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jeudi 2 avril 2020

Someone's Gonna Break Your Heart: goodbye Mr Schlesinger...& thank you.


Ce matin, saut du lit… une autre journée confinement et télétravail pour la raison qui est un peu la raison mondiale depuis quelques semaines : Coronavirus.
Préparation du thé du matin (non, je ne me suis toujours pas mise au « café du matin », comme des millions de gens normaux), ouverture du PC, des messageries, du monde de l’Internet où nos yeux se posent sur une multitude d’informations. Sauf que ce matin, l’une d’entre elles accroche mon regard et me fait frémir… Dans un premier temps, je n’y crois pas. Je vérifie l’information… qui s’avère malheureusement exacte : Adam Schlesinger, co-fondateur des Fountains of Wayne, est décédé ce 1er avril des suites de complications dues à ce putain de Coronavirus.

Impossible de me souvenir de l’année où j’ai entendu les Fountains pour la première fois. Très probablement fin des années 90 puisque je me souviens que j’étais encore aux études. Par contre, une chose est certaine : sur chaque PC portable, sur chaque appareil me servant à écouter de la musique « on the road » que j’ai eu depuis se retrouvait systématiquement l’ensemble des albums des Fountains of Wayne. Pourquoi ? Parce qu’ils font partie de ces artistes dont les mélodies sont faites à la fois de « good vibes » et qui te restent dans la tête pour un bon moment… Un soupçon de pop, quelques notes de rock pour des morceaux qui, malgré les années qui passent, restent intemporels. Quand on a une forte influence Beatles dans le sang, difficile de faire autrement, me direz-vous…



Résumer la carrière d’Adam Schlesinger est extrêmement compliquée parce que le musicien est un vrai touche-à-tout et un bourreau de travail. Auteur-compositeur, musicien, producteur, ingénieur du son, etc. sont autant de casquettes qu’il a portées – parfois simultanément - dans sa carrière.

Seuls quelques connaisseurs ou fans connaissent son nom et l’énorme CV qui se cache derrière le New-Yorkais… mais je peux cependant vous garantir que vous avez plus que certainement déjà entendu si pas l’une de ses chansons, au moins un artiste avec ou pour lequel il a travaillé.

Si on retire ses propres groupes (Fountains of Wayne, Ivy et Fever High), on peut par exemple évoquer sa carrière d’auteur-compositeur pour… le  cinéma.

Vous souvenez-vous du film That Thing You Do!, la première réalisation de Tom Hanks, également auteur du scénario, et suivant les tribulations d’un jeune groupe des 60ies dont la première chanson – le titre du film - connait un succès fulgurant ? C’est Schlesinger qui est le papa de ce morceau pop à souhait, qui lui vaudra une nomination à l’Oscar.



On le retrouve aussi derrière plusieurs chansons du film Music and Lyrics, avec Drew Barrymore et Hugh Grant, sorti en 2007, dont la Way Back Into Love. Certes mielleuse à souhait mais encore une fois une mélodie qui reste en tête…



C’est lui aussi qui écrit en 2012 le morceau Master of the Seas pour le film d’animation Ice Age : Continental Drift, interprétée par quelques-uns des personnages habituels de la série mais aussi par Jennifer Lopez et Peter Dinklage, notre nain préféré de Game of Thrones.




Au travers de son travail avec Ivy est aussi née une amitié avec les frères Farrelly puisque des morceaux du groupe sont apparus dans pas moins de 4 films des frangins : There's Something About Mary (1998), Me Myself and Irene (2000), Shallow Hal (2001) et Fever Pitch (2005).

En 2007, il adapte en comédie musicale le grand classique de John Waters, Cry-Baby, qui avait assuré les débuts de Johnny Depp. La comédie musicale sera nominée plusieurs fois aux Tony Awards, le pendant des Oscars pour les comédies musicales.
En 2015, il a également écrit le morceau I Have Faith in You pour An Act of God, une pièce de théâtre dont le héros était interprété par Jim Parsons. Oui… LE Sheldon Cooper de Big Bang Theory.

En parlant de télé, il n’est pas en reste non plus et son expérience en comédies musicales s’est souvent avérée payante : outre des compositions pour des cérémonies telles que les Tony Awards (It’s Not Just For Gays Anymore – 2011, chantée par Neil Patrick Harris), Billboard Music Awards, The Howard Stern Show, Sesame Street (qui lui vaudra un Emmy en 2011), Saturday Night Live, il fait aussi chanter ses composition à Elvis Costello dans l’émission spéciale A Colbert Christmas : The Greatest Gift of All !, en 2008.
Autre moment visuellement impressionnant, la scène d’ouverture des Emmy Awards de 2001, chantée par Jane Lynch, pour laquelle il a écrit le morceau TV Is A Vast Wonderland. On y voit se succéder un sacré paquet de stars de la télé, à commencer par Leonard Nimoy, le regretté Mister Spock de la série Star Trek.




