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lundi 30 mars 2015

Noel Gallagher’s High Flying Birds – Ancienne Belgique (22/03/2015)

Je vous le disais dans ma précédente chronique, Paris n'était que le premier rendez-vous d'une série de trois dates avec Noel Gallagher's High Flying Birds.
Je ne sais pas ce qui m'attend à Werchter mais dieu sait que ce concert-ci m'aura procuré un sacré lot d'émotions.
Avant, pendant mais aussi… après le concert!

Pour la partie "avant", résumons en disant que, ayant un potentiel billet en trop, j'ai proposé à pas moins de onze personnes de m'accompagner… sans succès. Que le samedi matin, je me retrouvais devant un ultimatum : trouver quelqu'un qui pouvait me ramener chez moi (Aaah, le défaut d'habiter le trou du c** du monde où le dernier bus qui t'y ramène passe à 23h30… Easy quand tu habites en région liégeoise et le concert se termine à Bruxelles à… 22h30) ou dormir dans la gare des Guillemins. Par chance, je trouvais deux âmes bienveillantes qui ont accepté de m'aider à retrouver mon humble demeure. Que Chris et Gilles soient donc encore une fois remerciés pour ce coup de pouce…

Pendant… Aaah mes gens…
Durant la semaine, j'ai expliqué autour de moi que je savais que j'aurai la même setlist qu'à Paris parce que Gallagher – il le reconnait lui-même – est un grand paresseux qui aime conserver ses habitudes. Ce n'est après tout pas pour rien qu'il a écrit une chanson qui s'intitule "The Importance of Being Idle" (L'importance d'être paresseux)…
On m'a demandé quel était dès lors l'intérêt de les revoir… Il y en a deux.
Le premier intérêt est purement numérique : le Zénith de Paris, c'est un peu plus de 6200 places, l'Ancienne Belgique, c'est 2000 places. Il est aussi un peu affectif : même si j'ai apprécié le Zénith et son acoustique assez bonne pour une salle de cette envergure, mon cœur est sévèrement accroché à l'Ancienne Belgique où j'ai vu des artistes tels que les Pixies, Slash, Miles Kane ou encore Lou Reed avant qu'il ne nous quitte.
Le second intérêt est… Noel Gallagher lui-même. Toute personne qui connait un tant soit peu le musicien sait qu'il n'est pas expansif. En concert, il ne parle pas beaucoup, un peu comme Jack White, d'ailleurs. Mais il s'exprime tout de même plus que le génie américain et… de manière plus personnalisée. Chaque concert est différent parce que s'il est avare de paroles, Noel Gallagher observe. Devant lui, dans le fond de la salle, dans les gradins, sur les côtés de la scène, il voit tout… Il semble aussi avoir une sacrée aptitude pour lire sur les lèvres et comprendre ce qu'un fan attend de lui. Donc… comme le public est différent à chaque concert, chaque moment passé avec lui et ses musiciens est toujours un instant "à part", petit bout de vie unique dans une tripotée de concerts.
Voilà donc pourquoi assister à deux concerts de Noel Gallagher's High Flying Birds n'est dé-fi-ni-ti-ve-ment jamais la même chose.

Venons-en à proprement parler au concert… Etant installée du côté droit à Paris, j'avais prévu de le placer cette fois du côté gauche afin d'avoir un meilleur angle de vue sur Russell Pritchard et Jeremy Stacey, respectivement bassiste et batteur. Difficile encore une fois d'atteindre Stacey, un peu trop reculé par rapport aux autres membres du groupe. Par contre, à moins de serrer un jour Pritchard dans mes bras, je ne pense pas que je serais jamais plus proche de lui que ce soir-là : bien que sold out en moins de cinq minutes, en arrivant dans la salle à vers 19h30 (soit une demi-heure avant l'apparition de la première partie), j'étais au second rang à peu près devant lui.
Avant de vous relater du concert, parlons de la première partie, Paul Newsome. Après un début de show intéressant, je me suis malheureusement assez vite lassée car j'avais l'impression d'entendre à chaque fois le même morceau. J'admets que la configuration acoustique n'aide pas à varier la tonalité d'un set… J'avoue également que sur ce point, le fait d'avoir vu une première partie pleine de peps à Paris - qui m'avait bien plu -(Black Rivers, pour rappel) n'a pas aidé.

Paul Newsome...
... et son guitariste.

A l'instar de Black Rivers et de Gallagher, Paul Newsome est originaire de Manchester… mais là n'est pas le seul point commun entre ce beau monde. Parce que si Newsome était à l'AB ce soir-là, ce n'est pas un hasard : c'est même très certainement un choix délibéré de Noel Gallagher himself.
Newsome nous présentait son premier album solo (Electric And Palms) mais est aussi le guitariste de Proud Mary, groupe fondé en 2001 et premier band signé sous le label Sour Mash, label appartenant à… Noel Gallagher. Le groupe a d'ailleurs un sacré palmarès à son actif puisqu'il a tourné avec The Who, Paul Weller (deux amis de Gallagher aussi, tiens!), Neil Young ou encore… David Bowie.
Milieu des années nonante, avant Proud Mary, Newsome faisait partie de The Ya Ya's. Comme tout jeune groupe, ils jouaient sur scène dès qu'une opportunité se présentait. Bien sûr également, ils recroisent toujours les mêmes personnes dans les clubs et festivals où ils se produisent. Ainsi, Paul Newsome devient pote avec le guitariste d'un groupe débutant : les deux bands feront d'ailleurs leurs premiers concerts à Londres ensemble. Ce groupe débutant, c'était… Oasis. Je ne vous fais pas l'affront de vous nommer ledit guitariste…
A noter également que la tête de Paul Newsome me disait quelque chose, comme une impression de "déjà vu". A juste titre puisque Paul apparait dans les vidéos d'In the Heat of the Moment et Ballad of the Mighty I. Mais si… observez bien! Cherchez après le béret! ;)


Petite pause. On observe les techniciens installer le matos de Noel et des High Flying Birds…

Brin de papote entre une guitare et une batterie...

Le groupe arrive, sur la musique instrumentale de Shoot a Hole into the Sun… Comme à Paris, les garçons portent des vestes : Tim Smith porte un blazer bleu à fines rayures assez chic, Mike Rowe porte – il me semble – la même veste qu'à Paris, Russell Pritchard a sur lui une veste kaki boutonnée presque jusqu'au dernier bouton du dessus. A l'inverse, Noel a laissé de côté sa veste de cuir et arrive en polo bleu marine, son pass NGHFB attaché à sa ceinture et pendant négligemment  sur sa hanche droite.

Non, rassurez-vous, Noel Gallagher ne boude pas... ;)

Le groupe démarre Do The Damage avant d'enchainer sur (Stranded On) The Wrong Beach et Everybody's On the Run. Je me rends compte que finalement, les deux albums du groupe ont une sonorité commune, un petit quelque chose qui fait qu'en live, le mélange des albums Noel Gallagher's High Flying Birds et de Chasing Yesterday se fait assez harmonieusement. Après ce trio de chansons, le groupe joue Fade Away qui, bien qu'issue du catalogue Oasis, fonctionne bien dans l'univers NGHFB. J'avais remarqué, sur un ampli à la droite de Stacey un paquet de Kleenex et avait lâché, amusée, à ma copine que c'était certainement pour que Noel puisse se moucher puisqu'il trainait depuis Paris une bonne crève dont il semblait avoir du mal à se défaire. Eeeuh… effectivement, entre deux chansons, il s'est dirigé vers la boite pour en faire bon usage... 

Electric lights...
Concentration optimale pour The Chief...

