mercredi 27 juillet 2016

Bye bye Jack… ou la fin d’une époque de la BD américaine

Ce 27 juillet 2016, Twitter m’apprenait la nouvelle. Jack Davis n’est plus. Lui, ainsi que Johnny Craig, Wally Wood, Jack Kamen, Al Williamson, Will Elder ou encore Al Feldstein et Bill Gaines sont ceux qui sont en partie responsables de ma passion pour les comics et l’horreur…  Ils ont tous fait partie, dans les années 50, du label EC Comics, créé par Max Gaines (le papa du précédent) et dont les bandes dessinées étaient centrées sur des thèmes tels que la science-fiction, les thrillers, l’horreur… The Haunt of Fear, The Vault of Horror, Shock SuspenStories ou encore The Tales from the Crypt (connu chez nous sous « Les Contes de la Crypte »), c’étaient eux ! 


Quelques exemples de comics EC
 
Pour l’époque, des bandes dessinées de ce type – tout comme la série The Addams Family – c’était un sacré dépoussiérage dans l’univers américain bien calé/coincé. C’est aussi ce qui les « tuera ». Car les années 50, c’est aussi le McCarthysme… Au départ, les actions du sénateur Joseph McCarthy consistaient à traquer des sympathisants communistes pour maintenir la sécurité aux Etats-Unis. McCarthy était doté également du puritanisme le plus abject : son homophobie était telle qu’il s’en est servi sans limite pour évincer des personnes d’emploi, poussant certains au suicide en les culpabilisant sur leur « état », considéré comme une menace pour les Etats-Unis.
Au final, McCarthy aura instauré un climat de paranoïa et de terreur sur le territoire de l’Oncle Sam, poussant des génies tels que Charlie Chaplin, Orson Welles, Bertold Brecht à fuir le pays.

Orson : Tu penses pas qu'on devrait s'en aller, là, des fois?
Charlie : Oooh que oui sinon, on va mal finir si on reste...

Lui et ses sbires se sont également attaqués à l’univers de la bande dessinée, accusée de corrompre la jeunesse américaine et de pousser à la délinquance. Evidemment, bien que déjà hautement critiquée avant son arrivée au pouvoir, des histoires d’horreur ne pouvaient que se retrouver dans la ligne de mire du politicien… et d’autres. En effet, le McCarthysme faisait son bout de chemin et touchait également professeurs, ecclésiastiques, psychologues et malheureusement, parents.
Les éditeurs de comics ne se sont pas laissés faire et ont bien tenté de vaincre ce système de censure pour maintenir l’expression artistique qu’est la bande dessinée. En avril et juin 1954, William Gaines sera convoqué devant une commission d’éthique fédérale pour répondre d’une couverture d’un Crime SuspenStories.

Commission d'enquête : on y voit clairement 3 comics de chez EC...
Interrogé par un sénateur quant aux risques de dépravation sur la jeunesse, voici ce que Gaines avait à en dire :
-      Chief Beaser : vous pensez donc qu’aucun enfant ne peut, en aucun cas ou manière, être blessé par ce qu’il peut lire ou voir ?
-      William Gaines : je ne pense pas, non.
-      Beaser : Il n’y aurait donc aucune limite à ce que vous mettriez dans vis magazines ?
-      Gaines : rien qui ne dépasse les limites du bon goût
-      Sen. Kefauver : voici votre édition de mai. Cela semble être un homme avec une hache ensanglantée, tenant une tête de femme qui a été coupée du reste de son corps. Vous pensez que c’est du bon goût ?
-      Gaines : oui, monsieur. Pour la couverture d’un comics d’horreur. Une couverture de mauvais goût aurait été, par exemple,  de tenir la tête un peu plus haut pour que l’on voit du sang en sortir et que l’on recule le corps pour en voir le cou ensanglanté.

LA couverture scandale!

Quoi que l’on en pense, les éditeurs et dessinateurs de comics connaissaient les limites à ne pas dépasser. Sauf que dans ce cas-là, la censure opérait déjà chez eux puisque Johnny Craig, l’auteur de ladite couverture, avait inclus dans sa première ébauche les fameux éléments de « mauvais goût » cité par Gaines à la Commission… La fin était déjà en marche pour bon nombre de bandes dessinées…

A peine 5 ans après leur naissance, bon nombre de comics de chez EC et d’autres maisons d’éditions vont ainsi mourir, par étroitesse d’esprit et peur irrationnelle. Jetés à la poubelle, BRULES ! Faut-il que le cerveau des parents, des psychologues et autres détracteurs ait été tellement lavés pour bien vouloir y voir tout le bien de leurs enfants mais pas un épisode tristement célèbre dans l’histoire de la Seconde guerre mondiale qui y ressemble tellement ? En quoi McCarthy était-il finalement différent des sbires du nazisme… Mais tout ceci n’est qu’une réflexion toute personnelle. Toutefois, je tiens à préciser que j’ai été nourrie dès le biberon au cinéma, aux BDs, au séries d’horreur et n’en suis pas pour autant devenue une délinquante ou développé une obsession pour la mort et rêvé de tuer tout qui se trouve sur mon passage ! Quand on est bien entouré (et éduqué !), on est capable d’apprendre à discerner le monde réel de celui d’un livre ou d’une bande dessinée…

Remake d'un sale épisode de l'Histoire...