S’il était connu pour ses qualités de bassiste, c’est pourtant le piano qui l’a plongé dans le monde de la musique alors qu’il était encore enfant. Il a ensuite appris la basse parce qu’il avait « du mal à être ce gamin derrière le clavier qu’on plaçait à l’arrière de la scène ». C’est pourtant de ce piano que Schlesinger a joué sur The Bells, face B du single Thirty-Three des Smashing Pumpkins en 1996. Une belle amitié s’est instaurée entre lui et James Iha et ce dernier l’invitera à jouer sur chacun de ses albums solos (Let It Come Down, 1998 et Look to the Sky, 2012).



Ayant à cette même époque la même maison de disques, Schlesinger rencontre  Taylor Hanson mais il faudra cependant encore attendre une dizaine d’années avant que ce trio rajoute un batteur pour former Tinted Windows et sortir en 2009 ce génialissime album qu’est... Tinted Windows.



Adam Schlesinger a également écrit ou produit des morceaux pour d’autres artistes tels que les Crash Test Dummies (Laid Back, 2008), Dashboard Confessional (Alter the Ending, 2009), Chesney Hawkes (Stay Away Baby Jane, 2008)… Il a aussi entièrement écrit et composé le 3e album d’Emmanuelle Seigner, Distant Lover. Un petit bijou que je vous recommande… Si je n’étais pas fan de Mr Adam, je n’aurais en tout cas jamais su que Seigner était chanteuse.




Les Fountains of Wayne sont venus quatre fois en Belgique sur leur carrière. Ils font donc partie de ces groupes dont, si vous en êtes fan, il vous faut y courir, à ce concert. C’est ce que j’ai fait le 7 novembre 2011, au Botanique à Bruxelles. Expérience que j’ai racontée dans un des tout premiers articles de ce blog, à vrai dire.

2011-11-07 Adam Schlesinger at Le Botanique, Brussels


Ce que je ne savais pas, en achetant mon billet, en passant ce moment avec le public du Bota, c’est que le destin allait me jouer un joli tour une fois la dernière note jouée. En trainant un peu après le concert, notre petit groupe a eu la chance de voir approcher Jodi Porter, le guitariste des FoW et… Adam. Une occasion pareille, elle se saisit. J’ai donc approché Adam pour lui demander une photo avec Jodi et lui, qu’il a acceptée de bonne grâce, et pour discuter un peu… J’ai depuis eu la chance de rencontrer quelques artistes, quelques acteurs et artistes mais cette rencontre est marquante parce qu’Adam et Jodi sont en fait les deux premières « célébrités » avec lesquelles j’ai fait une photo.



Au-delà de cette « première », je garde surtout un beau souvenir de cette discussion. Malgré une carrière déjà bien remplie, Adam a été d’une extrême gentillesse avec nous et, avec beaucoup d’humour, nous a dit être un musicien « paresseux », expliquant ainsi les écarts si longs entre deux albums des Fountains of Wayne. Grande ironie quand on sait… qu’il n’arrête jamais.

Qu’il n’arrêtait jamais.


Il me semble encore surréaliste, là, maintenant, d’employer le passé mais avec le décès d’Adam, force est de constater que maintenant, c’est la seule conjugaison qui s’avère correcte pour parler des Fountains of Wayne, d’Ivy, des Tinted Windows ou de Fever High, ses side-projects.

De mémoire, je n’ai jamais entendu le son de sa voix pour autre chose que des chœurs. Adam Schlesinger, partout où il est passé, a toujours été un artiste discret qui s’exprimait au travers de ses notes de musique et des paroles qu’il laissait à d’autres le soin de chanter. A une exception près… Entre 2015 et 2019, Adam a apporté sa touch à la série Crazy Ex-Girlfriend, série comico-musicale un brin décalée. En 2018, il a ainsi rejoint l’équipe de la série lors d’une mini-tournée où les fans ont ainsi pu expérimenter en live la voix du compositeur et… le décalage savoureux des chansons de la série. Grâce à cette série, Schlesinger a obtenu en septembre dernier un Emmy pour la chanson – ça ne s’invente pas - Antidepressants Are So Not a Big Deal.



Someone’s Gonna Break Your Heart, une autre des chansons que j’aime beaucoup des FoW… C’est vrai, il y a toujours quelqu’un pour te briser le coeur. Aujourd’hui, c’est vous, Mr Adam, qui a brisé le mien en allant rejoindre d’autres personnes, des anonymes autant que d’autres artistes, suite à des complications de cette saloperie de virus… Voilà, je parle encore au présent. Parce que je n’ai toujours pas envie de parler au passé.