Gallagher s'avance vers l'avant de la scène, demande à son public s'il va bien et s'éloigne du micro pour tousser un bon coup. Je sentirai parfois, sur certains morceaux, que le chanteur est "sur le fil" au niveau de la voix en raison de ce satané refroidissement. Toutefois, cela ne l'empêchera pas d'assurer tout le long du concert et de conserver une voix qui possède des amplitude et capacité vocales assez impressionnantes par rapport au frère derrière lequel il est resté "caché" autant d'années.
Il annonce qu'ils vont jouer un morceau du nouvel album, qui n'est autre qu'In the Heat of the Moment.
Ici apparait une première différence significative avec le concert du Zénith. A Paris, le public a chanté en chœur le début de la chanson, le refrain, allant même jusqu'à chanter les na na na na na de fin de refrain. Mais là où le public de la salle française s'est arrêté à la fin du premier refrain, la foule de l'Ancienne Belgique a continué plein pot jusqu'à la dernière note de la chanson. Impressionnant, trippant à mort! Le frisson qui démarre du bas du dos pour remonter tout le long de la colonne! Le pire? (Enfin, "pire") Cela n'allait pas être le dernier de la soirée…

Frissons... FRISSONS!

Lock All the Doors surfe sur l'énergie d'In the Heat of the Moment et Riverman apporte un peu de répit après deux morceaux dynamiques, en permettant au public de se reposer avec un titre plein d'harmonie et – osons l'écrire – de douceur musicale.



Visuellement, The Death of You and Me reste peut-être mon moment préféré de tout le concert : ses couleurs rougeâtre, verte et orangée font un beau mélange… La sonorité de ce titre m'a toujours fait penser à une mélodie de foire foraine et l'image de carrousel sur l'écran géant me conforte dans cette impression. Comme à Paris, le brass band est toujours bien présent aux côtés des cinq musiciens mais ce soir, je ne peux que les deviner puisqu'ils sont installés derrière la colonne d'amplis devant moi. Invisibles mais bien là car je les entends à plusieurs reprises durant la soirée…

Alors... elle n'est pas jolie, notre fête foraine à l'Ancienne Belgique?

Ce jour-là avait lieu au stade Roi Baudouin la finale de la Coupe de Belgique qui voyait s'affronter Anderlecht et le Club de Bruges. Précisons que plus tôt dans l'après-midi, certains supporters avaient élu provisoirement domicile sur le Boulevard Anspach, fief de l'Ancienne Belgique. Ils l'avaient tellement bien envahi que leur hyperactivité a poussé les forces de l'ordre à intervenir en fermant l'accès au boulevard et, notamment, l'arrêt de métro le plus proche de l'AB.
Pourquoi vous raconter cela et quel est le lien avec le concert? Et bien… Où qu'il soit, Noel reste un homme de football… même quand des équipes en lice n'ont rien à voir avec la compétition anglaise ou Manchester City, son équipe-fétiche (représentée à l'AB par quelques écharpes, dont une au balcon, qu'il repèrera). Il a donc pris le soin, avant d'entamer You Know We Can't Go Back, de prendre des nouvelles de l'issue du match, remporté par le Club de Bruges.

♫♪ You know we can't go back... Bruges won and no-one can change thaaaat... ♫♪

Champagne Supernova m'offre une seconde dose d'adrénaline pure avec un public qui répond (bien!) vocalement présent encore une fois. Smith assure superbement la partie guitare électrique, la batterie de Stacey et les claviers de Rowe sont ici moins apparents, la basse de Pritchard est elle aussi plus discrète mais en l'ayant sous les yeux, je sais maintenant ce que la guitare à quatre cordes apporte comme plus-value au morceau. Gallagher, lui, gratte la guitare acoustique en nous chantant un de ses grands classiques "Oasisiens". Mais quand il commence à chanter la partie Cos people believe that they've gonna get away for the summer. But you and I, we live and die, the world's still spinning round. We don't know why why why et que l'écran derrière lui montre des visages du public, je me les prends plein pot dans la figure, ces paroles…

Enchainer sur Ballad of the Mighty I était la meilleure des cures puisque cette chanson me fait le même effet que Everybody's on the Run : bonne énergie et un riff qui me fait tripper grave. Cette Gibson ES 355, que j'appelle "la belle rouge", sort déjà des sons incroyables mais le mécanisme en-dessous des cordes permet à Gallagher d'amener des "vibes" qui donnent une saveur additionnelle au morceau. Ainsi, après son solo, lorsqu'il recommence à chanter (Followed you now to the end of the world…), il utilise ce levier pour faire durer la note et la faire 'osciller' avant de rejouer de bonnes grosses notes bien costaudes. WawWawWaw… Sé-dui-te, comme toujours, par la belle rouge.

La "belle rouge"... également la nouvelle bannière du blog
(grâce à 'The C.G'... Encore merci à lui pour ce ptit cadeau!)

Le groupe enchaine sur Dream On avant de jouer The Dying of the Light. Cette dernière est déjà un pur régal sur l'album mais l'est encore plus une fois jouée en live. Si les High Flying Birds sont plongés dans une pénombre bleue alors que Noel est baigné d'une lumière blanche éclatante, The Dying of the Light est une de ces chansons où, si l'on prête l'oreille, on entend chaque "ligne musicale" présente et où on les apprécie à leur juste valeur. C'est grâce à un morceau comme celui-là que l'on a l'extrême certitude que chaque personne sur cette scène est là à sa juste valeur.


Les cinq musiciens enchainent avec The Mexican, extrait du dernier album en date, et jouent ensuite AKA… Broken Arrow. Avant le lancer le morceau suivant, Digsy's Dinner, Gallagher joue avec un des boutons de sa Fender avant de pointer du doigt une de ses pédales d'effet et de lâcher un "f** off" venant du cœur mais pas assez éloigné du micro que pour passer inaperçu, déclenchant un franc rire dans le public. Pas familiarisée avec les pédales d'effet, j'imagine que le son produit par son essai l'a interpellé, qu'il s'est rendu compte qu'une desdites pédales était enclenchée alors qu'elle ne devait pas l'être et qu'il s'est auto-blâmé publiquement. Si quelqu'un d'autre voit une autre explication plus plausible, je suis preneuse…

Un roadie reprend la Fender pour tendre à Gallagher une guitare acoustique. Il remercie le public, se tourne vers Stacey… Les deux hommes échangent un bref regard, Rowe s'est également retourné et a les yeux rivés sur le batteur. Ce dernier tape quatre fois ses sticks l'un contre l'autre, donnant le signal de lancement de If I Had A Gun… Comme à chaque fois, le public démarre au quart de tour et c'est tout l'AB qui chante avec lui. Lorsqu'il chante Love will burn this city down for you (L'amour brulera cette ville pour toi), il baisse les yeux, les pose sur un(e) fan devant lui et acquiesce, genre "eh oui, pour toi!", avant de lâcher un bref sourire. La réaction de la personne a dû être particulièrement expressive puisqu'à la gauche de Noel, Tim Smith se met à rire… Cette chanson, c'est un hymne qui touche fort. Et loin. A chaque fois qu'elle surgit sur mon lecteur, ma réaction est identique : si je suis dans un transport public ou en rue, je mime les paroles de manière automatique; si je suis chez moi, seule dans le bureau ou dans un rayon de magasin, je… chante. Quel que soit l'endroit ou le moment, je me sens "juste" bien. Comme ce soir. A cet instant-là, rien ni personne de mauvais ne peut m'atteindre. J'arbore un large sourire et ce sont "juste" quelques notes de musique qui font… "ça". En fin de chanson, Noel lance son pick de guitare devant lui avant d'aller reposer sa six-cordes devant la batterie de Jeremy.