Cela dit… si le passage des EC comics sur la planète a été bref, leur influence a été majeure sur le public mais également sur de nombreux jeunes qui sont devenus à leur tour des artistes de comics (Alan Moore, Frank Miller…), sur des réalisateurs (Romero, Carpenter…) ou sur des auteurs (Stephen King, par exemple). Mad est un autre magazine d’EC qui résiste depuis 1952 – notamment aux attaques en justice de gens ayant niveau de sens de l’humour plutôt bas -  puisqu’il est  encore édité aujourd’hui. Egalement célèbre pour son côté satirique, Jack Davis en a été l’un des dessinateurs et les références en son nom sont plutôt nombreuses chez la plus célèbre famille déjantée de Springfield, les Simpsons. Quelque part, Mad est le tonton de Charlie Hebdo…



Les défunts comics d’EC font désormais partie de la pop-culture américaine et sont des référence solides… Les comics originaux sont aussi des bijoux aujourd’hui recherchés : la 1e édition du 1er  Tales from the Crypt se monnaie à plus de 2000$ tandis que les 5 suivants ne partiront pas vers un nouveau parent à moins de 1000$, le comics à la couverture de « bon goût » vaut aujourd’hui presque 1200$... Rassurez-vous, si vous voulez les découvrir, ils ont été depuis réédités – plusieurs fois - par Russ Cochran. J’ai chez moi l’entièreté des comics Tales from the Crypt, The Haunt of Fear et Vault of Horror et ils sont mon St Graal des BDs : ils ne sortent pas de chez moi, je ne les prête pas et seules mes mains ont le droit de les toucher… parce qu’ils ont, entre autre, fait de moi en partie ce que je suis. Une BD n’est pas qu’une simple BD, c’est un morceau de vie qu’on garde dans le cœur…

Et aujourd’hui, mon cœur est donc meurtri… Jack Davis était le dernier membre de l’équipe EC encore en vie. Bien sûr, à 92 ans, c’est un bel âge pour « partir » mais avec lui s’éteint tout un univers, tout un pan du monde de la bande dessinée américaine.  Heureusement, il nous reste encore leurs histoires, à ces fous furieux qui avaient défié la mentalité bien-pensante de leur époque. Ils avaient « osé »… Z’étaient rock and roll, en fait… Des vrais rebelles avant l’ère du punk.
Merci les gars. Jack, dis bonjour aux autres, , et bonnes retrouvailles avec eux là-haut !

De haut en bas et gauche à droite : Gaines et Felstein, Johnny Craig, Jack Kamen et Wally Wood


Bye bye Jack.. <3




jeudi 10 mars 2016

L'histoire de… "Yesterday" (The Beatles, 1965)



Une nouvelle page de l'histoire des Beatles s'est tournée… George Martin, producteur et "conseiller magique" des quatre de Liverpool s'en est allé rejoindre John, l'autre George et quelques autres qui ont contribué à l'histoire du groupe mythique.

Faisant partie de ces personnes que les médias ont appelé "le cinquième Beatles" avec, notamment, Brian Epstein, Neil Aspinall, Billy Preston, Derek Taylor ou encore, dans une certaine mesure, Eric Clapton, il est effectivement un des responsables du succès de la carrière des Beatles.

Le 13 février 1962, il accepte de rencontrer Brian Epstein, le manager de ce groupe de gamins musiciens refusé récemment par Decca Records. Convaincu par les voix de Lennon et McCartney, il est cependant plus sceptique quant au potentiel musical du groupe. Le duo se revoit quelques mois plus tard et l'enthousiasme du manager est tel que Martin accepte d'offrir un contrat au groupe avant même de les avoir vus ou entendus jouer. L'histoire de ce fameux "contrat" négocié le 9 mai 1962 pourrait d'ailleurs faire lui-même l'objet d'une prochaine chronique à lui seul…

Yesterday fait partie des titres de Help!, cinquième album du groupe, sorti en août 1965. La "vie" de Yesterday ne s'annonçait au départ pas comme un long fleuve tranquille …
La chanson naît un matin quand McCartney cavale vers un piano pour y jouer la mélodie qu'il a entendue dans le rêve qu'il vient de faire. Pas persuadé pour un sou que la création de chansons se fasse de cette façon, il craint de se faire attaquer en justice pour avoir plagié une mélodie déjà entendue que son cerveau lui a renvoyé en rêve. Il teste la mélodie en la jouant à d'autres personnes qui le rassurent en lui disant ne jamais avoir entendu celle-ci auparavant.

Paul continue à travailler la mélodie et son entourage direct découvre le côté ultra-hyper-supra-méga perfectionniste du bassiste. Lors du tournage du film Help!, il travaille constamment la mélodie sur le piano présent sur le plateau au point de rendre Richard Lester, le réalisateur, complètement dingue. Ce dernier éclate dans une colère noire, somme McCartney de finir sa chanson illico-presto sous peine de voir le piano disparaître du lieu de tournage. Finalement, la mouture finale du titre verra le jour en mai 1965 et son titre de travail Scrambled Eggs (œufs brouillés) deviendra le Yesterday que l'on connait aujourd'hui. Là où il fallait quelques heures au tandem McCa-Lennon pour finaliser une chanson, Yesterday volera à Paul un nombre incalculable de journées de son existence. Un comble pour une chanson née durant une nuit noire.