Mais pourtant, il faudra penser à continuer le fil de sa vie, dans un monde... sans toi, mec. Mais merci pour ces chouettes chansons qui, elles, resteront toujours pas très loin.




jeudi 16 janvier 2020

L’histoire de… la BO de Basketball Diaries (Scott Kalvert, 1995)



Morale de l’histoire : Leonardo DiCaprio… ben… l’est IMmortel, lui, dites donc !

La question « Quelle est la plus belle chanson tirée d’un film avec Leonardo DiCaprio », dans l’émission Entrez Sans Frapper du jour, elle était rude, quand même. Trente ans de carrière, plus de 40 films, vaste contrée que la filmo du quadra !

Spontanément, j’ai repensé – comme la moitié de la planète « Bagarre discothèque » - à la chanson du Titanic. Mais si on veut être original dans la réponse, choisir celle-là, c’était se tirer une balle dans le pied. Ou couler à pic. Avec ou sans gros bateau.

J’ai aussi resongé à Lovefool des Cardigans et à la douce voix de Nina Personn dans Romeo + Juliet (1996) de Baz Luhrmann avant de rapidement passer sur la bien fun I'm Shipping Up to Boston des Dropkick Murphys utilisée dans The Departed (2006).



Dans ce film, Leo est bien entouré : entre Matt Damon et le grandiose Jack Nicholson, il a affaire à du lourd. On y a aussi Martin Sheen, Alec Baldwin ou encore Mark Wahlberg. Tiens... en fait, c’était d’ailleurs la seconde fois que Mark et Leo bossaient ensemble sur un projet. Pour la fois précédente, il fallait remonter 11 ans dans le passé et aux débuts de Walhberg au cinéma, avec le film Basketball Diaries (1995), réalisé par Scott Kalvert. Un film qui, quand on se penche sur certains aspects ou connexions est un tantinet… euuhh… mortel ?

Son sujet, déjà. Le film raconte l’histoire de Jim Carroll, adolescent turbulent, et de ses amis d’école, guère moins indisciplinés que lui. S’ils sont passionnés par le basketball, Jim a un petit plus : il tient un journal intime dans lequel il raconte ses aventures, écrit ses pensées… Une mauvaise rencontre l’entraînera, lui et ses amis, vers une descente aux enfers… de la drogue. Le film, basé sur le livre du même nom, n’est pas une fiction et relate la véritable histoire de son auteur et du chemin parcouru. Gai, quoi. Je me souviens avoir lu le livre à l’aube de la vingtaine et avoir été autant marquée par la lecture du journal de Jim que par l’interprétation de DiCaprio, appréciée dans une salle sombre de cinéma.



Ensuite, si DiCaprio démontrait déjà à 20 ans qu’il était un bon choix, ce n’était pourtant pas à lui que le réalisateur avait pensé pour le rôle. Quelques années plus tôt, l’acteur convoité pour le rôle n’était autre que River Phoenix mais malheureusement, ce dernier est mort le 31 octobre 1993, des suites d’une… overdose. River Phoenix avait lu le livre de Carroll et avait émis à plusieurs reprises l’envie d’incarner le jeune homme à l’écran mais n’en aura pas eu l’occasion. Le décès de Phoenix aura profité – si l’on peut dire – plus d’une fois à DiCaprio puisque c’était aussi lui qui était pressenti pour incarner Rimbaud dans Total Eclipse. James Cameron a avoué il y a quelques années avoir écrit le personnage de Jack Dawson de Titanic avec River en tête. Je reviendrai en fin d’article sur une autre connexion DiCaprio/Phoenix assez amusante…

Si l’on se penche sur la BO de Basketball Diaries, c’est également plutôt druggy! Coïncidence ou non, quelques fines allusions sont également glissées à propos de Phoenix.
On y trouve Star du groupe The Cult mais saviez-vous que, pendant quelques mois, le groupe a joué sous le nom de… Death Cult. Sur l’album The Cult, qui contient Star, on retrouve également Sacred Life qui mentionne River dans les paroles.


Flea, bassiste des Red Hot Chili Peppers, écrira I’ve Been Down spécifiquement pour le film. Le musicien, ainsi que ses potes du groupe, n’est pas étranger au monde de la drogue, avouant que ces dernières ont fait partie de sa vie pendant de nombreuses années. En 2018, il écrira un article sur le sujet dans Time Magazine, en espérant sensibiliser les jeunes aux dangers de la drogue. Flea avait travaillé avec River Phoenix et Keanu Reeves sur My Own Private Idaho (1991) de Gus Van Sant et c’est lui qui était dans l’ambulance qui a emmené le comédien à l’hôpital vers son destin tragique.