Petite pause… L'Ancienne Belgique est déchainée et le sol tremble. La dernière fois, c'était pour Slash. Le groupe revient assez rapidement… Gallagher explique alors qu'il lui semble qu'il semble y avoir deux camps distincts dans la salle : des gens à l'arrière, plutôt chauves, et le reste de la salle. Il enjoint alors les premiers à descendre en bas avec les Birds down there ("chéries" d'en bas). Il souhaite alors leur dédier le prochain morceau, qui n'est autre que… Don't Look Back in Anger. Une façon comme une autre de s'excuser de leur avoir rappelé que tout le monde ne bénéficie pas d'une capillarité éternelle, cher Noel? Je ne sais pas s'ils ont ri mais… moi oui!
L'AB bouillonne et le So Sally can't wait est renvoyé partout, absolument partout… Noel se retourne vers Pritchard et l'expression sur son visage veut tout dire. Il montre, avec une seule mimique, que là, maintenant, la salle envoie sacrément bien et que cette ambiance sympa semble lui plaire… Il reprend un visage sérieux mais pas longtemps. Pendant le solo de Tim, il lance un regard vers la droite de la scène, repère quelque chose et sourit. Oui, vous avez bien lu: Noel Gallagher a lâché un bon vrai sourire. Que j'ai pu capturer en photo. Et en vidéo. Entre nous, j'ai maintenant l'impression d'avoir capté des images collectors. :D

THE collector... la photo où Noel Gallagher sourit. ;p)

Le groupe joue ensuite l'excellente AKA… What A Life! Avant d'entamer le dernier morceau, Gallagher remercie son public, le remercie doublement même puisque pas mal de gens se sont donnés la peine d'acheter un T-shirt, dit-il. Il repère devant lui quelqu'un qui semble lui faire un mouvement comme s'il/elle jouait de la guitare et lui demande ce qu'il/elle veut. Il finit par comprendre que la personne souhaite en fait avoir son pick de guitare. En bon taquin, Gallagher, ledit pick entre le pouce et l'index, s'adresse à son interlocuteur en lui disant qu'il n'y a aucun moyen possible de garantir que le pick atterrisse dans sa main. Il est fort probable que ce dernier lui ait fait signe de venir près de lui parce qu'il enchaine rapidement en disant qu'il ne descendra pas parce qu'il a le vertige et qu'il est, en plus, aveugle et qu'il risque de tomber. A défaut d'avoir un pick de Gallagher, ce fan aura au moins eu un moment privilégié avec son idole.
Gallagher enchaine en annonçant qu'il reste une seule chanson, provoquant une réaction unanime de déception de la part de la foule. Il répond en signalant que ce n'est pas lui qui fixe les règles du jeu avant de présenter ses quatre compagnons d'aventure, y allant même de sa petite taquinerie sur la poitrine douloureuse de son batteur et de la façon de saluer de son claviériste, à tel point que lorsque Gallagher présente Tim Smith, celui s'avance lentement vers l'avant de la scène, comme s'il redoutait sa propre sentence… qui ne viendra finalement pas.

Russell Pritchard (basse), serein et, en arrière-plan, Jeremy Stacey (batterie) au repos

Le groupe termine en beauté ce concert avec The Masterplan, avant de regagner l'ombre des coulisses de l'AB.


Voilà… c'est fini. Enfin… pas tout à fait. Il me reste à vous parler, comme promis, des émotions APRES le concert.
Rendez-vous était donné près de la régie son à mes deux compagnons de retour. Où nous nous sommes effectivement retrouvés. L'occasion pour moi de les présenter à un groupe d'amies, dont une avait permis à l'un d'eux d'assister au concert en lui filant une place. Je leur signale que je souhaite dire au revoir à une autre amie avant de partir… Sauf que. Je ne les ai plus retrouvés. Et que j'avais beau essayer de joindre mon pote, je tombais sur un "biiiiip d'injoignabilité". Que se passe-t-il dans ces cas-là? Et bien… on a le cerveau qui fonctionne 20.000 fois plus vite qu'à l'accoutumée, on checke les heures de train vers Liège tout en essayant encore de toucher l'ami injoignable. Les pieds dans le métro, je reçois un SMS d'une amie me signalant qu'ils sont avec elle à la gare. La gare? Comment ça la gare? Donc… ils étaient venus à Bruxelles en train et la voiture se trouvait en fait à Liège, chose à laquelle je n'avais jamais pensé. Arrive un autre SMS "T'as 5 minutes pour avoir le train". Non, non, pas de pression du tout. Je sors du tram comme une folle qui aurait ses fringues en feu, monte l'escalator trois par trois (et c'est un sacré défi, croyez-moi!). Persuadée que l'entrée des quais est à droite, je bifurque et, toujours en courant, vois un put*** de panneau précisant "sortie ville et gare des bus". Raaaaaaaah… je cavale deux fois plus vite et fais donc un tour complet de l'ilot du métro, repassant devant ceux qui touchaient à peine du pied le quai l'étage en-dessous alors que j'étais déjà au-dessus de l'escalator. Re je monte les escalators quatre à quatre pour arriver sur le quai de gare. Je suis pliée en deux, mains sur les genoux… c'est officiel, j'ai surement l'air d'une évadée d'un asile! Une fois dans le train, je retrouve les copains et... m'écroule en leur disant de me laisser vingt minutes pour récupérer. Encore aujourd'hui, quand je revois la scène, je ris… Emotions, quand vous nous tenez!

Je comptais terminer en évoquant le tollé créé suite à un post de Gallagher sur son site mais en parlerai peut-être plus tard. Ou pas. Parce que je ne veux pas terminer ce live report sur une note négative alors que j'ai passé un si bon moment. Parce qu'aussi, quand on y pense bien, il y a des choses plus intéressantes qu'argumenter sur un sujet qui, finalement, n'est qu'un grain de poussière dans l'univers.
En conséquence, plutôt que de perdre mon temps en argumentations, je l'ai passé à plancher sur un autre sujet que je ne manquerai pas de vous proposer une fois mes investigations terminées. Un sujet encore une fois très "Gallagherien" mais sous un angle différent. Suite au prochain numéro… ;)





Setlist :
-         Do The Damage
-         (Stranded On) The Wrong Beach
-         Everybody's On The Run
-         Fade Away
-         In The Heat Of the Moment
-         Lock All The Doors
-         Riverman
-         The Death Of You And Me
-         You Know We Can't Go Back
-         Champagne Supernova
-         Ballad Of The Mighty I
-         Dream On
-         The Dying Of The Light
-         The Mexican
-         AKA… Broken Arrow
-         Digsy's Dinner
-         If I Had A Gun…
Encore
-         Don’t Look Back In Anger
-         AKA… What A Life
-         The Masterplan



mardi 18 décembre 2012

L'histoire de... Keith Richards et les X-Pensive Winos

C'est l'anniversaire de Keith Richards aujourd'hui, mes gens... 69 bougies, ça fait beaucoup sur un gâteau! Même si j'ai toujours de sacrés griefs contre lui et ses ptits potes concernant le prix des billets de leurs séries de concerts célébrant leurs 50 ans de carrière, je me suis dit qu'un petit article était de mise pour cette occasion.

Je ne suis pas fan absolue des Stones. La faute à papa qui, quand j’étais gosse, me mettait plus souvent les Cafards dans les oreilles que les Pierres Qui Roulent. Remarquez, les Beatles, c’est pas mal non plus. Mais quand on veut un jour s’intéresser aux Stones, ça peut vite virer au cauchemar : 29 albums studios, 17 live, 107 singles. Je me retourne vers une compilation alors ? Ouais, pas gagné non plus vu le nombre impressionnant de compils qui sortent à gauche et à droite. La dernière en date, baptisée GRRR! est d'ailleurs sortie le mois dernier. GRRR! est poussé par l'excellent single "Doom And Gloom", dont la vidéo est réalisée par Jonas Åkerlund, grand habitué des clips musicaux. En guest dans le clip, Noomi Rapace, connue pour avoir interprété Lisbeth Salander dans la version suédoise de la série de films "Milennium". Raaaah... mais qu'il est tout bon ce morceau!!