Des heures de persévérance pour arriver à quelque chose dont on est fier ne veulent pas forcément dire que c'est d'office un succès acquis. En effet, quand Paul présente sa chanson aux trois autres Beatles, ils ne sont pas convaincus et ne se "voient" pas jouer la chanson. Le bassiste fera même l'objet de taquineries du trio qui sera fort désolé de ne plus pouvoir ironiser sur le titre provisoire de la chanson une fois que le Yesterday deviendra définitif.
Même s'ils ne sont pas emballés, ils suggèrent à Paul de la chanter en solo. La chanson ne remportera pas pour autant non plus un franc succès auprès des exécutifs de leur maison de disques mais j'y reviendrai plus loin.

Arrive la "touche" George Martin. Celle qui fait que, même si John Lennon l'a parfois dénigré par la suite, on est obligé de reconnaitre que l'apport et les idées du producteur ont donné un "plus" à certains titres du groupe mythique. Il va sortir les Fab Four de leur zone de confort en changeant la line up habituelle : au lieu des quatre instruments classiques du groupe (batterie, basse, guitare et guitare rythmique), il propose à McCartney d'ajouter un quatuor cordes. D'abord effrayé par l'idée, Paul accepte toutefois de faire un essai.

Le 14 juin, à l'aube de ses 23 ans, Paul McCartney enregistre d'abord ses parties voix et guitare, armé d'une Epiphone Texan acoustique (modèle qu'il utilise encore aujourd'hui lors de ses concerts pour la jouer), en deux prises uniquement. Prises directes.
Trois jours plus tard, le quatuor cordes débarque aux Studios Abbey Road pour y enregistrer sa partition et le mixage est effectué le lendemain. Yesterday devient ainsi la première chanson où les Beatles font appel des musiciens extérieurs pour donner une valeur ajoutée à un de leurs titres.

Bien que son auteur-compositeur soit emballé par le résultat final, la chanson va subir de nouveaux coups du sort. En effet, celle-ci semble plus être un projet solo de McCartney qu'un véritable produit des Beatles. Premier souci. Lorsque Martin le signalera à Epstein en lui demandant si le morceau ne doit pas être sorti sous le nom de McCartney, celui-ci réplique gentiment en disant qu'on ne sépare pas les Beatles.
Le style de la chanson diffère également de tout ce que les Beatles ont fait jusque-là. Second souci.
EMI, leur maison de disque anglaise, refuse donc de sortir la chanson en single, de peur de troubler le fan base des Fab Four. La pression se faisant moins sentir de l'autre côté de l'océan, Capitol, leur label américain, sort Yesterday en septembre 1965. Elle explosera quelques records au passage. EMI ne se sent pas pour autant plus en confiance suite au succès outre-Atlantique : Yesterday ne sera disponible en single en Angleterre qu'en… mars 1976, soit presque 10 ans après sa sortie initiale.

Et pourtant…

A ce jour, ce titre est encore aux Etats-Unis la chanson britannique la plus diffusée de tous les temps avec… 7 millions de passage dans les différents médias.
Cinquante ans après sa naissance, Yesterday a permis à McCartney d'engranger à elle seule un peu plus de… 25 millions d'Euros.
Il est également impossible de comptabiliser le nombre d'artistes qui ont repris Yesterday sur scène ou sur un album : Marvin Gaye, Frank Sinatra, Ray Charles, Marianne Faithfull, Elvis Presley ou encore, plus récemment, Adam Levine de Maroon 5 en font partie. Et combien d'autres gens ne l'ont pas chantée ou fredonnée? Des comme vous et moi, par exemple?
Tout comme son propriétaire qui n'oublie jamais de l'inclure dans sa setlist quand il repart sur les routes. Comme par exemple, en juin 2008, chez lui, à Liverpool. Quarante ans plus tard, Paul a un peu changé, sa voix aussi mais… la magie de Yesterday reste complètement intacte. Et le public la "vit" toujours aussi fort.


Finalement… C'est pas mal pour une chanson en laquelle peu de personnes, mis à part "papa Paul" et "Parrain George", ont cru, nan?
Finalement… C'est pas mal non plus pour un enregistrement qui contient une faille sonore, d'ailleurs… Quoi? Pourquoi j'écris ça?
Attendez… Prenez un casque, mettez-le sur vos oreilles et je vous garantis qu'après avoir lu les lignes qui suivent, vous n'écouterez plus jamais Yesterday de la même façon. Lancez la chanson, celle de l'album, en poussant un peu le volume. A la 19e seconde, au moment où McCartney dit believe, entendez-vous ce petit son qui n'a rien à faire là? On ne sait toujours pas s'il s'agissait d'une porte, d'un musicien qui a bougé sur son siège mais on entend clairement un grincement.
Les productions des années soixante n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui, c’est-à-dire ultra lisses et hyper travaillées. Elles étaient soignées, certes, mais les techniques et moyens d'enregistrement étaient différents. On retrouve donc parfois, dans certains morceaux de cette époque, des petites failles telles que celle-ci. Et pourtant… à mes yeux, elles donnent aux chansons ce caractère unique et particulier qui me plait tant. Qui les rend si belles. Pour toujours.

Et finalement, George Martin, avec sa casquette de producteur et d'arrangeur en est aussi un peu – bien que malgré lui – responsable. Son apport dans l'univers musical britannique, et pas uniquement celui des Beatles, reste inestimable : preuve en sont ses 6 Grammys et… et oui, une nomination à l'Oscar en 1965 pour son travail sur le film A Hard Day's Night.