On retrouve également sur la BO Riders on the Storm, interprétée par The Doors, dont le leader, Jim Morrisson, n’était pas non plus contre un ptit cocktail de médocs pour la journée. Le chanteur entrera dans le cercle mythique des 27 en 1971. Aucune autopsie n’ayant été réalisée, la cause officielle de son décès est une crise cardiaque mais nombreux sont ceux qui pensent qu’elle aurait été induite par un « ptit coup de pouce ».



Enfin, Soundgarden apporte sa Blind Dogs, au riff de guitare bien senti. Chris Cornell, le chanteur du groupe, a une histoire quasi similaire avec Jim Carroll puisqu’il est lui-même tombé dans la drogue à un très (trop !) jeune âge. Elevé dans un entourage toxique, il démarrait déjà mal dans la vie… Bien qu’ayant toujours eu de rudes épreuves à traverser, Cornell semblait sorti d’affaire mais un autre mal, la dépression, l’a également accompagné une bonne partie de sa vie. En 2017, il est retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel, privant ainsi le monde d’une sacrée put… de voix.



Enfin… Jim Carroll s’associe à Pearl Jam pour le titre Catholic Boy, à entendre en début de film. Avant Pearl Jam, le guitariste Stone Gossard et le bassiste Jeff Ament faisaient partie d’un groupe baptisé Mother Love Bone. Lorsqu’Andrew Wood, leur chanteur, finit en état de mort cérébrale suite à une overdose, il sont dévastés. Ils sont approchés par Chris Cornell qui veut leur offrir quelques chansons en hommage à Wood. Ces quelques notes et mots donneront naissance à un superband, Temple of the Dog,  le temps d’un album. Sur ce dernier, un chanteur apporte sa contribution : il s’appelle Eddie Vedder et apportera ses formidables charisme et voix à Pearl Jam.



Jim Carroll a sorti Basketball Diaries en 1978, à 29 ans, peu de temps après être devenu clean. Mais la vie après la drogue est un terrible combat qu’il a continué à mener jusqu’à la fin de sa vie. Carroll a exploré le monde de la littérature (il a sorti une suite à Basketball), de la poésie, de la musique… Il s’est éteint en 2009, à 60 ans, le cœur fragilisé par une high life mais en laissant une trace de son passage sur terre avec son œuvre.

Pour en revenir à DiCaprio, dont la BO des films permettrait à elle seule de faire une playlist Spotify, il a pourtant démarré sa carrière dans le monde de la télé. Notamment dans la série Parenthood, tirée du film du même nom réalisé par Ron Howard. Il a alors 16 ans et y joue Garry, jeune ado au sein de la famille Buckman. Dans le film d’Howard, le rôle était joué par… tiens, tiens… Joaquin Phoenix !



S’il est bien deux acteurs au talent certain et aux rôles éclectiques, ce sont ces deux-là. Et pourtant, l’Académie des Oscars a toujours semblé les (et nous !) faire languir pour leur attribuer la célèbre statuette. Il aura fallu attendre 5 cérémonies avant que DiCaprio ne l’obtienne pour son rôle dans The Revenant en 2016. Joaquin, lui, en est à trois et n’a toujours pas gagné. Mais qui sait ? Dans moins d’un mois, la 92e cérémonie aura lieu et révélera ses gagnants. Le film le plus nominé est Joker. Dont la nomination pour le meilleur acteur pour Phoenix. Catégorie dans laquelle il devra affronter Adam Driver, Antonio Banderas, Jonathan Pryce et… Leonardo DiCaprio. Cela promet un beau match !



dimanche 15 décembre 2019

Le Champ de Bataille – Centre Culturel de Huy (10/12/2019)


Vous êtes parents et avez des ados ? Allez voir la pièce.
Vous n’êtes pas parents et voulez avoir des enfants ? Allez voir la pièce.
Vous ne voulez pas avoir d’enfants ? Allez voir la pièce.
Bref. Allez. Voir. La. Pièce.

Le Champ de Bataille, c’est l’histoire d’un homme qui mène quatre combats à la fois : celui de sa relation avec ses enfants, celui de sa relation avec sa femme, celui du temps qui passe et celui… face à l’enseignement. Bref, la vie est un sacré put*** de combat où on se sent attaqué de toutes parts!

La pièce est une adaptation du second roman de Jérôme Colin où l’on retrouve le héros d’Éviter les Péages avec des enfants ont un peu grandi, un couple toujours debout malgré les heurts du temps qui s’écoule mais qui reste parfois dépassé par les événements. Un homme qui ne lâche pas pour autant prise et qui s’accroche.