Pour la petite histoire, je finirai par plus m’intéresser à l’histoire du groupe qu’à leur musique pour finir par tomber amoureuse de Keith Richards. De sa personnalité plutôt. Parce que celui-là, c’est un sacré bonhomme ! Et sa discographie est bien plus courte. Trois albums, dont un live. Albums pour lesquels il a bénéficié de l’apport musical de ses potes, les X-Pensive Winos… Bref, c'est l'anniversaire de Keith et comme c'est "son" jour de l'année, concentrons-nous surtout sur lui en dehors de ce groupe mythique qui l'a fait connaître pour explorer une partie parfois moins connue de sa vie musicale...

Keith Richards et les X-Pensive Winos
Si Keith se lance dans ce projet, c’est suite à un désaccord artistique. En effet, dans les 80ies, Mick Jagger et Keith ne sont plus d’accord sur la direction à donner au style des Stones : si Mick veut s’adapter à l’ère du temps, Keith veut rester fidèle aux racines musicales du groupe. Au final, Mick finira par s’intéresser plus à sa carrière solo que de promouvoir l’album « Dirty Work » sur une tournée. Cette décision va plus ou moins « forcer » Keith à se lancer lui-même une carrière solo… chose qu’il n’avait jamais voulu ou envisagé au départ !

C’est « Dirty Work » qui sera à l’origine de sa collaboration avec le batteur Steve Jordan. Je ne vous apprends rien si je vous dis que la vie de chacun des Stones a régulièrement été ponctuée de soucis liés à certaines substances dites illicites. En 1986, c’est le batteur Charlie Watts qui est dans les choux (y compris les choux gras de la presse) et le groupe fait donc appel à Steve Jordan pour le remplacer. Richards sera séduit et emmène le batteur avec lui à Detroit afin de bosser sur la reprise de Jumpin’ Jack Flash pour Aretha Franklin. Sur le chemin du retour, Jordan supplie Richards de le laisser participer au projet que le Stone est en train de mettre sur pied : Watts étant toujours indisponible, Steve Jordan apparaîtra donc dans « Hail! Hail! Rock 'n' Roll », film-concert dirigé par Taylor Hackford (réalisateur de « L’Avocat Du Diable » ou, plus récemment, de « Ray ») où apparaissent Etta James, Robert Cray, Julian Lennon ou encore Eric Clapton… Ce concert est un hommage à Chuck Berry, une des idoles de Keith Richards…

Steve Jordan
Bref, l’entente est telle entre le batteur et le guitariste qu’au moment de penser à une carrière solo, il rameute Jordan… et quelques autres amis dans la foulée. Les X-Pensive Winos sont en fait six, en ce compris Jordan… Et vous allez voir, les cinq autres ne sont pas non plus à proprement parler des jeunes premiers.

Honneur aux dames avec Sarah Dash… Sarah a fait partie du groupe Labelle, groupe féminin qui, en 1967, était considéré comme l’un des plus sexuellement et politiquement engagés. Et agir ainsi en 67 tout en étant des femmes, c’était une sacrée révolution ! En 1973, elles feront la première partie de The Who et l’année suivante, sortiront ce qui reste leur plus grand succès, remit au goût du jour grâce au film « Moulin Rouge » de Baz Luhrmann. Vous ne pensiez pas sincèrement que « Lady Marmelade » était une chanson d’Aguilera, Mya, Pink et Lil Kim? Elle rencontre Keith début des années 60 quand son groupe fait la première partie des Stones et ils sont depuis restés amis.

Sarah Dash
Waddy Wachtel est un guitariste new-yorkais aux grandes facultés d’adaptation quant au style de musique qu’il joue… ce qui fait de lui un musicien demandé par des artistes venant d’horizons différents. Il a ainsi travaillé avec Carole King, Bryan Ferry, Bob Dylan, Tom Waits ou encore Lindsey Buckingham et Stevie Nicks avant qu’elles ne rejoignent Fleetwood Mac. Il a notamment été musicien pour la bande originale du film « L’aventure du Poséidon » (la version de 1972) et apparaît même dans le film lors de la scène dans la grande salle à manger au moment dit critique du film. Petite particularité de ce guitariste : s’il joue comme un droitier, il est gaucher ! Il aurait très bien pu se la jouer Jimi Hendrix ou Paul McCartney si son professeur ne l’avait pas forcé à jouer « à l’envers ».

Waddy Wachtel

Bobby Keys est une figure musicale indiscutablement liée aux Stones puisqu’il a été leur saxophoniste sur chaque album et (presque) toutes les tournées entre 1969 et 1974 et depuis 1980… Keys est aussi un artiste demandé puisqu’il a bossé avec Joe Cocker, Chuck Berry (Tiens, tiens…), Barbra Streisand, Eric Clapton, John Lennon ou encore Lynyrd Skynyrd… Et visiblement, Richards et lui sont copains comme cochons quand il s’agit de faire des coups foireux puisqu’ils ont été filmés lors de la tournée ‘72 des Stones en train de balancer une télé par la fenêtre d’une chambre d’hôtel. Le fait que ces deux-là soient nés exactement le même jour aurait-il une incidence ? Allez savoir… Et donc, un très bon anniversaire à Bobby qui célèbre lui aussi ses 69 ans aujourd'hui!

Bobby Keys
Ivan Neville, claviériste, est entré dans la carrière de Richards via les Stones lorsqu’il contribue à l’album « Dirty Work ». Il continuera l’aventure avec le célèbre « Voodoo Lounge » (1994). Il a fait partie du groupe Spin Doctors, groupe qui avait sorti la chanson « Two Princes » en 1991. Il a aussi enregistré des albums qui n’ont jamais eu de succès, si ce n’est sa chanson « Why Cant I Fall In Love », popularisée grâce au film musical « Pump Up the Volume » (1990).

Ivan Neville
Charley Drayton a été le percussionniste des Stones sur l’album… « Dirty Work » (une mine d’or, cet album!). Si Drayton est ici aux percussions, il faut savoir qu’il est aussi batteur et bassiste. Il a ainsi travaillé pour Johnny Cash, Iggy Pop, Seal, Courtney Love, Janet Jackson… avant d’intégrer les Divinyls en tant que batteur.

Charley Drayton
Voici donc les X-Pensive Winos… Mais que veux finalement dire ce nom ? Et bien disons que si c’est Keith qui l’a choisi, il ne manque définitivement pas d’humour car on pourrait traduire par les « soûlards qui coûtent cher »… Autant vous dire que le trait imaginatif du jeu de mots m’avait donné envie d’aller en savoir plus sur ces cocos !

Quel avenir pour les Winos qu’on n’a donc plus vus depuis l’album « Main Offender » de 92 ? Et bien, en mai 2011, des rumeurs ont circulé disant que le groupe s’était retrouvé et avait passé quelques heures en studio… Il se pourrait donc bien qu’il y ait quelque chose qui cuise au coin du feu ! Mais alors là, pour quand…

Je me rends compte à ce stade que je n’ai pas beaucoup parlé de Keith sur cette chronique, tout simplement parce qu’il y avait beaucoup à dire sur le reste de l’équipe et sur le contexte de ce projet solo.