Si cette nuit du 8 mai, Paul rêvait peut-être d'une nouvelle mélodie qui pourrait devenir un futur hit, George n'allait pas pouvoir être au rendez-vous le lendemain matin lorsqu'il l’appellerait pour lui dire "Bon, on r'met ça?". Dju… y a des jours où on aimerait bien revenir à… Yesterday.

Dis, George… merci. Et dis bonjour à la bande là-haut.

Et allez, pour finir… Bien que peu appréciée de ses complices musicaux au départ, cela ne les empêchera de finalement trouver leur place au sein de la chanson, en lui donnant encore une nouvelle dimension.


mercredi 13 janvier 2016

The Dazzle – Found111 (09/01/2016) ENGLISH

Or… "A suicide by things"…

I usually always know how to end my article but rarely know how to start them. I should probably begin this one by explaining how I ended up – me little Belgian woman – in a temporary theatre at number 111 of Charing Cross Road, London.

Originally, I was back in London to see The Winter's Tale with Judi Dench and Kenneth Branagh, which I did. And yes, Shakespeare is a hell of a challenge when English isn't your mother language!
Anyway, it was a four-day stay and I needed to fill these days with as much art as I could.

The reason I bought a ticket for The Dazzle is simple: it started with my passion for Sir Arthur Conan Doyle. The Hound of the Baskervilles is the first book I've ever read in English. Therefore, anything involving Sherlock Holmes and his longtime partner Watson has always had an interest to me since then. I guess you see where I'm going… right?

Andrew Scott has found fame in his interpretation of Moriarty, Holmes 'nemesis in the BBC series Sherlock, or – recently – in Spectre, the latest chapter of James Bond's adventures. In addition of his work in the TV and movie industries, the Irish actor also has an impressive stage career.
Kindness (and talent!) are two major elements that makes me keep an eye on someone's career. I've had the opportunity of meeting Mr Scott a few months ago and appreciated his kindness when he signed my Hound of Baskervilles book even though his character Moriarty doesn't appear in the novel. So… naturally, I've kept a close eye on his projects since then.
So… here's for the 'how I ended up there'.

Now back to the play… The Dazzle is no one-man show: it's a threesome! What? Oh no, not the kind of threesome you imagine! A chaste one.
The others actors involved in The Dazzle are Joanna Vanderham and David Dawson. The two weren't strangers to me either since Miss Vanderham played in the amazing 2012 film What Maisie knew and Mr Dawson appeared in the TV series Ripper. Both also appeared together in the sadly cancelled series Banished.

L to R : Joanna Vanderham, David Dawson, Andrew Scott

Originally written by Richard Greenberg in 2002, The Dazzle tells the story of the Collyer brothers, the famous New-York hoarders. Yes, my friends, this play is about people who really existed… Why a story about them? Because, in some ways, their story – yet tragic – is also a fascinating one.

Scott plays Langley Collyer, a talented but tortured pianist while Dawson plays Homer Langley, his accountant brother. Vanderham's character is the rich socialite Milly Ashmore who's, at first, infatuated with Langley. Though Milly is a fictional character, she's definitely an important element of Greenberg's story.
I've read in a few reviews that Vanderham's character was considered as secondary. In my opinion, even though she has less presence in terms of timing, the dynamic wouldn't definitely be the same without her, especially in the first act. She triggers something in both brothers, in very different ways, during the first part of the story… romantically and financially.


The interaction between the three actors is strong, vivid and definitely strengthens the credibility of the characters. The trio made the characters interesting and endearing, despite their respective flaws.

The Dazzle is more than a love story though… It is also a funny one: the sarcasm between the brothers, the 'you kind of lost me there, Langley' look on Milly's face, the attitudes, the discreet movements of objects you eventually end up noticing anyway…
And yet… I sure laughed many times but couldn't help but feel a little sadness as well : you quickly understand how of a tortured – if not autistic – soul Langley is and also realize, as the story goes, that Homer wanted a different life. A life he also knew he'd never have partly because of his brother.
Even though Homer seems to be a solid, pragmatic man in the first act, it becomes quickly obvious that their way of live has taken its toll on him in the course of time or… could it be that the brothers suffered in fact from the same disease?

Despite what happens, the bond between the brothers remains strong through all their own battles and Scott and Dawson's interpretation as brothers was absolutely convincing.
That tenderness remains constant in both acts: in the first act, Homer has to care for Langley but in the second one, the situation is reversed and Langley does his best to help his brother, scared at the idea of being left alone. This moment – even though it had a funny 'Bible' start – literally put tears in my eyes. I was aware of the Collyers story so I knew where we were heading to but Dawson's resignation and Scott's fear and despair also affected me. More than I thought it would, to be honest.


So… The Dazzle made me laugh. And cry. It moved me. And that's exactly what I want once I enter in a theatre. It doesn't matter if I look like a mess once I'm coming out of it, as long as I've felt strong emotions. In this, The Dazzle was a complete success. Best proof is this article as this blog mainly deals with music rather than the theatre life…

Speaking of theatres, using a quite uncommon place to play Greenberg's work is also a brilliant idea. The 120-something seats (some of which being old church chairs!) installed in what had probably been a classroom of the former Central St Martin School of Art and noise coming from Charing Cross Road provided the confined necessary environment for the brothers 'story.
Each and every one of us were able to enjoy Greenberg's jewel since we were only a few feet away from Vanderham, Scott and Dawson. Yes, yes, sometimes it wasn't easy to see their faces but… only for a few moments since the three of them carefully moved around the stage, giving everyone an opportunity to see the actions – and reactions – of the characters.