J’avais adoré le premier roman de l’animateur de La Première et de l’émission Hep Taxi !, lu dans une période un peu douloureuse, et avais dévoré le second avec tout autant de voracité que son prédécesseur. Le méli-mélo d’émotions du narrateur associé à quelques phrases et moments de vie percutants ont fait que je me suis rapidement attachée à ce héros malheureux, dont j’attends avec impatience les prochaine aventures. Donc… fallait assurer parce que ce bonhomme sans nom, j’y tiens ! Pas question d’éprouver le même désappointement que l’on ressent à quasi chaque adaptation d’un roman de Stephen King. Bon, ici, le but n’est pas de terrifier le spectateur mais… vous avez saisi l’idée.

Alors ?

Et bien, Thierry Hellin donne vie à ce personnage de plume via un long monologue et à lui seul, il tient le public en haleine durant nonante minutes. Une prestation à saluer, notamment en raison de son impressionnante présence scénique et d’une voix qui accroche. Enfin, « des » voix, plutôt, puisqu’il incarne à lui seul une impressionnante galerie de personnages.



Le travail réalisé par Denis Laujol sur Le Champ de Bataille est également à souligner, tant au niveau de l’adaptation de la pièce que de sa mise en scène. D’une part, il a su retranscrire les 207 pages du roman en conservant leur substance, déjà un tour de force en soi. D’autre part, il nous offre sur scène… un WC, refuge du héros face à au monde extérieur, mais met en évidence d’autres éléments essentiels de la narration grâce à des techniques scéniques intéressantes.



Pour l’occasion, c’était le Centre de Huy qui accueillait la pièce et au vu du nombre de retours sur scène de Thierry Hellin, les presque 600 personnes présentes ont visiblement apprécié ce Champ de Bataille !

Quoi ? Et moi, dans le fond, qu’en ai-je pensé ? Ah écoutez… Voir Thierry Hellin se débattre avec ce gamin, entré dans l’adolescence à coups de grommellements et de portes qui claquent, est délicieux. Le voir affronter ce proviseur de l’enseignement général, malheureusement pas autant cliché qu’on le voudrait, a certainement été un de mes moments préférés. J’attendais  la réplique « Goebbels », je l’ai savourée comme on savoure une glace en été (A vous d’aller découvrir cette petite ligne page 189 du livre, elle vaut son pesant d’or !) Parce que si vous pensez, en lisant les lignes précédentes, avoir affaire à un personnage déprimé et déprimant, vous vous tromperiez : Le Champ de Bataille contient aussi une belle série de moments drôles. Notamment parce que certains d’entre eux – principalement liés à l’école - me rappellent autant un vécu vieux de 25 ans que celui que j’expérimente encore régulièrement de par mon « vrai » métier. Et puis, moi, le mariage des genres, s’il est bien finement orchestré, j’approuve !

Je ne vous donnerais qu’un seul conseil : si vous comptez aller voir la pièce, ne lisez pas le livre peu de temps avant d’aller la voir. Lisez-le maintenant et laissez faire le temps jusqu’au moment où vous irez à la représentation… Vous passerez ainsi deux bons moments : un dans votre tête avec le livre en main puis un avec vos yeux avec Thierry Hellin devant vous.

G à D : Denis Laujol, Thierry Hellin et Jérôme Colin


Tiens… maintenant que j’y pense…

J’ai oublié une option dans mon début d’article. Eh toi là… T’es un ado et tu trouves tes parents ch… ? Sors de ta chambre et va voir la pièce. Tu pourrais bien les découvrir sous un autre œil.
Bref. Va. Voir. La. Pièce.
Et… NON TU N’AURAS PAS UN NOUVEL iPHONE SI TU VAS LA VOIR !

BOULET, VA ! (Bah ouais, c’est pas parce que t’as 15 ans que t’as le monopole de l’insulte !)



Les prochaines représentations du Champ de Bataille auront lieu au Centre Culturel d’Uccle, les 2, 3 et 4 avril 2020. Pour réserver, c’est ici 

Jérôme Colin est aux commandes de l’émission Entrez Sans Frapper du lundi au vendredi sur La Première et emmène des personnalités dans son taxi sur la RTBF avec Hep Taxi ! 


Thierry Hellin sera sur la scène du Théâtre des Martyrs du 29/01/2020 au 15/02/2020 avec La putain respectueuse | La putain irrespectueuse.

Denis Laujol met en scène Zenel Laci dans Fritland au Centre Culturel d'Uccle le 3 février 2020 et Marie-Aurore d'Awans dans Pas Pleurer à la Maison de la Culture Famenne Ardenne le 7 février 2020. Il aura aussi d’autres nombreux projets pour l'année, notamment au Théâtre de Poche. Gardez les yeux bien ouverts ! ;)


mardi 17 septembre 2019

The Son – Duke of York's (31/08/2019) ENGLISH


Sometimes, it takes two times to realize even more than it just takes one second to…

But let’s not put the cart before the horse, all right? And the difficult thing here will be to convince you to go to Duke of York’s to see The Son without giving too much away. Maybe the best way is to do this through feelings. And that’s exactly what The Son is about. Feelings.