En même temps, qui n’a jamais entendu parler de Keith Richards, de sa vie et de ses frasques? Qui ne connait pas ce style vestimentaire propre et cette personnalité qui ont inspiré Johnny Depp pour son interprétation de Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes ? Qui ne se souvient pas de ses participations aux 3ème et 4ème opus de la franchise ? Suffisamment en tout cas que pour activer les cordes vocales des aficionados du British dans les salles de cinéma lors de ses apparitions brèves mais flamboyantes… dont les miennes!

Johnny Depp, Martin Klebba et Keith Richards
L’entente entre le guitariste et Johnny Depp serait telle que le comédien prendrait la barre pour réaliser un documentaire sur Keith. Le tandem se serait apparemment déjà réuni pour plusieurs entretiens et 35 heures de rushes seraient déjà disponibles… Ce serait la seconde réalisation de Depp, quatorze ans après The Brave. Et pourquoi pas ?

En 2009, Keith et Jack White des ex-White Stripes se sont retrouvés pour gratter la guitare et ont enregistré quelques chansons. Jack avait été invité par les Stones lors de leur show « Shine A Light », réalisé par Scorsese en 2005. On ne sait pas encore à ce jour si cette collaboration va donner le jour à un quelconque album et là, encore une fois … POURQUOI PAS ???

Keith, Jack White et Mick
Fort de cet humour très anglais, Keith Richards a parfois eu des paroles que certains pourraient considérer comme malheureuses ou choquantes mais que je trouve savoureuses quand on est une légende du rock’n’roll. Jessica Pallington West a repris une grande majorité de ces citations dans son bouquin « What Would Keith Richards Do?: Daily Affirmations with a Rock and Roll Survivor ».
J’en ai fait l’acquisition et me suis régalée… Son autobiographie a d’ailleurs rejoint ce recueil de « pensées Keithiennes » et je ne manquerai pas de vous exposer le véritable casse-tête que la lecture de ce bouquin a provoqué chez moi dans une prochaine chronique…
Je me demande si Richards a ces bouquins dans sa bibliothèque géante…

Ne finissons pas cette chronique sans proposer une chanson de Keith et de ses pochetrons de luxe…



lundi 29 octobre 2012

Slash (feat. Myles Kennedy & The Conspirators) – Ancienne Belgique (17/10/2012)


Aaah il fallait me voir en août dernier lorsque j’ai reçu l’info : j’étais en vacances à Lacanau Océan, en France, et faisait le tour de la table sur la terrasse en lâchant à tout va « Slash vient chez nous! Slash vient chez nous! Slash chez nous! » sous le regard médusé de mes oncle et tante qui connaissent ma passion pour la musique mais qui n’avaient jusque-là jamais eu l’occasion de voir l’effet qu’une simple info pouvait me faire…
Cela dit… Il fallait aussi me voir deux jours plus tard sur cette même terrasse en train de pester et de taper du pied de rage parce que je n’avais pas de connexion internet sur place et que je n’avais donc pas su avoir de places et que c’était… « sold out ». J’en aurais pleuré !
Vous devez sans doute maintenant  vous dire « Mais comment peut-elle faire une review du concert sans place ? ». Et bien… Une fois rentrée en Belgique, j’ai demandé à quelques amis d’ouvrir grand les yeux et les oreilles concernant ce concert. Et au bout du compte… me voici avec deux places et un nouvel ami dans la foulée ! (Et re-sauts… autour de la table du salon, cette fois !)
A ce titre, j’adresse donc un énoorme merci à Sabrina et Christophe pour m’avoir filé un gros coup de pouce. Rock’n’Roll bless you, les potes !

Entrons dans le vif du sujet… Avant Slash et ses potes, une première partie qui dépote, Ginger Wildheart. Six membres, cing gars et une fille, qui assurent sur scène et au son indéniablement très rock’n’roll.
Première constatation, la balance son est nickel. Ca s’entend… et ça se voit : j’ai sous les yeux l’instrument de mesure de l’AB. Au cours de toute la soirée, tant la première partie que Slash & Co feront preuve de respect envers le public en ne l’exposant jamais à un excès de décibels. Ceux qui pensent que le hard rock est le meurtre assuré des oreilles en seront pour leurs frais ce soir. J’ai passé l’entièreté de la soirée sans avoir eu besoin de mes bouchons d’oreilles et ai apprécié chaque seconde et chaque note de musique de ce concert. Monsieur l’ingé-son de Slash, je t’aime… 
 
Ginger Wildheart a un bon contact avec le public qui se prête volontiers à leurs jeux : ils nous enrôlent pour les aider sur les chœurs d’une chanson en assurant la partie « Whole Whore » et, lorsque Todd Kerns, le bassiste de Slash, les rejoint sur scène, ils jouent « The Revolution Will Be Televised » et nous demandent de scander son nom tandis que chaque membre de Ginger Wildheart modifie la chanson d’origine et adresse un couplet à Todd… qui, à voir sa tête, ne s’y attendait pas vraiment! Chouette moment !
Certains morceaux m’ont méchamment rappelé un côté « Green Day ». Pour la musique jouée, notamment, mais également parce que les six membres du groupe effectuaient des petits sauts comme Billie Joe Armstrong sait si bien le faire.

 
Petite pause avant l’arrivée de Slash et de ses potes. J’en profite pour filer au stand merchandising acheter les deux albums de Ginger disponibles et au retour, constate à quel point je suis entourée de rockeurs dans l’âme : autour de moi, j’ai des T-shirts Motorhead, AC/DC, Led Zeppelin… Je repère même dans la foule un « frère » qui porte un T-shirt Sixx AM, side project de Nikki Sixx de Mötley Crüe avec James Michael au chant et DJ Ashba à la guitare. Vous savez, DJ… l’actuel guitariste des… Guns N’Roses (Ironie, ironie…). Bon, question fringues, je ne vais pas la ramener : je porte un T-shirt des Sex Pistols. Cela dit et pour votre info, je n’ai repéré dans la foule aucun T-shirt « I hate Axl »…
 

Salle comble...
 
Une fois que les techniciens ont assuré leur partie à eux, place aux artistes. On entre très vite dans le vif du sujet lorsque Myles nous demande si on est « ready to f**ing roll ». Tu parles mon vieux qu’on est prêts ! Démarrage avec « Halo » où les musiciens envoient un max. Frank Sidoris, le guitariste et Todd Kerns font des signes au public ; Slash, lui, se tient comme à son habitude à droite de la scène, imperturbable et concentré.
 
Le groupe enchaîne directement sur « Nightrain » des Guns pour lequel le guitariste chapeauté nous dispensera un solo d’enfer comme il y en aura tant ce soir-là. Lors de ces solos, il quitte généralement son côté de scène et s’approche du centre pour le plus grand régal des photographes présents ce soir-là. Après son premier solo, Slash obtient de son public des tapes dans les mains, des cris et des « hey hey hey » scandés comme si la foule n’était qu’une seule et même personne.
Lors du morceau, je repère une vigile de piquet juste devant la scène, pro jusqu’au bout des ongles : imperturbable et stoïque comme pas deux. Mais pour combien de temps encore étant donné l’ambiance déjà bien présente au bout du second morceau ?
 
Démarre alors « Ghost », extrait du premier album solo de Slash, sorti en 2010. Pour le coup, je ne peux pas m’empêcher de regarder Slash et d’être admirative devant la dextérité de ses doigts sur les cordes. J’entends bien le son de la voix de Myles, je vois bien que Todd, Frank et Brent Fitz, le batteur, assurent la partie chœurs de la chanson mais tout ce que je vois, c’est la vitesse à laquelle les doigts du grand bouclé bougent sur les cordes. D’autant que la version que nous avons en live me semble encore un tantinet plus accélérée par rapport à sa version d’origine, demandant dès lors une maestria d’autant plus précise. Wow !
 