A few other things also caught my attention… The objects collected by the brothers, the sound of the clocks, the clothes (especially the beautiful dresses of Miss Vanderham), the lights... and one other thing that happened before the second act had officially started definitely convinced me that The Dazzle will remain one of the finest moments I've experienced in my numerous London trips.


So… thank you to Miss Vanderham and both Mister Scott and Dawson for this amazing time (and congratulations on moving so easily in the dark without falling flat on your face! ;) ) but also a massive thank you and 'bravo' to Simon Evans for his wise directional ideas and to everyone involved in this adventure.

In the end, The Dazzle is the best proof that it sometimes takes only a little to make big things. The set wasn't outrageous, the cast wasn't numerous, the venue wasn't prestigious and the price wasn't certainly scandalous (35£) but… the result was absolutely fa-bu-lous.


The Dazzle is still played at Found111 until January 30th. It's now a sold out event BUT… 5 day seats at 10£ are available at 6pm for evenings & 1.30pm for matinees every day. One ticket per person. May you be the next lucky one to get one of those! ;) 


Finally, thank you to Jan Baister for providing me the pictures of this article (© Marc Brenner).

Links :


The Dazzle – Found111 (09/01/2016) FRENCH

Ou… "un suicide par objets"…

Je sais généralement comment finir mes articles mais rarement comment les démarrer. Je devrais probablement commencer celui-ci en vous expliquant comment la petite demoiselle belge que je suis a atterri dans un théâtre provisoire au numéro 111 de Charing Cross Road, à Londres.

A la base, j'étais de retour à Londres pour assister à une représentation de The Winter's Tale, avec Judi Dench et Kenneth Branagh, ce que j'ai fait. Et oui, Shakespeare est un sacré bon dieu de challenge quand l'anglais n'est pas votre langue maternelle!
Quoi qu'il en soit, mon séjour durait quatre jours et j'avais besoin de remplir ces quatre journées avec autant d'art que possible.

La raison pour laquelle j'avais acheté un billet pour The Dazzle est simple : elle vient de ma passion pour Sir Arthur Conan Doyle. Le Chien des Baskerville est le premier livre que j'ai lu en anglais. En conséquence, toute chose impliquant Sherlock Holmes et son éternel compagnon Watson a toujours retenu mon attention depuis. Je pense que vous voyez déjà où je veux en venir… non?

Andrew Scott s'est fait un nom grâce à son interprétation de Moriarty, l'ennemi juré de Holmes dans la série de la BBC Sherlock, ou, plus récemment, dans Spectre, le dernier chapitre en date des aventures de James Bond. En complément de son travail dans l'univers de la télévision et du cinéma, l'acteur irlandais a également un impressionnant CV côté théâtre.
La gentillesse (et le talent!) sont deux éléments majeurs qui me donnent envie de suivre la carrière de quelqu'un. J'ai eu l'opportunité de rencontrer M. Scott il y a quelques mois et ai apprécié qu'il ait accepté de signer mon livre "Le Chien des Baskerville" bien que son personnage Morarty n'y apparaisse pas. Alors… naturellement, j'ai gardé l'œil sur ses projets depuis.
Voici donc pour la partie 'comment j'ai atterri là'.

Revenons à la pièce maintenant… The Dazzle n'est pas un one-man show : c'est une partie à trois! Quoi? Ah non, pas le genre de partie à trois que vous imaginez! Une partie chaste.
Les autres comédiens impliqués dans le projet sont Joanna Vanderham et David Dawson. Les deux ne m'étaient pas étrangers puisque Miss Vanderham a joué dans le superbe What Maisie Knew, sorti en 2012 et M. Dawson est apparu dans la série Ripper. Les deux sont également apparus ensemble dans la série Banished, malheureusement annulée.

De G à D : Joanna Vanderham, David Dawson et Andrew Scott

Ecrite à l'origine par Richard Greenberg en 2002, The Dazzle raconte l'histoire des frères Collyer, les célèbres entasseurs compulsifs new-yorkais. Oui, mes amis, cette pièce de théâtre parle de personnes qui ont réellement existé… Pourquoi une histoire à leur sujet? Parce que, d'un certaine façon, leur histoire – bien que tragique – est également fascinante.


Scott joue Langley Collyer, un talentueux mais torturé pianiste, tandis que Dawson interprète Homer Langley, son frère comptable. Le personnage de Vanderham est la riche mondaine Milly Ashmore qui, au départ, s'entiche de Langley. Bien que Milly soit un personnage fictif, elle est sans aucun doute un élément important de l'histoire de Greenberg.
J'ai lu dans quelques critiques que le personnage joué par Vanderham était considéré comme secondaire. Selon moi, même si son temps de présence est moins important, la dynamique ne serait absolument pas la même sans elle, principalement dans le premier acte. Elle déclenche quelque chose chez chaque frère, de façon différente, lors de la première partie de l'histoire… quelque chose de romantique et de financier.


L'interaction entre les trois comédiens est forte, vive et renforce la crédibilité de leurs personnages. Le trio a rendu les personnages intéressants et attachants, malgré leurs défauts respectifs.