The story is about Nicolas, a teenage boy – played by Laurie Kynaston - going through the divorce of his parents with a troubled mind, to say the least. And, we, the audience, are joining this family as a discreet witness of what will end up being a rollercoaster ride of emotions.

The play starts with a conversation between Nicolas’ parents: Anne, the mother (Amanda Abbington), tells Pierre, the father (John Light), that she’s concerned about their son as he’s been skipping school for three months. From there and for a while, the mother leaves their son in care of his father, his step-mother (Amaka Okafor) and half-brother and we follow Nicolas through his new life in another home.

Amanda Abbington (Anne), Laurie Kynaston (Nicolas) & John Light (Pierre)

It’s a common thing to say that teenage years are not the easiest one has to go through in his or her life. For both sides. The “child” starts writing the new chapter of his life while the parents have to learn to let their baby boy or girl takes the path to adulthood.
But sometimes, writing your story is a little bit more difficult for some.

Laurie Kynaston (Nicolas)
                             
For 105 minutes, I literally tried to enter inside each character’s mind and put myself into their shoes.
As a child, trying to explain to your parents how bad you feel while not being entirely sure that they actually care.
As a parent, trying to understand your son while not being entirely sure that all he’s telling you he the absolute truth.
As a mother-in-law, trying to trust and getting to know this young stranger while not being entirely sure that he even wants it.

The play may seem dark but there’s a fine balance with lighter moments too. One few sentences that makes you smile or laugh or one scene where Nicolas seems to escape his melancholy to join his father and Sofia in a joyful moment. Director Michael Longhurst brought his own balance of fun and fragility by using two songs: Pharrell Williams’ Happy and the famous Adagio in G minor, the latter one being, in my opinion, one of the most emotional pieces of classical music ever written. And these two were perfect choices!

People have praised Laurie Kynaston’s performance, for all good reasons. Being the catalyst of all things happening during the play, he’s the one whose emotions affect not only him but everyone around him. Quite a pressure, eh? But it surely doesn’t look like too much to handle for the young actor who embodies his character with passion and respect for those suffering from the same pain as Nicolas’. Kynaston’s is definitely someone we have to keep our eyes on as I have a strong feeling he might have a bright career ahead of him…

Laurie Kynaston (Nicolas)

His relationship with his father, played by John Light, is not an easy one. Pierre navigates between his wish to help his son the best he can and his will to keep his life with Sofia and their baby serene. Our society still too often sees men as the strong one in the family, the one who’s supposed to know what to do or all the answers. Truth is… men are, just as much as women, just human beings filled with flaws, doubt or any other feelings. Pierre’s role is demanding one given the many emotions he goes through and John Light’s performance was truly strong and powerful.

John Light (Pierre) & Laurie Kynaston (Nicolas)

I read not too long ago on some blog that Amanda Abbington and Amaka Okafor were considered as secondary roles of the story. It’s funny how we all perceive things differently. To me, they’re not, not even for a second. To me, stage time isn’t what makes a role a principal or a secondary one : what makes the importance of a character is what he or she brings to the story, to the emotional moments in a play. In this, both Amanda and Amaka sure… well… sure “played” their own part and brought life to Zeller’s play, as well as a dynamic. Into both the father and the son’s stories. In their own way.  

Laurie Kynaston (Nicolas) & Amanda Abbington (Anne)

John Light (Pierre) & Amaka Okafor (Sophia)

I had already seen The Son back in March at the Kiln theatre and recently had the opportunity to see it a second time. There are so many plays and musicals in London that one could think that it’d be a waste of time but I had my reasons. Until the very end, you wonder what’s written in the final page of Nicolas’ book. You hope for the best and you fear the worst. And you literally hold your breath until the lights fade out. And both times, in complete darkness, I’ve heard the people around me catching their breath again.

What did I feel after seeing it at the Kiln? So much sadness. Let’s admit it, I was a complete wreck and couldn’t stop crying. Which is exactly what I want when going to the theatre. Feel. Whether it is joy or anger or sadness.

What did I feel after seeing it at the Duke of York’s? Still so much sadness. With another feeling added. Helplessness. As much as I was looking for hints, for something that would have turned this story into a different one, I realized that maybe one thing could have. Or maybe it would have been a waste of time anyway, no matter what. Or… maybe?

In the end, that’s probably the biggest lesson I’ve learned after seeing this play: the helplessness and loneliness one person can feel when suffering from mental illness and the helplessness those around him feel about wanting to help the loved one and still not succeeding in it. Like two different worlds that can’t meet at any point.