 
Sur « Standing In The Sun », Slash quitte son côté et se positionne près de son batteur, chose qu’il fera à plusieurs reprises lors de la soirée. Lorsqu’arrive son solo, il échange sa place avec Myles Kennedy. Todd vient se placer à la gauche de Slash, Frank à droite et les deux guitaristes balancent la tête de bas en haut, tels les rockeurs qu’ils sont, envoyant dans la foulée une masse capillaire impressionnante. Parce que dans le monde de Slash, un rockeur aux cheveux courts n’est probablement pas un vrai rockeur. Même si on peut difficilement égaler Slash en termes de masse capillaire. J’ai beau chercher, je ne l’ai jamais vu avec des cheveux courts et encore moins non bouclés. Je l’ai aussi rarement vu sans chapeau et me demande, comme tant d’autres, comment ce dernier fait pour tenir sur cette impressionnante tignasse. Cela dit, ce couvre-chef fait partie intégrante du guitariste et de son monde : que ce soit sur les couvertures de ses albums solos, que ce soit sur les T-shirts ou encore sur la toile en arrière-fond de la scène, le chapeau est présent. Je suis prête à parier qu’il se fera enterrer avec !
 

Cherchez le chapeau, cherchez...
  

Sur « Back From Cali », Myles improvise et réajuste la chanson, le temps de glisser un « Brussels » dedans tandis que Slash fait des ronds en tapant du pied, le tout sans jamais perdre la note.
Lorsque le groupe joue « Been There Lately », un des morceaux de Slash’s Snakepit – un groupe side-project de Slash – je me rends compte que si le concert est sold-out, je n’ai toutefois jamais vu l’AB aussi remplie. En bas, c’est full ; les places assises sont toutes occupées et il y a du monde au balcon. Aux deux étages. On trouve même des fans agenouillés devant les premiers rangs des places assises, avec juste la tête qui dépasse du bord du balcon pour ne pas occulter la vue des gens assis derrière eux. On est nombreux mais on a tous sa place, en gros. 
 
Tous les gens présents ce soir-là le prouveront d’ailleurs à maintes reprises : il n’aura par exemple fallu que quelques secondes pour que le public reconnaisse « Civil War », au grand dam de Myles qui lève le pouce, genre « Waw, les gars, vous m’avez eu sur ce coup-là », lorsque la foule accompagne la mélodie en y posant des « Oooh ohhh ». Après son solo, Slash nous prouve encore une fois qu’il maitrise les cordes de guitare comme un pro et ajoute des effets en la levant vers le ciel ou en la faisant légèrement osciller pour rendre le son plus vibrant encore… Fin de chanson, un regard vers Brent et BAM, fin de la chanson.
 
Slash reste au centre de la scène tandis que les autres sont en retrait… Dans la fosse, j’en vois deux qui planent littéralement sur la foule avant de se faire choper par les vigiles. Et puis… Slash reprend sa guitare bien en mains et démarre. Les doigts touchent les cordes et devant lui, les bras sont levés. Pas pour applaudir. Pour sortir les téléphones et capter un moment unique. Le public ne crie plus, le public qui n’a pas de caméras sur son téléphone ne tape pas dans les mains. Le public écoute religieusement ce solo, comme envoûté. J’avoue que je suis moi-même complètement captivée par ce morceau, notamment par sa longueur. A côté de ce solo, les presque huit minutes de la version basique du thème de l’Exorciste paraissent assurément ridicules. Et pendant ce temps-là, ses comparses tiennent la mélodie de base en boucle sur laquelle Mr Saul Hudson – le véritable nom de Slash – pose ses propres notes : on s’emballe, on monte dans les aigus, on redescend dans la tonalité, on se détend… On passe tout bonnement par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel mélodique.
Slash se dirige alors vers les amplis situés dans le fond de la scène et attrape un bottleneck pour finir le morceau en mode « slide ». Frank et Todd le rejoignent, suivi de près par Myles et le groupe termine le morceau comme un seul homme.
A la fin de la chanson, c’est l’Ancienne Belgique toute ancienne qui lève les bras et scande le nom du guitariste. Là, je réalise que ce mec n’a pas un public devant lui mais une armée entière, toute dévouée à sa cause, quel qu’elle soit. Pour toute personne extérieure, cela pourrait avoir quelque chose d’inquiétant mais pour la fan de musique que je suis, c’est fascinant… d’autant qu’on ne sent peser aucune menace réelle. Je peux vivre centenaire, je me souviendrai toujours de ce moment-là, même si je sais que je vivrai encore de nombreux frissons musicaux d’ici mes cent ans.
 
Slash est probablement la star de ce soir mais Myles Kennedy sait également mener la foule. Lorsqu’il enjoint le public à frapper dans les mains pour bien démarrer « No More Heroes », celui-ci se prête volontiers au jeu. « No More Heroes » est une des (nombreuses !) chansons qui donne à Myles l’occasion de prouver à tous à quel point il assure vocalement. Sous une apparence plus ou moins passe-partout, le chanteur a un coffre incroyable et épatant. Et un côté sympa qu’on ne peut pas négliger lorsqu’il s’approche à plusieurs reprises du public pour lui taper dans les mains. Dans toute son humilité, on le voit plusieurs fois poser les mains sur ses hanches, nous regardant et secouant la tête, visiblement surpris par l’accueil que les belges leur avaient réservé.
 

  

Myles quitte alors la scène… pour céder la place à Todd Kerns qui va assurer la partie chant sur « We’re All Gonna Die » et « Out Ta Get Me ». Le bassiste s’en donnera à cœur joie sur les deux morceaux… notamment sur « We’re All Gonna Die » où il obtient un assist d’enfer de Slash qui… si, si, je vous l’assure, chante ! OK, c’est le refrain et ce sera une de ses rares contributions chantées de la soirée mais ça mérite d’être souligné ! Face à face, Todd et Slash se partagent le micro. Frank occupe la partie gauche de la scène avant d’être rejoint par Todd tandis que Slash se dirige vers son batteur. Fin de la chanson, le trio de guitaristes se tourne alors vers leur batteur qui finit la chanson en beauté dans un gros éclat de cymbales.
 
Après la prestation de Todd, Myles revient sur scène et les deux hommes se frottent les mains l’un de l’autre, une fois dans un sens, une fois dans l’autre ; signe de la complicité entre les deux chanteurs… Avant d’enchaîner sur « Not For Me », Slash nous gratifie d’un solo basé sur le morceau « Jazz Odyssey ». Cette fois, Slash restera de son côté de la scène pour envoyer son solo aux fans postés devant lui depuis le début de la soirée.
 
Moment plus doux ensuite avec « Starlight ». Enfin, doux, c’est beaucoup dire parce qu’une fois que le refrain arrive, ça envoie ferme, autant musicalement que vocalement. Cette chanson, présente sur le premier album de Slash, était l’une des deux contributions vocales de Myles et allait marquer le début d’une belle aventure humaine… et musicale. A la fin de la chanson, pendant le microscopique temps mort, Myles et Slash échangent un regard et, telle une machine bien rôdée, l’un comme l’autre assure comme un pro sa partie. Pas une fausse note, pas un temps de retard, c’est nickel et c’est que du bonheur ! 
 