The Dazzle est bien plus qu'une simple histoire d'amour, cela dit… C'est également une aventure amusante : le sarcasme entre les deux frères, le regard de Milly disant 'vous m'avez un peu perdue, là, Langley', les attitudes, les discrets mouvements d'objets qu'on finit de toute façon par remarquer…
Et pourtant… si j'ai ri de nombreuses fois, je n'ai pas pu m'empêcher d'éprouver également un peu de tristesse : on comprend rapidement à quel point Langley est une âme torturée – si pas à la limite de l'autisme – et on réalise également, au fil de l'histoire que Homer aurait voulu une vie différente. Un vie qu'il sait qu'il n'aurait jamais pu avoir, en partie à cause de son frère.
Bien que Homer semble être un homme solide et pragmatique lors du premier acte, il devient vite évident que leur façon de vivre a laissé des traces au fil du temps ou... se pourrait-il que les frères aient souffert de la même maladie?

Malgré tout ce qui leur arrive, le lien entre les deux frères reste fort à chaque étape de leurs batailles respectives et l'interprétation de Scott et Dawson était des plus convaincantes.
Cette tendresse reste constante dans les deux actes : dans le premier, Homer prend soin de Langley mais dans le second, la situation est inversée et Langley fait de son mieux pour aider son frère, terrorisé à l'idée de se retrouver seul. Ce moment – bien qu'il démarre sur un moment 'biblique' assez drôle – m'a flanqué les larmes aux yeux. Je connaissais l'histoire des Collyer et savais donc vers quelle fin nous nous dirigions mais la résignation de Dawson et la peur et le désespoir de Scott m'ont touchée. Plus que je ne l'aurais pensé, pour être honnête.


Donc… The Dazzle m'a fait rire. Et pleurer. Elle m'a émue. Et c'est exactement ce que je veux lorsque je mets le pied dans un théâtre. Peu importe si j'en sors en ayant l'air d'une épave tant que j'ai ressenti des émotions fortes. Sur ce coup-là, The Dazzle s'est avéré un succès total. La meilleure preuve en est cet article, puisque ce blog traite principalement de musique plutôt que de vie théâtrale…

En parlant de théâtre, le fait d'utiliser un lieu peu commun pour y jouer le travail de Greenberg est également une idée brillante. Les 120 et quelques chaises (dont certaines étaient des anciennes chaises d'églises!) installées dans ce qui a probablement été naguère une classe de l'ancienne école d'art Central St Martin ainsi que le bruit de Charing Cross Road ont fourni l'environnement confiné nécessaire à l'histoire des frères.
Chacun d'entre nous a pu apprécier le bijou de Greenberg puisque nous n'étions qu'à quelques mètres de Vanderham, Scott et Dawson. Oui, oui, certes, parfois, il n'était pas facile de voir leurs visages mais… ce n'était que pour quelques instants puisque les trois comédiens bougeaient sur la scène de manière précise et de façon à ce que nous ayons l'occasion de voir les actions – et réactions – des personnages.

D'autres petites choses ont également attiré mon attention… Les objets collectionnés par les frères, le son des horloges, les costumes (en particulier les robes de Melle Vanderham), les éclairages… et une autre chose qui se passait avant que le second acte ne démarre officiellement m'ont définitivement convaincue que The Dazzle restera une des plus belles expériences vécues lors de mes nombreux voyages londoniens.



Alors… merci à Melle Vanderham ainsi qu'à MM Scott et Dawson pour cet agréable moment (et félicitations pour avoir réussi à bouger avec autant d'aisance dans l'obscurité sans finir étalé à même le sol! ;) ) mais également un énorme merci et 'bravo' à Simon Evans pour ses judicieuses idées de mise en scène ainsi qu'à toutes les personnes impliquées sur le projet.

En fin de compte, The Dazzle est la meilleure preuve qu'il ne faut parfois pas grand-chose pour faire… de grandes choses. Le décor n'était pas scandaleux, les comédiens n'étaient pas nombreux, la salle n'était pas prestigieuse et le prix n'était assurément pas monstrueux (45€) mais… le résultat était absolument fa-bu-leux.



The Dazzle est encore joué en ce moment au Found111 et ce jusqu'au 30 janvier. C'est un événement sold out MAIS… 5 billets sont disponibles chaque jour, à 18h pour les spectacles en soirée et à 13h30 pour les après-midis, au prix de 10£. Un billet par personne. Puissiez-vous être le prochain chanceux à avoir un de ces billets! ;)



Enfin, merci à Jan Baister pour m'avoir fourni les photos illustrant cet article (© Marc Brenner).

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vendredi 15 mai 2015

B.B. King... ou quand, certains jours, le blues est vraiment triste.


Ce matin, la nouvelle est tombée… comme un couperet qui fait mal. Très mal. BB est parti. Ça peut vous paraitre stupide mais… j'en ai eu les larmes aux yeux. Peut-être parce que hier, je me disais encore qu'il fallait que je surveille attentivement ses dates de tournée lors d'un éventuel retour en Europe. Depuis le départ de Lou Reed en 2013, j'ai réalisé que – quelque part – j'avais eu beaucoup de chance de le voir sur une scène quelques mois avant son décès. Depuis ce jour-là, je me suis juré d'essayer d'aller voir le plus grand nombre de légendes avant qu'ils ne nous quittent. McCartney, Clapton, les Stones, Paul Simon font partie de cette liste d'artistes que j'ai vus sur scène. BB King faisait partie de ceux que je voulais "rencontrer". Mais cela ne se fera pas…

