux : sa claviériste aura l’occasion de nous montrer sa voix en chantant en tandem avec l’américaine, coiffée pour l’occasion de deux couettes qui lui donnent un air coquin pour ses 65 ans.
Elle ne manquera évidemment pas d’interpréter la célèbre « Because The Night », écrite par Bruce Sprinsteen. Tandis que le public (moi incluse) chante avec elle, je ne peux m’empêcher de me demander si le Boss n’est pas en train de la chanter aussi au même moment, dans la capitale française. Pas très loin de nous finalement…
Entre morceaux pleine d’énergie rock’n’roll et moments plus tendres, entre morceaux de son dernier album et grands classiques, Patti Smith donne beaucoup… Elle nous donne l’impression d’avoir envie d’être là et de partager un moment avec nous, preuves en sont les gestes qu’elle adresse aux gens des premiers rangs.
Et évidemment, quand on donne, on reçoit aussi et le public n’a pas manqué de montrer qu’il l’aime, tendresse amplement méritée. T’es belle, Madame Smith ! Surtout, ne change pas…

Patti Smith & band

Après le set, retour à l’Open Air pour assister à la prestation des White Lies. Un groupe que j’ai plus suivi à l’oreille qu’en visuel en raison des déplacements entre les deux zones de concert…
Pour ce que j’en ai entendu, le groupe m’a donné l’impression d’être revenue dans les « 80ies » puisqu’il a une base électro pop-rock.
J’avais écouté leur dernier album en date, Ritual, en cours de journée et ce type de musique ne me déplait pas foncièrement. Le groupe  me rappelle par moments certains morceaux de Tears For Fears et la voix de Harry McVeigh n’y est certainement pas étrangère.

White Lies

Nous décidons de rester sur la plaine et de nous installer à terre sur notre couverture en attendant l’ex-leader des Smiths, Morrissey.
Coiffé de chapeaux, nous sommes à l’abri de la pluie drue qui tombe sur le site. Je lève les yeux et comprends vite : se poster en-dessous d’un arbre au moins centenaire avec une flopée de branches remplies de feuilles, ça protège bien !
A 53 ans, Morrissey montre qu’il n’est pas près de rendre les clefs du château pour partir en retraite! Quelques uns de ses morceaux sont bien « pêchus ». Il nous joue plusieurs morceaux de « Years Of Refusal », son dernier album en date sorti en 2009. Il a aussi contenté les fans des Smiths en jouant pas moins de cinq morceaux, dont la plage-titre « Meat Is Murder », l’album qui permettra au défunt groupe d’obtenir un numéro un en Angleterre.
De l’endroit où j’étais, j’avais plus le son que l’image, ce qui donne évidemment une autre dimension à un concert. Vocalement, rien à redire si ce n’est qu’à un moment donné du set, j’ai eu l’impression d’entendre… Tom Meighan des Kasabian. Je vous l’accorde, je vais peut-être chercher loin mais sur certains couplets de « Black Cloud » et « I’m Throwing My Arms Around Paris », je me suis dit que finalement, Kasabian aurait pu les reprendre à son compte.
Peut-être avez-vous entendu parler des caprices de diva de Marilyn Manson et sa une loge noire chauffée à 17 degrés pour son passage aux Ardentes? Morrissey n’est pas en reste côté exigences : si certains d’entre vous sont passés devant une Cathy Cabine recouverte d’un grand drap noir et dont l’entrée était bloquée par une volée de personnes, dites-vous que vous étiez à la fois juste à côté de la loge de Morrissey… et qu’il occupait ladite cabine à ce moment-là. Ah ces rock stars !
Depuis quelques jours, la rumeur circule : suite au succès de la reformation des Stone Roses l’an dernier, les membres des Smiths auraient évoqué la possibilité de se reformer. Une autre rumeur annonce que le groupe pourrait répondre présent au prochain Festival Glastonbury en juin 2013, soit presque 30 ans après leur unique apparition au célèbre festival anglais.

Morrissey

Dernier concert de la journée avec un groupe originaire de France, Caravan Palace. J’étais allée voir quelques vidéos du groupe sur le net et étais assez dubitative le concernant. Un mélange dance-jazz-swing aux rythmes certes entraînant mais ne faisant pas vraiment partie de mon monde.
Je ne peux m’empêcher de remarquer l’énorme cornet de phonographe accroché à une console en plein milieu de la scène et d’en apprécier le côté esthétique.

L'espace scénique est occupé par de nombreux instruments… et pour cause puisque les Caravan Palace ne sont pas moins de six, dont certains assument parfois seul la partition de deux instruments. Entre guitare, clarinette, contrebasse, violon, vibraphone, synthétiseur… c’’est un véritable festival d’instruments de musique ! Sans oublier la voix et la bonne humeur de Zoé Colotis qui ajoute du charme à la prestation. 
Le groupe est constitué d’une ensemble de musiciens au départ compositeurs de musique électronique mais passionnés par le jazz manouche : le tout mélangé donne forcément un ensemble assez particulier qui swingue un max. Difficile de ne pas taper du pied quand ce groupe-là se donne sur scène, ce qu’ils font à merveille et avec beaucoup de passion. Le public lui aura d’ailleurs bien rendu la pareille en se démenant comme de beaux diables au son de leurs chansons.
Je ne pense pas acheter leur album prochainement mais ai particulièrement apprécié la version « live » de ce groupe qui est un excellent choix des organisateurs pour terminer cette première journée des Ardentes.

Les Caravan Palace en plein swing
Pas mal, cette première journée des Ardentes finalement. Deux légendes vivantes, quelques bonnes surprises et quelques découvertes sympathiques. Pour l’heure, je laisse les festivaliers continuer la fête jusque tard dans la nuit et file sous la couette parce qu’évidemment le lendemain… boulot !
Je ne peux cependant pas terminer sans remercier Kmeron de m’avoir autorisé (encore une fois !) à emprunter ses photos. Ce n’est jamais facile de ne choisir qu’une photo dans ses albums tellement elles ont toutes leur charme. Pour l’occasion, je vous invite à cliquer sur le nom de l’artiste dans le programme ci-dessous : vous serez redirigés vers l’album-photo réalisé par Mister Kmeron pour chacun d’entre eux.

Programme de la journée :
Soko (HF6)
The Ting Tings (Open Air)
Patti Smith  (HF6)
White Lies (Open Air)
Morrissey (Open Air)