Question morceaux instrumentaux qui tuent, nous n’étions pas encore au bout de  nos peines. Quoique « peine » ne soit pas le terme adéquat ici. Vraiment pas. Slash s’avance sur le devant de la scène. Myles a entretemps attrapé une guitare et se place devant la batterie avec Todd et Frank. Et puis, là, mes enfants…
Beaucoup de musiciens s’accordent pour dire que beaucoup de styles musicaux trouvent finalement leurs racines dans le blues. Clapton et BB King sont deux parfaits exemples d’artistes profondément imprégnés de musique blues et en ont fait leur signature musicale au fil des décennies. Pourquoi cette parenthèse sur le blues alors que je suis en plein concert rock ? Et bien… Le monde du rock n’a certes pas la même sensibilité que le monde du blues mais pourtant, il s’avère que les rockeurs sont eux aussi bien souvent de fins amateurs de blues. Slash l’est, du moins. Il nous l’a prouvé ce soir-là en nous délivrant une prestation épatante dans un genre musical qu’on lui connait évidemment moins. A tort d’ailleurs.
Je ne sais toujours pas comment ce type fait… Est-ce un morceau blues qui avait été écrit au préalable, peut-être dans un coin isolé chez lui ou s’approche-t-il du devant de la scène en laissant ses doigts « juste » glisser sur les cordes au fil de ses émotions chaque soir de tournée ? Je ne sais pas. Et peut-être que quelque part, je ne veux pas savoir. Je fais comme tout le monde. Je savoure le moment en écoutant ce morceau. Probablement autant que lui en le jouant.
 

  

Je remarque d’ailleurs que sa façon de jouer a fini par faire perdre son stoïcisme à la vigile dont je vous parlais au début de cet article. Lors du morceau, il se retourne et jette un regard vers le grand bouclé et sa guitare. Cela dit, j’avais repéré que le bonhomme s’était déjà retourné sur « Civil War » et « We’re All Gonna Die », désirant visiblement finalement profiter un peu aussi du spectacle. Ce n’est pas moi qui vais lui jeter la pierre… Je réalise cependant la frustration que doit parfois certainement entraîner ce genre de job où tu as le nez tourné vers le public quand les autres peuvent, EUX, regarder la star sur scène. 
 
« Apocalyptic Love », le second album de Slash comporte deux chansons à prénoms : Anastacia et Carolina, une bonus track. Le groupe avait joué « Carolina » à Brixton et Newcastle et je m’attendais à la voir intégrée à la setlist. J’apprécie le morceau pour son côté à la fois groovy et très rock’n’roll tandis qu’ « Anastacia » reste plus du côté rock’n’roll de la musique. Ce sera probablement ma seule et – très – minime déception : Carolina ne fait pas partie de la setlist. Anastacia fait l’affaire, bien sûr, mais je préfère l’autre chanson. Rassurons-nous, je n’ai pas boycotté le morceau en me bouchant les oreilles et en fermant les yeux et ai profité du moment. De chaque moment de la soirée, pour être honnête.
 
Après « Anastacia », « You’re A Lie », le morceau qui me donne une pêche d’enfer ! Lancé une fois au bureau en période de vacances scolaires, où je décidais de semer le trouble dans un étage bien trop calme à mon goût en augmentant un chouïa le volume habituel de ma radio, le tout en chantant à tue-tête. Qui a dit que Slash n’était pas idéal pour faire le tri dans ses armoires ? Ne me prenez pas pour une quelqu’un qui dérange l’ordre public, hein… J’étais de permanence et donc seule dans l’étage... Si je m’écoutais, je balancerais volontiers de la musique dans tout l’étage toute l’année mais la vie en société fait que, parfois, faut savoir un peu se tenir. Question d’éthique professionnelle, après tout. Par contre, question fringues, rien ne dit dans le règlement de travail qu’on ne peut pas porter de T-shirts rock’n’roll… Sur ce coup-là, notre cuistot, se… euh hum... se régale toujours à l’avance de me voir revenir de concerts pour mieux apprécier mes T-shirts. Mais tu sais, Fred rien… tout ça, c’est bien au-delà des T-shirts, c’est un truc ancré bien profond. C’est ptèt ça qu’on appelle une âme. J’pense que la mienne est musicale. Sinon, je n’aurais pas été là ce soir…
Bref, revenons à notre… plat de résistance de ce soir, shall we ?
 
Démarrage de « You’re A Lie » sur les chapeaux de roue : le riff de guitare qui tue, suivi de la rythmique démente de batterie tandis que Frank et Todd haranguent le public, la chanson est lancée ! Avant que Myles ne commence à chanter, une pauvre tache dans le public lance un gobelet vers la scène et Slash se ramasse le contenu plein pot sur la tête. On en aurait qui, pour moins que ça, auraient balancé leur guitare au loin et quitté la scène… Slash ? Il ne se laisse même pas démonter et continue la chanson comme si de rien n’était. En même temps, en 30 ans de carrière, j’imagine qu’il a vu pire qu’un gobelet sur le chapeau !
Quant à la chanson… elle est aussi efficace sur une scène que dans une voiture... ou un bureau. Quelle énergie ! Energie d’ailleurs aisément transmise au public qui saute, qui tape dans les mains. Dé-chai-nés !

 

Nouveau riff de guitare pour débuter une chanson. Une chanson que toute personne dans la salle connait assurément… « Sweet Child O’ Mine ». Elle la maîtrise tellement bien que lorsque Myles lève le bras, c’est la salle toute entière qui lui répond « Sweet Child O’ Mine… Oh oh oh oooh »… Et il nous montre son plus beau sourire et nous salue. La « Slash Army » lui refera d’ailleurs le coup sur la partie « Where do we go now »… Fin de la chanson, Slash donne un coup de poing sur le côté de  sa guitare et, tandis que Todd applaudit le public, tient la note jusqu’au bout, jusqu’à son extrême limite avant de clôturer en beauté ce grand classique des Guns.
Si j’ai au cours de la soirée constaté à plusieurs reprises la qualité des capacités vocales de Myles Kennedy, « Sweet Child O’ Mine » m’a aidé à faire un autre constat, tout personnel qu’il soit.
La voix d’Axl Rose a toujours été un signe distinctif chez les Guns mais sur ce coup-là, la voix de Myles Kennedy a une tessiture et une capacité telle qu’il peut techniquement et sans difficulté remplacer Axl Rose. « Chapeau » bas à Slash donc de s’être associé à ce chanteur qui lui permet de faire perdurer le côté Guns de sa carrière sur scène.
A l’inverse, et malgré l’énorme respect et tendresse que j’ai pour DJ Ashba, le style de Slash, sa façon de jouer font que sans lui, les Guns… ne sont plus vraiment les Guns.
C’est bien sûr un avis personnel mais cela étant, j’ai souvent vu sur le Net que les fans trouvaient qu’Axl aurait dû changer le nom du groupe parce que Slash n’en faisait plus partie. Alors que je ne me souviens pas avoir un jour lu que l’on reprochait à Slash d’avoir été un autre chanteur pour interpréter sur scène des morceaux des Guns… Et ça, c’est moche pour Axl. 
 
A la fin de « Sweet Child », Myles présente tous les membres du groupe et c’est à ce moment-là que... OUI, IL PARLE !! C’est Slash lui-même qui nous présente Axl… euh pardon… Myles.
Le groupe enchaine alors sur « Slither », une chanson de Velvet Revolver, autre side-project de Slash, où le public connait son moment à lui : les « hey » de la chanson, c’est lui  qui s’en charge…
Sur ce morceau, j’ai un méchant éclat de rire… Mon regard se porte à nouveau sur la pauvre vigile qui, cette fois, doit encore une fois attraper une personne dans le public qui « surfe ». Sauf qu’il ne le chope pas dans le bon sens. Du coup, les voilà en position 69, le pauvre surfeur tête en bas et la vigile tenant tant bien que mal de l’empêcher de finir la tête fracassée sur le sol de l’AB. 
 