J'éprouvais une grosse tendresse pour Monsieur King, pour une raison bien particulière : c'est lui qui m'a "appris" à aimer le blues. Avant la création de ce blog, j'écrivais déjà des chroniques qui étaient postées sur Facebook. Je prenais une chanson et, la semaine suivante, me servait d'un élément pour parler d'une autre chanson. Cela pouvait tout aussi bien être un producteur identique, un artiste qui avait repris la même chanson, un ingénieur son ou un réalisateur de clip vidéos communs.
Avec Billy Preston, le fameux 5e Beatles, j'avais trouvé un lien vers BB King. Sauf que… le blues, ce n'était pas vraiment mon univers. Pas du tout, même. J'ai donc emprunté six ou sept albums de King, que j'ai écoutés en boucle pendant la semaine, tout en apprenant à connaître le talentueux guitariste pour écrire ce fameux article. BB King m'a fait tomber amoureuse du blues, m'a fait sourire et vibrer au son de sa guitare, la jolie Lucille aujourd'hui orpheline de sa moitié…

Revoici donc ce que je disais de lui le 25 novembre 2009…
(A noter que les chiffres ont été réadaptés pour "coller" à 2015 et que quelques informations additionnelles ont été apportées dans l'article, en bleu)




Je pensais avoir trouvé les détenteurs des carrières les plus longues avec des gars tels que Clapton, Richards ou Dylan qui éclatait le score avec 56 ans de carrière mais ils sont battus à plates coutures par Mister King avec ses – tenez-vous bien – 67 ans de carrière ! Gloups ! Juste pour vous donner une indication : BB King jouait déjà sur scène alors que les trois précédents avaient entre 2 et 6 ans !

BB King est né Riley B King le 16 septembre 1925 dans l’état du Mississippi à une époque où il n'était pas drôle d’être black… Pour rendre les choses encore un peu plus difficiles, sa mère quitte le domicile conjugal alors qu’il n’a que 9 ans et son frère aîné a déjà fait l’expérience de la prison alors que BB n’a que 4 ans. Venant d’une famille de fermiers, il est embauché très jeune pour travailler dans les champs… Rien ne le prédispose donc vraiment à devenir le guitariste légendaire qu’il allait être des années plus tard…

Savez-vous d’où lui vient ce surnom de « BB » ? Pour le savoir, il faut remonter jusqu’en 1948 à l’époque où BB était à Memphis. A l’époque, il travaillait pour la radio WDIA où il présentait une émission de blues d’une durée de 15 minutes. Cette radio a eu une grosse influence sur certains artistes, tel Elvis, et constituait en elle-même une révolution puisqu’elle était une des premières radios à cibler un public exclusivement noir. Cette station était située sur Beale Street et BB King hérita du surnom de Beale Street « Blues Boy » d’où… BB King.
Après avoir dans un premier temps aidé au développement économique de la rue, cette dernière a fini par tomber en désuétude au fil des années… malgré le fait que le Congrès américain l’ait officiellement décrétée « Maison du Blues » en 1977. Il faudra attendre les 80ies pour voir le quartier reprendre vie et on peut aujourd’hui aller écouter de bons morceaux de blues dans certains clubs et cafés. Tiens, par exemple, au numéro 143… le BB Kings Blues Club.

Cette station de radio ne sera d’ailleurs pas uniquement le « fournisseur » du surnom de BB : elle sera tout simplement l’origine de sa vocation… Le jour où T-Bone Walker vient à la radio pour y jouer un morceau « live », BB prend une claque. C’est décidé, il aura une guitare… même s’il doit en voler une, dira-t-il des années plus tard !
Sa première chanson est un échec total mais attire tout de même l’attention d’un certain Sam Philipps qui deviendra producteur de ses morceaux suivants. Juste pour l’info, Sam Philipps n’est autre celui qui fondera Sun Records, la maison de disques qui révélera Roy Orbison, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis ou encore Johnny Cash et Elvis ! Bref… la carrière de BB est maintenant lancée et les 50ies seront les années King… Rien qu’en 1956, BB donnera 342 concerts ! Pas mal, hein ?

Essentiellement guitariste de blues, cela ne l’empêche en rien de se mêler à d’autres mondes musicaux. Ainsi, en 1969, BB fera la première partie des Rolling Stones. La particularité de cette tournée était que le show durait parfois jusqu’à 3 heures… et que la performance des Stones durait, elle, … 75-80 minutes. Les British laissaient donc finalement plus la scène à leur première partie qu’à eux-mêmes. Vous allez me dire « Ouais mais c’est ch**ant. On vient pour le plat principal, pas pour les zakouskis ! ». Ouais, ben sachez que parfois, c’est encore l’apéro le meilleur moment d’un repas et dans ce cas-ci ça se vérifie !

Question collaborations, BB King est épatant ! En 1988, il perdure dans le rock avec les irlandais de U2 lors de la sortie de l’album « Rattle and Hum » et les accompagne même en tournée sur ce coup-là. Rappelons tout de même qu’à cette époque, BB a 64 ans… mais qu’on ne le dirait pas. La preuve en images :


Et quel public mes amis… Je vous conseille le film de cette tournée où vous entendrez BB lâcher un « Je ne suis pas doué avec les cordes… » à un Bono amusé. Irrésistible !