Laurie Kynaston (Nicolas) & John Light (Pierre)

Florian Zeller, The Son’s writer, is considered as one of the most exciting and talented playwright of his generation. I couldn’t agree more. The strength of The Son lies in our biggest fears being out in the open, in some good use of humour but mostly in the subtlety of his writing. His words, his lines encourage us to ask ourselves : how would I feel about this “outside” world if I feel like I don’t fit in it? What would I have done as the mother? As the father? Why?

Now you, yes, you who are reading these lines, just give The Son a try (or two?) and let me know. Let me know if, when leaving the theatre, you just got home without asking yourselves a few questions about life. About Pierre’s. About Anne’s. About Sofia’s. about Nicolas’. About one of your loved ones’. Or about… yours? ‘Cos I sure did. And that’s one of the reasons why I’ve loved The Son so much. Enough to see it twice.

Amaka Okafor (Sophia)

The Son is still played at Duke of York’s theatre until November 2nd.

Credit photo: Marc Brenner

Links :





vendredi 5 mai 2017

The Resistible Rise of Arturo Ui – Donmar Warehouse (01/05/2017) ENGLISH

Back in London for a few days means… theatre moments to add to my “little book of life”. Who’s Afraid of Virginia Woolf, Guards at the Taj and Obsession were some of those. If Obsession didn’t reach out my expectations, I can only encourage you to go to Harold Pinter theatre to see Imelda Staunton, Conleth Hill, Imogen Poots and Luke Treadaway before they leave the stage in the care of Andrew Scott and his companions of Shakespeare’s Hamlet.
As for Guards at the Taj, no famous names (yet?) on the stage of Bush stage but… another fine piece of art: ‘only’ two actors (Darren Kuppan and Danny Ashok) on a minimalistic stage, driven by words of Rajiv Joseph and directed by Jamie Lloyd. Even though it was the second time I was seeing the play, it turned out to be as moving and breath taking as the first day. The friendship between the characters is both the funniest and the saddest I’ve ever seen, given the story. Not to mention that Lloyd’s adaptation was also the first one ever done in Europe.

The Resistible Rise of Arturo Ui is also a first on its own. As the story goes by, you realize that there’s more than meets the eye, just like I found out during that preview performance of Bertold Brecht’s masterpiece on May, 1st.

Artuto Ui is set in the USA during the Prohibition… with a personal touch from Brecht since the play is in fact a satire of the Nazi system and its sadly well-known leader. Just like Charlie Chaplin with The Dictator, Brecht saw things coming from afar and was eventually forced to flee Germany to spare his family’s lives as well as his own. Written in less than a month, the play describes the ascension of a – let’s admit it - not so bright gangster until his – sort of – investiture.

Lenny Henry as Arturo Ui

As we enter the famous Donmar Warehouse stage, I’ve already got a smile on my face: looks like we’ll feel like we’re part of the set…. again. In the stalls area, chairs and tables had been put and staff members came ahead of us to take us to our seat. Making the audience feel close to the actors and the action is one of Simon Evans’ – the director – very specific touch that I’ve always loved. He had previously used that technique in both The Dazzle and Fool for Love and I was curious to find out what he could do once outside the Found 111 theatre.
Well… this time… he took his favourite game to the next level. A very VERY high level that makes me wonder what he’ll surprise his audience with next time. Given what I’ve experienced tonight, be sure I’ll be there to see that…

Lucy Ellinson as Manny

While everyone is being seated, some actors are already on set, talking, arguing… until one of them comes to our corner, introducing himself as Manny, and asks us for a favour later in the evening : just raise our hand to stand as witnesses on his behalf. I smiled at the idea of being of any help in the ‘action’.
In fact, many people in the audience helped the comedians on stage during the 2 hours and a half-ish: sometimes with a gesture, sometimes with a word, sometimes by staying on their seat, sometimes by literally being in the centre of the stage with the cast. One man ended up being the defendant on a trial. I glanced at the woman who was with him and she smiled all the time. She could indeed be proud as he played his part juuuust right. I’ve never seen a play with so many audience people involved and this is definitely much more fun than being an outside observant.
And it will turn out to be one of those lessons learned during the evening. Don’t stare. Act. Do something. But you’ll get my point later, I’m sure.
It appears to me that it must also be fun for the actors to interact each night with a different audience… leading, at times, to funny moments.
At one point, people are given the choice of standing up or… not. If not, you have to take your chair at the centre of the stage and sit back on it. That evening, a woman’s voice was heard from the back of the room: our chairs don’t move!, leading to a collective laugh… and an improvisation from Manny who offered her a very-much-not-attached-to-the-ground chair.
No worries though if you’re seated in the circle area… you’ll have your part to play as well.