Clap de fin. Pendant que Franck et Todd balancent les médiators de guitare au public, chose qu’ils ont d’ailleurs fait tout au long de la soirée à de nombreuses reprises, Slash s’approche du micro pour nous dire « On se reverra bientôt ». Ils quittent la scène, nous laissant souffler un peu avant le rappel…

Tournée générale de médiators pour la foule
 

Un homme passe, le public crie… Minute, ce n’est pas le bon type! De là où je suis, j’ai un angle de vue assez sympa. Quand je vois passer le chapeau haut-de-forme caractéristique derrière l’imposante batterie de Brent Fitz et derrière le mur d’amplis Marshall, c’est le signal que le groupe revient nous jouer au moins un dernier morceau. Si Slash a gardé le chapeau, il a laissé tomber le T-shirt Pepé le Pew. Du coup, ma copine bave. Cela dit, je dois lui donner raison : à 47 ans, il est vachement bien conservé, notre rockeur !

 

Les cinq acolytes nous jouent un autre morceau de Velvet Revolver, « Fall To Pieces ». Lors de celui-ci et pour la première fois de la soirée, je constate la présence d’un gamin qui doit avoir maximum 11 ans. Il est appuyé sur la rambarde du balcon du premier étage, il a la posture de quelqu’un qui s’ennuie et pourtant… Il ne remarquera même pas que je l’observais, il n’a jamais détaché ses yeux de la scène.
 
Nous avons ensuite droit à « Paradise City », un des morceaux les plus électrisants des Guns. La salle toute entière a les bras levés et tape des mains, accompagnés quelques instants par Frank, Todd et Myles qui donne le rythme… D’ailleurs, à y réfléchir, ce morceau a mis le feu à la salle toute entière, que ce soit devant ou sur la scène. Très honnêtement, à repenser à la soirée avec un maximum d’objectivité, j’ai rarement vu un public aussi bon et aussi dévoué. Bien sûr, je n’ai que le point de vue d’une soirée alors que le groupe a joué dans de nombreuses villes au cours des derniers mois. Pour eux, le public belge était-il impressionnant ou est-ce ainsi tous les soirs ? Allez savoir… Bien que… A ce titre, Twitter est un ami utile. Une visite sur le Twitter de Slash me donne vite l’info : le guitariste a généralement toujours un mot gentil pour chaque public devant lequel il a joué mais ne sombre pas dans la routine et salue les fans de façon différente à chaque fois… Pour nous, belges, le Twitter disait notamment ceci : « […] especially brilliant crowd in Brussels. U guys were amazing! » ( […] public particulièrement brillante à Brussels. Vous avez été épatants, les gars !).
Les cinq gars qui étaient sur scène, chacun en leur « grade et qualité », étaient tout aussi impressionnants. Plus même. Slash est indéniablement la personne pour qui tous ceux présents ce soir-là étaient venus mais Brent Fitz, Frank Sidoris, Todd Kerns et – bien sûr – Myles Kennedy ont assuré comme des pros et dégagent une énorme sympathie. Plusieurs fois au cours de la soirée, ils ont fait signe à leur public, lancé des sourires, jeté des regards. On a beau dire mais ce sont parfois les petites choses qui font un gros effet !
Fin du morceau, fin du show aussi… ils s’attardent encore un peu sur scène, le temps de lancer encore un paquet de médiators au public, en n’oubliant pas les balcons… même si le second étage est un peu loin à atteindre. Un dernier mot, un dernier salut… Bye-bye les gars…et merci !

"Salut, vous avez été géniaux... On se revoit bientôt..."
 

Pourquoi ai-je mis tant d’acharnement à vouloir en être ce soir-là ? Tout simplement parce que Slash, c’est toute une institution et un talent comme il en existe encore peu. Je ne nie pas le talent de guitaristes tel que David Gilmour, Peter Townshend ou Jimmy Page mais Slash, c’est tout un monde : c’est du rock’n’roll dans la plus pure tradition, c’est le gars poussé sur le devant de la scène par Nikki Sixx et ses potes de Mötley Crüe il y a maintenant presque 30 ans (et avec lesquels il a vachement bien appliqué le code « Sex, drugs & R’n’R dans les 80ies). C’est tout de même aussi un des rares – si pas le seul – types qui sort un album sous son seul nom et… qui ne chante sur aucune chanson. Parce que son nom seul suffit comme signe de reconnaissance. Parce qu’on sait que son truc à lui, ce sont les cordes de sa guitare et pas les cordes vocales. Et que ça lui va comme un gant. Ou comme un chapeau. C’est comme vous voulez.
 
Dju, les potes, j’ai vu une légende musicale. Un nom en plus à barrer sur la liste des types à voir avant d’aller un jour expliquer à Hendrix, Lennon, Morrison & Co que j’aurais apprécié qu’ils restent un peu plus longtemps avec nous.
Et ça, la copine qui m’accompagnait l’a probablement réalisé ce soir-là. Si elle n’était pas forcément emballée au départ, elle est sortie de l’AB en m’avouant avoir pris une énorme claque en pleine figure. J’aurai d’ailleurs droit à une bonne dizaine de « mercis » et à une des plus belles embrassades de ma vie en pleine rue.
Prêter un CD à quelqu’un pour lui faire découvrir un artiste et le voir devenir fan ? Emmener quelqu’un à un concert pour l’en voir ressortir des étoiles dans les yeux ? J’adore ça et je ne m’en lasse jamais… C’est que du bonheur ! Comme le concert de ce soir-là. Gravé dans le cœur.
 
Mais juré, craché… En rentrant, je n’ai pas fait des bonds autour de la table du salon. J’ai préféré me glisser sous la couette le sourire aux lèvres en adressant un « merci » télépathique à Mr Slash et ses amis. Merci d’être là et merci pour ces moments magiques.
Et, encore une fois… Sabrina et Christophe : MERCI et MERCI !
 

 

Update post-concert : Ginger Wildhearts m’avait tellement plu que je suis allée, comme à mon habitude, « gratter » un peu plus loin. Je me suis retrouvée exactement dans la même situation que le concert de Kasabian qui m’avait démontré que finalement, la musique, c’est l’histoire d’une grande « famille ».
Ginger, le chanteur de Ginger Wildhearts, a fait partie d’un groupe appelé Brides Of Destruction, fondé à la base par… Nikki Sixx. Vieux pote de Slash, certes, mais dans ce groupe, on trouvait également un certain Tracii Guns. Début des années 80, Tracii avait déjà monté un autre groupe et avait fait appel, pour ce faire, à un chanteur. Un certain… Axl. Rose. Ce groupe, d’abord baptisé L.A. Guns deviendra bien vite… Guns’N’Roses. Trois mois plus tard, Guns et Rose se disputent, Guns quitte le navire et est alors remplacé par… Slash.
Boucle bouclée. Bam ! 
 
 

Setlist :

-         Halo
-         Nightrain (Guns N’ Roses)
-         Ghost
-         Standing In The Sun
-         Back From Cali
-         Been There Lately (Slash’s Snakepit)
-         Civil War (Guns N’ Roses)
-         Rocket Queen  (Guns N’ Roses)
-         No More Heroes
-         Shots Fired
-         We’re All Gonna Die (Todd Kerns on vocals)
-         Out Ta Get Me (Guns N’ Roses with Todd Kerns on vocals)
-         Not For Me
-         Starlight
-         Blues Jam / Guitar Solo
-         Anastacia
-         You’re A Lie
-         Sweet Child O’ Mine (Guns N’ Roses)
-         Slither (Velvet Revolver)
Encore
-         Fall To Pieces (Velvet Revolver)
-         Paradise City  (Guns N’ Roses)