Il termine le 20e siècle par une collaboration avec Monsieur Clapton le temps d’un album intitulé « Riding With The King » (Quoi de plus logique après tout !)… Excellente collaboration entre ceux que le magazine Rolling Stone a élu meilleurs guitaristes numéros 3 (pour BB) et 4 (pour Eric) en 2003 ! L’amitié semble au rendez-vous entre ces deux-là puisque BB apparaîtra en 2007 lors de la seconde édition du Festival Crossroads, à 81 ans… et les doigts toujours aussi peu rouillés ! Je vous laisse le soin de juger par vous-même :


Vers 4’, il fait un très beau discours à l’attention d’Eric… émouvant. (Pour ceux qui ne comprendraient pas l’anglais et qui voudraient savoir ce qu’il dit… Demandez et je me ferai un plaisir de vous mettre une transcription).
BB fera encore l'honneur au public du Crossroads Festival de revenir pour les éditions de 2010 et de 2013. Il y a fort à parier que l'édition 2016 sera empreinte d'une pointe de tristesse pour Clapton et ses amis...

BB, c’est donc 59 albums uniquement sous son nom, 15 Grammys, une place au Rock’n’roll Hall of Fame, une étoile sur Hollywood Boulevard, une mention de son nom dans la chanson « Dig It » des Beatles et plus de 15 000 journées sur les routes… Vous allez me dire : et la vie privée là-dedans ? Et bien… disons que BB a une notion particulière de la vie de famille.
Bien qu’ayant été marié deux fois, ces mariages ont été des échecs en raison de ses trop fréquentes absences… Une seule est restée dans sa vie, entraînant la jalousie des autres femmes qui lui disaient « C’est moi ou Lucille ! ».

Qui est Lucille ? Et bien Lucille est une merveilleuse demoiselle qui, selon les dires de BB, lui a apporté la célébrité, l’a maintenu en vie et nourri, lui a littéralement sauvé la vie aussi… et ne l’a jamais abandonné. BB lui a même sauvé la vie une nuit de 1949 : il devait jouer dans un club lorsque deux hommes se disputent à propos d’une femme, provoquant un incendie. L’endroit est évacué… Lorsque BB se rend compte que Lucille n’est pas près de lui, il retourne à l’intérieur du club pour aller la sauver et depuis, ils ne se sont plus quittés. Lucille est tout simplement la meilleure compagne de sa vie… sa guitare. Une superbe Gibson acoustique. Baptisée ainsi en souvenir du prénom de la  jeune demoiselle à l’origine de la bagarre… et de l’incendie qui s’ensuivit.


BB et... Lucille, la superbe Gibson
© Philippe Taka

J’écrivais la semaine dernière sur mon mur que « Nat s'écoute en boucle une chanson avec 2 solos de Dieux de la Guitare... ». Vous aurez compris que l’un d’eux n’est autre que BB mais quel pourrait bien être cet autre dieu ?? Je ne vous fais pas languir et vais faire plaisir au(x) fan(s) de Pink Floyd de ce groupe en vous présentant la collaboration de BB avec David Gilmour :



Sympa, hein ? Celle-là, elle doit avoir tourné sur ma bécane au moins 30 fois depuis mon post !
Mon ami Gaël demandait qui étaient mes Dieux suite à ce post mural mais le fait est qu’ils ne sont pas « mes » dieux. Les gars de cette trempe-là sont des Dieux tout courts. Des mecs qui ont abattu les frontières musicales par leur façon de jouer… La musique ne s’en porte que mieux… Et voir un type de 89 piges qui a su rester passionné par ce qu’il fait, ça me touche…
PS : je ne vous fais pas l’affront de vous demander si vous aviez reconnu l’homme qui joue dans la vidéo de présentation avec BB et Billy ? On est quand même loin de John MacLane ou de Korben Dallas, non ? Ceci dit, il faut reconnaître qu’il se débrouille bien à l’harmonica, le Bruce Willis… non ? ;)"

J'ai vu passer sur Twitter et Facebook bon nombre de statuts disant "The Thrill Is Gone". C'est vrai… et faux à la fois. Parce que si j'ai beau être déçue de ne jamais pouvoir le voir frôler les cordes de la belle Lucille, je sais que, finalement, à chaque fois qu'une radio passera du BB, à chaque fois que mon lecteur audio me donnera du BB, j'aurai un petit sourire en pensant à ce grand lascar à la bonhomie, à la générosité et à l'humilité légendaires. Tiens… ça aussi, c'est un peu pourquoi je l'aimais tendrement, BB.
Je terminerai juste par une phrase qu'il a dite, que l'on entend dans la vidéo du Crossroads Festival (entre 6:28 et 7:12) et qui prend aujourd'hui une résonance un peu particulière…

"So I'll say to all of you May I live forever
But may you live forever and a day
Because I'd hate to be here
When you pass away
PS : and when they lay me out to rest
As I mentioned I'm 81 now
May the last voices I hear be yours"
                                       - B.B. King

(Alors je vais vous dire à tous :
Si je pouvais vivre à jamais,
Puissiez-vous vivre à jamais et un jour de plus
Parce que je détesterais être ici
Quand vous vous en iriez.
PS : et quand ils me mettront en terre,
Comme je l'ai dit, j'ai 81 ans maintenant,
Puissent les dernières voix que j'entende être les vôtres)

Allez va jouer avec tes amis là-haut, tu as eu une vie bien remplie et tu en as fait profiter beaucoup de gens. Merci BB… merci pour tout ça.