During the whole performance, we are taken for a ride with Mr laugh and Mrs fear. As an example, there’s a scene where Arturo Ui hires an actor to improve his speech skills as well as his bearing. That scene, the interaction between the actors – as well a piece of underwear (sometimes, it’s all in the little details, eh!) - is truly hilarious. Then… you realize that some gestures are still – and will always be – present in everyone’s minds as a reminder of something evil and scary.

Tom Edden (the actor) and Lenny Henry (Arturo Ui)

Major praises have to be given to the cast for their performance. Or… performanceS. If Lenny Henry (Arturo Ui), Lucy Ellinson (Emmanuele ‘Manny’ Giri), Guy Rhys (Giuseppe Givola) and Giles Terera (Ernesto Roma) play major parts and therefore brilliantly stay in character during the whole play, the rest of the cast comes and goes as different characters – sometimes up to 5 - without any trouble…

Lucy Eaton (Dockdaisy) and Lenny Henry (Arturo Ui)

But our cast does not only act. They also… sing. But do not worry, The Resistible Rise of Arturo Ui is no musical though. Being a music addict (after all, this blog is initially a musical one), I could only be happy to find a few music notes here and there. All our comedians show us their best voice: from 1913’s Irish traditional Oh Danny Boy to the very recent Rag’n’Bone Man’s Human, I identified 11 songs from different decades and music styles… Gloria Obianyo’s rendition of Human and Praise You were just perfect and I give special hats off to Lucy Ellinson for that surprising difference between her gangster voice and her singing voice!

Gloria Obianyo (Flake)

Directing, staging, acting, singing… thinking that’d be all? Nope. Other credits have to be given to the costumes team (Yvonne Milnes) and the lighting designer (Howard Harrison). The latter does an amazing job given the number of actors and constant energy level on the set and has a talent to… erm… highlight the cast.

Tom Edden (Announcer)

Thinking about it, I realized that even if I 100% knew what to do when we were given the choice to stand up or stay seated, I had – earlier – raised my hand to help a character that’d play an important part in the rise of Arturo Ui. But hey, after all… it’s just a play.

But… is it really? Over the last few months, it has seemed to me that the world is changing. Two times I woke up on a Monday morning only to find out something I never imagined happening had actually happened. UK’s Brexit vote and – much worse – Trump becoming President.
The Resistible Rise of Arturo Ui was written 76 (!) years ago but it has never been THAT actual. And I probably can’t write a better or more brilliant conclusion than Bruce Norris’ one in his 2017 adaptation of Brecht’s masterpiece.
Because that night at Donmar was in fact all that. Sure, tonight there was a play at Donmar but not just a play. Tonight wasn’t a hint at Hitler. It was a hint at something, at someone much closer, very much more in the present time. At someone who says that his country – as Arturo said for himself – “needs a wall” and who’s “gonna make this country great again”! 

Let me write Norris’ words for you:
“The moral of the story, so to speak,
Is sometimes you can’t turn the other cheek
We faced a fucker once like this before
We came together, fought a bloody war.
And yes, that time we won. But who can say
What me might do if he came back today?
Or… could it be that he’s already here?
Two thousand sixteen: what a shitty year.
We vote them into power, then we wonder
How me made such a catastrophic blunder.
It looks as if we’re fighting once again,
So fingers crossed, and hopefully, we’ll win –
But even if we do, one thing’s for certain:
There’ll always be another.”



Arturo Ui shook me. Much. I guess that’s why, once that final monologue pronounced, I dropped my pen on the table and my hand started shaking and I was holding back tears. 2016 was sure as shitty year but as France’s new President is about to be elected on this May 8th, I’m nothing but terrified at the potential outcome of a blonde extremist becoming President. Next Monday, I’ll surely think back on that night at the Donmar, no matter what the outcome is. And feel relieved. Or worried.

Let’s ask ourselves if a change of power is really the thing we need. To me, it’s not. It’s not worth the risk of possibly going through what our grandparents (or great grandparents) – not to mention anyone who was just ‘different’ from some medieval thinkers’ standards - went through 70 years ago. Not again.
So… no. That night, I decided not to stand for Ui and remained seated and would do it again. I’ll say “no!” to him and his gangster fellas. But if you, my friend, are asked by someone if you want to see The Resistible Rise of Arturo Ui, just say yes and go because THAT is worth it. The only risk is that you may end up on a West end stage as a junior actor. And also – very much important - feel free to stand up. But only to applause that amazing cast, an inventive director and all the people involved in Arturo Ui for their incredible work.

The Resistible Rise of Arturo Ui – From April 21st  to June 17th 2017 (Donmar Theatre)



Photo credits (except last one) : Helen Maybanks (Thanks Samantha!)

Links :
The Resistible Rise of Arturo Ui : https://www.donmarwarehouse.com/production/192/